Le Nouvel Automobiliste
Conduire en Corée

Conduire en Corée ou ce qu’il faut savoir pour se déplacer en Corée

Cet article est l’avant-dernier d’une série sur l’automobile en Corée. Il vous aidera à préparer votre voyage, à conduire en Corée ou découvrir un pan de la vie locale.

Nos précédents articles vous ont peut-être donner envie de visiter la Corée d’un point de vue automobile, au point de vouloir vous y déplacer en voiture afin de mieux y découvrir le pays ? Nous vous partageons ici les démarches que nous avons entreprises, et les quelques règles à respecter. Et comme nous n’avons pas utilisé que la voiture pour nous déplacer, nous vous partagerons également la façon de se déplacer autrement. 

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Conduire en Corée : ce qu’il faut savoir avant de partir

Contrairement au Japon, les démarches administratives pour conduire en Corée sont beaucoup plus simples. Pas besoin de traduction spécifique de votre permis de conduire français, un simple permis international sera suffisant. Rendez-vous sur le site de l’ANTS pour entamer les démarches pour avoir un Permis International. Il vous faudra un justificatif d’identité et de domicile pour la première étape. 

Une fois l’attestation reçue, il vous faudra l’envoyer accompagnée d’une photo d’identité et d’une enveloppe préaffranchie. Les courriers sont à envoyer au CERT de Cherbourg, sauf si vous êtes parisiens, dans ce cas, l’envoi se fait à la préfecture de Paris. Sa validité est désormais de 3 ans ou s’arrêtera avant si votre permis français arrive à échéance avant. 

Conduire en Corée : la location

Conduire en Coree 230405 Lotte Rent a Car

Une fois le permis international en poche, il faut maintenant trouver une voiture en Corée. Pas de surprise, comme partout ailleurs, il faut passer par une agence de location de voiture. Nous avons sélectionné l’agence Lotte Rent-a-Car. Lotte est un grand conglomérat, spécialité de la Corée du sud ; ses activités sont très variées et réparties en 5 catégories :

  • L’agroalimentaire, 
  • La Chimie, la construction et Machinerie
  • La Finance et service
  • La distribution et le tourisme, 
  • Recherche et Développement

Et donc Lotte propose la location de voiture avec l’appui de Hertz. Pour les plus curieux d’entre vous, le nom Lotte serait inspiré du prénom Charlotte, et non pas du poisson. Détail important : avec Lotte Rent-a-Car, vous ne louez pas une catégorie, mais bel et bien la voiture choisie. 

D’autres agences sont présentes en Corée du sud, mais leur réseau n’est pas aussi développé :

Notre location nous a coûté initialement 482 850 ₩, pour 3 jours, départ Séoul et arrivée à Busan, soit environ 340 €, sans limite de kilométrage. Nous avons pu prolonger en cours de location d’une journée sans difficulté. Sachez que la voiture est équipée d’une caméra qui filmera votre conduite. Autre particularité, les coréens aiment les vitres fumées, et notre Hyundai Casper en était équipé, c’est assez particulier d’avoir le vitrage latéral foncé aux places avant. 

Récupérer la voiture a été assez facile, mais la démarche n’est pas rapide, d’autant plus dans notre cas, au départ, le personnel parlait peu anglais. L’état des lieux avant départ a cependant été aisé. La voiture étant garée sous un arbre, les oiseaux l’avaient un peu souillée le Hyundai Casper, les agents d’accueil se sont empressés de le nettoyer. La Corée est un pays où le service est primordial. N’oubliez pas de demander de passer la langue de la voiture en anglais, pour faciliter l’expérience de conduite.

Conduire au pays du matin pas si calme

Un des points importants lors d’un voyage à l’étranger est de savoir quel est le sens de circulation local. La Corée fait partie des pays roulant à droite comme les deux tiers de la population mondiale. L’unité de vitesse est également le km/h. Les règles de conduites sont proches des nôtres, avec quelques spécificités. Les feux tricolores sont par exemple de l’autre côté des carrefours, et tourner à droite au feu rouge est autorisé, sans vous donner la priorité. Quelques affichages sont spécifiques à la Corée, comme l’interdiction de tourner à droite reportée au sol, avec une flèche barrée.

Notre location commence à Séoul. Les coréens pourtant calmes, se transforment derrière le volant. Avez-vous déjà conduit à Paris ? La conduite est du même acabit là-bas. Et pas seulement à Séoul, c’est le cas partout dans la pays (qui est 6 fois plus petit que la France métropolitaine). Oublié le pays du matin calme, le conducteur coréen est égoïste et ne fait que peu de cas des autres. C’est un peu comme si chacun était roi à son volant en république de Corée !

Conduire en Corée
Quand on vous dit que la conduite en Corée est musclée… ici en plein centre de Séoul

Séoul, ville embouteillée

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Nous avons roulé dans les embouteillages jusqu’au premier péage autoroutier, et le péage est tout une histoire que nous n’avons pas encore totalement comprise ! Le pays propose différents typologies de péage. D’un côté, des barrières de péages classiques, avec distribution de ticket en premier lieu et paiement en cabine de péage avec une personne physique en fin de trajet. De l’autre côté, des portiques de péages qui identifient le badge de télépéage (qui se nomme Hi-Pass). Certaines barrières de péages sont mixtes et les voies Hi-Pass sont identifiées en bleues (avec limitation de vitesse). 

Mais l’histoire n’est pas simple et certaines autoroutes ne sont qu’à portiques (sans réduction de vitesse). C’est forcément vers ces autoroutes que le GPS nous a dirigés. Mais comment payer ? L’agence de location ne proposait pas le service de location d’un badge Hi-Pass. Avant l’arrivée à destination, le dernier péage proposait fort heureusement des cabines, et l’hôtesse a pu retrouver notre cheminement et nous avons pu régler notre dette après quelques secondes de recherche. Cette expérience s’est renouvelée deux fois lors de notre parcours ! Les conducteurs derrières nous nous ont copieusement klaxonné pour signifier leur mécontentement.

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Big Brother is watching you

Les autoroutes sont plutôt bien entretenues mais si vous n’aimez pas les radars, rouler en Corée n’est pas fait pour vous. Il y a un emplacement radar tous les 10 km environ, avec un grand coffre bien visible. Mais tous les coffres ne sont pas équipés de radar. De fait, les Coréens, quelques soit leur véhicule, roule habituellement au-dessus des 100 km/h autorisé des autoroutes que nous avons empruntées et tous les 10 km, ils ralentissent. Au point que le GPS abaisse de lui-même la vitesse de croisière des voitures, pour mieux accélérer de nouveau après avoir passé le radar à la vitesse sélectionnée.

Au-delà des radars, des emplacements sont réservés pour les véhicules de police. Il y en a de différents types dont certains avec un panneau illustrant le dos d’un véhicule d’interventions, voir un arrière reconstitué de véhicule de Police en volume ! Autre particularité des autoroutes coréennes, sur les sorties à destinations multiples, les panneaux adoptent une couleur qui est reprise sur la voie. Si vous n’êtes pas daltonien, c’est une très bonne aide pour ne pas se tromper de chemin. Une très bonne idée qui facile l’expérience de conduite et qui serait bienvenue en France ! 

Conduire en Corée : savoir-faire des pauses

Il y a deux types d’aire de repos. Les petites (plus petites que nos standards français) qui proposent quelques places, des sanitaires et une zone fumeur. A l’inverse, les grandes aires de repos sont assez différentes des nôtres. Imaginez un parking XXL avec peu de délimitation végétale, une station-service repoussée avant la sortie (et sans surtaxe autoroute) mais surtout un grand bâtiment, qui regroupe plusieurs services, dont des sanitaires, des offres de restaurations aux choix très variées et une petite superette. Nous n’avons pas emprunté l’axe Seoul- Busan où les aires d’autoroutes sont encore plus achalandées. 

Nous avons également emprunté des routes secondaires, et nous avons retrouvé nos habitudes européennes. Nous avons emprunté des portions à 50, 60 et 80 km/h. La limitation de vitesse sur les routes secondaires semble plus respectée que sur les autoroutes. 

Soyez prudent cependant : les dos d’ânes ne sont pas signalés par une réduction de vitesse, et seulement par un panneau. S’ils sont pourtant signalés au sol par une peinture en zébra jaune et blanc, ce marquage est aussi utilisé pour avertir d’un passage piéton imminant. Remarquer la différence n’est pas évidente mais c’est sûrement l’effet recherché. Autant vous dire que notre Hyundai Casper a rebondi par surprise à plusieurs reprises.

Conduire en Corée sous surveillance

Autre particularité des routes coréennes, il n’est pas rare d’y croiser des yeux. Oui, des yeux. Sur les ponts, les bas-côtés et même au dos de certains camions. Si nous n’avons pas trouvé d’explication, notre contact local nous a indiqué que c’était une astuce pour garder les conducteurs éveillés car ils se sentaient regardé. Pourquoi pas !

Un petit mot sur le carburant, nous avons fait le plein deux fois : rien n’est traduit en anglais. Sur la première station-service, un employé de la station-service est venu immédiatement nous aider pour nous permettre de faire le plein. Il a même pris en main notre carte bancaire, ce qui a de quoi surprendre. Le litre de sans-plomb était à 1,07 €. La seconde fois, sur une station automatique, nous nous sommes fait aider par notre traducteur sur notre smartphone. La station était en ville et le litre était ici à 1,11 €. Des prix qui laissent rêveur !

Mode piéton

Nous ne nous sommes pas seulement déplacés qu’en voiture en Corée, nous avons aussi été piétons. Les passages piétons ont également un sens de marche, avec un fléchage nous poussant à marcher à droite. Autant vous dire que ce n’est pas du tout respecté ! En plus des feux piétons classiques sur poteau, certains carrefours sont aussi équipés de ruban LED au sol. Pourquoi ? Parce les coréens, toutes générations confondues, sont très souvent le nez dans leur téléphone portable…

À tel point qu’il n’est pas rare de voir des indications dans les escaliers de ne pas regarder son téléphone. Et pas seulement dans le métro, la pays étant recouvert de petites montagnes, les escaliers sont partout. Pour emprunter le métro, vous avez la possibilité de prendre des billets à l’unité. Il n’y a pas de prix standard, le coût se calcule selon la distance. Il faut y ajouter le coût de la consigne, car le ticket n’est pas en papier mais sous format de carte, à rendre au distributeur après usage et non pas au portique de sortie.

Mode Métro 

Le plus pratique est donc d’acheter une carte rechargeable. Las, lors de notre voyage en mars dernier, les distributeurs étaient en cours de renouvellement et ne fonctionnaient nulle part. Pas de panique, il est aussi possible d’acheter ces cartes dans les convenience stores (7 Eleven, C-U, GS25, E-Smart). La carte se recharge dans les stations de métro, et elle aussi est consignée, donc vous pouvez la rendre en magasin en partant à l’aéroport. La même carte nous a servi à Séoul et à Busan.

Nous n’avons pas pris le bus donc nous ne pouvons pas vous guider pour votre voyage, sauf pour visiter le village folklorique de Hahoe, navette gratuite qui relie le village au parking. Nous avons cependant pu découvrir les bus locaux qui sont principalement des Hyundai, mais nous avons pu croiser également des bus de la marque Edison Motors (désormais KG Mobility), Daewoo Bus et BYD. Le voisin chinois n’est pas encore très représenté mais on y croise quelques véhicules, notamment dans la catégories des petits utilitaires. 

Nous avons également croisé à Séoul le bus autonome 42 Dot, qui est testé sur l’axe Cheonggyecheon-Ro, où né la rivière Cheonggyecheon Stream, une jolie promenade que nous vous conseillons. Nous n’avons pas non plus emprunté le Taxi lors de ce séjour.

KTX ou le TGV local

Après notre passage à Busan, nous devions vitre retourner à Séoul. Nous avons donc pris le TGV. Enfin, presque: nous avons embarquer à bord du KTX (Korea Train eXpress) pour environs 2h40. Il s’agit ni plus ni moins que les rames fabriquées par Alstom et est une évolution des TGV Réseau (TGV Nord). Tout comme les premiers Eurostar, les rames sont constituées de 18 voitures encadrées par deux motrices. Le réseau est en service depuis 2004. 

De fait de la proximité du KTX et du TGV, les sensations sont les mêmes. Il manque cependant des emplacements pour les bagages format soute. Il y a de l’inédit avec des écrans (publicitaires) présents en circulation. Le billet de train nous est revenu à environ 75€ en réservant la veille. 

@lenouvelautomobiliste

Connaissez-vous le KTX ? C’est le frère Coréen du TGV Réseau ! – #ktx #tgv

♬ Cute bright hip hop(1018707) – hope music

Le Parc automobile coréen

Le parc automobile coréen fait toujours une belle place aux berlines. Les SUV sont présents, mais pas omniprésent, même si, pour le première fois, un SUV a été en tête des ventes en Corée en septembre 2023 (Kia Sorento). Selon bestsellingcarsblog, le marché à fin 2023 s’élevé à 1 596 840 unités, dont 83,8% de marques locales. Hyundai mène le marché (38,1%), Kia et Genesis complète le podium. Suivent : Mercedes-Benz, BMW, KG Mobility et Tesla.

Le marché en 2022, le classement des véhicules était :

  1. Hyundai Porter 2
  2. Kia Sorento
  3. Hyundai Grandeur
  4. Kia Bongo
  5. Kia Carnival
  6. Hyundai Avante
  7. Kia Sportage
  8. Hyundai Palisade
  9. Hyundai Sonata
  10. Hyundai Casper

Le parc local est relativement récent, nous n’avons pas trouvé de donnée récente sur l’âge moyen du parc (7,3 ans en 2007, contre 8,2 ans à la même époque en France). La voiture local que nous avons aperçu lors de notre trajet est une Daewoo Tico (1991-2001, dérivé de la Suzuki Alto). Elle faisait même sensation pour les locaux. 

C’est une petite voiture comme on en voit peu désormais dans les gammes actuelles. Les gammes local sont quelques peu différentes de celles que nous connaissons (en italique, les versions inédites)

Hyundai :

  • Casper
  • Venue
  • Kona
  • Ioniq 5
  • Tucson (version longue)
  • Avante (Elante)
  • Ioniq 6
  • Sonata
  • Grandeur
  • Santa Fe
  • Palisade
  • Staria
  • Porter II (Utilitaire)
  • Solati (H350 proposé dans certains pays d’Europe)

Kia :

  • Morning (Picanto)
  • Ray
  • K3 GT et K3 (équivalent Ceed 5 et 4 portes)
  • Niro
  • Niro Plus
  • K5 (Optima)
  • EV6
  • Sportage (version longue)
  • K8 (qui a pris la suite de la Cadenza)
  • K9 (qui a pris la suite de l’Opirus) 
  • EV9
  • Bongo III (Utilitaire)

KG Mobility (Ex-SsangYong)

  • Torres
  • Torres EVX
  • Tivoli
  • XLV (Grand Tivoli)
  • Korando
  • Rexton
  • Musso

Chevrolet Korea (Ex Daewoo) :

  • Trailblazer
  • Trax
  • Equinox
  • Traverse
  • Tahoe
  • Colorado

Renault Korea Motors :

  • XM3 (Arkana)
  • QM6 (Koleos)
  • SM6 (Talisman)
  • Master

Fin de notre voyage en Corée

Pour terminer, nos articles sur la Corée, nous vous donnons rendez-vous dans deux semaines pour découvrir une partie des voitures que nous avons croisé.

Les essais en Corée :

Les essais des nouveautés coréennes :

Les découvertes :

Les Showrooms :

Le Seoul Mobility Show 2023 :

L’autre Corée

Crédit photos : Guillaume AGEZ, Constructeurs

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