Coup de vieux : la Mini génération R50, première de l’ère BMW, fête aujourd’hui ses 25 ans. Plutôt que de vous parler de la voiture, je vais revenir sur un souvenir d’enfance. Rien de bien freudien, rassurez-vous. On rembobine à l’été 2000, à peine plus de 6 mois après avoir survécu au bug de l’an 2000. On l’a échappé belle.

Mini R50

Make Spyshots Great Again

Je n’ai vraiment pas eu une enfance facile. Une famille aimante, un frère exceptionnel, mais pas de maison secondaire : on était « obligé » de voyager à travers le monde tous les étés. Chienne de vie. A l’âge de 15 ans, j’ai visité 15 pays. Bref, me voici à avoir 16 ans (et demi si tant est que ça compte) et nous repartons aux USA pour la troisième fois et la seconde sur la côte Ouest. Cette fois-ci mon meilleur pote et ses parents (meilleurs potes de mes parents) sont aussi de la partie. Non, clairement, on n’a pas une enfance facile.

Arrivés à San Francisco, mon oncle et ma tante des USA nous rejoignent pour visiter la ville avec nous avant de regagner leur New Jersey. Mon père nous embarque dans notre Pontiac Montana de location puis nous partons à l’aventure à sept direction Yosemite, Las Vegas, Grand Canyon, Brice Canyon, Lake Tahoe, Yellowstone avant de rentrer à San Francisco. Chienne de vie, vous dis-je.

Death Valley Map

Bref, ce qui devait arriver arriva : mon père avait prévu une étape par la Vallée de la Mort entre Yosemite et San Francisco, que l’on avait honteusement négligée 5 ans auparavant. Inutile de dire que j’étais ravi. Pour les gens normaux, il ne s’agit que d’un parc naturel où il fait bigrement chaud. Mais pour un gamin un peu « différent » comme moi, il s’agit ni plus ni moins que l’endroit où les constructeurs testent leurs prototypes en mission chaude, le genre d’endroit qui alimentent régulièrement les magazines automobiles en scoops divers et variés.

Mon meilleur pote étant un peu porté sur les bagnoles et mon frère étant déformé par ma passion, ils ont également compris ce qui nous attendait. Notre plan est alors mûrement réfléchi alors que nous nous apprêtions à arpenter la route en famille. Assis à l’avant du Montana, la responsabilité en incombait et en décombait à mon frère de prendre les photos tandis qu’au rang 2, munis de jumelles, mon pote et moi scrutions la route à l’affût de quelque prototype.

De mémoire, on en a laissé passer un sans avoir le temps de réagir. Un cri d’effroi s’en est suivi, dans l’incompréhension de nos parents. Une fois mais pas deux : quelques minutes à peine s’écoulent pour qu’une salve de protos BMW surgissent au loin. « Mitraille ! », lance-t-on à mon frère. Bref, quatre photos, on était à l’argentique, faut pas abuser.

Notre satisfaction se fait entendre, toujours dans la quasi-incompréhension de nos parents que je remercie de ne pas nous avoir placé en hôpital psychiatrique par la suite. Nous voici avec des photos de BMW Série 7 E65, la première bavaroise de l’ère Bangle (j’en garde une vraie tendresse alors que son style a été décrié), suivie de cette fameuse Mini R50, première génération de Mini by BMW (produite à Oxford, c’est l’occasion de vous remettre mon article sur la Rover 75).

Un troisième proto nous a semblé être une sorte de BMW Série 3 Touring surélevé, comme si la marque voulait rivaliser avec la Volvo XC70. Mais la qualité de la photo ne nous rend sûrs de rien et aucun véhicule de série ne correspond, tandis que la voiture semble bien trop basse pour être un quelconque mulet de X3. Mystère, donc.

Impatients, on n’attend pas le retour en France (encore 2 semaines à tenir…) pour voir les photos que l’on fait développer quelque part dans un bled paumé entre deux canyons. On est fier de nous, nos parents nous aiment quand même, bref, tout se passe bien.

Une fois de retour en France, notre mission est de faire publier nos photos dans un magazine automobile. Mon frère étant le seul « grand » de la bande, il a le permis et la permission de prendre la Rover 416 Si Lux de maman pour nous emmener faire le tour des journaux, tous situés à Issy-les-Moulineaux.

On parvient à rencontrer René Desmarets d’Auto-Plus qui jette un œil à nos photos : on comprend alors ce qu’on refusait de penser, trop fiers de notre scoop : ces voitures ont déjà été photographiées auparavant et nos photos n’apportent rien à ce qui existe sur le marché. Quant à la voiture mystère, sa photo est inexploitable. Bref, nous repartons bredouille, comme on ne dit pas dans le Bouchonnois. Mais nous repartons avec de très beaux souvenirs de voyage.

Joyeux quart de siècle à la première Mini de BMW, une voiture qui, avec la Série 7 E65, m’évoquera toujours ce superbe voyage et notre scoop de la Vallée de la Mort !

Bonus : la Mini électrique à New York

A la faveur d’une de mes nombreuses visites à New York (je n’ai pas une vie facile, vous dis-je), me voici en 2009 à Manhattan, quartier qui doit sans doute son nom à la série spéciale de Ford Escort qu’avait ma mère quelques années auparavant, si ma chronologie des faits est exacte. A l’époque où Manhattan était plus sûre et où les new-yorkais avaient encore en tête les attentats du 11 septembre 2001 (tout ceci a malheureusement changé à en juger par les campus et la municipalité). Bref, cette fois-ci, avec les appareils photos numériques, on n’hésite moins à prendre des photos, pas toutes utiles, mais il y a quelque chose qui n’échappe pas à mon regard : une Mini électrique.

Mini E 2009 New York

Il ne s’agit pas d’un scoop mais plutôt d’une rareté qui n’a d’ailleurs jamais été vendue en France. Et jamais été vendue tout court, car elle n’était disponible qu’à la location, essentiellement aux USA et dans certains pays d’Europe à travers une flotte de 500 véhicules.

Basée sur la seconde génération, présentée au salon de Los Angeles en 2008 et produite entre 2009 et 2010, la Mini E servait pour BMW de laboratoire roulant avant sa première vague de véhicules électriques qu’ont été les i3 et i8 de 2013. Il s’agissait aussi de pouvoir disposer d’un véhicule « zéro émission » en Californie. C’est aussi comme ça qu’est née la Fiat 500e de première génération (et je vous remets mon article sur les américaines de Budapest où je vous en parlais).

La Mini E arborait une livrée spécifique avec des touches de jaune, n’avait que 2 places à cause d’un pack batterie Li-ion de 35 kWh « un tantinet » encombrant à l’arrière (259 kg !) et développait 200 ch pour une autonomie d’environ 160 km. On a fait quelques progrès depuis !

Photos : Eric E, son frère biologique et son frère pas biologique.

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