Présentée à Marseille dans un décor cinématographique soigné — entre clin d’œil à la mythique 406 de Taxi et partenariat avec Pathé Cinéma — la Peugeot 408 restylée tente de remettre les compteurs à zéro. Quatre ans après son lancement en 2022, la berline fastback de Sochaux n’a jamais véritablement trouvé son public en France. Moins de 20 000 exemplaires écoulés depuis son lancement, 5 184 immatriculations sur les onze premiers mois de 2024 — soit une chute de 32 % par rapport à 2023 — et un classement tombé de la 55e à la 81e place du marché français. Ce restyling, couplé à l’arrivée (enfin !) d’une version 100 % électrique, est peut-être la dernière chance de l’audacieuse Peugeot de convaincre. Nous l’avons essayée.

Marseille, la 406 et Pathé : un contexte malin
Le choix de Marseille pour présenter ce restylage n’est pas anodin. Peugeot entretient depuis des décennies une relation étroite avec le 7e art — la 406 de Daniel Morales dans Taxi en est l’exemple le plus célèbre. C’est donc dans la cité phocéenne, avec un partenariat officiel noué avec Pathé Cinéma, que la marque a orchestré cette présentation. Une manière de rappeler que la 408 est une voiture qui a du caractère, et que ce caractère mérite d’être vu sur grand écran. Ou au moins, sur la route.

Pourquoi la 408 n’a-t-elle pas décollé ?
Avant d’analyser ce que vaut ce restylage, il convient d’en comprendre le contexte. La 408 est une voiture courageuse — peut-être trop pour le marché français. Dans un pays où les SUV représentent désormais plus de 45 % des immatriculations, proposer une berline fastback surélevée de 4,69 mètres (L) × 1,85 m (l) × 1,48 m (h), avec un empattement de 2,79 m, relevait d’un pari audacieux. Les acheteurs français n’ont pas suivi.
Mais ce n’est pas la seule raison. L’absence d’une version 100 % électrique au lancement en 2022 a constitué un handicap commercial réel dans un segment C de plus en plus electrifié. Pendant que la Renault Mégane E-Tech et la Volkswagen ID.3 captaient la clientèle électrique, la 408 se contentait du PHEV et du MHEV. Résultat : elle a raté deux marchés simultanément — celui des conducteurs traditionnels (qui préfèrent les SUV) et celui des early adopters de l’électrique. La présentation au Salon de Bruxelles 2026 avait d’ailleurs mis en avant cette correction tardive mais bienvenue.

Ce qui change : un restyling ciblé, pas une révolution
Peugeot ne réinvente pas la 408 — ce serait d’ailleurs paradoxal pour un mid-life. Les modifications se concentrent sur la face avant, avec l’adoption de la nouvelle signature lumineuse à trois griffes déjà vue sur la 308 restylée. Les projecteurs principaux sont partiellement masqués en partie basse pour accentuer l’agressivité du regard. L’éclairage passe en Full LED de série sur la finition Allure, et en Matrix LED sur les GT et GT Exclusive. À l’arrière, un bandeau lumineux traversant porte désormais l’inscription « PEUGEOT », tendance du moment chez le constructeur.
Le capteur ADAS est discrètement intégré derrière le blason lumineux de la marque — une solution élégante qui évite les intrusions visuelles disgracieuses. Nouvelles jantes Adakite 19 pouces (Allure/GT) et Monolithe 20 pouces (GT Exclusive). Cinq teintes disponibles, dont le séduisant Flare Green, un vert aux reflets dorés qui oscille entre le vert olive et le jaune selon la lumière. La gamme se structure en trois niveaux : Allure, GT, GT Exclusive.

Le menu des motorisations — et enfin l’électrique
C’est ici que réside la vraie nouveauté de ce restylage. La gamme comprend désormais trois motorisations :
- Hybrid 145 ch e-DCS6 (107 kW) : moteur 48V à hybridation légère, boîte double embrayage 6 rapports. L’entrée de gamme, plus axée confort que sportivité.
- Plug-in Hybrid 240 ch e-DCS7 (180 ch + 92 kW) : la version la plus dynamique, avec une batterie de 14,6 kWh offrant jusqu’à 85 km d’autonomie électrique en cycle urbain. Recharge en 2h05. La grande nouveauté par rapport à l’ancienne PHEV 225 ch.
- E-408 Électrique 210 ch / 58 kWh : la vraie nouveauté tant attendue. 456 km d’autonomie WLTP, Vehicle-to-Load (V2L) jusqu’à 3,5 kW, et Plug & Charge. Tarif en finition GT Exclusive : 47 600 €.
L’arrivée de la version électrique corrige la lacune originelle de la 408 — mais avec quatre ans de retard sur le marché. À titre de comparaison, la Volkswagen ID.3 GTX Fire+Ice, récemment essayée, affiche des caractéristiques concurrentes dans un gabarit plus compact. La question est désormais de savoir si la clientèle premium-électrique sera réceptive à la proposition fastback de Peugeot.

À bord : qualité confirmée, technologie qui commence à dater
L’habitacle ne change pas fondamentalement, et c’est à la fois une force et une limite. Les sièges semi-baquets, labellisés AGR pour leur ergonomie, restent parmi les meilleurs du segment. Les finitions GT et GT Exclusive gagnent le blason Peugeot sur les appuis-tête, des surpiqûres soignées et un éclairage d’ambiance personnalisable. Le coffre de 536 litres (avec banquette 40/60) reste l’un des arguments pratiques du modèle — généreux pour une berline fastback.
Le I-Cockpit — ce combiné d’instruments au-dessus d’un petit volant — fait toujours autant débat sur l’ergonomie, mais force est d’admettre qu’il contribue à un sentiment de qualité perçue indéniable. Le système d’infodivertissement intègre désormais une IA basée sur ChatGPT, mais commence à accuser son âge face à des interfaces concurrentes plus fluides. Les raccourcis i-Toggle compensent partiellement cette limite. La sonorisation Focal, en option, délivre une prestation convaincante pour les amateurs de musique en déplacement. Toit ouvrant optionnel, silencieux et de bonne dimension, disponible sur les versions haut de gamme.

Sur la route : le 240 ch PHEV convainc, le 145 ch déçoit un peu
Notre essai principal portait sur la version GT PHEV 240 ch en Flare Green, chaussée de jantes 20 pouces. Et c’est là que la 408 montre ce qu’elle vaut vraiment : un comportement dynamique réel, une direction précise, un châssis dans la grande tradition Peugeot. La route se ressent, les appuis sont sains, le moteur conjugue puissance et souplesse. En usage mixte « dynamique » avec batterie chargée à bloc, la consommation relevée en fin d’essai s’établissait à 6,2 L/100 km — honnête pour 240 chevaux.
La version Hybrid 145 ch en jantes 19 pouces offre un profil plus orienté confort — au point de rappeler davantage une Citroën qu’une Peugeot dans ses réglages de suspension. Le freinage, avec des disques moins bien dimensionnés que sur les versions électrifiées et PHEV, s’est avéré moins mordant. Un point à surveiller pour les conducteurs habitués aux versions plus puissantes. Le rayon de braquage de 11,20 mètres reste parfaitement acceptable pour une berline de 4,69 m.

Le bilan : une alternative originale, pas encore un succès annoncé
Les équipes de Peugeot ont manifestement travaillé sérieusement sur ce restylage. La 408 gagne en cohérence visuelle, en dotation technologique et — enfin — en offre électrique. Assemblée à l’usine de Mulhouse et couverte par une garantie de 8 ans / 160 000 km, elle propose sur le segment C une alternative fastback originale pour la clientèle qui ne veut pas d’un SUV comme tout le monde.
Mais le marché a la mémoire longue. La 408 a raté son lancement commercial, en partie parce qu’elle n’était pas un SUV, en partie parce qu’elle n’avait pas d’électrique à proposer dès 2022. Avec des prix allant de 38 500 € (Hybrid 145 ch Allure) à 47 600 € (E-408 GT Exclusive), elle se positionne dans un segment très disputé — et devra convaincre une clientèle que ses concurrentes ont eu quatre ans pour séduire.
Pour configurer votre 408 et explorer les finitions disponibles, rendez-vous sur le site officiel Peugeot France. Reste à voir si ce coup de griffes suffira à convaincre ceux qui, jusqu’ici, lui ont préféré un SUV.
Fiche express — Peugeot 408 restylée (2026)
| Dimensions | L : 4,69 m | l : 1,85 m | H : 1,48 m | Empattement : 2,79 m |
| Motorisations | Hybrid 145 ch / PHEV 240 ch / E-408 210 ch (58 kWh) |
| Autonomie électrique | PHEV : 85 km (cycle urbain) | E-408 : 456 km WLTP |
| Coffre | 536 litres (banquette 40/60) |
| Rayon de braquage | 11,20 m |
| Garantie | 8 ans / 160 000 km |
| Assemblage | Usine de Mulhouse (France) |
| Prix | De 38 500 € (Hybrid 145 Allure) à 47 600 € (E-408 GT Exclusive) |
Points positifs
- Design fastback distinctif et silhouette unique sur le segment C
- PHEV 240 ch performant et sobre (6,2 L/100 km en usage mixte)
- Coffre généreux (536 L) malgré le profil coupé
- E-408 avec 456 km d’autonomie WLTP enfin au catalogue
- Garantie rassurante : 8 ans / 160 000 km
- Assemblée en France à Mulhouse
Points négatifs
- Positionnement ambigu : ni SUV, ni berline classique — toujours difficile à vendre
- Moins de 20 000 exemplaires en 4 ans — un bilan qui pèse sur l’image
- Technologies de bord qui commencent à dater face aux offres chinoises et coréennes
- Le 145 ch hybride déçoit un peu pour ce gabarit et ses tarifs











