La Toyota Yaris GR Sébastien Ogier Edition est déjà épuisée. Pourtant, l’histoire ne s’arrête pas là : de nouvelles séries limitées arrivent, reprenant globalement la même définition technique avec quelques ajustements ( Edition Morizo à venir).

Dans ce contexte, essayer cette version boîte manuelle de la GR prend tout son sens. Car derrière son image de petite bombe homologuée pour la route, cette Yaris GR cache une philosophie plus très courante : celle d’une voiture conçue avant tout pour la performance.

Design extérieur de la Toyota Yaris GR

Comme souvent avec les modèles Gazoo Racing, cette Toyota Yaris GR regorge de détails spécifiques. L’édition Sébastien Ogier se distingue immédiatement grâce à ses nombreux éléments personnalisés. Côté roues, on retrouve de très belles jantes siglées bleu-blanc-rouge en hommage au champion français associées à de gros étriers de frein. La décoration latérale spécifique renforce cette identité, tandis que le design arrière est dominé par un diffuseur de grande taille complété par deux imposantes sorties d’échappement. Le hayon arrière porte une plaque “Sébastien Ogier Edition” surmonté d’un aileron particulièrement massif. Le résultat donne une voiture compacte, très ramassée, avec une vraie présence visuelle.

Un détail illustre parfaitement le niveau d’exigence des ingénieurs japonais : bien que ce soit une édition Ogier, la voiture est aussi signée Morizo. « Morizo » est le nom utilisé par le Président du Conseil d’administration de Toyota Motor Corp, Akio Toyoda, lorsqu’il se trouve derrière un volant. En raison de son insistance à participer à des activités de course qui mettent sa vie en danger, Akio a reçu de sévères critiques, tant en interne qu’en externe. Pour se rendre moins visible et moins susceptible d’être critiqué, Akio a pris le nom de « Morizo ».

Et surtout, ce n’est pas un simple badge : par exemple le film intérieur du pare-brise feuilleté est spécifique et imprimé du nom Morizo. En cas de remplacement, il faudra en faire venir un directement du Japon.

Habitacle et intérieur de la Toyota Yaris GR

À l’intérieur, l’ambiance est clairement orientée sport. On retrouve des panneaux de portes recouverts d’Alcantara, ainsi que des sièges baquets GR également habillés de cette matière. Une plaque spécifique “Sébastien Ogier” s’affiche fièrement sur la planche de bord.

Celle-ci est spécifique à cette version et différente de la première génération de Toyota Yaris GR que nous avions essayée ICI. Contrairement à la Yaris standard, elle adopte une forme plus rectangulaire avec un écran central repositionné plus bas. Cette modification répond à une demande des utilisateurs en rallye, notamment des copilotes, qui trouvaient l’écran d’origine trop présent dans le champ de vision car implanté trop haut. Toyota a donc adapté le design de la planche de bord de la GR pour libérer la visibilité.
L’ergonomie reste simple et efficace, avec des commandes physiques pour la climatisation, ce qui est un vrai point positif. L’écran central se fait oublier, il répond à tout sans complexité inutile.
Une installation audio JBL est également présente, même si ce n’est pas l’élément le plus marquant dans une voiture au moteur plutôt sonore.

Sur la route avec la Toyota Yaris GR

Cette deuxième évolution de la Toyota Yaris GR passe de 260 à 280 chevaux qui s’accompagne de nouveaux réglages de transmission: La Yaris GR propose plusieurs modes de répartition de couple via le différentiel central, une configuration normale, une configuration Morizo plus dynamique et équilibré avant/arrière, ainsi qu’un mode Ogier où la répartition de la puissance est plus orienté vers le train arrière.
La motricité est impressionnante, en effet grâce aux deux différentiels Torsen et au différentiel central, la voiture offre une efficacité redoutable. Elle va très vite, très facilement, avec une capacité à passer la puissance au sol bluffante.
Cependant, cette efficacité extrême peut aussi devenir une limite : la voiture est tellement performante qu’elle en devient presque trop facile. Le train arrière s’exprime peu, et le côté joueur est légèrement en retrait.


Le moteur, un trois cylindres 1.6 turbo, est plus plein à bas régime que sur la première génération. Il offre beaucoup de couple et se montre très agréable au quotidien. Il monte sans difficulté jusqu’à 7500 tours, avec un caractère plus rageur à haut régime, malgré une sonorité moins flatteuse à bas régime. La boîte manuelle, point parfois critiqué sur la première génération, est ici très réussie : précise, bien guidée, efficace aussi bien à chaud qu’à froid.
Le freinage, lui, est irréprochable. Quand on augmente vraiment la cadence, on peut ressentir un léger mouvement du train arrière en appui, qui permet de placer l’auto, mais cela intervient à des vitesses déjà très peu raisonnables.
Vous l’avez compris la Yaris GR se révèle extrêmement polyvalente : confortable au quotidien, amusante sur circuit, et redoutable sur petites routes.

Si vous aimez les histoires de compacts 4WD en rallye faites un tour dans cet article ou Raphael nous raconte des histoires de Delta Gr.A au Safari.

Consommation de la Toyota Yaris GR

En usage mixte, sans conduite constamment sportive, la consommation relevée tourne autour de 9 litres aux 100 km. On peut envisager de descendre à environ 8,5 litres en conduite calme, et monter à 10 litres en usage plus dynamique. Cela reste cohérent pour une voiture de ce niveau de performance, d’autant qu’il n’y a ici ni hybridation ni assistance électrique.

Et si on parlait d’argent ?

Le sujet du prix est aujourd’hui particulièrement sensible. La Toyota Yaris GR en elle-même est plutôt bon marché, mais le malus écologique vient tout compliquer. On parle d’un montant pouvant atteindre environ 80 000 euros, soit largement plus que le prix de base du véhicule.

À titre de comparaison, une Yaris X classique en finition GR est affichée autour de 32 000 euros, tandis que cette GR Yaris vaut 42 500 euros hors malus.
Les projections pour les années à venir évoquent un malus pouvant atteindre 100 000 euros, soit le double de la valeur de la voiture, une situation unique en Europe.

Concurrentes directes :

Dans la réalité pas de concurrence, mais en voici qui s’en approche:

  • Hyundai i20 N (moins puissante, traction)
  • Volkswagen Polo GTI (plus polyvalente, moins radicale)
  • Audi S1 (ancienne génération, transmission intégrale)
  • Mini John Cooper Works (plus fun, moins efficace)

Conclusion

Cette GR Yaris Sébastien Ogier Edition est une voiture impressionnante. Extrêmement efficace, polyvalente, utilisable au quotidien comme sur circuit ou sur petites routes, elle représente une synthèse rare entre performance et facilité d’utilisation.
Mais paradoxalement, cette perfection technique lui fait perdre une part d’émotion. Elle va vite, très vite, mais avec une facilité qui peut parfois atténuer les sensations.
C’est une voiture brillante, sans défaut majeur… mais peut-être un peu trop parfaite.

Texte et photos François Bouet

Points positifs

  • Motricité exceptionnelle
  • Boîte manuelle précise
  • Qualité de mise au point globale
  • Polyvalence (route, circuit, quotidien)
  • Moteur plein et performant

Points négatifs

  • Sonorité du 3 cylindres à bas régime
  • Train arrière peu joueur
  • Prix et malus écologique délirants

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