Le Ford Kuga est depuis 17 ans un des modèles phares du constructeur américain. Lors du lancement de la première génération du SUV en 2008, le Ford Kuga rejoignait, et pas pour faire de la figuration, d’autres modèles déjà bien établis et qui ont désormais disparu ou disparaîtront prochainement : la berline Mondeo, les monospaces C-MAX, S-MAX, Galaxy, la Fiesta, et bientôt la Focus.

On peut dire que le succès du Ford Kuga le protège pour le moment d’une suppression du catalogue : il fût le SUV hybride rechargeable le plus vendu en Europe pendant 3 années consécutives avant son restylage en 2024. Face à un segment ultra-concurrentiel dans lequel les icônes ne cessent de se renouveler, la mise à jour récente peut-elle prolonger le succès ? La nouvelle finition Active X du Kuga en fait-elle un baroudeur accompli ? Notre avis après 2 000 km à son bord !

Ford Kuga Active X : germano-romain

Pour ce nouveau cru, le Ford Kuga a été redessiné de manière notable, du moins sur la face avant profondément remaniée. Avec ses phares en amande et ses rondeurs, le Ford Kuga 3 de 2019 semblait comme une copie XL mal proportionnée du Puma, plus grosse et pataude.

Le nouveau gagne en caractère avec une face avant plus agressive et traitée en largeur. Les phares en boomerang qui flanquent la large calandre évoquent, quelque part, le Maserati Levante, du moins dans la forme générale. Avec bien entendu moins de prestance et plus de protections de carrosserie, bienvenues pour un véhicule qui, lui, ne fera pas que des parcours urbains.

Les optiques peuvent être reliées entre elles par une bande de LED, et c’est alors du côté de Volkswagen (et même du groupe VW dans son ensemble) que la comparaison est la plus évidente. Le Tiguan, rival direct du Kuga, en est effet équipé lui aussi.

A l’arrière, les nouveautés ne sauteront pas aux yeux de tous. Changement le plus notable, les feux évoluent très légèrement avec une signature lumineuse en forme de crosse de hockey. Le diffuseur a aussi été revu et la poignée de coffre supprimée.

Le constructeur nous a habitués à ce que les différentes finitions d’un même modèle lui donnent une allure bien différentes selon le choix. Les finitions Active et Active X, se destinant à une utilisation plus rurale, proposent une interprétation plus baroudeuse avec des décors de sabots de pare-chocs en plastique gris rappelant les protections de bas de porte.

Et surtout, la hauteur de caisse est un peu plus élevée (10 mm à l’avant, 5 mm à l’arrière). Les angles d’attaque et de fuite sont toutefois identiques à ceux d’une simple version Titanium. N’espérez donc pas faire du franchissement en Kuga Active !

La finition ST-Line offre quant à elle plus d’élégance avec une calandre plus fine, des enjoliveurs de prises d’air dans les pare-chocs et tous les éléments de carrosserie peints de la même couleur. Entre cette version « affutée », la consensuelle Titanium et notre version tout-terrain, le choix dépendra des goûts esthétiques et des usages.

Tout comme celui de la teinte de carrosserie, qui peut désormais se porter sur le Bleu Island du Puma, ou encore sur du vert. Une couleur qui est arrivée en force récemment sur le Mustang Mach-E, le Tourneo Courier… Et qui leur va bien ! Ce nouveau Vert Bursting se marie parfaitement à notre finition « crapahuteuse » et c’est un choix d’autant plus pertinent qu’il s’agit de la teinte gratuite.

Ford Kuga Active X PHEV : un habitacle dans la continuité

En s’installant à bord du Ford Kuga, on trouve facilement la position de conduite adéquate grâce à l’amplitude de réglage des sièges importante, sur cette version pourvue de sièges avant électriques à mémoire pour le conducteur.

On ne perd pas nos repères entre la version précédente du Kuga et cette nouvelle mouture. Design intérieur et disposition des commandes sont globalement conservés sur cette version restylée.

Le tableau de bord présente deux écrans de taille respectable disposés à l’horizontale. Le premier face au conducteur est l’ordinateur de bord digital de 12,3 pouces, tandis que le suivant est l’écran tactile qui commande le système multimédia SYNC 4, nouveau sur le Kuga. Plus moderne et fluide, ce système est aussi désormais sur un écran plus large, de 13,2 pouces.

Si vous ne voulez pas vous laisser distraire par la multitude d’informations affichées sur ces deux écrans, il est également possible d’opter pour l’affichage tête haute sur dalle, qui vous fournira les informations essentielles à la conduite sans quitter la route des yeux.

SUV à vocation familiale, le Kuga choie ses passagers arrière, qui sont bien lotis en termes d’espace. Ils trouveront eux aussi une position de voyage adaptée grâce à la possible inclinaison des sièges et à la banquette coulissante sur 15 cm. C’est 1 cm de moins que sur le Renault Austral restylé. Zut !

Lorsque cette banquette est avancée au maximum, la contenance du coffre atteint 536 litres, un poil mieux que le Peugeot 3008 (520 litres). Mais il se réduit à 395 litres lorsque la banquette est reculée. Cette dernière peut également être rabattue (aisément, via des commandes classiques sur les sièges et dans le coffre) pour offrir une capacité totale de chargement sous plafond de 1 517 litres. Sous le plancher, on trouvera le câble de recharge et l’on peut glisser quelques menus objets.

Le couvre-bagage souple, souvent critiqué par les clients, a été maintenu. Pratique au quotidien car léger et pouvant être rangé facilement, il semble avoir tendance à se décrocher tout seul, problème que nous n’avons pas rencontré.

Essai Ford Kuga Active X hybride rechargeable : câble ou pas câble ?

Kuga PHEV : une valeur sûre et des nouveautés

Nous avions été les premiers à essayer le Ford Kuga dans sa toute première version hybride rechargeable, avant sa première présentation publique française au salon Flotauto, il y a déjà 5 ans.

Depuis, le Kuga est passé de 225 à 243 ch, une puissance fournie par un moteur thermique de 152 ch et 2 488 cc de cylindrée et d’un moteur électrique de 96,6 kW (131 ch). Il a gagné avec ce restylage une nouvelle transmission qui lui permet d’afficher une capacité de remorquage plus importante qui atteint désormais 2 100 kg.

L’autonomie électrique revendiquée par le Ford Kuga avec sa batterie lithium-ion de 14,4 kWh est de 66 km en cycle mixte et 89 en ville. C’est sensiblement la même chose qu’un Citroën C5 Aircross (64 km), mais moins qu’un 3008 PHEV (85 km en cycle mixte)… et la concurrence allemande propose presque le double avec sa batterie de 19,7 kWh.

Le Kuga PHEV sur la route : puissance et douceur

Dans la pratique, lorsque la batterie est chargée (ce qui prend 3h30 sur une Wallbox), le Kuga PHEV roule tout en douceur sur la force du moteur électrique. Il ne réveille le moteur thermique qu’à la demande et lors des plus fortes sollicitations. Il est donc agréable à mener d’autant qu’il est bien amorti et mesure les bruits et vibrations lorsque le moteur essence est actif.

Si la douceur prime par défaut, le Kuga peut montrer un autre visage plus vif. D’abord avec son couple important de 320 Nm. Mais aussi parce que la direction est assez ferme. Et presque trop sur les longs trajets, pendant lesquels les poignets fatiguent.

Les aptitudes dynamiques du Kuga sont limitées pour ceux qui ont une définition « à l’ancienne » d’une conduite vive, puisqu’il n’est pas possible de changer de vitesses manuellement. En revanche, on peut changer de mode de conduite et contrairement au Puma, le Kuga dispose d’une commande physique spécifique pour atteindre directement le menu de sélection de ces modes.

C’est en mode sport qu’on apprécie le gain de performances permis par la nouvelle boîte de vitesses. Sur l’exercice du 0 à 100 km/h, le Kuga gagne 2 secondes et atteint le score de 7,3 secondes, digne d’une petite GTi. Et c’est en conduite dynamique également qu’on apprécie le compromis réalisé sur le châssis, suffisamment confortable au quotidien, mais aussi efficace en accélérant le rythme.

Ford Kuga hybride rechargeable : économique ?

Avec l’idée sous-jacente de fonctionner à l’électricité lors de trajets urbains et en thermique sur les plus longs voyages, le Ford Kuga hybride rechargeable privilégie la première solution, plus écologique et économique.

Il est donc possible d’enclencher soi-même le mode éco et même électrique. Si l’autonomie le permet, celui-ci s’enclenche automatiquement à la détection d’une Zone à Faibles Emissions mobilité (ZFE-m). A Paris, cela ne s’est pas produit. Mais en repartant de Toulouse où notre périple nous a menés, à une dizaine de kilomètres de la ville rose, en pleine forêt même, c’est alors qu’on nous signale que le mode éco s’enclenche suite à la détection de cette zone.Si l’idée d’enclencher le mode électrique grâce à la géolocalisation d’une ZFE, dans la pratique tout ne s’est donc pas passé comme prévu.

Ceci étant dit, c’est principalement en Île-de-France que nous avons roulé en tout électrique. Lors des 280 premiers kilomètres de notre voyage, nous avons roulé 80 km uniquement en électrique. Sur les 1 875 km de notre voyage au total, nous avons effectué 590 km sans consommer d’essence… et sans jamais recharger.

Et ce pour diverses raisons, entre le temps limité pour faire des pauses, l’absence ou le dysfonctionnement de bornes sur le réseau secondaire voire en pleine campagne où nous avions élu domicile… ou encore pour s’alléger la charge mentale de devoir gérer la recharge en plus des pleins.

La rumeur dit que les propriétaires de véhicules PHEV ne rechargent jamais… Si tel est réellement le cas, ceux de ce Kuga PHEV consommeront en moyenne à peine plus de 6 litres aux 100 km (6,7 en moyenne sur l’ensemble du parcours, et tout juste 6 litres sur la portion de 500 km la moins exigeante). Pour un gros SUV sur des parcours mixtes en ville, sur autoroute, en montagne, c’est un bon score, même si éviter les bornes est idiot quand on dispose d’un véhicule pouvant fonctionner à l’électricité !

A noter, le Ford Kuga est également proposé en hybride classique fonctionnant au superéthanol-E85. Moins puissante avec ses 190 ch, cette version est disponible uniquement en 2 roues motrices. La transmission intégrale est disponible en hybride classique, mais celle-ci fonctionne au sans-plomb.

Ford Kuga hybride rechargeable : encore d’autres modes !

Au Nouvel Automobiliste, on aime réaliser des essais exhaustifs. Ce qui peut être long lorsqu’on dispose de véhicules paramétrables à foison comme le Ford Kuga.

Passons donc sur un autre mode pas encore étudié, le mode L de la boîte de vitesse. Celui-ci permet d’accroître la puissance du frein moteur, qu’on apprécie pour décélérer en ville sans freiner sans cesse, en montagne et à l’approche rapide de gros virages… Mais aussi pour récupérer de l’énergie. La récupération est en effet efficace avec ce mode enclenché en redescendant d’un col.

LE mode intéressant sur ce Ford Kuga, c’est le mode piste. Si vous pensiez à un mode circuit, raté. « Trail » a été traduit par « piste » dans l’ordinateur, voilà tout. Nous avons eu l’occasion de vérifier son action et avons constaté que l’adhérence était nettement meilleure sur les chemins caillouteux, pentus et remplis de trous et crevasses.

L’honneur est donc sauf pour ce SUV qui est réellement conçu pour sortir des sentiers battus. Nous en avons fait l’expérience à nos dépends, perdus sur des chemins de forêt à peine praticables. Merci Waze !

Equipements Ford Kuga Active X : hybride presque full

Comme vous pouvez le remarquer sur notre photo d’introduction de ce chapitre, le Kuga Active X, qui coiffe la gamme Kuga, ne dispose pas de son propre logo. Mais la version au X muet se distingue bien de la simple Active, même de l’extérieur, notamment par le toit contrasté et ses rétroviseurs noirs.

Il faut ouvrir les portes et le hayon pour les autres équipements extérieurs distinctifs : le hayon mains libres et les protection de bords de porte, qui sortent automatiquement pour protéger la carrosserie.

Le reste de l’équipement est au diapason sur cette version qui en offre le plus dans la gamme Kuga (voir équipements ci-dessus). Notamment grâce au Pack Assistance de série qui offre l’accès à toutes les aides à la conduite.

Si nous avons apprécié la conduite autonome de niveau 2 sur ce long périple, notamment le régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop and Go ou encore le maintien dans la voie, ce dernier était parfois assez pénible, en nous corrigeant sans arrêt avec des alertes « tenez le volant » alors que nous l’avions bien en main… mais sans le faire bouger….puisque nous étions sur de longues lignes droites…).

D’autres systèmes de lecture des panneaux ou d’alerte de véhicule dans l’angle mort sont également fort bien utiles sur de longues distances où l’attention a tendance à diminuer au fil des kilomètres. Tout comme les sièges à large amplitude de réglages et certifiés AGR. Ceux-ci nous ont préservés de toute douleur dorsale malgré les centaines de kilomètres enchaînés.

Niveau multimédia, on souligne que Apple CarPlay et Android Auto sont utilisables sans fil, ce qui est appréciable sur des longs trajets et lors de multiples trajets dans des contrées inconnues… Tant que cela fonctionne. Nous avons en effet connu quelques ratés de connexions, sans savoir si ceux-ci étaient dûs au smartphone ou au système SYNC 4.

Quant au système audio, les 10 haut-parleurs du système B&O nous ont comblés tout au long du trajet !

Si le niveau des équipements et leur qualité est là, il faut toutefois ajouter de nombreuses options pour disposer d’un Kuga à l’équipement totalement complet. 2 packs nous semblent incontournables : le pack techno, qui offre l’affichage tête haute ou les feux Matrix-LED qui changent réellement l’expérience de conduite de nuit, en restant en pleins phares tout en éteignant les faisceaux dirigés vers les autres conducteurs, et le pack hiver, avec les sièges et volant chauffants tellement appréciables lorsqu’il fait frisquet.

Le crochet d’attelage rétractable est lui aussi optionnel et permet de profiter de la charge tractable augmentée, qui atteint désormais 2 100 kg grâce à la nouvelle transmission.

Prix Ford Kuga Active hybride rechargeable : sortez la Visa !

Ford Kuga à partir de 39 490 € hors remise.

Modèle essayé Ford Kuga Active PHEV 243 ch à 51 090 € soit 57 940 € (hors remise de 6 500 €) avec les options peinture métallisée Bleu Island (950 €), jantes 19 pouces (600 €), toit panoramique (1 300 €), Pack Techno (1 650 €, incl. affichage tête haute, alarme volumétrique et phares Matrix LED avec bandeau lumineux), zone de chargement compartimentée (200 €) et kit pré-équipement de séparation pour chien (50 €), Pack Hiver (700 €), câble de recharge public (300 €) et crochet d’attelage rétractable ( 1 100€).

Pour rappel, les PHEV sont soumis au malus au poids pénalisant les véhicules de plus de 1 600 kg, mais bénéficient d’un abattement de 200 kg. Sous la barre des 1,8 t, le Kuga en est donc exempté dans sa version la plus légère.

Concurrence

Mine de rien, les hybrides rechargebles n’ont pas encore dit leur dernier mot et sont encore nombreux sur le marché, notamment chez les constructeur premium avec les BMW X1 et X3, Mercedes-Benz GLA et GLC, Range Rover Evoque…

Concentrons-nous donc sur les généralistes. Nous l’avons mentionné dès le début, le Volkswagen Tiguan eHybrid 204 ch est proposé à partir de 53 900 €, doté d’une autonomie électrique allant jusqu’à 128 km WLTP. Ce modèle est également proposé avec une motorisation plus puissante de 272 ch.

Côté français, on trouve le Peugeot 3008 hybride rechargeable 195 ch à partir de 43 490 €, ou 53 390 € en finition GT avec équipements optionnels. Son cousin l’Opel Grandland coûte avec tous ses équipements, en finition GS, 49 500 € avec la même motorisation.

Rival tout désigné avec sa motorisation PHEV de 245 ch, le Kia Sportage dispose d’une finition Active également… mais celle-ci correspond à l’entrée de gamme du SUV coréen. Il faut se tourner vers la GT-Line Premium à partir de 53 890 €, et même 54 990 € avec la peinture métallisée bi-ton, pour rivaliser avec notre Kuga en termes de prestations.

En provenance de Corée également, on trouve le Hyundai Tuscon Plug-in 253 ch à partir de 43 200 €, proposé à 50 487 € en finition N-Line Creative toutes options.

Nous excluons les Citroën C5 Aircross et Toyota RAV4, ceux-ci étant remplacés prochainement. Mais des affaires sur les stocks sont peut-être à saisir… Pour vous donner une idée tarifaire côté japonais, le Suzuki Across hybride rechargeable s’échange contre 55 290 € dans son unique version.

Débutant à 46 090 € prix catalogue en hybride rechargeable en finition Titanium, le Ford Kuga est donc une proposition intermédiaire tant en entrée de gamme qu’en finition haute.

Bilan essai Ford Kuga Active PHEV

On dit qu’avec le temps, tout fout le camp. Le Ford Kuga semble hermétique à cette règle et non content de survivre à d’autres modèles iconiques de la gamme Ford des années 2000, il continue à se bonifier en tous points.

Mieux dessiné, plus moderne et technologique, plus confortable, plus puissant tout en restant économique à l’usage, il semble mieux armé pour continuer à truster le top des ventes de SUV hybrides rechargeables…et à survivre dans une gamme Ford en Europe qui se restreint à des SUV électriques, des Mustang et Bronco hors du temps et hors budget pour le commun des mortels et une gamme d’utilitaires qui continue de porter le constructeur sur le continent.

De là à supputer que Ford renouvellera le Kuga avec une nouvelle génération ? Rien n’est moins sûr !

Album Photos Ford Kuga Active X PHEV

Article et photos Thibaut Dumoulin pour le Nouvel Automobiliste

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