Présentée en grandes pompes au Mondial de l’Auto 2024, la Renault 4 2025, 100% électrique, est aujourd’hui à l’essai sur notre site, quelques semaines avant son arrivée en concession.
Évidemment, nous allons la détailler. Bien sûr, nous vous livrerons nos impressions de conduite. Mais avant cela… rembobinons.
Retrouvez notre essai de la nouvelle Renault 4 2025 en vidéo
La Renault 4, des sixties à nos souvenirs
Ah, les sixties. Certains d’entre vous les ont connu. C’était l’époque des juke-boxes et des vinyles qui tournaient sans fin, des minijupes de Mary Quant et des pantalons pattes d’éléphant. On dansait sur les Beatles et les Rolling Stones. Sur les routes de France, une silhouette devenait familière : celle de la Renault 4.
Pratique, robuste, accessible, c’était la voiture de tout le monde : des jeunes, des familles, des paysans comme des citadins. On y mettait les enfants, les valises, le chien… et parfois même un matelas pour partir à l’aventure, cheveux au vent, sur les routes encore tranquilles de l’été.
Pas besoin toutefois d’avoir vécu dans les années 60 pour avoir des souvenirs avec celle qui, dans le langage commun, deviendra la 4L (du nom de sa version la plus… « haut de gamme » , en tout cas un peu mieux équipée que les modèles de base). Et pour cause : elle s’est immatriculée à plus de 8 millions d’exemplaires, jusqu’en 1992.





La Renault 4 est ainsi devenue une sorte d’icône populaire, qui roule encore aujourd’hui, notamment grâce au 4L Trophy (un rallye étudiant où l’on traverse le désert pour acheminer du matériel scolaire aux enfants du Maroc).
Un tel héritage force le respect, mais suscite aussi, il faut bien le dire, quelques envies marketing. L’évasion (non, pas le monospace de Citroën), la liberté, les voyages… autant d’idées profondément liées à l’automobile – et a fortiori, à la R4. Renault ne s’y est pas trompé. C’est donc en actionnant la fibre de la nostalgie que la marque au losange donne une descendance à la mythique 4L, à travers un nouveau modèle aux dimensions proches d’un Renault Captur, mais 100% électrique.
Essai Renault 4 2025 : la nostalgie au service de l’électrique
La nostalgie est-elle le seul levier pour motiver les automobilistes à acheter des modèles électriques, alors que l’âge moyen des acheteurs de voitures neuves est autour des 55 ans ? « Vous avez quatre heures » , comme le disait, il y a un peu plus de quinze ans, la publicité de Citroën (décidément… peut-être avons-nous envie que le constructeur relance la 2CV ?) !
Si la nostalgie est, selon Renault, le seul moyen d’attirer cette clientèle, eh bien soit, acceptons-en le principe. Après tout, si cela permet de donner un coup de pouce à la transition vers l’électrique, pourquoi pas ? Mais alors, intéressons-nous de plus près à ce que la nouvelle Renault 4 a à offrir. Car, derrière le clin d’œil au passé, la question est : qu’apporte-t-elle concrètement à l’ère de l’électrique ?
Longue de 4,14 mètres, la Renault 4 2025 s’intercale, en termes de gabarit, entre une Clio et un Captur. Elle ne rend que six centimètres à la Mégane E-Tech électrique qui, nous le verrons, a peut-être du souci à se faire. Pour faire la différence, la « nouvelle R4 » utilise différents attributs propres aux SUV : une garde au sol surélevée (18,1 cm, soit 1,2 cm de plus que le Captur), des grosses jantes (18 pouces, sur tous les niveaux de finition) ou encore du plastique brut.










4,14 mètres de long, 1,80 mètre de large, 1,57 mètre de haut : ce sont les mensurations de la nouvelle Renault 4 2025, 100% électrique.
Ce que l’on remarque en premier lieu, toutefois, c’est son faciès. Ses optiques rondes évoquent la Renault 4 d’antan (c’est évidemment voulu), mais nous pourrions presque y voir aussi un air de Jeep Renegade ou même de Mini Countryman. La Renault 4 2025 dispose en tout cas d’une calandre rétro-éclairée, d’un seul bloc (1,45 mètre de large), incluant phares, logo et pourtour lumineux.
Réalisée conjointement avec Valeo et OP Mobility, cette calandre « d’une traite » est une première. Le constructeur au losange assure qu’il ne sera pas nécessaire de la démonter totalement en cas d’accident pour remplacer une pièce (nous n’avons pas cherché à le vérifier !).
C’est joli… et coquet. Parce que, oui, sous sa carrure de SUV, la Renault 4 2025 joue la carte de la personnalisation : divers autocollants sont au programme, ainsi que différents « jeux de couleur » avec la possibilité, par exemple, d’opter pour une configuration « biton » comme sur notre modèle d’essai (qui peut même inclure le capot).
En parallèle, les détails rappelant la « 4L » sont légion : vitre de custode, capot nervuré, feux verticaux, hayon légèrement incliné… oui, la R4 2025 évoque son aïeule (Renault parle de design « rétro-futuriste »). Pour autant, elle est bien moins « rudimentaire » . Elle a d’ailleurs fait tourné quelques têtes lors de notre essai, à Lisbonne. Et c’est vrai que nous aussi, nous la trouvons mignonne, même si avouons-le, elle a quand même moins de sex appeal que sa récente sœur, la R5 E-Tech électrique, avec qui elle partage de nombreux éléments.





Sept teintes de carrosserie sont proposées sur la Renault 4 2025, dont le Rouge Carmin (gratuit), le Brun Terracotta, le Vert « Hauts-de-France » (un vert pâle aux reflets bleutés qui renvoie au Vert Île-de-France de la R4 originelle) ou encore, le Bleu nuage, comme notre modèle d’essai (ici associé à un toit noir).
Sans être d’une excentricité folle, la palette des teintes a quand même le mérite d’apporter quelques couleurs chatoyantes… et plus nombreuses que celles de la récente R5.
Essai Renault 4 2025 : une base connue…
Derrière son look « rétro-futuriste » , la nouvelle Renault 4 2025 repose en effet sur la plateforme AmpR Small, également utilisée par la Renault 5. Celle-ci a été développée spécifiquement pour les modèles électriques compacts du groupe Renault. Rien de révolutionnaire, donc, mais une base pensée pour optimiser les coûts de production et l’efficacité énergétique.
C’est d’ailleurs dans son pôle Electricity (qu’on a visité), que Renault a mis en place dans le Nord de la France, que ces synergies prennent forme. La Renault 4 est fabriquée à Maubeuge, sur les mêmes lignes que le Kangoo, tandis que la R5 sort de l’usine de Douai, distante d’une cinquantaine de kilomètres. Le moteur électrique est produit à Cléon, en Normandie, et les batteries viennent de Ruitz, autre site du groupe dans les Hauts-de-France. Une organisation géographiquement cohérente, qui permet de concentrer la conception et la production dans un rayon de 300 km.








Si l’on s’intéresse à présent aux caractéristiques techniques de la voiture, cette nouvelle Renault 4 est proposée en deux configurations : une version d’entrée de gamme de 120 ch, associée à une batterie de 40 kWh (uniquement associée au premier niveau de finition, nous y reviendrons), et une autre de 150 ch, avec une batterie de 52 kWh, cette dernière utilisant un moteur dérivé de ceux des Mégane et Scénic électriques. Renault annonce une autonomie WLTP de 408 km.
La recharge en courant alternatif se fait jusqu’à 11 kW, tandis que la charge rapide atteint 80 (version d’entrée de gamme) ou 100 kW (haut de gamme) en courant continu. À noter également, la présence des fonctions V2L (alimentation d’appareils externes) et V2G (injection d’électricité dans le réseau), progressivement répandues sur les véhicules électriques de dernière génération (surtout coréens).
… et une planche de bord aussi
À bord, on retrouve cette logique de partage industriel. La planche de bord est identique à celle de la Renault 5, avec un agencement horizontal, une interface numérique et un habillage simple, presque minimaliste. L’instrumentation repose sur un écran de 10,1 pouces (7 pouces sur la finition d’entrée de gamme Evolution), complété par un second écran central de 10 pouces pour le système multimédia. L’avatar interactif “Reno”, déjà aperçu sur la R5, est également présent pour guider l’utilisateur dans les différentes fonctions du véhicule.
La finition Techno (la nôtre) se distingue par une sellerie en TEP et tissu recyclé bleu foncé, évoquant les jeans, qui donne une touche originale sans tomber dans la caricature rétro. Renault mise aussi sur des accessoires personnalisables (comme à l’extérieur), avec par exemple la possibilité d’avoir un panier en osier logé entre les sièges avant ou des motifs imprimés en 3D, type « I love my R4 ».
Globalement, la qualité des assemblages est bonne. Les plus exigeants d’entre nous relèveront la présence de plastiques durs, a priori facilement rayables sur le haut de la planche de bord et des contre-portes.








Le toit ouvrant “Plein sud” (92 x 80 cm), qui sera en option sur cette nouvelle Renault 4 2025 (mais malheureusement, pas tout de suite), donne envie.
Le coffre affiche une capacité de 420 litres, dont 44 litres sous le plancher, avec un seuil de chargement abaissé à 607 mm, ce qui facilite l’accès. Ce volume reste inférieur à celui de certains modèles électriques du segment, comme le Peugeot e-2008 (434 litres), la Renault Mégane E-Tech (440 litres) ou le Hyundai Kona (466 litres). Mais il faut rappeler que ces modèles sont tous plus longs que la Renault 4, qui reste en dessous des 4,20 m. À l’avant, pas de frunk (coffre supplémentaire), malheureusement. Nous nous consolerons avec, à bord, une longueur de chargement allant jusqu’à 2,20 mètres une fois les sièges arrière rabattus.
D’ailleurs, bonne surprise, la place à l’arrière n’est pas si mauvaise. Au contraire : la garde au toit est suffisante pour un passager d’un peu moins d’1,85 mètre (pour les plus grands, ce sera plus compromis) et la garde aux genoux nous est apparue correcte. Nous avions été tellement déçus, de ce côté-là, de la R5, que forcément, nous sommes enthousiastes !








Essai Renault 4 2025 : concrètement, on en pense quoi (essai routier) ?
Pression sur le bouton poussoir (en haut à gauche du volant, repris de la R5, à la branche épaisse), l’essai de la nouvelle Renault 4 E-Tech électrique peut démarrer. Première constatation : la direction fait preuve d’une souplesse appréciable, tout en étant suffisamment précise. Couplée à un roulis extrêmement bien maîtrisé dans les virages, elle donnerait presque envie de taquiner la R4, d’autant que ses suspensions sont du genre ferme.
Elles nous ont, certes, semblé un poil plus moelleuses que celles de la Renault 5, mais malgré tout dotées d’une fermeté qui peut surprendre sur un SUV du segment B. Les irrégularités de la chaussée sont tout de même bien filtrées, d’autant que les sièges, sans être baquets, offrent néanmoins un bon maintien.
Eh oui : la 4L qui tangue dans les courbes paraît loin, et ce n’est pas un mal. La R4 est bien une voiture électrique d’aujourd’hui. Elle est d’ailleurs la première Renault à intégrer le système “one pedal” , qui arrivera dans les prochaines semaines sur les R5, Mégane et Scénic E-Tech. Le principe : renforcer au maximum le frein moteur lors des phases de décélération, pour récupérer de l’énergie d’une part mais surtout, d’autre part, ne pas ou peu solliciter la pédale de frein et donc, ne conduire qu’à “une seule pédale”.





Le principe n’est pas nouveau : la Nissan Leaf II l’offrait déjà, par exemple, en 2018. Il reste toutefois clivant : soit on adore, soit on déteste ! Pour notre part, nous l’avons trouvé pertinent car, contrairement à d’autres systèmes, il est plutôt “progressif”, loin d’être brutal, en sachant par ailleurs que différents modes / intensités sont disponibles. Il permet effectivement de se passer de la pédale de frein dans la majorité des cas, en conduite “coulée” tout du moins. Il est désactivé lors des manœuvres et lorsque l’on enclenche la marche arrière
Comme une auto moderne, la nouvelle Renault 4 2025 offre quatre modes de conduite, sélectionnables depuis le bouton “Multisense” , sur le volant : Comfort (par défaut), Eco, Sport et “Perso” (à paramétrer, donc). Sans surprise, le mode Eco semble brider la puissance disponible sous le pied. Et si le mode Sport la “libère” , il ne transforme pas la voiture pour autant.
Avec 150 ch sous le capot, notre R4 Techno nous a paru avoir de la ressource. Le couple (245 Nm), disponible de suite (comme sur toute électrique), gratifie bien sûr de beaux redémmarages. La puissance du moteur, en tout cas, nous a semblé tout à fait suffisante, en considérant que, bon point, la nouvelle Renault 4 2025 ne pèse pas si lourd que cela pour une électrique : un peu moins de 1 500 kg.
Homogène et sûre en termes de comportement routier, la nouvelle “petite” Renault n’offre, malheureusement, pas une visibilité exemplaire. La faute à un pare-brise assez bas (impression renforcée par le plafonnier aux motifs carrés, réalisé dans un tissu plutôt sombre : c’est joli, mais la sensation de se sentir “engoncé” dans l’habitacle est palpable) et une lunette arrière aussi du genre riquiqui.







Comme la R5 (et les récentes voitures électrique frappées du losange), la nouvelle Renault 4 2025 dispose d’un levier de “vitesses” placé derrière le volant, ressemblant à un commodo. A “l’américaine” ! Selon les conducteurs, son usage peut être plus ou moins aisé (certains seront perturbés par l’emplacement, similaire à celui du levier des essuie-glaces, d’autres non).
Le point qui a gêné tous nos confrères n’est pas tout à fait celui-ci, mais plutôt de l’absence de bouton “P” (pour stationner le véhicule) sur ce levier. En théorie, c’est une bonne chose : la voiture le gère automatiquement (même si un frein de parking demeure intégré entre les sièges). En pratique… c’est plus déroutant : par habitude, nous cherchons le bouton. Sans doute un coup à prendre !






Un mot, enfin, sur la consommation, qui demeure encore le nerf de la guerre sur les véhicules électriques. Annoncée, sur notre version d’essai (batterie de 52 kWh, moteur de 150 ch), à 408 km (cycle mixte WLTP), nous avons relevé, sur notre premier trajet (mixte) une consommation autour des 13,9 kWh / 100 km, sans avoir le pied lourd mais sans forcément tomber dans “l’éco-conduite” non plus.
Sur notre second voyage (80 km), majoritairement constitué d’autoroutes, l’autonomie a “chuté” de 373 km (charge pleine) à 272 km, ce qui n’est pas non plus gigantesque. Il faudrait essayer la voiture de manière plus longue et dans des conditions moins favorables / lisses que celle d’un essai presse !
Essai Renault 4 2025 : quels prix, quelle concurrence ?
La Renault 4 E-Tech débute à 29 990 € pour la version Autonomie Urbaine (moteur de 120 ch, batterie de 40 kWh), et se décline ensuite en plusieurs niveaux de finition. La version Autonomie Confort commence à 33 490 € en finition Evolution, et atteint 37 490 € pour la finition Iconic avec moteur de 150 ch et batterie de 52 kWh. Notre finition Techno, le milieu de gamme, réclame quant à elle 35 490 euros hors options.
Ce positionnement tarifaire place la Renault 4 E-Tech dans la même fourchette que certains autres modèles du segment, mais légèrement en-dessous de la Renault Mégane E-Tech, qui commence à un peu plus de 34 000 €, uniquement en version « petite autonomie » (315 km en cycle WLTP). Il faudra débourser plus pour avoir la version « grande autonomie » (468 km), nécessitant la batterie de 60 kWh de capacité.

La R4 trouve aussi sur sa route des modèles comme le Skoda Elroq, qui commence à 33 300 € avec une batterie de 52 kWh, offrant une autonomie de 374 km, tout en étant positionné dans une gamme similaire à celle du Scénic en termes de dimensions. Les Peugeot e-2008 et Hyundai Kona Electric disposent d’autonomies également proches de celles de la Renault 4 E-Tech, mais avec des tarifs un peu plus élevés sur les versions haut de gamme. De plus, le Kona peut aller plus loin si vous optez pour la « grosse » batterie de 77 kWh (offre non proposée sur la R4).
En termes de caractéristiques techniques, la Renault 4 E-Tech électrique propose des temps de recharge de 80 kW ou 100 kW en courant continu, similaires là encore à ceux du Peugeot e-2008 et du Hyundai Kona.
Ci-dessous, les niveaux de finition et leurs principaux équipements :
Evolution
- Système openR avec réplication smartphone
- Caméra de recul
- Climatisation automatique et pompe à chaleur
- Chargeur bidirectionnel compatible V2L et V2G
- Enjoliveurs bi-ton 18” jogging
Techno
- Système multimédia openR Link avec services Google intégrés
- Planificateur d’itinéraire électrique
- Siège passager avant rabattable
- Mode one pedal
- Jantes alliage diamantées 18” sixties
Iconic
- Conduite semi-autonome de niveau 2
- Parking automatique
- Sièges avant et volant chauffant
- Hayon motorisé
- Adaptateur power to object (charge bidirectionnelle V2L)
Conclusion
La nouvelle Renault 4 2025 nous a séduit. Elle a notamment pour elle un design « fort en gueule » même si selon nous, il pourrait ne pas faire l’unanimité (il faut, évidemment, aimer un tant soit peu la 4L pour l’apprécier). Au-delà de sa bouille, elle dispose d’un habitacle à l’ergonomie bien pensée et d’une habitabilité satisfaisante, le tout dans un registre « SUV » (incluant une position de conduite assez haute) qui plaira, quant à lui, au plus grand nombre.
Rien de particulier à redire sur la route non plus : en dépit d’un confort assez ferme, la R4 cru 2025 s’avère sûre et rassurante. Sa consommation nous a par ailleurs paru maîtrisée. Reste à savoir, à présent, comment elle se distinguera de ses concurrentes et de ses sœurs de gamme, R5 (immatriculée à plus de 30 000 exemplaires depuis sa commercialisation, fin 2024) et Mégane E-Tech en tête.
Peut-être qu’une version avec une plus grosse batterie, garantissant une meilleure autonomie (à l’image, par exemple, du Hyundai Kona), pourrait être de bon aloi pour séduire plus de clients et garantir à fond la polyvalence vantée par Renault.

Texte : Adrien
Photos : Guillaume A