Vous l’attendiez, vous en avez entendu parler en long, en large, mais pas encore en travers, enfin on l’essaye, cette nouvelle Renault 5 ! L’une des nouveautés les plus attendues de l’année s’est finalement laissée approcher, et même mieux : elle nous invite à son bord pour savoir ce qu’elle a dans le ventre, et pas dans le pire des cadres, il faut le dire. C’est en effet au cœur du pays niçois que nous avons eu la chance d’essayer celle qui se veut être l’héritière de la mobilité urbaine (mais pas que !) de la marque au losange…

Renault 5 E-Tech

Renault 5 E-Tech : T’as le look, cocotte !

Evidemment, nous allons nous attarder un instant sur le design de la petite rainette, que nous avons choisie dans sa teinte Vert Pop passant très peu inaperçue.

Extérieurement, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle fait tourner les têtes. En effet, difficile de nier la filiation de la R5 E-Tech avec la R5 originelle quand même des passants ignorant le nom et l’inspiration du modèle (oui, il y en a encore) nous demandent si cette nouvelle Renault ne serait pas « un peu pompée » de son aïeule. Les proportions sont sans équivoque : un savant mélange entre la première Renault 5, la Supercinq et évidemment les R5 Turbo permet de l’identifier immédiatement.

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Difficile toutefois de comparer le gabarit seul aux véhicules de même catégorie des années 70-80, l’embonpoint gagné en raison des diverses évolutions au sein de l’industrie automobile n’étant plus un secret pour personne. Cependant, il faut tout de même noter qu’un gros travail sur les proportions a été effectué afin de garder une attitude cohérente et une stance bien posée.

C’est vrai, la ceinture de caisse est assez haute, notamment en raison de contraintes comme le placement des batteries (qui se veut tout de même optimisé et moins encombrant que sur les plateformes précédentes), mais les surfaces vitrées et la présence des éléments de plastique noir des bas de caisses ainsi que des passages de roues permettent de rééquilibrer l’ensemble. L’inclinaison de la face arrière répond à celle du pare-brise, ce qui permet d’assoir encore visuellement la R5 E-Tech et de renforcer son architecture plaçant les roues aux quatre coins du véhicule.

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Les ailes avant et arrière sont travaillées de manière à apporter une forme de musculature à la petite auto, avec un traitement de surface et de lignes assez technique aux volumes prononcés, sans jamais tomber dans l’anguleux, toujours avec de subtils rayons apportant un traitement « produit » voulu par l’équipe design dirigée par Paula Fabregat-Andreu. La ligne globale de l’aile avant vient se terminer sur la portière avant avec un sticker strié soulignant la forme de la flamme de carrosserie.

La face avant reprend les codes identifiables de la Renault 5 avec une calandre très linéaire et une découpe d’optiques faisant subtilement référence au regard sympathique du modèle présenté pour la première fois en 1971, et des clignotants rectangulaires au traitement visuel encore une fois très design produit, dans l’air du temps, avec ce graphisme souvent présent dans les gimmicks de style du groupe Renault, rappelant une petite cible « carré coins ronds » comme on peut l’appeler dans le jargon. Inutile de charger davantage sa bouille, le pare-chocs avant se veut plutôt sobre et bien équilibré, remplissant la face avant sans l’alourdir outre mesure.

Du côté de l’arrière, le doute n’est pas plus permis : Les feux bicolores, très détaillés et au graphisme strié fidèle à l’identité Renault actuelle, reprennent la ligne élancée suivant le pilier C des feux de la Renault 5, et même de sa version Turbo, grâce au léger décroché de ceux-ci, épousant les hanches galbées de la citadine et lui conférant son attitude bien campée au sol. Le bandeau reliant les deux côtés de la voiture n’est pas non plus sans rappeler celui de l’ancienne R5.

Dans le détail, la R5 E-Tech est bardée de traitements de surfaces intéressants et « d’easter eggs », en d’autres termes des petits détails amusants que l’on ne remarque pas forcément au premier coup d’œil. Et Cocorico ! La french touch fait son travail, car entre petits drapeaux français ou coq stylisé, la Renault 5 E-Tech est servie ! En effet, la petite auto se targue d’être « Faite d’esprit français » : assemblée dans le Nord de la France, certifiée origine France garantie et bénéficiant de 75% de fournisseurs basés à moins de 300 km de l’usine de Douai.

Parmi tous ces détails amusants, mention spéciale au fameux élément sur le capot en lieu et place de la grille de l’ancienne R5, permettant sur la nouvelle de lire le niveau de charge de la voiture. Initialement dessiné comme l’emplacement de la trappe de charge sur le concept, cette fonction s’est vite avérée peu pratique en l’état et a été remplacée par ce nouvel élément à la fois stylistique et utile, reléguant la trappe de charge à un emplacement plus conventionnel : sur l’aile avant côté conducteur.

Le modèle de notre essai étant une version Techno plutôt cœur de gamme, les éléments de plastique latéraux étaient en plastique grainé noir, contrairement à la version Iconic, qui se voit habillée de ces mêmes pièces en noir laqué. Cela aurait pu paraître cheap sur notre version, mais le soin apporté aux graphismes du bas de caisse, utilisant le même traitement strié que les bandes avant et arrière et leur aspect mat/brillant, lui fait échapper à la sentence, et lui apporte même une petite définition supplémentaire.

Et sa couleur ? La nôtre est, comme précisé précédemment, présentée dans sa teinte Vert Pop, mais la R5 E-Tech est également disponible en Blanc Nacré, Noir Étoilé, Bleu Nocturne et Jaune Pop. Notre petit doigt nous dit que d’autres teintes devraient être proposées dans un futur plus ou moins proche.

Renault 5 E-Tech : Et dedans, c’est comment ?

Si vous n’aviez pas assez de références stylistiques à la première R5 avec l’extérieur, pas d’inquiétude, l’intérieur est là pour vous satisfaire !

Vous souvenez vous de de cette planche de bord crénelée et épurée à l’intérieur des premières R5 ? Non ? Alors nous allons vous rafraîchir la mémoire : notre essai du jour fait un gros clin d’œil à celui-ci, traité sur notre exemplaire avec un travail de couture sur un textile molletonné façon jean.

Des rappels intérieurs reprenant le « carré coins ronds » des clignotants autour des aérateurs viennent apporter une petite touche tech à l’intérieur, dont les deux écrans ne sont pas sans rappeler la forme du tableau de bord de la petite cacahuète des années 70. Le module central est équipé de boutons basculants à la qualité perçue plutôt satisfaisante, et que cela fait du bien d’avoir des boutons physiques pour certaines fonctionnalités !

Concernant la sellerie, celle-ci est assez enveloppante, les sièges retrouvant dans leur dessin les mêmes découpes techniques que les ailes de la R5 E-Tech et le tissu, similaire à celui de la planche de bord, se barde de deux couleurs ainsi que de quelques éléments en TEP, le tout dans une harmonie pensée aux petits oignons par les équipes CMF (design couleurs et matériaux) du design Renault.

Dans le détail, c’est encore des tas de subtils « easter eggs » que nous retrouvons, notamment le ciel de toit imitant de façon moderne le capitonnage de celui des premières R5, ou encore le levier de vitesses, inspiré, d’après les dires de Paula, d’un tube de rouge à lèvres. Le fond de tapis de vide poches, recouvrant notamment le chargeur téléphone à induction, se voit gravé avec les stries caractéristiques du thème graphique de la voiture, mais également d’une petite silhouette familière.

Renault 5 E-Tech : Bienvenue à bord !

Après avoir fait le tour du propriétaire, il est temps de prendre place à bord du vaisseau, ou devrait-on dire, de la capsule, car même si la partie avant de l’habitacle reste plutôt spacieuse, on ne peut pas en dire autant des places arrière, qui même pour une personne de petit gabarit, souffrira assez rapidement d’un manque de place au niveau des jambes.

L’assise demeure plutôt confortable, assez ferme pour ne pas s’enfoncer dans les sièges, mais suffisamment moelleuse pour ne pas avoir un lumbago à la fin de la journée. Comme mentionné précédemment, les sièges avant bénéficient d’un assez bon maintien, à noter que ceux de notre version n’étaient réglables électriquement qu’au niveau de la profondeur de l’assise, le reste étant à réglage manuel.

Les rangements dans l’habitacle sont assez étroits mais permettent tout de même d’y placer quelques victuailles ou autres petits objets. Après tout, il ne s’agit pas d’une routière, donc si l’on part du principe que cette R5 sera utilisée pour ce pourquoi elle a été conçue, c’est-à-dire plutôt sur de petites distances, le besoin d’y ranger de nombreux objets devrait être moindre.

Dans la continuité de ce constat, la R5 nous révèle être une potentielle compagne de weekend, mais difficilement plus si l’on est plus de deux, à moins d’être adeptes du mode de vie minimaliste : le coffre permet de ranger trois bagages de petite taille, à peu près du gabarit d’une valise cabine d’avion, ou quatre petits sacs mous. Évidemment, la banquette arrière peut se replier, mais dans ce cas dites adieu à d’éventuels passagers supplémentaires ! Il faut garder en tête que nous restons sur une voiture citadine, donc si vous souhaitez voyager en famille, il faudra plutôt se diriger vers un modèle plus massif de la gamme.

Une fois installés à bord, il est temps de choisir le mode de conduite, au choix entre quatre options : Sport, Comfort, Eco et Perso, ce dernier permettant de configurer à sa guise ses préférences de conduite. Fait amusant, chaque mode s’accompagne de son ambiance colorée dans l’ensemble du véhicule, rappelant ainsi aux utilisateurs le mode de conduite dans lequel ils se trouvent.

Renault 5 E-Tech : C’est parti pour la balade !

En route, mauvaise troupe ! La R5, dans sa version Techno 52 kWh, nous annonce une autonomie de 410 km, de quoi prendre le temps de se promener dans l’arrière pays, de profiter de la RN202 et de la variété des routes de la région, mais aussi de constater comment évolue l’autonomie de notre petite pomme au fil du trajet.

Sur ce premier trajet, il est plutôt question de faire connaissance, et ce qui s’offre à nous est plutôt satisfaisant sans pour autant être extrêmement dépaysant : le poids « contenu » pour une voiture électrique (moins de 1450 kilos) de la R5 lui permet d’être plutôt à l’aise dans les courbes, même si elle accuse un peu de roulis à allure plus soutenue, la direction est directe et trahit tout de suite sa condition de citadine, nous laissant très rapidement imaginer sa maniabilité en agglomération, et le freinage, s’il n’est pas extrêmement mordant, semble faire l’affaire en utilisation normale, nos conditions de roulage ne nous permettant pas forcément de tester son endurance dans des conditions plus dynamiques.

Logiquement, qui dit voiture électrique dit couple instantané, et la R5 n’y déroge pas, elle nous donne un petit coup de pied au derrière et en surprend plus d’un à l’accélération. Ses 150 ch lui permettent des performances très honorables, mais nous laissent tout de même légèrement sur notre faim après l’accélération initiale, étant donné que nous ne disposons pas non plus d’une puissance illimitée. Par ailleurs, et en toute logique, tirer dedans fait baisser son autonomie, mais rien d’alarmant, après 80 km effectués, nous restions dans des estimations réalistes.

Renault 5 E-Tech : Et en ville alors, qu’est-ce que ça donne ?

Et bien au risque de vous surprendre : elle est dans son élément. Le rayon de braquage et la maniabilité sont satisfaisants, les aides au stationnement permettent de pallier la hauteur de caisse qui nous empêche par exemple de voir les lignes de délimitation des places de parking, le tout dans un silence olympien. Silence qui va parfois exacerber certains autres sons, comme celui des clignotants ou certains « bips » de franchissement de lignes non désactivés. Il est sûrement possible de configurer leur volume, mais nous n’avons pas cherché suffisamment pour trouver la réponse.

Une fois sortis des agglomérations nous avons pu également tester le nouvel assistant de la marque, baptisé « Reno », nous permettant à la fois de configurer le véhicule avec la voix, ou bien de lui poser des questions plus générales, dont les réponses proviendront de ChatGPT. Cet assistant sera mis à jour régulièrement et bientôt connecté à la dernière version du désormais célèbre logiciel IA, mais il faut tout de même garder en tête que toute information donnée par ce biais mérite un croisement de sources, l’IA pouvant encore commettre des erreurs.

Renault 5 E-Tech : Alors, elle vaut le coût cette R5 E-Tech ?

La R5 E-Tech s’avère être une petite voiture polyvalente et agréable à rouler, perturbant très peu les habitudes de conduite des habitués du thermique. Elle devrait trouver son public auprès d’une clientèle n’ayant pas de gros besoins en termes de nombre de passagers ou de distance, bien que son autonomie reste largement suffisante pour un usage quotidien. Nostalgiques de la première R5 ou nouveaux utilisateurs désireux de s’offrir une auto mignonne au style audacieux, elle saura, selon nous, trouver ses aficionados, si tant est qu’ils en aient le budget.

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La version que nous avons essayée est une finition Techno 52 kWh (la plus grande capacité de batteries) d’une puissance de 110 kW (Environ 150 ch), elle sera disponible à partir de 33 490 €, la plaçant dans le tiers haut du panier de la gamme R5. Pour le moment, la version la moins chère sera proposée à partir de 27 990 € fin 2024, mais il est prévu une version plus épurée pour 2025 qui devrait descendre en dessous des 25 000€, comme promis par la marque lors du lancement du modèle.

L’esprit de la R5, c’est aussi sa capacité à s’adapter au « lifestyle » de ses futurs utilisateurs, notamment via la personnalisation. Vous aviez pu voir sa version Roland Garros par exemple, ou ses stickers de toit ou d’ailes spécifiques selon la finition, mais Renault propose également des accessoires personnalisés en impression 3D pour l’intérieur du véhicule ! Nous sommes curieux de voir à quoi ressemblera la gamme d’accessoires dédiée à la R5, et qui sait, peut-être à l’instar de la Citroën Ami, la possibilité de proposer ses propres modèles 3D ?

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Si vous souhaitez en savoir plus à propos des équipements et des modes de charge de la R5 E-Tech, vous pourrez retrouver la plupart de ces informations ici.

Retrouvez la galerie complète des photos de cet essai :

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Texte, photos et sketch : Célia Huart

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