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Essai Volkswagen Passat 2024

Essai Volkswagen Passat 2024 2.0 TDI 150 ch : espèce en voie d’extinction

Un peu de culture générale, pour commencer : en allemand, « Passat » signifie « Alizé », « un vent régulier des régions intertropicales, soufflant d’est en ouest de façon régulière des hautes pressions subtropicales vers les basses pressions équatoriales ».

Merci Wikipédia ! Or, vous le savez, Passat, c’est aussi le nom de la familiale de Volkswagen qui, depuis 1973, s’est vendue à plus de 34 millions d’exemplaires à travers le monde. Aujourd’hui, elle fait peau neuve mais ne renouvelle que sa version break. Est-ce à dire que le vent a tourné pour les berlines familiales ? Peut-être un peu. Quoi qu’il en soit, bien qu’uniquement disponible en break, la Volkswagen Passat 2024 reste fidèle aux motorisations thermiques et a quelques arguments à faire valoir.

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Essai Volkswagen Passat 2024

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Essai Volkswagen Passat 2024 2.0 TDI 150 ch : la « der des ders » ?

Eh oui : la première Passat est sortie en 1973, soit un an avant la Golf qui fête cette année ses 50 ans. Si l’on fait abstraction du Combi, dont on peut voir en l’ID.Buzz une sorte de descendance, la Passat est donc le modèle le plus ancien de la gamme Volkswagen actuelle. En plus, nous le disions en introduction, la Passat totalise plus de 34 millions d’exemplaires vendus, soit quasiment autant que la reine Golf (37 millions).

Inutile, donc, de dire que la Volkswagen Passat 2024, commercialisée ces jours-ci, est une voiture importante pour la marque allemande. Cependant, la Passat, qui en est à sa neuvième génération, a légèrement perdu ses lettres de noblesse. Non pas qu’elle soit devenue moins bien, mais depuis quelques années, le segment des familiales est en perdition. De nombreux constructeurs généralistes l’ont d’ailleurs déjà quitté.

Pas Volkswagen, néanmoins, qui s’apprête à proposer une offre double : d’un côté, les ID.7 (berline et break), 100 % électriques, et de l’autre, la nouvelle Volkswagen Passat 2024, thermique et uniquement disponible en break (contrairement à la Skoda Superb, elle aussi basée sur la plateforme MQB Evo, qui sera lancée en break ET en berline).

Exit la berline, donc, qui existera toutefois en Chine sous la forme de la Magotan. Un choix que Volkswagen justifie par des chiffres : sur la précédente génération, le break représentait près de 70 % des immatriculations. Ne boudons pas notre plaisir d’essayer la Volkswagen Passat 2024 dans ce monde rempli de SUV, de plus en plus souvent électriques de surcroît.

La Passat neuvième du nom offre donc une alternative différente pour les gros rouleurs. Il est probable que ce soit la dernière Passat thermique de l’histoire ou même, la dernière Passat tout court… bien que nous imaginons mal Volkswagen se détourner d’un nom aussi « emblématique ».

Essai Volkswagen Passat 2024 2.0 TDI 150 ch : un grand break

Jugez plutôt : en culminant à 4,91 mètres de long, la Volkswagen Passat 2024 gagne 14 centimètres par rapport à sa devancière. C’est énorme. Elle soigne quoi qu’il en soit son aérodynamisme puisque son Cx passe, dans le même temps, de 0,31 à 0,25, soit l’un des meilleurs de la catégorie.

Le design extérieur évolue : si la « silhouette » de la Passat est reconnaissable, différents éléments rapprochent la Volkswagen Passat 2024 de la gamme ID. (électrique), dont les phares « pincés », à l’avant. Le gros bandeau de feux, à l’arrière, rappelle quant à lui le nouveau Tiguan.

Essai Volkswagen Passat 2024

Globalement, la nouvelle Passat fait dans le classique : pour un peu de « piment », il est préférable d’opter pour la finition haut-de-gamme « R-Line », aux accents sportifs. La « grande bouche » de son bouclier et ses jantes de 19 pouces (monte maximale optionnelle) participent effectivement à rendre la Passat plus désirable.

Qui dit grand break dit espace à bord accru : sur ce plan, la Volkswagen Passat 2024 rempli pleinement sa vocation. L’espace, pour les passagers arrière, est royal, tandis que le coffre grandit de 40 litres pour atteindre 690 litres (et même 1 920 litres banquette arrière rabattue soit, dans cette configuration, + 140 litres par rapport à la précédente Passat).

Essai Volkswagen Passat 2024

Pour le reste, la Volkswagen Passat 2024 reçoit toute la connectique que l’on est en droit d’attendre dans une auto d’aujourd’hui, dont un écran central tactile qui, en option, peut être de 15 pouces (12,9 pouces, sinon). Très fluide et intuitif, il reprend le système MIB4 de l’ID.7.

Derrière le volant, on remarque un combiné d’instrumentation digital agréable à l’usage et, surtout, un retour des commandes physiques que Volkswagen avait abandonné ces dernières années sur ses voitures électriques et sur la Golf 8 (non restylée). La firme allemande a semble-t-il écouté les griefs de ses clients… et a donc fait machine arrière !

Parmi les autres petites choses sympathiques à dénombrer : les assistances à la conduite (nous y venons juste après) désactivables ou encore le chargeur à induction pour téléphone réfrigéré.

Quid de la qualité des assemblages et de la finition ? Sur ce point encore, c’est bien mieux que sur les premières Volkswagen ID. (le constructeur avait rapidement rectifié le tir, en atteste l’ID.3 Facelift). Il n’y a rien, véritablement, à redire… même si cependant, les amateurs des Volkswagen « d’antan » seront déçus : la Passat (et les dernières Volkswagen, globalement), ne marque plus comme avant de réelle différence avec la concurrence à ce niveau.

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Essai Volkswagen Passat 2024 2.0 TDI 150 ch : à l’ancienne !

C’est rare, de nos jours, d’essayer une nouveauté diesel. C’est pourtant ce que nous avons fait avec la Volkswagen Passat 2024 qui, à son lancement, ne propose que deux motorisations : une diesel, donc, 2.0 TDI de 150 ch et une autre, essence, de 150 ch (mild-hybrid) également. D’autres blocs viendront agrémenter la gamme dans les mois à venir : 2.0 TDI 193 ch 4MOTION, 2.0 TSI 204 ch, 2.0 TSI 165 ch 4MOTION… Reste cependant à savoir si ces moteurs seront disponibles sur le marché français.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que les déclinaisons hybrides rechargeables (204 et 272 ch), pouvant offrir selon Volkswagen jusqu’à 120 km en tout-électrique, arriveront bien en France.

Essai Volkswagen Passat 2024

Revenons toutefois à « notre » Passat diesel qui, malgré ses jantes de 19 pouces, se révèle très confortable. Il faut dire que nous sommes très bien assis dans les sièges sport « ErgoActive », certifiés par la campagne allemande pour des dos plus sains (AGR).

Ce qui participe au confort, aussi, c’est la suspension pilotée intelligente DCC Pro (option à 1 210 euros sur la finition Elegance ; 980 euros sur la finition R-Line). Elle prend en compte l’angle du volant, l’accélération (ou plutôt la « manière » d’accélérer du conducteur) pour adapter en compression et en détente le tarage de la suspension. Dans la pratique, c’est bluffant, et cela nous fait oublier la largeur et la longueur conséquentes de la voiture.

Essai Volkswagen Passat 2024

Le comportement se révèle ainsi dynamique et la prise de roulis, quasiment inexistante. On en vient même à regretter de ne pas avoir plus de chevaux (150) sous le capot, bien que la puissance nous ait parue suffisante. A voir, néanmoins, une fois la voiture chargée avec des bagages notamment. Niveau poids, justement, la Volkswagen Passat 2024 2.0 TDI 150 ch pèse 1 678 kg : une belle masse, mais cela reste moins lourd que des modèles électriques équivalents.

La nouvelle Passat est aussi bien moins silencieuse qu’une voiture électrique… et c’est évidemment logique. Quoi qu’il en soit, bien que présent, le bruit du moteur reste discret. Globalement, la Volkswagen Passat 2024 jouit d’un bon confort acoustique.

Equipée de son moteur diesel, elle peut aussi se prévaloir de maîtriser sa consommation : sur notre parcours (varié) d’une centaine de kilomètres, nous avons relevé seulement 5,3 litres / 100 km en consommation mixte. Sur un autre trajet, en haussant un peu le rythme, l’ordinateur de bord indiquait 6,6 litres. Des chiffres très convaincants.

Essai Volkswagen Passat 2024 2.0 TDI 150 ch : sans réelle concurrence

Nous l’évoquions un peu plus haut, la catégorie des familiales s’est réduite comme peau de chagrin. Chez les constructeurs généralistes, nous ne pouvons guère plus que mentionner la Citroën C5 X (sorte d’hybride entre berline, break et SUV) et la Skoda Superb, cousine technique de la Passat. Pour trouver d’autres breaks familiaux, il faut se tourner vers les marques premium : Audi A4 Avant, BMW Série 3 Touring, Mercedes Classe C SW…

Essai Volkswagen Passat 2024

La Volkswagen Passat 2024 n’a donc pas vraiment de concurrente directe. Ses prix oscillent entre 42 990 euros et 54 090 euros en essence, et 50 490 euros et 57 990 euros en diesel. Si le diesel « démarre » aussi haut, par rapport à l’essence, c’est qu’il n’est pas disponible sur la finition de base « Passat » (qui reçoit, entre autres, le régulateur de vitesse adaptatif et prédictif, la caméra de recul, le détecteur de fatigue ou encore deux prises USB-C à l’avant).

Prix Volkswagen Passat 2024

En effet, le diesel n’est proposé qu’à partir du deuxième niveau de finition nommé « Life Plus », qui ajoute le Light Assist, des jantes de 17 pouces, deux prises USB-C à l’arrière ou la climatisation tri-zones. Au-dessus, le niveau « Elegance » possède d’autres équipements encore, comme les phares IQ.Light matrix LED, les feux arrière LED avec clignotants à défilement ou l’accès sans clé. Enfin, la « R-Line » marque surtout la différence sur le plan esthétique, avec un design extérieur et un habitacle plus « sports ».

Essai Volkswagen Passat 2024

Sur la précédente Passat, plus de 50 % des ventes se faisaient auprès des entreprises et le diesel était majoritaire (tant auprès des particuliers que des professionnels). Bien malin sera celui qui arrivera, pour cette nouvelle Volkswagen Passat 2024, à deviner le « mix » des immatriculations. Peut-être que les clients favoriseront l’essence, possiblement plus facile à revendre dans quelques années. Cela étant, et comme le malus écologique n’est pas beaucoup plus élevé sur la version diesel (entre 330 et 810 euros versus entre 210 et 360 euros sur l’essence), le diesel pourrait se défendre très convenablement (bien qu’il écope d’un malus au poids, entre 780 et 1 270 euros selon les équipements choisis. Maximum 300 euros pour la version essence).

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle Passat diesel a pour elle un agrément de conduite certain et une consommation maîtrisée. Elle fait en tout cas office de proposition presque « exotique » au milieu des différentes familiales électriques et hybrides rechargeables du marché.

Texte : Adrien A
Crédits photos et vidéo : François Bouet

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