La Renault Clio 6 succède à une longue lignée – que vous connaissez probablement déjà très bien… mais la connaissez-vous vraiment dans le détail ? Si le doute subsiste, n’hésitez plus : consultez notre rétrospective des cinq précédentes générations de Clio, ainsi que notre article de présentation de la Clio 6, dévoilée en septembre dernier.
Que vous arriviez tout juste de notre rétrospective ou que vous preniez l’article en cours de route, peu importe : place maintenant à l’essai détaillé de la Renault Clio 6, testée ici dans sa version hybride de 160 ch, en finition Techno.
Notre essai de la Renault Clio 6 en vidéo
Essai Renault Clio 6 (2025) E-Tech hybride 160 ch : grande évolution esthétique
Grande gueule…
Si vous êtes un habitué du Nouvel Automobiliste ou même, globalement, d’autres médias auto (nous ne vous jugerons pas), alors vous savez que le design de cette nouvelle Renault Clio 6 a fait couler beaucoup d’encre. Sur nos réseaux sociaux, par exemple (notamment sur Facebook), la demi-mesure ne trouvait pas sa place, il y a deux mois, lorsque nous vous livrions les premières images de cette nouvelle Clio. Il y avait ceux qui adoraient, et ceux qui détestaient. C’est tout.
Renault l’assumait, et l’assume encore, à quelques semaines de son arrivée dans les concessions : la Clio 6 veut vous « faire retomber amoureux« , et tant pis si dans le lot, certains ne succombent pas à son charme. Le constructeur au losange semble avoir retenu la leçon d’il y a six ans (presque sept), quand il nous avait présenté une Clio 5 au demeurant excellente, mais tellement proche, en termes de style, de celle qu’elle remplaçait, que l’on pouvait croire à un restylage.

Et pourtant… la Clio 5 a été un succès. Mieux, elle était encore en tête des ventes européennes au premier semestre. Alors, pourquoi un changement si spectaculaire ? « Nous nous sommes rapidement orientés vers un dessin extrêmement sculpté, où tous les éléments semblent être interconnectés entre eux. Cela se ressent notamment à l’avant, où la voiture dispose d’un regard percutant, d’une grande bouche… il fallait, je pense, réinventer la Clio pour mieux la faire durer dans le temps, même si la précédente génération a été un bestseller » estime Paula Fabregeat-Andreu, Directrice de projets design.
Le design est et restera, de toute manière, une affaire de goût. Mais c’est incontestablement la face avant qui marque la rupture la plus nette : calandre arrondie et détachée des projecteurs, grille constellée de petits losanges, large prise d’air traversante et DRL en forme de losange scindé inspirés du concept Emblème. Les projecteurs LED s’inscrivent dans un « écrin » noir, un motif que l’on retrouve aussi à l’arrière, où quatre feux – et non deux – évoquent presque l’univers des supercars… ou la Twingo II Phase 2 !





… grande tout court !
Le profil gagne lui aussi en dynamisme avec une lunette très inclinée, des épaules marquées et des arches de roues soulignées de noir mat sur la finition d’entrée de gamme Evolution, et de noir laqué sur les fintions Techno et Esprit Alpine. Surtout, la Renault Clio 6 s’allonge de 7 cm (4,12 m) et s’élargit (1,77 cm – les voies ont été augmentées de 2 centimètres chacune), la rapprochant nettement de la Mégane E-Tech. L’empattement (la distance entre les roues), quant à lui, est de 2,59 mètres, soit à un centimètre près la même valeur que sur la Clio 5.
Sept couleurs sont proposées, dont deux nouvelles : Vert Absolu (voir à la fin de l’article) et Rouge Absolu. Ce dernier (que vous voyez largement sur nos photos) peut avoir, selon la luminosité, des reflets magenta. Paula Fabregeat-Andreu nous expliquant d’ailleurs qu’initialement, les designers avaient proposé une teinte tirant encore davantage sur le rose !

Sur ses finitions les plus hautes (Techno et Esprit Alpine, donc), la Renault Clio 6 peut recevoir des jantes de 18 pouces. Une première sur une Clio, hors finition RS, arrêtée depuis la Clio 4 (quand nous vous disions que la Clio 6 était devenue grande !). La finition Esprit Alpine se distingue par ailleurs par une calandre disposant de « picots » bleus et d’un logo « dark chrome« .
Essai Renault Clio 6 (2025) E-Tech hybride 160 ch : aussi grande à l’intérieur ?
Un habitacle modernisé, mais sans révolution
À l’intérieur de la Renault Clio 6, les changements sont sensibles, mais moins spectaculaires que ceux observés à l’extérieur. La principale modification concerne l’architecture numérique : l’ancien écran vertical disparaît au profit de la double interface déjà vue sur les Renault 5 et 4 E-Tech électriques.
Selon les versions, on profite ainsi de deux écrans de 10,1 pouces juxtaposés, dont un dédié au conducteur. L’ensemble repose sur le système openR Link avec Google intégré, offrant un accès direct à Google Maps, Google Play ou encore au streaming, sans nécessiter de passer par un smartphone. Pour accompagner cet usage (notamment), Renault inclut 2 Go de données mensuelles pendant trois ans. Une mise à jour « over the air » doit également apporter, d’ici 2026, Gemini, l’assistant IA de Google, capable d’interactions plus naturelles et plus complexes que l’actuel Google Assistant.
Sur la présentation et l’ergonomie, la Renault Clio 6 reste donc proche des modèles électriques de la marque. Quelques ajustements apparaissent toutefois : aérateurs centraux redessinés, matériaux différents, zones décoratives contrastées et possibilité d’un habillage en tissu – ou en Alcantara sur la finition Esprit Alpine. L’éclairage d’ambiance, désormais personnalisable à travers 48 teintes, se prolonge jusque dans les contre-portes.





La sellerie de la finition milieu de gamme Techno dispose d’une maille à effet 3D.
L’impression générale est valorisante, même si la mise en scène reste sobre. Côté rangements, la nouvelle console centrale peut recevoir un compartiment fermé par un couvercle souple façon tablette, tandis que plusieurs connectiques (deux USB-C à l’avant, prise 12 V à l’arrière, chargeur induction selon versions) sont présents.
Oui, l’habitabilité est en progrès
À l’arrière, la Renault Clio 6 tire parti d’un empattement légèrement allongé et d’un meilleur travail sur les dossiers avant, évidés pour dégager plus de place aux genoux. L’espace aux pieds progresse également grâce à une assise permettant de glisser plus facilement les chaussures sous les sièges.
À l’avant, les nouveaux sièges profitent d’un maintien latéral renforcé grâce à l’intégration d’un fil d’acier dans les bourrelets : un détail discret mais perceptible en conduite dynamique (sur laquelle nous reviendrons bien sûr). Le coffre dispose de 391 litres selon motorisation (volume liquide, pas norme VDA) ; seule la version hybride perd plusieurs litres en raison de la batterie logée sous le plancher (pour ainsi s’établir à 309 litres). Le seuil abaissé de 4 cm améliore l’accès et rend l’usage plus commode au quotidien. Le coffre, bien que carré dans sa découpe, demeure encore un peu profond.





Le plein de technologies embarquées
L’équipement technologique progresse sensiblement. En option, la sonorisation Harman Kardon de 410 watts propose plusieurs ambiances sonores développées avec Jean-Michel Jarre. Côté conduite, le volant adopte une direction plus directe (2,6 tours de butée à butée), avec un rayon de braquage réduit à 10,4 m. Il intègre également le bouton Multi-Sense, désormais associé à un mode Smart capable d’ajuster automatiquement le comportement du véhicule selon la conduite, passant du mode Eco au Sport (par exemple) sans intervention du conducteur (nous en reparlerons).
Les aides à la conduite constituent un autre pan majeur de l’évolution. Jusqu’à 29 ADAS peuvent équiper la Renault Clio 6, dont l’Active Driver Assist dernière génération qui adapte désormais la vitesse aux ronds-points, aux courbes et même au comportement des véhicules qui se trouvent sur les voies adjacentes. Le freinage automatique en marche arrière, la surveillance intérieure pour détecter la fatigue et la Safe Exit Assist (alerte de sortie sécurisée) complètent la dotation. Pour éviter la surabondance de réglages, Renault introduit aussi (pour la première fois dans une Clio) le bouton My Safety Switch : une pression suffit à rappeler les préférences d’ADAS définies par le conducteur, utile quand certaines aides paraissent intrusives.



Essai Renault Clio 6 (2025) E-Tech hybride 160 ch : une (pas si) grande gamme
Les moteurs de la Renault Clio 6
La Renault Clio 6 s’articule autour d’une gamme de motorisations renouvelée, avec comme fer de lance, le « full hybrid E-Tech 160« , que nous avons essayé. Cette évolution du système inauguré sur la Clio V adopte désormais un nouveau moteur thermique 1.8 L (HR18) à injection directe et cycle Atkinson, plus coupleux que l’ancien 1.6.
Associé à deux moteurs électriques et à une boîte (à crabots) intelligente multimode, ce groupe motopropulseur (aussi utilisé sur les Renault Symbioz et Dacia Bigster, par exemple) gagne théoriquement en douceur, en efficience et en performances : 0 à 100 km/h en 8,3 s, seulement 3,9 l/100 km et 89 g/km de CO₂ selon Renault. La Clio 6 peut ainsi (toujours en théorie) rouler jusqu’à 80 % du temps en électrique en ville et propose cinq schémas de fonctionnement (électrique pur, hybride dynamique, E-Drive, thermique et récupération), pour une autonomie totale pouvant atteindre 1 000 km.

En entrée de gamme, la Renault Clio 6 TCe 115 inaugure un tout nouveau trois-cylindres 1.2 L dérivé du bloc thermique de l’E-Tech 200 des Austral, Espace et Rafale. Doté de l’injection directe et du cycle Atkinson, il développe 115 ch et peut être associé soit à une boîte manuelle à 6 rapports, soit à une boîte automatique EDC à double embrayage. Cette version affiche une consommation moyenne autour de 5 l/100 km et un 0 à 100 km/h en 10,1 s.
Dans un second temps, la gamme s’élargira avec la version Eco-G 120 EDC, fonctionnant en double carburation essence-GPL. Dotée du même 1.2 L trois-cylindres, elle disposera d’un réservoir GPL porté à 50 L. La preuve que Renault croit encore, donc, à ce type de motorisations (notamment pour les marchés français et italien). La marque promet d’ailleurs une autonomie maximale de… 1 450 km.





Les fintions disponibles sur la Renault Clio 6
La Renault Clio 6 est d’ores et déjà proposée en trois niveaux de finition :
- Évolution
Régulateur de vitesse adaptatif, freinage automatique d’urgence, assistant maintien dans la voie, système de surveillance de l’attention du conducteur, frein de parking automatique, écran central de 10 pouces avec réplication smartphone, tissu sur la planche de bord, siège conducteur réglable en hauteur, climatisation, aide au parking arrière. - Techno
Système multimédia OpenR Link avec Google intégré (Google Maps, Google Assistant et Google Play), climatisation automatique, vitres arrière surteintées, rétroviseur intérieur électrochrome, accoudoir central avant, éclairage d’ambiance à LED, réglages Multi-Sense, carte mains libres, rétroviseurs rabattables automatiquement, jantes alliage 16 pouces (18 en option), caméra de recul, commutation automatique des feux de route et de croisement, essuie-glaces automatiques, 6 haut-parleurs. - Esprit Alpine
Inserts Alcantara et finitions spécifiques, pédalier aluminium, chargeur à induction, siège passager réglable en hauteur, logo projeté, jantes alliage 18 pouces avec inserts bleus, logos et monogramme Clio Dark Chrome, face avant spécifique et inserts dans les boucliers, régulateur de vitesse adaptatif intelligent, aide au parking latéral et avant, avertisseur d’angle mort, alerte sortie sécurisée des occupants, avertisseur de sortie de stationnement en marche arrière et freinage automatique d’urgence en marche arrière.
Nous remarquons donc que le double écrans de 10 pouces est disponible sur l’ensemble de la gamme, tout comme le frein de parking automatique. La caméra de recul (digitale), quant à elle, a migré au-dessus de la plaque d’immatriculation… pour éviter qu’elle ne soit volée (un problème que beaucoup de possesseurs de Clio 5 ont malheureusement rencontré).
Les prix de la Renault Clio 6

Vous noterez que les tarifs de la version GPL ne sont pas encore connus et que la finition Esprit Alpine n’est pas disponible avec le 1.2 TCe 115 ch BVM6.
La version « cœur de gamme » (Techno, hybride 160 ch) vaut peu ou prou la même chose que l’ancienne Clio hybride. Si l’on regarde dans le détail, et que l’on compare avec la concurrence, la Peugeot 208 débute à 21 500 euros, soit 1 600 euros de plus que la version d’entrée de gamme de la Renault Clio 6.
Même en boîte automatique (EDC), la Clio (21 400 euros) reste moins chère que la 208 Hybrid 110 e-DCS6 (23 900 euros). Du côté du groupe Volkswagen, la Skoda Fabia essence 116 ch réclame 26 630 euros et la Volkswagen Polo Style essence 116 ch monte jusqu’à 29 390 euros (plus cher que la Clio 6 en finition Esprit Alpine à 27 600 euros). Bref, la Clio 6 apparaît comme bien calibrée : plus accessible que certaines de ses rivales, tout en offrant un bon niveau d’équipement et de motorisation.

Essai Renault Clio 6 (2025) E-Tech hybride 160 ch : sur la route aussi, elle voit plus grand
Un confort typé « ferme »
Sur la route, la Renault Clio 6 se distingue d’emblée par une tenue de route particulièrement rigoureuse. Le châssis fait preuve d’un équilibre convaincant, aidé par un centre de gravité abaissé et un Cx amélioré (0,30 contre 0,32 précédemment, notamment grâce à l’apparition de volets d’air actifs à l’avant). L’absence quasi totale de roulis renforce la précision de trajectoire, donnant au conducteur le sentiment de conduire une voiture plus posée et plus stable que ce que son format pourrait laisser penser. C’est l’un des points forts de cette nouvelle génération… qui lorgne clairement sur le segment C.
Le confort, lui, dépend davantage de la sensibilité de chacun… mais force est de reconnaître que les suspensions apparaissent fermes, surtout à basse vitesse ou sur chaussée irrégulière, mais cette fermeté a au moins le mérite de servir l’efficacité générale. La direction, très précise, participe à ce ressenti, avec un guidage franc et réactif qui permet de placer la voiture avec facilité. Les sièges, bien dessinés, assurent quant à eux un bon maintien latéral.





Des performances (très) satisfaisantes
Côté performances, la Clio 6 n’adopte pas un comportement véritablement sportif, mais son groupe motopropulseur hybride de 160 ch offre des accélérations vives et grandement suffisantes pour les insertions ou les dépassements. La transition entre thermique et électrique est globalement bien gérée et le mode électrique rend la voiture discrète en ville. En revanche, lors des phases d’accélération plus franches, le moteur thermique prend bien le relai… et se fait parfois entendre assez lourdement, si bien qu’on pourrait presque avoir l’impression que la mécanique « mouline ». Heureusement, ce n’est pas le cas et cela ne dure pas longtemps.
La gestion des modes de conduite repose toujours sur le Multi-Sense, désormais configuré par défaut en mode Smart, un mode adaptatif qui ajuste automatiquement le comportement du véhicule selon la situation. Le système fonctionne plutôt bien au quotidien, en modifiant de manière fluide les paramètres moteur, direction et réponse de l’accélérateur. Point appréciable : le mode sélectionné reste actif au prochain démarrage, évitant au conducteur de devoir reconfigurer systématiquement ses préférences (une critique récurrente sur d’autres modèles du marché).





Globalement, la vie à bord de cette Renault Clio 6 est agréable grâce à un écran central réactif et assez intuitif, qui facilite la navigation entre les fonctions. L’acoustique globale est bien maîtrisée et la consommation observée lors de notre essai s’établit autour de 5 litres aux 100 km (sur 200 km, parcours mixte), un chiffre cohérent au regard de la puissance et de l’hybridation.
En résumé, la Clio 6 progresse surtout en agrément dynamique et en précision, tout en conservant quelques traits typiques des hybrides qui pourront diviser selon la sensibilité de chacun.
Essai Renault Clio 6 (2025) E-Tech hybride 160 ch : la Clio en grande forme ?
Au terme de cet essai, une évidence se dégage : la Renault Clio 6 est devenue plus polyvalente que jamais. Sa plateforme (CMF-B) retravaillée, son gabarit en hausse et son comportement routier affûté la placent clairement à la frontière du segment supérieur. En pratique, elle conserve l’agilité et la facilité d’utilisation d’une citadine, tout en offrant la rigueur, l’espace et la stabilité que l’on attend plutôt d’une berline compacte. Une montée en gamme assumée, qui interroge presque sur son rôle dans le catalogue Renault : la Clio 6 ne remplace évidemment pas la Mégane thermique, mais elle en reprend une partie des attributs, au point de devenir, en creux, son successeur indirect pour ceux qui ne veulent pas encore basculer vers l’électrique.
Reste la question du design, probablement le point le plus clivant de cette sixième génération. Renault s’attendait à diviser, et parmi nos confrères du moins, c’est bien le cas. Certains apprécieront son côté très sculpté, d’autres regretteront la sobriété de la précédente génération. Mais au-delà de l’esthétique, difficile de nier que cette identité forte s’inscrit dans la stratégie globale de Renault : affirmer la Clio comme un modèle qui compte, quitte à bousculer ses habitudes visuelles.
La technologie embarquée confirme également ce changement d’échelle. Entre l’architecture numérique modernisée, l’intégration poussée de Google, les nombreuses aides à la conduite et la qualité générale de l’interface, la Clio 6 (toujours fabriquée à Bursa, en Turquie) rivalise désormais avec des modèles bien plus grands – et parfois plus chers. L’ensemble est d’autant plus cohérent que l’hybride E-Tech 160 ch constitue une offre sérieuse, agréable au quotidien, performante sans excès et suffisamment efficiente pour séduire au-delà des trajets urbains. De quoi offrir à cette nouvelle Clio une place solide sur le marché… et montrer qu’après 35 ans de carrière, elle a non seulement grandi, mais aussi mûri.

La nouvelle Renault Clio 6 en Vert Absolu (Techno) et Bleu Iron (Esprit Alpine)








Photos : Adrien A