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De la curiosité : voici le sentiment que nous avons avant d’essayer le Dacia Bigster. Est-ce une vraie nouveauté ou est-ce juste un big Duster (grand Duster) ? Dacia le présente comme un véhicule important pour aller à la conquête du segment C-SUV. C’est vrai qu’il en impose avec son gabarit, sa présentation plus premium et cette teinte bi-ton Bleu Indigo & pavillon Noir. Vérifions si le plumage vaut le ramage !

Découvrez notre essai vidéo du Dacia Bigster 2025

Essai Dacia Bigster : un cran plus haut

Avec le Dacia Bigster, la marque roumaine élargit sa gamme vers le haut. Dacia balaie rapidement le fait que le Bigster n’est qu’un grand Duster. La marque communique sur le fait que les deux modèles ont été développés en parallèle et qu’ils ont chacun leurs spécificités. Acceptons ce parti-pris, l’œil d’un journaliste ou d’un passionné automobile n’est sûrement pas l’œil d’un client lambda, qui ira chercher le produit qui lui convient le mieux, peu importe le nombre de pièces communes qu’il partage avec un autre.

Nous n’allons pas revenir en détail sur ses caractéristiques que nous avons développées en octobre dernier. Nous vous remettons les dimensions ci-dessus, et nous allons nous concentrer sur la version du jour : le Dacia Bigster Hybrid 155 Journey.

Un surplus de puissance

La version Hybrid 155 est une évolution forte de la version Hybrid 140 connue sur Jogger et Duster. L’évolution est due au 4 cylindres qui cube désormais 1,8 l (+0,2) et augmente de 15 ch sa puissance, désormais à 109 ch (80 kW) à lui seul. Son couple est cependant limité à 172 Nm (le plus faible des motorisations du Bigster) et c’est sûrement la raison qui le limite à 1 tonne de tractage (contre 1,5 t). Le moteur électrique est inchangé : 36 kW (49 ch) et 205 Nm de couple. La batterie passe à 1,4 kWh (+0,2).

Ces évolutions permettent d’envisager sereinement de mouvoir les 1 487 kg du Dacia Bigster. Le démarrage se fait toujours en mode électrique, la suite dépendra de la charge de la batterie, en sachant que nous n’avons jamais été au niveau zéro sur cet essai. Le Dacia Bigster peut donc évoluer en douceur au démarrage mais il répondra toujours à un appui plus lourd. Dacia ne s’est pas transformé en voiture de sport (9,7 s pour le 0 à 100 km/h), mais la sensation d’en avoir toujours sous le pied est gratifiante.

Autre fait impressionnant : le passage des rapports ou le passage thermique / électrique imperceptible ou presque. Le seul cas où ces passages se font ressentir est sur une relance vive mais l’à-coup est si faible qu’il se fait pardonner. Le moteur se fait discret quel que soit le régime moteur choisi. Nous sommes loin de la désagréable sensation sonore de surrégime du 1.2 full hybrid E-Tech qui équipe le Renault AustralEspace ou Rafale !

Quel capot !

Ce qui est plus étonnant avec ce moteur, ce sont les consommations annoncées, entre 4,6 et 4,7 l/100 km selon les équipements. Sur notre premier trajet, nous avons maintenu un très correct 4,9 l/100 km. Lors du second, avec une conduite plus calme et un peu plus de ville, nous avons réussi à descendre à 4,4 l/100 km. Impressionnant, même si ce sont des chiffres affichés par l’ordinateur de bord.

Autre sujet de satisfaction, la batterie se recharge facilement et nous avons vu sa jauge plus souvent sur les maximums que sur les minimums de la réserve. Ce qui se trouve sous le capot (équipé de 2 vérins) est agréable, mais le capot propose un style remarquable : ses volumes et ses arêtes sont très plaisants voire valorisants à regarder une fois à l’intérieur. Un beau travail des équipes de David Durand. Le pare-brise est équipé d’un dégivrage électrique (pack Hiver, 500 €) et ça se voit : la maille attire la lumière quand un rayon de soleil apparaît. Difficile de passer outre une fois que l’œil s’est focalisé dessus…

De nouveaux équipements chez Dacia

Le reste de l’intérieur est dans l’esprit Dacia : des plastiques sans fioriture, mais bien assemblés, au dessin solide. Le Dacia Bigster en version Journey dispose d’un écran 10 pouces en guise de compteur, avec l’affichage des informations essentielles, sous 4 formats différents et 6 sous-menus. L’affichage de la navigation ne fonctionnait pas sur notre exemplaire, mais nous avons vu qu’il fonctionnait sur d’autres véhicules disponibles lors de cette session d’essai.
L’écran central de 10,1 pouces reprend les habituels menus de la marque. Il manque un soupçon de simplicité pour naviguer entre toutes les applications, mais le temps créera l’habitude.


L’écran central permet d’activer le volant et les sièges chauffants (inclus dans le pack hiver), mais soyez rassuré, le Dacia Bigster propose toujours des touches physiques pour gérer la ventilation. Nous l’avons trouvée (la ventilation) un peu trop puissante, d’ailleurs, même au niveau 1, sans pour autant qu’elle soit bruyante. Un bon point pour terminer son brushing le matin. Côté conducteur, le Dacia Bigster accueille le réglage électrique du siège, sur deux seules fonctions : réglage en hauteur et inclinaison. 

Roule ma ‘’poule’’

Le confort de roulage est aussi de bon niveau, les suspensions absorbent bien les défauts de la route, y compris les défauts les plus prononcés comme les nids-de-poule. En virage, la caisse ne s’écrase pas sur ses appuis mais il y a un léger décalage entre l’ordre donné au volant et l’action. Ici aussi, ce sera une question d’habitude, mais ce décalage nous a imposé des micro-corrections de trajectoire dans l’action.


Le passager avant n’en subit pas de conséquence, mais une poignée de maintien aurait été appréciable, surtout quand on sait que le Dacia Bigster est proposé en version 4×4. Si le passager ne jouit pas de réglages électriques, il pourra trouver une bonne position de conduite, mais avec peu de sensation d’espace. La faute en incombe à la planche de bord très avancée.

Essai Dacia Bigster : big habitabilité 

Même le siège reculé au maximum, la place disponible à l’arrière est royale. Tous les gabarits y trouveront leurs aises, mais nous avons trouvé le dossier un peu trop incliné. La banquette aurait mérité d’être creusée un peu plus, mais à deux passagers, l’accoudoir central permet de ne pas être balloté dans deux tours ou plutôt, entre les virages, malgré l’absence de poignée de pavillon, ici aussi. C’est au rang 2 qu’on profite le plus du grand toit vitré (850 €). Le confort est ici plus ferme qu’à l’avant.

L’accoudoir central intègre des porte-gobelets et des supports smartphone, leur emplacement aurait mérité d’être un peu plus vers l’avant pour un meilleur usage. L’accoudoir en position baissée crée un accès direct au coffre pour le pire ou le meilleur : il faudra veiller à ne pas mettre d’objet trop fin au centre du coffre pour éviter qu’il passe à l’avant du véhicule en cas de freinage appuyé. A ce propos… le Dacia Bigster propose un freinage efficace et stable. 

ADN de monospace

Vous ne risquez pas de manquer de place à bord du Dacia Bigster, même si la version Hybrid réduit la profondeur du volume du coffre à 546 l (VDA) ou encore 488 l (VDA) si vous ajoutez l’option de la roue de secours galette (200 €). La roue de secours n’encombre que le double fond et laisse une belle surface plane. Dacia a même créé une application ‘’Boot Organizer’’ pour vous aider à optimiser son chargement, et pas seulement y ranger ses boots.

Comble du luxe pour un Dacia Duster : le hayon est électrique ! Il paraît que c’est un indispensable pour le segment C, pourquoi pas ! La plage arrière est de type à enrouleur, mais le matériau retenu nous semble plus rigide que ce que nous voyons sur le marché. Son maniement est simple mais elle sort facilement de ses guides.

Le Dacia Bigster peut être considéré comme l’ami des voyages avec de la place pour tous et pour tous les bagages. Et si la motorisation Hybrid 155 permet de faire prendre l’autoroute sans difficulté, s’il se montre discret niveau sonore, on ne peut pas en dire autant des bruits d’air qui se font présents à partir de 100 km/h. À croire que la critique à ce sujet de Gilles Le Borgne dans Anatomie d’un comeback n’a pas été suffisante !

Essai Dacia Bigster : le juste prix ? 

Le Dacia Bigster est proposé à partir de 24 990 € en version Mild Hybrid 140 Essential, et 29 700 € en version Hybrid 155 Expression. Cette motorisation est aussi proposée en finition Extreme ou Journey à 31 700 €. La première se veut plus baroudeuse, la seconde plus premium. C’est notre version du jour et voici les principaux équipements :

Design extérieur
  • Skis et boucliers avant & arrière Gris Mégalithe
  • Vitres arrière surteintées
  • Antenne requin
  • Feux de croisement avant et feux arrière ECO- LED
DESIGN INTERIEUR
  • Sellerie spécifique Journey TEP en Microcloud®
  • Planche de bord grise, poignées de tirage des portes avant Gris Acier et panneaux de porte Gris
SECURITE & AIDES A LA CONDUITE
  • Commutation automatique des feux de route/croisement
  • Régulateur de vitesse adaptatif
  • Capteurs de pluie et de luminosité
  • 6 airbags (frontaux conducteur et passager, rideaux et latéraux)
  • Système antiblocage (ABS)
  • Freinage automatique d’urgence avec détection des piétons et cyclistes (AEBS)
  • Aide au maintien dans la voie et alerte de changement de voie
  • Système de surveillance de l’attention du conducteur
  • Reconnaissance des panneaux de signalisation avec alerte de survitesse
  • Aide au freinage d’urgence
  • Dispositif électronique de contrôle de la trajectoire (ESP)
  • ECO-Mode, Stop & Start et indicateur de changement de vitesse
  • Fixations Isofix aux places latérales arrière
  • Limiteur et régulateur de vitesse et commandes au volant
  • Radars arrière et caméra de recul
  • Direction assistée électrique
Vie à bord :
  • Hayon électrique
  • Carte mains-libres
  • Console centrale avec porte-gobelet, accoudoir et rangement réfrigéré
  • Siège conducteur réglable électriquement
  • Réglage lombaire conducteur et passager
  • 5 points de fixation YouClip
Confort :
  • Climatisation automatique bi-zone avec aérateurs aux places arrière.
  • Siège conducteur et passager réglables en hauteur
  • Rétroviseurs rabattables électriquement et dégivrants
  • Frein de parking électrique
  • Banquette arrière rabattable 40/20/40 avec fonction Easy Fold 60/40
  • Lève-vitres électriques et impulsionnels à l’avant et à l’arrière
Multimédia :
  • Nouveau Media Nav Live : système multimédia avec écran tactile 10,1”, navigation connectée avec mise à jour automatique de la cartographie pendant 8 ans, radio, réplication smartphone via câble USB ou sans fil via wifi, connexion Bluetooth®, 6 haut-parleurs, son Arkamys 3D sound®, app store Dacia et pack remote services
  • Chargeur à induction
Options présentes sur notre Dacia Bigster :
  • Jantes alliage 19” diamantées noires Rasan +250€
  • Pack Hiver : sièges avant chauffants, volant chauffant, pare-brise chauffant +500€
  • Pack Parking : radars de stationnement avant, latéraux, détecteurs d’angles morts, caméra multi-vues +490 €
  • Toit ouvrant panoramique +850€
  • Roue de secours galette +200 €
  • Peinture métallisée Bleu Indigo +650€
  • Bi-ton avec toit et rétroviseurs extérieurs noirs +150€

Vous pourrez y ajouter tout un tas d’accessoires, pour faciliter le rangement (YouClip) ou la vie en plein air (Pack Sleep, tente de hayon…).
Ainsi équipé, le Dacia Bigster est proposé à 34 790 €, une coquette somme pour une Dacia !

Difficile concurrence 

Dacia est toujours une marque atypique sur le marché, et il est tout aussi difficile d’aller chercher des concurrentes qui lui correspondent totalement. Nous allons essayer d’en approcher.


Renault Symbioz : le SUV Renault partage la même plate-forme que le Dacia Bigster mais difficile de trouver plus de points communs. Le moteur hybrid n’a pas les mêmes évolutions (1,6 l de 145 ch), et son gabarit est aussi plus compact, que ce soit à l’extérieur (441 cm) ou à l’intérieur, même si son coffre propose un volume proche (492 l). Mais son prix d’accès à 33 400 € ne résiste pas à la comparaison, même si la négociation est sûrement envisageable. Son essai est à retrouver ici.


Citroën C3 Aircross : le repositionnement de Citroën et du C3 Aircross que nous avons essayé récemment, permet d’envisager de le mettre face au Dacia Bigster, avec une habitabilité moindre (coffre 460 l) compensée par un gabarit plus compact (440 cm de long). Il est proposé en Hybrid 136 ch dans sa finition haut de gamme MAX à partir de 27 900 €.


Hyundai Kona Hybrid : tout autant routière, mais un peu moins familiale, la gamme de la Hyundai Kona débute à 34 350 €, soit un prix proche du Dacia Bigster que nous avons essayé avec les options. L’équipement est un peu moins fourni mais il n’a pas à rougir et son habitabilité n’est pas très éloignée.


Les stars du segment C-SUV sont très éloignées en termes de prix pour s’attaquer de front au Dacia Bigster : le Peugeot 3008 est proposé à partir de 36 220 € et le Volkswagen Tiguan s’échange à partir de 40 800 €.

Essai Dacia Bigster : une offre juste mais plus risquée

Dacia ose s’attaquer au segment des C-SUV et il le fait à la Dacia : une offre raisonnable, un prix raisonnable et des prestations de bon niveau. Il faudrait qu’il améliore son niveau sonore (bruit d’air) et la qualité de son pare-brise chauffant pour en faire une offre encore plus cohérente. Le Dacia Bigster ne déçoit pas, et se positionne comme une vraie offre essentielle plutôt que low cost. Il faut donc accepter d’en payer le prix.

Il est possible qu’à l’avenir le Dacia Bigster devienne la proposition de Dacia qui se vende le plus aux professionnels. Nous pensons notamment aux taxis qui pourront y voir un bon moyen pour accompagner les touristes de l’aéroport au centre-ville avec un coût de revient économique. Car c’est sur cet aspect coût que le Dacia Bigster Hybrid 155 fait la différence et qui lui permettra de devenir un essentiel du marché des C-SUV.

Photos : Guillaume AGEZ