Le DS Numéro 7 vient remplacer après 9 longues années de carrière le loyal DS 7, connu avant son restylage sous le patronyme « DS 7 Crossback« . Représentant encore 50% des ventes dans la gamme, ce SUV laisse à son héritier la lourde tâche de relancer la marque premium en faisant encore mieux en termes de volumes. Compte tenu de la lenteur de la progression de la part de véhicules électriques sur le marché, impossible d’atteindre cet objectif sans compléter la triple offre électrique par une offre hybride ou thermique.
DS fait le choix (temporairement ?) de ne pas renouveler la version hybride rechargeable mais propose son bestseller dans une modeste version hybride de 145 ch dépourvue de suspension sophistiquée. Cette version que nous sommes tentés de qualifier d’interprétation moderne de la Citroën ID, version du pauvre de la DS, est-elle suffisante pour affronter ses rivaux allemands plus puissants et faire vivre à ses passagers « l’art du voyage » ?
AU SOMMAIRE
Design du DS Numéro 7 : un style toujours distinctif
Nous vous avons présenté longuement dans nos articles et nos vidéos la nouvelle itération du SUV premium, découverte en studio. Mais pour la première fois, nous sommes enfin face à cette nouveauté à la lumière du jour, sous un puissant soleil provençal. Cet environnement nous permet de mieux apprécier ses volumes et proportions. Le DS Numéro 7 a beau ne grandir que de 7 cm de plus en longueur que son prédécesseur (dont 5 cm d’empattement ), il semble s’étirer beaucoup plus, du fait de sa hauteur préservée (1,63 cm) et de ses lignes plus tendues.
Ayant essayé la DS Numéro 8 avec laquelle la nouveauté partage sa plateforme et de nombreux éléments de design, la comparaison est incontournable, et la surprise est moindre. Le Numéro 7 en reprend la face avant en ajoutant un plaquage noir de chaque côté de la calandre pleine – noire sur les versions de base et Pallas -et de la calandre Luminascreen à bandes verticales et au logo rétroéclairés sur les finitions hautes. La partie basse de pare-chocs elle aussi noircie, donnant un effet moins large, plus massif.
Sur les versions à bi-ton étendu, la peinture noire du capot ne descend pas jusqu’à la grille de calandre contrairement à la DS Numéro 8. Le procédé de peinture est d’ailleurs différent, a priori plus durable dans le temps… mais moins flatteur à l’œil, avec une démarcation entre les deux couleurs.
Le profil du DS Numéro 7 est bien plus conventionnel que celui du « SUV coupé » de la gamme (on peut d’ailleurs dire que la N°8 est la version coupé du N°7, plus haut d’à peine 1 cm). Et plus court, de 16 cm tout de même. En gagnant un arrière de SUV classique quand celui de sa sœur peut évoquer, en exagérant « un peu », un Tesla Cybertruck ou une Citroën M35, le Numéro 7 a un style beaucoup moins clivant.
Mais il ne renonce pas à certaines particularités faisant son charme. Comme la partie peinte en noir sous le montant C, qui allège la silhouette au même titre que le becquet de toit, les poignées arrière dissimulées ou son contour de vitres en aluminium. Le chrome n’est en effet plus d’actualité chez Stellantis pour des raisons écologiques, la peinture, l’aluminium et l’inox brossé sont utilisées comme substitut plus eco-friendly. Quant aux feux et pare-chocs, ils évoquent quant à eux directement la DS Numéro 8 et impressionnent eux aussi par leur traitement et leurs dimensions.
Comme à chaque essai presse, nous sommes accueillis par la flotte de véhicules d’essais en rang d’oignons, regroupés par finitions et couleurs. Nous prenons les clés d’une version la Première, édition limitée de lancement, de couleur Cristal Pearl, soit un gris métallisé à toit noir. Nous l’aurions préféré dans sa teinte Vert Soie, mais seuls le Cristal Pearl et le Gris Palladium sont disponibles sur cette version, parmi 6 teintes au total proposées sur le modèle (blanc, noir, 2 gris, le joli Bleu Topaze et le vert).
A bord du DS Numéro 7 hybride : plein les yeux !
DS Automobiles a fait du design intérieur l’une de ses marques de distinction, pour ne pas dire l’un de ces atouts. Même sur les plus modeste DS 3 et DS N°4, l’ambiance intérieure est soignée dans les moindres détails et dessinée avec une patte que seul le constructeur offre à ses véhicules. Le nouveau DS Numéro 7 ne déroge pas à la règle même si, une fois de plus, l’effet wahou laisse place à l’impression de déjà-vu .
Le tableau de bord est en effet repris à la DS N°8, avec son volant en X typique, ses poignées de fermeture particulières au rebord illuminé (plus esthétiques que pratiques, elles auraient méritées d’être couplées à une assistance à la fermeture des portes), son écran central de 16 pouces tout en largeur parfaitement intégré dans la planche de bord horizontale…
Les décors en aluminium bouchonnés de notre édition La Première et son « univers cuir Nappa noir byzantin […] inspiré de l’Art Déco » sont repris à la finition Jules Verne de la N°8. Moderne, sophistiqué et original, ce matériau offre du relief et un beau contraste avec l’élégant cuir Nappa couleur aubergine qui recouvre la partie inférieure de la planche de bord, relevée par des surpiqûres en point perle (encore une marque de fabrique de DS), les panneaux de portes et les sièges.
Ces derniers sont dessinés façon bracelet de montre, encore une caractéristique unique DS de l’ère moderne. Premier modèle DS à connaître un renouvellement, le DS Numéro 7 conserve donc les éléments qui ont fait la distinction de la marque sur ces premiers modèles, tout en proposant une interprétation beaucoup plus épurée, dans l’air du temps.
L’air du temps implique une dimension écologique, et DS Automobiles précise pour cela avoir tanné son cuir à la feuille d’olivier, une méthode non-toxique, biodégradable…et qui sent bon la Provence. Les textiles, moquette et tapis de sol sont quant à eux produits à partir de matériaux valorisés, dans des proportions variables allant de 60 à 96%.
Sur cette considération qui n’a sans doute intéressé qu’une infime partie de notre lectorat, passons à l’arrière pour vous donner nos impressions. Même si cela est plus évident sur une version à intérieur clair, la sensation d’espace est améliorée grâce à l’accroissement des surfaces vitrées de 30% et de l’agrandissement du toit panoramique de 40%, qui permet de maintenir une bonne hauteur sous plafond.
Le plancher est plus haut du fait de l’implantation des batteries mais l’espace aux jambes est toutefois accueillant. Les sièges offrent un bon maintien, mais sont dépourvus de réglage d’inclinaison, pourtant présent sur l’ancien DS 7.
Le volume de coffre évolue peu par rapport à la mouture précédente et affiche une contenance de 560 litres, contre 555 auparavant. Il n’avait pas besoin de grandir, étant déjà parmi les meilleurs de sa catégorie.
Equipements du DS Numéro 7 : grand numéro, « petites » jantes
Outre les noms de finition bien connus faisant référence à l’histoire de la marque, DS propose comme a son habitude sur sa nouveauté une édition limitée baptisée La Première, que nous nous devions de choisir pour cet essai. Celle-ci se positionne en haut de gamme au-dessus des versions de base, Pallas, Etoile, et les deux versions Business sur la base des Pallas et Etoile.
En hybride, le DS Numéro 7 conserve de série des jantes 19 pouces quand les versions électriques passent en 21 pouces. C’est ce qu’il en coûte pour assurer des émissions de CO2 les plus basses possibles, mais il est toujours possible de choisir des jantes de plus grande dimension en option.
La montée en gamme est néanmoins pertinente et justifie le surcoût entre chaque finition. Elle fait passer le DS Numéro 7 hybride d’un véhicule moderne à technologique, et enfin à un vrai véhicule exclusif s’inscrivant dans le premium avec cette touche de raffinement propre à la marque.
Côté confort, Les technologies incluent de base l’accès et le démarrage mains-libres. La finition Pallas ajoute encore de la praticité au quotidien avec un hayon motorisé doté de l’accès mains-libres. Sur Etoile, l’habitacle gagne en luxe et en confort avec les sellerie cuir nappa ou alcantara, le système de purification de l’air, les sièges électriques à mémoire et le chauffage de nuque à l’avant et les commandes de climatisation arrière.
En termes de multimédia, l’écran tactile HD de 16 pouces, le combiné numérique de 10 pouces et le volant multifonction sont de série dès l’entrée de gamme, tout comme la connectivité sans fil via Apple CarPlay™ et Android Auto™. Il faut toutefois passer sur Pallas pour disposer du DS IRIS SYSTEM, une navigation connectée 3D épaulée par les services connectés DS Connect Plus inclus pendant 3 ans, comme l’assistance vocale avancée.
Sur le plan de la sécurité active la version de base embarque de série le régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop & Go, la caméra de recul et des radars d’aide au stationnement arrière, auxquels s’ajoutent sur Pallas les aides au stationnement avant et latérales. Le summum technologique est atteint par la finition Étoile qui embarque le système de conduite autonome de niveau 2, fluide et disposant d’une fonction de changement de voie – à apprivoiser.
Le système de caméras DS VISION 360 offre une vue d’ensemble panoramique lors des manœuvres, tandis que le rétroviseur intérieur électrochrome sans cadre intègre la fonction Dual-view avec un mode par caméra qui nous a d’abord semblé superflu, avant de nous convaincre par le surcroit de visibilité vers l’arrière qu’il apporte.
Enfin, notre édition La Première ajoute à tout ce beau monde une série d’équipements distinguant le DS Numéro 7 hybride de ses concurrents et des autres versions plus modeste. Ainsi, à la présentation intérieure que nous vous avons détaillée plus haut avec ses sièges Lounge en cuir Nappa confection bracelet de montre, elle gagne le pare-brise et le volant chauffants, le système de vision nocturne et la hi-fi Electra 3D par Focal à 14 haut-parleurs.
Nous avons pu tester le premier, une exclusivité sur ce segment, lors d’une boucle nocturne qui nous a permis de voir sur le combiné numérique des sujets et objets pas forcément visibles à l’œil nu en amont. En revanche, faute d’avoir réussi à connecter notre smartphone en Bluetooth, en conduisant (la fonction est verrouillée) comme à l’arrêt (cela aurait alors dû fonctionner !), impossible de tester le système audio avec nos titres préférés pour nous rendre compte de la qualité sonore.
Côté option, nous disposions, outre la peinture métallisée, du toit panoramique. Celui-ci est dépourvu de store occultant, et il ne dispose pas de fonction d’opacification électronique comme cela est le cas sur des modèles Renault comme le Rafale. Pas de problème de surchauffe ou d’éblouissement néanmoins grâce à son traitement, même avec les conditions caniculaires de notre essai.
Au volant du DS Numéro 7 hybride : pauvre petit cœur !
Faisant office d’entrée de gamme en termes de prix comme de puissance et vraisemblablement amené à représenter une part importante des volumes, un groupe hybride de 145 ch prend place dans notre DS Numéro 7. Il se compose d’un nouveau moteur essence 3 cylindres turbo 1,2 litre et d’une machine électrique de 28 ch (21 kW), intégrée à la automatique à double embrayage à six rapports.
Un ensemble similaire à ce que nous avons pu essayer ailleurs dans le groupe Stellantis (sur un Citroën C3 Aircross par exemple) et qui est censé pouvoir fonctionner la moitié du temps en électrique en ville et en périphérie. Toujours selon le constructeur, ce bloc hybride doit offrir « la polyvalence attendue d’un SUV destiné aux longs trajets ».
Le DS Numéro 7 étant très bien insonorisé notamment grâce au vitrage feuilleté de série à l’avant dès le deuxième niveau de finition et à l’arrière sur Etoile, le passage du mode électrique au mode thermique, et inversement, s’est fait de manière imperceptible pendant notre essai. Tant à l’oreille que sous la pédale, aucun à-coup n’étant généré lors de ces phases. Il nous a même été nécessaire de sélectionner sur l’ordinateur de bord l’écran dédié à la gestion de l’énergie pour en connaître la source en temps réelle.
La consommation de 5,3 l/100 km WLTP est-elle atteignable ? Nous n’avons pas pu le vérifier lors de cet essai mais tenteront d’y répondre lors d’une prise en main plus longue.
En termes de performances maintenant, la polyvalence de ce moteur est certes présente, mais au prix d’une frustration liée au fait de devoir renoncer à la puissance qu’on attend d’un véhicule premium. Le DS Numéro 7 n’est pas vif, c’est le moins que l’on puisse dire, et pire, en mode sport, impossible d’en tirer le meilleur parti en le cravachant lorsque cela est nécessaire. La raison ? La gestion de la boîte automatique, qui passe le rapport supérieur même lorsque l’on a sélectionné le mode manuel ! Enervant dans les cotes, et limite dangereux lors d’un dépassement ! L’absence de compte-tours dans les différents modes nous empêche d’ailleurs de voir où l’électronique décide de mettre la limite de montée en régime, même en mode sport – avec un étrange choix de couleur d’écran violet (et bleu sur les versions électriques).
On s’étonne toutefois de ne pas être dérangé dans le maniement du volant en X, pourtant perturbant lors de notre essai du Numéro 8. Le DS N°7 est même plaisant à mener, avec une direction douce et précise, tout comme le freinage, facile à doser, ce qui n’est pas une évidence sur les véhicules avec ce type d’hybridation.
Le confort est-il enfin au niveau de nos attentes ? Sur cette version hybride, pas vraiment. Plus léger de 530 à 700 kg que les versions électriques, le Numéro 7 hybride ne dispose pas du même train arrière multibras, incompatible avec son réservoir de carburant, et par conséquent est dépourvu de la suspension prédictive pilotée par caméra. Cette technologie, inédite sur un SUV du segment C, fait toute la différence -nous vous en reparlerons. Pas d’effet tapis volant, mais des remontées parfois sèches, des mouvements de caisse, et un confort décevant de la part d’une DS.
En résumé, pour disposer de la polyvalence et du confort attendus d’une DS, de surcroit de ce niveau de gamme, nous ne saurons que conseiller d’opter pour un DS Numéro 7 électrique en finition Etoile (version à partir de laquelle le DS Active Scan Suspension est de série). Nous vous en proposerons également l’essai de cette version, en motorisation Long Range 245 ch.
Prix DS Numéro 7 : achetez français !
Notre modèle d’essai est un DS Numéro 7 La Première hybride 145 ch à 58 800 € hors option, soit 60 750 € incluant la peinture métallisée Cristal Pearl ( 1 050 €, le Gris Palladium est gratuit ) et le toit panoramique feuilleté ( 900 € ).
Le DS Numéro 7 hybride écope d’un petit malus au poids. Grâce à sa motorisation hybride qui lui permet un dégrèvement, son poids de 1 631 kg est ramené à 1 531 kg dans le calcul du malus masse, qui atteint de 320 €.
Avec ses émissions de CO2 à partir de 120 g/km, le malus écologique est également contenu, et presque identique puisqu’il est de 310 euros (540 € en 2027). Les considérations fiscales apportent une consolation à un niveau de prestation dynamique en retrait !
En termes de concurrence, le DS Numéro 7 se frotte aux BMW X3, qui démarre à 65 950 € en essence 208 ch, à l’Audi Q5 de puissance quasiment équivalente (204 ch) et au prix encore plus élevé (69 450 €) ou encore au Mercedes-Benz GLC dont l’ancienne génération est encore proposée à partir de 60 850 €.
En interne, chez Stellantis, le DS Numéro 7 hybride se confronte aux Peugeot 3008 hybride avec la même motorisation, à partir de 43 150 € en version GT Exclusive.
Cette offre hybride représente donc une proposition nettement plus abordable pour entrer dans l’univers du premium. Reste à savoir si à tarif équivalent, les clients préfèreront une allemande puissante avec un équipement de base ou une française suréquipée mais sous-motorisée.
| Motorisation | 1.2 turbo essence + moteur électrique de 28 ch |
|---|---|
| Puissance cumulée | 145 ch |
| Consommation (WLTP) | 5,3 l / 100 km |
| Vitesse maximale | 201 km/h |
| Couple | 230 Nm |
| 0 à 100 km/h | 10,4 sec |
| Dimensions (L × l × H) | 4 660 x 1 900 x 1 630 |
| Poids à vide | 1 631 kg |
| Volume de coffre | 560 litres |
| Tarif d’entrée | À partir de 43 900 € |
| Finitions | N°7 Pallas Etoile La Première |
✓ Points positifs
- ✓Choix de présentation intérieure et extérieure
- ✓Quiétude à bord d’un habitacle accueillant
- ✓Tarifs maîtrisés
✗ Points négatifs
- ✗Moteur poussif
- ✗Détails d’assemblage
- ✗Confort de suspension décevant
Notre verdict
Il n’y avait sans doute rien de volontaire de la part de DS Automobiles de faire de ce DS Numéro 7 hybride une version au rabais. La nécessité d’une telle offre l’a emporté sur le plan initial d’un modèle 100% électrique. Mais dans les faits, malgré sa disponibilité dans les versions les plus huppées comme cette édition La Première qui ravit la rétine tant dehors que dedans et impressionne par sa dotation technologique, cette motorisation offre des prestations est largement en-deçà de son pendant électrique…et de nos attentes. Oui, cette offre est plus abordable et permet de retenir les réfractaires aux voitures « à pile », mais ce n’est pas avec elle que la réussite de cette nouvelle génération de DS Numéro 7 prend toute sa dimension.
Note
















