Le Renault Symbioz GPL est censé représenter une offre de remplacement aux motorisations diesel, tout en ayant l’objectif d’être plus économique à l’achat et à l’usage qu’un véhicule hybride. Avec un prix d’attaque sous les 30 000 euros, est-ce réellement une bonne affaire et l’agrément est-il au rendez-vous ? Réponse dans notre essai réalisé en Bretagne.
AU SOMMAIRE
Renault Symbioz GPL : un design familial et familier

Par rapport à son petit frère, le Renault Symbioz propose un arrière moins arrondi, et plus long. C’est à ce niveau que se situent les 17 cm supplémentaires, portant la longueur totale du SUV à 4,41 m. Arrière d’ailleurs plus en phase avec les codes actuels de Renault, qui a abandonné la signature lumineuse en C sur ses dernières productions.
Si le Symbioz dispose toujours d’un look au goût du jour, cette version GPL ne propose aucune différence vu de l’extérieur. Pas de badge sur la carrosserie, pas d’élément aérodynamique ou de caisse rabaissée pour être « encore plus écolo »… Ce n’est qu’en ouvrant la trappe à carburant qu’on découvre deux orifices de remplissages, pour les réservoirs respectifs de GPL et d’essence propres à cette motorisation.
A bord du Renault Symbioz GPL : des indices, mais pas un 10

Tout le monde sera donc à l’aise à bord, en tout cas une fois la position du siège adéquate trouvée. Pas facile de trouver la position de conduite rapidement à cause du pédalier haut, mais avec l’amplitude de réglages, on finit par y parvenir. En parlant de réglages, le volant est chargé en boutons physiques, avec un commodo supplémentaire dédié à l’audio. Ajoutez le bandeau de commandes sous l’écran, et on est vite dépassé – nous avons perdu l’habitude avec la mode du tout-écran !
Quant aux fonctionnalités commandées virtuellement, elles sont accessibles de manière intuitive, que ce soit sur l’ordinateur de bord pour modifier l’affichage ou les informations ou sur l’écran central où la longueur des menus est limitée et simplifiée. On a vu plus moderne, plus ludique, mais la clientèle de ce véhicule à vocation familial l’oubliera bien vite, d’autant que la simplicité va de pair avec une certaine rapidité d’exécution.
En parlant d’aspect familial, la banquette arrière se prête plutôt bien à accueillir décemment ses passagers, deux de préférence. A condition que les occupants des sièges avant ne reculent pas trop… Sinon, ce sont eux qui devront reculer la banquette arrière coulissante sur 16 cm !
La contenance du coffre varie donc en conséquence, de 492 à 624 litres selon la configuration. Le réservoir de GPL l’ampute légèrement, de 14 litres précisément, et empêche l’implantation d’une roue de secours, pas de quoi crier au scandale.
Equipements Renault Symbioz GPL techno : l’essentiel avec des petits plus
En optant pour le Renault Symbioz GPL, seules deux finitions sont disponibles, contre 4 avec les autres motorisations de la gamme. On trouve l’entrée de gamme evolution, et la version techno mieux équipée. Esthétiquement, la distinction est aisée et la finition techno est autrement plus valorisante que l’entrée de gamme… Jantes alliage 18 pouces au lieu de 17 en tôle, vitres arrière surteintées, contours de vitres et décors extérieurs métallisés au lieu de noir permettent de la reconnaître au premier coup d’œil.
A bord, c’est le bandeau décoratif gris granit dans l’habitacle, l’instrumentation digitale haute définition et personnalisable de 10,2 pouces au lieu de 7 pouces, ou encore Google intégré au système multimédia openR Link 10,4 pouces qui font la différence.
L’équipement de série, constitué notamment des phares full-LED, de la climatisation automatique, de la carte main libre, de la banquette coulissante et de la caméra de recul s’enrichit des aides au stationnement mais il faut choisir l’option pack parking pour disposer de la caméra à 360 degrés, dont la définition est moyenne. Sa présence est la bienvenue du fait d’une visibilité arrière médiocre, mais son efficacité fut discutable lors de notre essai. Certains affichages ou bips ne survenaient pas, mais rappelons que nous essayions l’auto par 40 degrés, une température inhabituelle à laquelle tout matériel électronique se met à défaillir.
Le Symbioz Techno s’enrichit également d’équipements de sécurité comme l’aide au maintien dans la voie, la reconnaissance des panneaux de signalisation et la surveillance de l’attention du conducteur (visible sur la photo ci-dessus). On gagne également le régulateur de vitesse adaptatif, relativement efficace mais peu voire pas réactif lorsqu’on appuie sur la pédale pour accélérer, ce qui est inquiétant.
Pour le reste, le choix des modes de conduite, les services connectés, la fonction de démarrage mains libres, les rétroviseurs électriques dégivrants, les vitres arrière électriques, le chargeur à induction, l ou l’allumage automatique des phares font entrer le Symbioz dans une modernité inconnue sur le niveau Evolution.
En option, le toit panoramique Solar bay procure même l’effet « wahou » avec son système d’opacification électronique totale ou partielle. Il est également possible de disposer du hayon électrique, toujours contre supplément.
Le système audio Harman Kardon est lui aussi au catalogue des options et plaira aux grands rouleurs mélomanes.
Essai Renault Symbioz GPL : paisible déplaçoir

Malgré ce gain de puissance, tout invite à conduire tranquillement, ce qui est pertinent avec cette motorisation à vocation économique.
Une fois n’est pas coutume, c’est même le mode éco qui s’avère le plus agréable. Même s’il limite la réactivité et la puissance du Symbioz, il offre un comportement fluide plus appréciable que dans les autres modes, normal et sport.
Le mode sport n’est d’ailleurs pas désagréable, dans la mesure où il donne un peu plus de nervosité et de fermeté dans la direction, les pédales et la suspension. Mais la dénomination « sport » est quelque peu usurpée : performances limitées, direction tout juste un peu plus ferme sans être plus précise, maniement du gros pommeau de vitesse pas très incisif et freinage peu mordant… Une voiture à vivre, pas à conduire, en résumé, qui se prêtera plus à des trajets professionnels ou familiaux classiques qu’à arsouiller sur des petites routes.
Ce qui n’en fait pas une mauvaise voiture, pour qui attend de son véhicule qu’il le transporte d’un point A à un point B sans chercher les sensations. Suffisamment performant et rassurant, le Renault Symbioz GPL n’affiche d’ailleurs pas de défaut rédhibitoire. Un bruit caractéristique, mieux contenu que sur les Dacia Duster et Sandero, qui partagent le même moteur. En parlant de bruit, le clignotant ne revient pas en position neutre la plupart du temps, le tic-tac nous avertit de procéder manuellement. Un défaut mineur avec lesquels il est relativement facile de composer.
Surtout en considérant les avantages de cette motorisation. En moyenne à 1 €, le litre de GPL est affiché à 0,88€ à l’heure où nous écrivons ces lignes, soit une économie annuelle de 461 € par an selon Renault. Ce qui explique la hausse des ventes de 30% de ce type de motorisations en Europe. Outre l’aspect économique, le GPL a également un intérêt écologique, même si ce mélange de propane et de butane demeure un carburant fossile, contrairement au superéthanol-E85, d’origine organique. Le GPL génère toutefois 10% d’émissions de CO2 en moins par rapport à un moteur essence équivalent, soit 116g/km dans le cas du Symbioz.
Pourtant, les consommations paraissent élevées dans l’immédiat, aux alentours de 9 litres / 100 km/h en GPL, soit environ 2 litres de plus qu’en essence. Cela étant, l’autonomie est énorme grâce aux deux réservoirs respectifs : Renault annonce 1 500 km sur le Symbioz. A l’issue de notre essai, réalisé au pic de la canicule, il nous restait 300 km d’autonomie en GPL et 720 en essence.
Prix Renault Symbioz GPL : outsider compétitif ?

En comparaison, un Citroën C3 Aircross d’entrée de gamme est facturé 20 390 €. Pour le prix de base du Symbioz, on dispose du haut de gamme MAX avec options, une motorisation hybride de 145 ch et la possibilité d’embarquer 2 passagers supplémentaires.
Chez Ford, si l’offre de motorisation Flexifuel fonctionnant au superéthanol – E85 n’est plus disponible sur le petit Puma, elle est toujours proposée sur le Kuga, plus grand, plus puissant (motorisation hybride 180 ch) et plus logeable que le Symbioz. Affiché à 38 390 € prix catalogue, il est remisé sur le site ford.fr à 29 390 €, ce qui en fait un sérieux rival au Symbioz GPL avec son coût à l’usage également faible.
Enfin dans le groupe du losange, impossible de ne pas parler du Dacia Duster Eco-G, dont les tarifs avec la même motorisation que le Symbioz débutent à 19 990 € et culminent à 23 800 € en finition haute journey.
| Motorisation | 1.2 Eco-G 120 ch (GPL) |
|---|---|
| Transmission | Boîte manuelle 6 vitesses |
| Autonomie (WLTP) | Jusqu’à 1 500 km |
| Vitesse maximale | 180 km/h |
| 0 à 100 km/h (secondes) | 12,1 |
| Taille des réservoirs GPL / essence (litres) | 50 / 48 |
| Dimensions (L × l × H) | 4 413 × 1 7897 × 1 575 mm |
| Poids à vide | 1 387 kg |
| Volume de coffre | 492 litres |
| Tarif d’entrée | À partir de 29 900 € / 270 € par mois |
| Finitions | evolution techno ( + 2 000 €) |
✓ Points positifs
- ✓Motorisation économique, même avec la surconsommation
- ✓Simplicité d’utilisation
- ✓Niveau d’équipement correct en techno
✗ Points négatifs
- ✗Performances limitées
- ✗Styles intérieur et extérieur très classiques
- ✗Trop de boutons
Notre verdict
Le Renault Symbioz GPL est un véhicule purement rationnel, ce qui en fait une offre pertinente pour les familles et les entreprises qui veulent un véhicule économique à l’usage. Limité en termes de performances, il s’apprécie en roulant paisiblement pour maximiser les économies de carburant. Relativement abordable, il réclame toutefois plus qu’un Duster à motorisation équivalente, certes plus petit, et peut même entrer en concurrence avec un Kuga fonctionnant au superéthanol, carburant également économique distribué dans 4 000 stations en France, contre 1 500 proposant du GPL.
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