La Dacia Sandero Stepway fête ses 5 ans, déjà. À quelques jours de la présentation de la version restylée, nous avons souhaité prendre son volant pour vérifier si elle était toujours dans le coup ! Car la Dacia Sandero Stepway attise les jalousies au point que la dernière génération de Citroën C3 la cible clairement. Pour l’instant, elle n’est pas inquiétée et truste depuis 2017 la tête des ventes aux particuliers en Europe et tous canaux confondus en 2024. Ce sont 3 millions de Dacia Sandero qui ont été vendues, et en 2024, la version Stepway a représenté 2/3 des ventes. Alors pourquoi un tel succès? Nous allons tenter d’y répondre.

Essai Dacia Sandero Stepway Tce 110 Extreme Exterieur 074
Le gaphiti de l’image de couverture a été généré par Firefly

Essai Dacia Sandero Stepway : elle ne dort pas sur ses lauriers

Pour commencer, la recette du succès de la Dacia Sandero Stepway repose sur un look affirmé, beaucoup plus travaillé que celui des deux premières générations. Un look qui a évolué en 5 ans, depuis sa présentation :

  • En 2022, la calandre évolue pour accueillir le nouveau logo Dacia et diminuer drastiquement l’utilisation du chrome. La présentation évolue, avec la teinte Lichen Kaki qui est la démonstration du virage ‘’Outdoor’’ que va développer Dacia dans son nouvel univers de marque. Le TCe 110 ch (200 Nm) que nous essayons aujourd’hui intègre la gamme, couplé à une boîte 6 vitesses. Le toit ouvrant est enfin proposé en option, ce qui fera plaisir à notre ami Éric.
  • En 2023, le concept ‘’robuste et outdoor ‘’de la marque s’applique avec la finition Extrême, qui reçoit l’Extended Grip pour affronter au mieux les terrains non bitumés.
  • En 2024, la norme GSR2 apporte de nouvelles fonctionnalités. De nouvelles teintes sont apportées à la gamme, comme le Beige Safari de notre version d’essai et les jantes Randia Dark. Pour mémoire, la réglementation GSR2 impose :
    • Enregistreur de données d’événements (accident)
    • Prédisposition à l’antidémarrage éthylométrique
    • Reconnaissance des panneaux de signalisation avec alerte de survitesse
    • Alerte de changement de voie
    • Aide au maintien dans la voie
    • Système de surveillance de l’attention du conducteur
    • Aide au parking arrière
    • Capteurs de luminosité et de pluie
    • Freinage automatique d’urgence (AEBS) avec détection des piétons et cyclistes
    • Signal d’arrêt d’urgence
  • Et comme toutes les voitures du groupe Renault, l’ajout de ces options a créé la touche ‘’My Safety’’, qui permet de déconnecter certains ADAS. Mais il faudra l’activer à chaque mise en route. Nous regrettons son positionnement en bas à gauche du tableau de bord, qui est masqué par le volant.

La prochaine évolution sera présentée la semaine prochaine, et en plus d’évolutions esthétiques, nous attendons l’arrivée d’une version hybride qui nous a déjà convaincus sur le Jogger, le Duster ou le Bigster. Et pour les fans du système YouClip, la Dacia Sandero devrait enfin le proposer !

Une gamme restreinte

La gamme de la Dacia Sandero Stepway offre l’essentiel : 3 moteurs, le TCe 90, l’Eco-G 100 et le TCe 110. Seul le TCe 90 est proposé en boîte automatique ; 3 finitions, Essential, Expression et Extreme. La gamme débute à 16 150 € et notre version d’essai Dacia Sandero Stepway Extreme TCe 110 est affichée à 19 200€.

La finition Extreme représente le nec plus ultra de la gamme Sandero Stepway. Elle comprend de série les jantes alliage de 16 pouces, la climatisation automatique, l’écran tactile Media Nav de 8 pouces avec réplication smartphone, la caméra de recul, les détecteurs d’angle mort, le régulateur-limiteur de vitesse, la carte mains libres et le frein de parking électrique.

Les équipements de confort incluent des rétroviseurs électriques et dégivrants (mais non rabattables électriquement), des vitres électriques aux quatre portes, un essuie-glace et des feux automatiques, un volant réglable en hauteur et profondeur. L’ensemble forme un package complet répondant aux attentes d’une clientèle moderne, même si certains détails de finition rappellent le positionnement prix de la voiture.

Essai Dacia Sandero Stepway TCe 110 : puissance et caractère

Le TCe 110 représente le haut-de-gamme de la Dacia Sandero Stepway. Mais une fois le contact enclenché, ce sont les vibrations qui nous rappellent que nous sommes au volant d’une voiture populaire. Activez la climatisation, les vibrations s’accentuent, avec un petit bruit métallique en prime. Elles se maintiennent à basse vitesse et la climatisation ajoute un manque de régularité du régime moteur. Ça rappelle à votre interlocuteur sa première voiture…

Une fois passés les 20 km/h, tout rentre dans l’ordre : ces désagréments s’estompent largement. Le moteur révèle alors sa vraie personnalité : vif, énergique et suffisamment puissant pour assurer des accélérations franches. On reste loin du velouté d’un quatre-cylindres, mais l’ensemble convainc par son efficacité. La boîte manuelle six rapports constitue l’un des vrais atouts de l’ensemble. Bien étagée, elle permet de ne pas changer de vitesse au moindre ralentissement, et de conserver de bonnes reprises.

Sur voie rapide, le bruit ambiant reste supportable jusqu’à 120 km/h environ. Au-delà, conversations et musique nécessitent de hausser le volume, les bruits de roulement, d’air et de moteur se mêlant dans une symphonie peu harmonieuse.

Un mot sur les consommations, annoncées à 5,6 l/100 km, nous avons atteint 8 l/100 km. Un chiffre élevé mais 80% de notre trajet s’est déroulé sur l’autoroute. La vérité au quotidien sera sûrement autour de 7 l/100 km. Vivement l’hybride, très efficace côté consommation chez Dacia.

Confort : qui peut le plus, peut le moins

Commençons par le confort des sièges : tout n’est pas parfait. D’apparence ferme, ils sont calibrés en dimension pour tous les gabarits. Cette sensation est bien aidée par une partie latérale enveloppante mais avec une mousse plutôt molle, qui contraste avec la dureté de la partie centrale. De ce fait, dans les virages, le maintien est correct, mais nous aurions apprécié une mousse plus ferme en partie latérale, et moins ferme en partie centrale. Le dossier nous semble également trop bombé pour être adapté à tous les gabarits.

À l’inverse, les suspensions accomplissent un travail remarquable. Elles filtrent efficacement les imperfections de la chaussée tout en préservant une tenue de route saine. Dacia a visiblement peaufiné le châssis pour obtenir cet équilibre entre souplesse et précision, gommant les aspérités sans créer de flou dans la trajectoire. Ne cherchez pas la sportivité sur les routes sinueuses, ce n’est pas la philosophie de Dacia. La direction n’est d’ailleurs pas assez précise pour ce type de conduite.

Petite dehors, grande dedans

Autre atout essentiel de la Dacia Sandero Stepway: son habitabilité pour 4 adultes dans un format compact (409,9 cm x 184,8 cm), qui ne se sentent pas à l’étroit, avec une position un peu trop verticale à l’arrière mais de la place pour y glisser les pieds sous les sièges avant. Il y manque malheureusement un éclairage pour le rang 2 qui est gênant la nuit, surtout si vous avez un enfant à attacher. En compensation, ces places disposent d’une prise USB-C. Côté passager avant, pas encore de système YouClip, mais un petit crochet amovible le long de la console centrale pour suspendre les sacs.

Le coffre affiche un volume correct (328 l) permettant de loger une valise cabine dans la longueur. Les finitions restent basiques : le cric, rangé verticalement sur le côté, reste visible mais facilement accessible en cas de besoin. Quatre crochets permettent de sécuriser les sacs de course. Le seuil du coffre aurait mérité une protection métallique pour éviter les rayures. Sous la moquette du fond de coffre, la Dacia Sandero Stepway présente la tôle brute, qui laisse la roue de secours apparente.

Essai Dacia Sandero Stepway : une technologie datée

L’écran tactile propose une interface simple et intuitive, sans briller par sa réactivité. L’absence de fonction de permutation rapide entre sources (swap) se fait sentir au quotidien. Plus gênant, les aides à la conduite donnent l’impression d’accuser une génération de retard. Le système de maintien de voie manque singulièrement de sensibilité et d’interprétation dans les courbes. Dans les enchaînements de virages serrés, l’alerte retentit régulièrement pour demander au conducteur de reprendre le contrôle. L’intensité haptique du volant reste trop forte, même au réglage minimal.

Plusieurs bugs viennent ternir l’expérience : détection d’angle mort capricieuse, absence incompréhensible d’affichage de la consommation instantanée alors qu’elle apparaît en résumé, caméra de recul dont l’image s’affiche trop tardivement après l’enclenchement de la marche arrière. Nous qui avons l’habitude d’essayer des voitures récentes, la Dacia Sandero Stepway donne l’impression de revenir une génération en arrière. Mais est-ce vraiment nécessaire au quotidien d’être toujours à la page ? Nous ne le pensons pas.

En contrepartie, la Dacia Sandero Stepway est efficace sur des points clés au quotidien, comme la ventilation qui se montre redoutablement efficace, notamment en cas de buée lors des fortes pluies. La fonction de dégivrage pare-brise fait des miracles en deux à trois secondes, un vrai atout sécurité.

Une génération de retard assumée sur certains points

Alors que les Renault se passent de bouchon de réservoir (quoique, ce point n’est plus vrai sur les moteurs hybrides), la trappe à essence cache un bouchon, trappe qui s’ouvre via une tirette côté conducteur. Cependant, les tapis en PVC de notre modèle d’essai n’étaient pas assez échancrés au niveau de la trappe et en gênaient la manipulation. Ces tapis de sol proposent un dessin original, avec une représentation de courbes de niveau des cartes topographiques. Dessin qui se révèle encore plus quand le tapis est sale, avec un contraste accentué.

Le porte-téléphone installé entre les compteurs et l’écran central manque de rigidité, faisant vibrer le smartphone et créant une gêne visuelle avec les reflets mouvants. Une prise USB-A équipe la planche de bord, tandis que les USB-C se situent sur la console centrale (une pour le passager avant, une pour l’arrière). Un emplacement est prévu devant le levier de vitesse pour y poser son smartphone, mais pas trop grand : notre iPhone Max ne pouvait s’y ranger à plat. La planche de bord reçoit un revêtement effet cuir retourné apportant une touche de qualité perçue bienvenue.

Les compteurs à aiguilles mécaniques, devenant rares aujourd’hui, s’accompagnent d’un petit écran central affichant les informations essentielles : niveau de carburant, vitesse autorisée, limiteur-régulateur, maintien de voie, indication de changement de vitesse, et au choix kilométrage ou vitesse moyenne.

Le match des citadines abordables

Difficile de trouver une concurrente aussi bien placée en termes de prix/prestation. Commençons par la Citroën C3, qui reprend à sa manière la philosophie de la Dacia Sandero Stepway : une petite citadine au look SUV. Nous l’avions essayée et nous avions été séduits. Elle est cependant un peu plus chère en version Max.

Plus rare sur nos routes, plus SUV, le Seat Arona pourrait vous convenir. Si pour 19 200 €, vous aurez accès à la version d’entrée « Edition » qui est disponible avec le moteur 1.0 TSI 90 ch, le manque de dynamisme sur le marché français pourrait vous ouvrir les portes d’une bonne négociation, ce qui est impossible sur la Dacia Sandero Stepway.

Et si la plus grande concurrente de la Dacia Sandero Stepway n’était pas la Renault Clio 5 ? En fin de carrière, la finition Génération est proposée à 18 500 € en motorisation TCe 90 ch. Elles partagent leur plateforme et leur 3-cylindres : le manque de puissance sera compensée par une tenue de route plus affûtée, l’absence de suspension surélevée par plus de confort, et en plus : un coffre plus grand : 391 dm³.

Essai Dacia Sandero Stepway : les moyens seront les premiers

Cette Dacia Sandero Stepway Extreme TCe 110 incarne parfaitement le chemin parcouru par la marque roumaine depuis la présentation de la Dacia Logan en 2004 : plus équipée, plus technologique, plus aboutie que jamais, elle n’a jamais perdu de vue son objectif premier : proposer un tarif maîtrisé pour des prestations globalement convaincantes.

Les compromis sont présents et assumés. Le trois-cylindres manque de douceur à bas régime, certaines finitions demeurent rudimentaires, quelques équipements mériteraient une meilleure intégration. Mais ces concessions permettent d’afficher un prix ultra-compétitif sur le segment des citadines polyvalentes.

Pour environ 19 200 € en configuration haut de gamme, vous posséderez une voiture spacieuse, pratique, correctement équipée et suffisamment performante pour tous les usages quotidiens. Un positionnement expliquant pourquoi la Sandero Stepway représente deux tiers du mix Sandero.

À l’aube de son restylage, cette troisième génération aura tenu ses promesses : transformer la Sandero en voiture moderne sans sacrifier l’ADN Dacia. Reste à découvrir si le lifting saura conserver cet équilibre tout en corrigeant les petits défauts relevés lors de notre essai. Rendez-vous très bientôt pour le découvrir.

Photos : Guillaume A.