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Essai Lexus LBX : quand Lexus s’attaque au segment des B-SUV

La concurrence fait rage sur le marché des B-SUV. Pourquoi ? Parce que le SUV bashing ne laisse plus de place à ces modèles en ville. Les automobilistes se tournent alors vers les « B-SUV », comprenez des SUV citadins, qui gardent les codes des SUV classiques mais les appliquent à un gabarit contenu, comme ce Lexus LBX que nous avons essayé.

Eh oui : les stars de la catégorie Peugeot 2008, Renault Captur et Nissan Juke, se renouvellent et les marques premium s’attaquent aussi à un segment porteur et en croissance. Preuve en est avec l’Alfa Romeo Junior mais aussi, donc, avec ce Lexus LBX.

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Essai Lexus LBX : pourquoi LBX ?

Toyota, à qui appartient Lexus, est coutumier du fait d’avoir des appellations de véhicules qui donnent l’impression de s’être échappées d’un film de Science Fiction. Nous avions, à ce propos, eu l’occasion d’essayer le Toyota bZ4X. Que signifie ici Lexus LBX ? Eh bien tout simplement Lexus Breakthrough Crossover. Rien que cela, car Breakthrough veut dire en Français percée, progrès. Le message est clair chez Lexus : devenir la référence.

Avant de vous présenter le Lexus LBX, revenons un peu sur l’histoire de Lexus et son positionnement. La marque a commercialisé son premier véhicule, la LS400, en 1989 mais c’est en 1983 que le président de Toyota, Eiji Toyoda, demande à ses équipes de développer un véhicule premium, luxueux et capable de concurrencer les meilleurs mondiaux. Être les meilleurs : un mantra qui donnera naissance au projet Circle F (F pour Flagship, porte drapeau en français).

En effet, à cette époque, Toyota ne proposait que des véhicules luxueux conçus au Japon pour le Japon. Le fer de lance de la marque était la Century, qui ne pouvait pas se battre à armes égales avec ses concurrentes (allemandes, notamment) sur le marché mondial. L’ingénieur en chef nommé pour diriger ce projet fut Ichiro Suzuki. Le cahier des charges était assez simple, être les meilleurs (toujours !) partout :

  • Bonne maniabilité à haute vitesse, sans compromis sur le confort
  • Un véhicule rapide (250km/h en vitesse de pointe) mais économe (10,5l/100km… oui, à l’époque c’était être économe !)
  • Un véhicule silencieux tout en restant très léger (58dB à 100km/h)
  • Un véhicule élégant avec une ligne aérodynamique (trainée de 0,29)
  • Un habitacle chaleureux et attractif tout en étant fonctionnel

Pour Akira Takahashi directeur de l’ingénierie Toyota, le projet était tellement ambitieux qu’il risquait d’être un échec. C’était sans compter sur la pugnacité de Eiji Suzuki et de ses équipes. Ils appliquèrent le principe de la résolution de problèmes, le genryu-shugi, qui consiste à remonter à la source du problème.

Les équipes ont alors retravaillé chaque sujet qui ne permettait pas d’atteindre l’objectif fixé. C’est en 1989, après plus de 6 ans de développement, près de 4000 personnes sollicitées, plus de 900 prototypes produits et 4,4 millions de kilomètres parcourus pour les essais que la LS400 est lancée au salon de Détroit (qui à l’époque, était une référence). L’accueil est triomphal.

La marque Lexus est née et va devenir une référence en termes de qualité et de fiabilité. Avec ce pédigrée, rien de plus normal, finalement, que d’appeler son nouveau modèle Lexus LBX. Il doit être sur le segment des B-SUV ce que fut la LS à son lancement : le best-seller de la marque.

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Lexus LS400

Essai Lexus LBX : comment se positionne la marque Lexus ?

Depuis, la marque Lexus a évolué, en restant premium mais en ajoutant à son marketing quelques éléments, comme le lifestyle, avec des marqueurs comme la gastronomie (pour illustration, un partenariat avec le chef Mory Sacko) ou le sport et plus particulièrement le tennis (Lexus est partenaire de l’ATP au niveau mondial) et la voile à travers une collaboration avec Armel Le Cléach. La culture n’a pas été oubliée : Lexus est aussi le sponsor automobile officiel de l’Opéra Garnier de Paris.

Lexus est actuellement en cours de renouvellement de sa gamme ; le Lexus LBX étant le dernier modèle lancé.

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L’ambition de la marque en France est de vendre, en 2024, 8 000 véhicules, ce qui serait une année record, dont 3 000 LBX (le véhicule le plus important en termes de volume). C’est dire l’importance de ce lancement.

A l’heure actuelle, plus de 1 000 commandes ont déjà été enregistrées par les équipes commerciales : c’est de bonne augure pour ce véhicule produit dans l’usine Japonaise de Iwate… et non en France ; l’usine de Valenciennes tournant déjà à plein régime pour produire des Toyota Yaris et Yaris Cross, sur la même base.

Alors quoi de neuf, dans cette Lexus LBX ?

Le Lexus LBX inaugure un nouveau design, avec une nouvelle signature lumineuse à l’avant et des feux de jour en « pointe de flèche » ainsi qu’une calandre en nid d’abeille. A l’arrière, les feux sont reliés par un bandeau lumineux. Globalement, il est difficile pour un œil non-aguerri de faire le lien avec sa matrice, le Toyota Yaris Cross.

Pareil à l’intérieur, où nous noterons comme principaux équipements l’intégration du Drive Moniteur (issu de Toyota), une dalle numérique de 12,3 pouces et un écran central tactile de 9,8 pouces. L’ensemble des « ADAS » (aides à la conduite) demandées par la réglementation GSR2 sont comprises dans le pack LSS3+ (Lexus Safety System).

Les sièges sont recouverts d’un cuir semi Aniline et Ultrasuede tandis que le Lexus LBX accueille également un système de purification de l’air Nanoex (developpé par Panasonic.

Côté motorisation, pas de choix : un seul moteur est proposé, le 1,5l HEV hybride de 4ème génération de 136ch (100kw), associé à une boite CVT robotisée. Le Lexus LBX offre néanmoins le choix entre 2 ou 4 roues motrices.

Les émissions de CO² annoncées vont de 102 à 110 g de CO2 / km, en fonction des versions. A noter que la batterie est une batterie NiMH bipolaire qui permet d’avoir plus de puissance alors que les autres modèles du groupe sont encore au Lithium.

Essai Lexus LBX : une gamme large, même s’il n’y a qu’un seul moteur au choix

Avec ce produit, Lexus veut se positionner auprès d’un large panel de client, du plus « raffiné » au plus « dynamique ». L’ambition de la marque est aussi de capter une nouvelle clientèle féminine, plus jeune et dynamique avec 50 % de conquête (la marque ayant, habituellement, un taux de fidélisation d’environ 60%).

Avec des tarifs allant de 34 300€ (Lexus LBX Base en 2 roues motrices) à 42 800€ (Lexus LBX Dynamique Cool 4 roues motrices), le LBX est la moins chère des Lexus, même si elle n’est pas donnée pour autant.

Les versions intermédiaires, Elegant et Emotion, représenteront selon Lexus 55 % du mix des ventes (prévisions). Lexus souhaite aussi, avec cette gamme, faire passer son mix à 70 % en faveur des clients particuliers et 30 % business (quand aujourd’hui, sur l’ensemble de sa gamme, c’est « 50/50 »).

Au total, au lancement du Lexus LBX, le client a ainsi le choix entre 11 versions.

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Essai Lexus LBX : impressions à bord

On reconnait bien là une Lexus. Premier bon point : la qualité de finition de notre modèle d’essai est digne de celle du segment supérieur. La qualité des matériaux et des ajustements est irréprochable.

Second bon point : « notre » Lexus LBX dispose d’un intérieur blanc du plus bel effet. La position de conduite est facilement réglable, même pour les grands gabarits, malgré la taille contenue du Lexus LBX (4,19m de long, 1,82m de large et 1,5m de haut). La connectivité n’est pas en reste avec la possibilité de se connecter en sans fil via les systèmes Apple Car Play et Android Auto. Lexus ne propose que des prises USB C dont certaines n’effectuent que la charge (pas de transmission de données). Sous la console centrale, il y a un rangement permettant de chargé en USB C mais aussi avec une prise allume cigare.

La plus grande innovation dans l’habitacle, ce sont les commandes d’ouverture de porte : plus de poignées, place à des boutons ! Ils sont parfaitement intégrés dans les panneaux de porte du Lexus LBX.

A l’extérieur, point de commande d’ouverture flush qui devient le standard des véhicules haut de gamme, mais une poignée classique sans fonctionnement mécanique mais par une pression. Nous sommes dans le groupe Toyota, de l’innovation oui mais doucement ! A noter que pour la logique de fonctionnement, chaque porte est équipée d’un bouton de condamnation / « décondamnation » des portes. (on a connu plus économique).

A l’arrière la place est contenue pour un adulte comme pour un enfant mais la clientèle recherchée ne sera pas gênée.

Essai Lexus LBX : et ça donne quoi, sur la route ?

Nous l’indiquions plus haut : comme les autres modèles Lexus (par exemple, l’UX250), le Lexus LBX dispose d’une boîte de vitesse CVT. Boite qui, souvent sur les autres modèles du groupe Toyota, nous a donné l’impression de « mouliner ». Fort heureusement, cette impression, nous ne la ressentons pas à bord du Lexus LBX. La boite CVT se révèle effectivement agréable. Pour la faire « parler », il faut monter dans les tours lors d’un dépassement ou en conduite « sportive ».

Sur les routes nationales et de l’autoroute, le comportement routier du Lexus LBX est sain. Pas de prise de roulis trop importante et le confort du conducteur est assuré par des sièges bien enveloppants.

Avec le moteur 1,5l HEV nous avons, sur un parcours d’environ 140 km, relevé une consommation de 5,9 l / 100km, dans les standards de la Toyota Yaris. L’autonomie annoncée dépassait, selon la jauge, les 550 km.

Le comportement routier est en effet très sain et le « typage » des suspensions dans la lignée de l’ADN de la marque : souple et confortable. Le Lexus LBX embarque une nouveau système de freinage qui permet d’ajuster la répartition de la force du freinage entre l’avant et l’arrière, afin de gommer l’effet de « tangage » et d’offrir un meilleur confort aux occupants. Force est de constater que cela fonctionne.

Essai Lexus LBX : synthèse des caractéristiques techniques

  • Longueur : 4190 mm
  • Hauteur : 1545 mm
  • Empattement : 2580 mm
  • Volume du coffre : 332 L
  • Rayon de braquage : 10.4 m
  • Poids à vide mini. : 1280 à 1365 kg suivant versions
  • Puissance : 136ch – 100kW
  • Vmax : 170 km/h
  • Accélération : 9,2 s (0-100 km/h)
  • Couple : 185 Nm
  • Moteur thermique 3 cylindres, 1,5l de 90ch et un moteur électrique de 93ch : essence, hybride auto rechargeable
  • Capacité et technologie de la batterie : 1 kWh, nickel hydrure métallique
  • Boite de vitesse : électronique à variation continue (E-CVT)
  • Consommation : 4,5 à 4,8l/100km suivant versions
  • Emission CO2: 102 à 110 g/km suivant versions
  • Transmission : Traction avant ou transmission intégrale suivant versions
  • Teintes : 9 teintes de disponibles dont des versions bi ton avec un toit noir uniquement
  • Jantes et pneumatiques : En 17″ 225/60 R17 ou 18″ en 225/55 R18 brillantes ou bi-ton
  •  Prix : de 34 300 à 42 800 € suivant versions

Bilan de l’essai du Lexus LBX

Le Lexus LBX est dans la lignée des précédents modèles de la marque et aux antipodes des concurrents. Là où les autres misent effectivement sur le sport, le LBX choisit la discrétion, la simplicité et l’efficacité.

Les prix du Lexus LBX ne feront pas fuir les fans de la marques car ce n’est pas leur critère d’achat principal. Bien au contraire, avec un resserrement des prix versus la concurrence, le Lexus LBX pourra aller chasser plus facilement que d’autres modèles de la marque sur les terres d’Audi, DS et consorts. C’est bien la mission de ce fer de lance.

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