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À l’occasion de la présentation des nouveaux utilitaires électriques Renault — Estafette E-Tech Electric, Goélette E-Tech Electric et Trafic E-Tech Electric —, nous avons échangé avec Heinz-Jürgen Löw, Senior Vice-Président de Renault Véhicules Utilitaires, pour évoquer la stratégie électrique de la marque, sa nouvelle plateforme skateboard et l’avenir de la mobilité professionnelle.

Le Nouvel Automobiliste: C’est un moment particulier dans la vie d’une entreprise de présenter non pas un, mais trois véhicules. Trois noms, trois philosophies mais une base commune, pourquoi trois noms différents? 

Heinz-Jürgen Löw: C’est vrai, Estafette, Goélette et Trafic partagent la même plateforme, le même ADN. Ils proposent cependant trois gabarits différents. Trafic, le nom le plus jeune, utilisé depuis 1980, est très populaire, encore utilisé et il n’y avait aucun doute, il fallait continuer à utiliser ce nom.

Estafette est une icône de la marque, très connue et notamment dans une des cibles clients plus particuliers. C’était aussi proposer un nom sur mesure pour les clients du dernier kilomètre.

Enfin, on a ressuscité le nom Goélette. C’est une découverte pour quelqu’un comme moi qui est Allemand, mais le nom a du sens avec la proposition d’un châssis-cabine qui proposera une multitude d’usage adapté aux besoins du client. 

Pour les non francophones, Estafette et Goélette, ça ne semble pas évident à prononcer pourtant…

Vous avez raison. Mais nous avons arbitré sur les avantages et inconvénients. Nous nous sommes rendu compte qu’Estafette, même en dehors de la France, a laissé des traces dans les mémoires. Pour Goélette, c’est un peu différent. Finalement, nous avons pondéré, et finalement, nous y croyons donc nous avons validé !

N’est-ce pas appuyer le Made in France finalement? 

Oui, nous en sommes même fiers, sans être arrogants, de notre héritage, de nos racines françaises. C’est une façon de mettre en avant la fabrication en France, le savoir-faire français : nous allons jouer cette carte.

Renault a proposé très tôt des utilitaires dans son histoire, mais nous avons l’impression que pour la première fois, surtout avec Estafette, qu’une marque propose enfin un véhicule adapté aux usages urbains. Il y a aussi eu une expérimentation il y a quelques années avec Renault EZ-Flex. Est-ce que ce projet est finalement une synthèse des retours clients que vous avez pu avoir ces derniers années? 

Nous sommes totalement convaincus pour développer de meilleurs produits pour mon client, il faut comprendre leur métier. Pour cela il faut échanger avec eux, comprendre leurs besoins et finalement, comprendre leur métier : c’est le point clé. Après des années de VU sur le même modèle, il fallait répondre à une transformation du marché. 

La réglementation évolue sans cesse, que ce soit sur les émissions ou la sécurité, les objectifs CAFE (Corporate Average Fuel Economy, qui calcule la moyenne d’émission de CO2 sur les ventes des constructeurs avec pénalités possible à la clé) qui signifie la fin des véhicules thermiques. Estafette, Goélette et Trafic sont notre réponse aux attentes clients et aux normes plus strictes.

Donc on a besoin beaucoup des échanges avec les clients donc et attendre, comprendre les besoins des clients, comprendre son, son métier, ce qui ne supporte pas trop. Et après des décennies où on a eu des vues un peu de la manière placard et que c’est bien ça.

Renault EZ Flex Concept LNA FM 2019 77

Autres spécificités du marché utilitaire, c’est la durée de vie des produits, le premier Renault Trafic a duré 20 ans, la génération actuelle est dérivée du modèle présenté en l’an 2000, comment préparez-vous dans un monde qui évolue de plus en plus vite un futur qui projette potentiellement la plate-forme à fonctionner plus de 20 ans ? L’architecture 800 v sur une plate-forme skateboard vous apporte cette flexibilité pour l’avenir? 

C’est en effet la première fois que nous utilisons plate-forme skateboard qui est vraiment 100 % dédiée à l’utilitaire. Nous avons donc une modularité bien anticipée, dans un format compact et des spécificités fortes comme une maniabilité digne d’une Renault Clio (10,3 m de diamètre de braquage entre trottoir). Pour un fourgon 1 tonne c’est spectaculaire. La plate-forme permet aussi côté électronique d’avoir une mise à jour permanente. L’architecture 800 v est plus onéreuse, mais au niveau coût d’utilisation, le client s’y retrouvera. 

Nous nous sommes également focalisés sur la taille des batteries, pour répondre au mieux à l’usage quotidien de nos clients : une autonomie confortable accompagnée d’une recharge rapide.

Vous présentez la plate-forme conçue pour de l’électrique, mais sera-t-elle évolutive pour recevoir l’appui d’une motorisation hydrogène comme vous le proposez sur Renault Master?

Oui, la plate-forme est prédisposée à recevoir une motorisation hydrogène pour l’avenir. 

Vous avez précisé que cette plate-forme était conçue pour les véhicules utilitaires. Mais comme chez Renault ‘’on ne s’interdit rien’’, si demain un chef de projet ‘’véhicule particulier’’ vous demande de l’utiliser…

Aucun problème! (Rires)

Vous avez lancé il y a peu le Renault Master, qui propose également de multiples motorisations. Cette nouvelle plate-forme ne va-t-elle pas précipiter la fin du Renault Master?

 Ce n’est pas du tout prévu comme ça. Le lancement du Renault Master n’est pas du tout fini, il reste encore des nouveautés à venir.  Nous avons avec Renault Master un très bon compromis, avec un record d’autonomie de 460 km. Il n’a pas été élu utilitaire de l’année 2025 pour rien !

Renault est présent sur le marché utilitaire en Europe, mais aussi Nord-Africaine et Sud-Américaine. Cette plate-forme a-t-elle aussi été développée pour ces marchés? 

Tout à fait. Nous nous focalisons en ce moment sur le démarrage en Europe qui est le marché clé. Bien sûr, d’autres marchés seront développés à l’avenir.

À terme, cette plateforme pourra-t-elle être assemblée dans d’autres usines que celle de Sandouville en Normandie?

À priori, oui, mais nous essayons de limiter les mêmes investissements dans des usines différentes, donc chaque chose en son temps. 

Estafette, Goélette et Trafic e-Tech Electric seront fabriqués à Sandouville, lieu de fabrication actuelle du Renault Trafic. Vous avez annoncé que le Renault Trafic actuel allait continuer sa vie produit hors électrique, vous n’avez pas prévu de déplacer sa production?

Absolument pas. Nous sommes en train d’adapter le site de production pour produire 2 lignes de produit côte à côte pour une offre complémentaire. 

Estafette, Goélette et Trafic e-Tech Electric seront commercialisé au second semestre 2026. Pourquoi les présenter si tôt?

Chez Renault nous sommes habitués à partager avec la presse, avec les clients nos produits futurs. C’est notre approche pour anticiper le dialogue avec ces interlocuteurs. 

Ne craignez-vous pas alors que les clients reportent leur achat?

C’est peut-être aussi possible mais c’est peut-être possible qu’un client soit chez un de nos concurrents et qu’il soit tenté par nos produits. Un client professionnel a quand même un cycle de renouvellement différent, donc ce n’est pas toujours évident de reporter un achat. En tout cas, nous ne croyons pas que cette anticipation nous pénalise.

Ces trois produits ont d’abord été présentés chez Flexis, qu’est-ce qu’il leur reste de Renault?

Nous sommes actionnaire de Flexis depuis sa création, donc c’est une marque que nous connaissons. De Renault, Estafette, Goélette et Trafic ont de Renault son expérience qui a plus de 100 ans, un réseau solide, une force de vente. 

Flexis va se centraliser sur des clients plus flotte, avec des marchés que Renault n’a peut-être pas (livraison du dernier kilomètre). Nous n’avons pas de doute que ces 3 produits soient des produits Renault. 

Le monde de l’utilitaire a une part importante de personnalisation, d’accessoirisation voire de carrosserie réalisé par des entreprises tiers, comment vous faites le choix au début d’un projet de travailler avec l’un plutôt qu’un autre? 

Nous avons différents niveaux de partenariat. Ce que nous allons faire en usine, ce qui sera fait en dehors. Nous avons un portefeuille de partenaire certifié. Une des forces de Renault est de les intégrer très tôt dans un projet pour découvrir le produit, préparer les offres de demain, l’améliorer. Nous avons une approche 360 sur le développement, pour un partenariat gagnant-gagnant. 

Merci beaucoup!

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