Le Renault Austral, SUV compact phare du constructeur de Boulogne-Billancourt, se met au goût du jour après 3 ans de carrière et adopte le style du Renault Rafale. Ce dernier, lancé plus tard, a en effet logiquement eu la primeur du nouveau design de la marque pour convaincre une clientèle plus premium que la modernité devait convaincre.
Au tour de l’Austral, véhicule beaucoup plus « populaire » avec 200 000 exemplaires vendus depuis son lancement, de rentrer dans les nouveaux codes stylistiques Renault et d’en profiter pour revoir sa gamme, ses équipements et ses caractéristiques techniques. Nous vous emmenons en Espagne pour vous les faire découvrir et vous partager toutes nos impressions. Vamos !
Renault Austral restylé : il arrondit les angles. Ou pas.

« Le C-shape, c’est fini ! » Chez Renault, on ne tourne pas autour du pot. Il est temps de dire au revoir au style bien installé dans la gamme de la marque au losange, avec sa signature lumineuse caractéristique en forme de C. Et il est donc temps d’adopter les codes voulus par Gilles Vidal, installés sur le SUV-coupé Rafale…et largement critiqués par le look, très « Peugeot », d’où provient le designer.




Mais regardons dans un premier temps cette nouvelle mouture du Renault Austral dans son ensemble. Avec ses 4,53 m de long, il s’intercale entre le Symbioz (4,41 m) et l’Espace (4,74 m). Ce dernier doit beaucoup à l’Austral et peut largement être considéré comme un Austral rallongé à 7 places.




Dans cette large offre de SUV, on trouve également les Arkana et Rafale (4,71 m pour cet « Austral coupé », donc plus proche d’un Espace en termes de dimensions !), que Renault positionne comme des alternatives « décalées », leur profil de coupé les destinant à des conducteurs qui ne recherchent pas un SUV traditionnel.
Si la version restylée avait donc tout intérêt à conserver ses volumes pour garder sa place bien établie dans la gamme, son nouveau design lui donne une nouvelle allure. Sa face avant est plus agressive avec ses lignes plongeantes, ses optiques affinées débarrassées de la signature en C, sa calandre d’apparence plus grande avec la suppression de la séparation horizontale et l’intégration des motifs de losange.
Ces motifs, reliés par une bande noire élargissant visuellement la face avant, le travail sur la structure des optiques et des signatures lumineuses dans le pare-chocs identique à celle des Captur et autres Symbioz signent bien le design de la marque. Et pourtant c’est sous cet angle que beaucoup y voient un look très « Peugeot » !




A l’arrière, l’évolution est importante également avec des feux tronqués eux-aussi par rapport aux précédentes optiques en C à grandes branches supérieures, alors juste séparées par le logo au centre du hayon. Là encore, la structure est revue et adopte le design « glaçons flottants » (ne dites pas feux cristal, c’est trop années 2000 !


Les autres nouveautés rafraîchissant l’extérieur de ce Renault Austral restylé se situent au niveau des jantes, avec une nouvelle offre en 20 pouces ou encore au catalogue de teintes de carrosserie, comme le Bleu Outremer qui équipe lui aussi notre modèle d’essai. Cette teinte est exclusive au Renault Austral et n’a plus grand chose à voir avec feu le Bleu Outremer de la Twingo de première génération.


Nous avons pu également voir le blanc nacré, déjà proposé sur Espace et R5 mais cette fois-ci avec un traitement mat. Enfin, si elle est plus d’ordre pratique qu’esthétique, notons également la présence de nouvelles lames latérales anti-gravillons, située au niveau des bas de caisse.
A bord du Renault Austral Esprit Alpine : esprit, es-tu là ?

Difficile de ne pas répondre « oui » à la question de notre sous-titre après avoir découvert le tableau de bord de la nouvelle Alpine A390 ! Les écrans de 12 pouces (ordinateur de bord) et 12,3 pouces (écran central, de 9 pouces sur l’entrée de gamme) et leur disposition ont en effet un air de déjà vu, notamment sur d’autres modèles de la marque au losange qui reprennent ce design. Ceux-ci, en conservant leur taille, arborent de nouveaux graphismes et l’univers Google y règne en maître notamment pour la navigation.




Ceci étant dit, et même sans être dépaysé par rapport aux Rafale et Espace dont nous avons pris le volant, cet intérieur est agréable et confortable. Les sièges, en plus d’offrir un accueil moelleux, arborent un nouveau design, avec un alcantara recyclé à 60%.
Dans cette version qui nous avait déjà plu sur le Rafale, on aime toujours autant l’intérieur Esprit Alpine avec les surpiqûres bleu blanc rouge, le bas du volant en suédine, les ceintures à liserés bleus et le mélange de matériaux agréables à l’oeil et au toucher, comme la touche d’alcantara à la base du volant.




Le noir laqué est encore bien présent, mais pas sur de larges surfaces et surtout en dehors des endroits où les doigts viennent se poser régulièrement et impliquent des traces partout en permanence… sauf au plafonnier (range-lunettes et miroir de courtoisie).




Le Renault Austral flatte donc les passagers avant mais ne néglige pas ses passagers arrière. . L’espace sur et autour de la banquette est généreux et celle-ci est inclinable et coulisse sur 16 cm. Du moins sur notre version Esprit Alpine. La finition intermédiaire techno peut également recevoir la banquette coulissante, à condition que son propriétaire opte pour le pack famille à 800 €
Côté coffre, Renault annonce 657 litres banquette avancée et 100 litres de moins lorsque celle-ci est reculée au maximum. Ce qui laisse encore une place généreuse pour les bagages. Le coffre du véhicule dispose d’un double fond, qui s’avère relativement inexploitable lorsqu’on soulève la trappe…
Essai Renault Austral E-Tech hybride 200 ch : le bien est l’ennemi du mieux !

En parlant de trappe, il n’y en a qu’une seule commune à tous les Renault Austral (tellement grande qu’on pourrait croire à celle d’un PHEV !). Ce SUV est disponible en France avec une seule motorisation, un hybride non-rechargreable de 200 ch cumulés, composé d’un moteur 3 cylindres essence 1.2 turbo de 96 kW (130 ch) et d’un moteur électrique de 50 kW (68 ch).
Pour justifier ce choix de motorisation unique, Renault indique que 80% des Renault Austral de l’itération précédente ont été vendus en hybride. Une seule motorisation, et pourtant le choix de la finition aura un certain impact sur l’expérience de conduite. En effet, Renault réserve son système de roues arrière directrices, baptisé 4Control, sur les deux versions les plus hautes, notamment notre Esprit Alpine qui en profite de série.




La présence du 4Control se sent dès les premiers virages, dans lesquels l’agilité de se SUV étonne, et ce même en diminuant l’intensité du système parmi les 13 niveaux sélectionnables. La direction en elle-même peut aussi être raffermie ou assouplie sur 3 niveaux qui ne versent pas dans la caricature, le plus souple étant toujours précis.
Ce Renault Austral Esprit Alpine permet de personnaliser encore plus son ambiance de conduite avec le Multi Sense qui, outre les paramètres de suspension, de direction, de transmission et de réponse moteur, change l’ambiance visuelle avec les compteurs et l’éclairage d’ambiance, qu’on peut encore personnaliser soit-même.
Mais revenons à la conduite et au système de roues directrices qui tourne les roues arrière jusqu’à 5° dans le sens opposé de celui des roues avant à faible vitesse et dans le même sens à rythme soutenu. Pour agrémenter encore l’expérience, l’Austral dispose dans ces versions d’un train arrière multibras qui renforce encore l’efficacité, sans rien sacrifier au confort qui a même été amélioré avec de nouveaux amortisseurs.

On doit admettre que si ce système est utile sur des voitures très longues (maniabilité) ou sportives (agilité), il est très apprécié sur un SUV hybride de taille encore « raisonnable ». On manoeuvre facilement en ville avec un diamètre de braquage de 10,1 m et, hors-agglomération, les courbes s’enchaînent avec facilité et plaisir en tournant le volant à méplats agréable à manipuler. Qu’en est-il de l’efficacité sur une version au train « basique » ? Nous n’avons pas eu l’occasion de le vérifier, ayant uniquement à disposition des « Esprit Alpine ».
En roulant vite, ce sont les pneus des roues de 20 pouces qui mettent une limite à notre enthousiasme en crissant de douleur, alors que le châssis demeure encore imperturbable. Autre grief sonore, l’apparition du bruit du moteur essence lorsqu’il est sollicité se fait bruyamment et pas toujours à un régime qui le rend agréable à l’oreille. Nous l’avions également remarqué sur le Rafale E-Tech, le bruit au ralenti lorsque le véhicule roule en électrique devient vite agaçant, surtout vitres ouvertes.

L’insonorisation a pourtant elle aussi fait l’objet de l’attention des ingénieurs, mais ce n’est pas encore ça. Le pare-brise acoustique, le vitrage feuilleté et le nouveau dessin plus aérodynamique des rétroviseurs extérieurs ne préservent pas assez des bruits aérodynamiques. C’est mieux, mais toujours perfectible.
Mais le plus gênant sur ce véhicule se trouve au niveau de la gestion des pédales, dont les ingénieurs ont pourtant oeuvré à renforcer la fluidité. Le résultat de leur travail n’est, à notre avis, pas satisfaisant. D’abord mou, puis brutal, le freinage nous surprend et nous peinons à le doser d’un coup de frein à l’autre. Pire, à pression du pied constante, l’intensité varie ! La raison serait due au niveau de la charge de la batterie, sans plus de précisions. Et pour l’accélérateur ? Pareil !

Concluons ce chapitre conduite par les données de consommations et d’autonomie. Avec la batterie de 2 kWh et le réservoir de 55 litres, l’économie de carburant réalisée permet à l’Austral E-Tech d’atteindre jusqu’à 1 100 km d’autonomie selon Renault et une consommation mixte de 4,8 litres / 100 km. De notre côté, nous avons consommé entre 6 et 6,5 litres sur un parcours mixte sans ménager notre monture, au contraire.
Equipements Renault Austral Esprit Alpine : voiture à (bien) vivre

Comme souvent, le constructeur profite de la refonte du modèle pour rationnaliser son offre. La gamme se réduit ainsi en passant de 5 à 3 versions : evolution, techno et Esprit Alpine – qui représentait la moitié des Austral vendus avant le restylage. L’essai de cette seule et unique version est donc volontaire de la part du constructeur car représentative de la majorité des achats.
Mais aussi car elle dévoile le maximum d’atouts de l’Austral, tant en termes de conduite que de présentation et d’équipements. Les incontournables aides à la conduite sont au nombre de 32. Heureusement, un seul bouton suffit pour retrouver les réglages paramétrés par le conducteur, dénommé « my safety switch ». Appréciable, mais soulignons que celles-ci sont faciles à activer et utiliser même si l’affichage se fait parfois à deux endroits, entre le témoin d’activation et les données en elles-mêmes.

Dans les faits, le régulateur adaptatif avec centrage dans la voie est fluide et il ne manque qu’un assistant de changement de voie pour gagner encore en sérénité sur autoroute. Côté sécurité, l’équipement est complété par avertisseur d’angle mort et la prévention de sortie de voie en cas de dépassement, la détection intelligente des limitations de vitesse et la prévention de survitesse, l’alerte de collision arrière et le freinage automatique en cas de détection d’obstacle… Notons que nous avons reçu à plusieurs reprises des alertes de collisions frontales… en étant seuls sur la route.
Côté design, outre la présentation intérieure et extérieure spécifique inspirée de l’univers Alpine, l’Austral Esprit Alpine reçoit les même phares à LED avant et arrière que les versions d’entrée et milieu de gamme. Ceux-ci affichent un design différent des Matrix-LED à 20 segments (12 précédemment) qui équipent notre modèle, pris dans le catalogue d’options assez long (voir rubrique Prix Renault Austral). Dans les deux cas, la commutation automatique des feux de route est de série.
A l’intérieur, les sièges avant sont chauffants et à fonction massage pour le conducteur (« massage »…) et le volant chauffant (pas fort utiles en Espagne où nous avons essayé ce véhicule, sauf au petit matin, frisquet !). Pour bénéficier du pare-brise lui aussi chauffant, il faut choisir un pack d’options, incluant également l’affichage tête haute de 9,3 pouces.
Petits bémols parmi d’autres équipements dont le toit panoramique optionnel, qui n’est ni ouvrant ni opacifiant, contrairement à celui du Rafale. Quant aux sièges massants, quelle ne fut pas notre déception de sentir à peine un petit mouvement dans nos vertèbres… Peut-être est-ce la raison pour laquelle Renault parle de « fonction massage » et non de « sièges massants »…


Nouveauté, en plus de l’alerte détection de fatigue, la technologie va plus loin avec la reconnaissance du conducteur. Celle-ci agit via une caméra implantée dans le pilier B côté conducteur de façon « très discrète » nous a-t-on dit. Cet équipement permet de régler plusieurs paramètres selon ceux sélectionnés pour le profil correspondant, comme le réglage des rétroviseurs extérieurs, des sièges, la station de radio… Pratique quand on se partage le volant !




En termes d’agréments de vie à bord, on trouve dans cet Austral le chargeur à induction situé au niveau du repose poignet coulissant (attention aux éblouissements avec les reflets du soleil sur l’écran…), le rétroviseur intérieur sans cadre surplombé du miroir de courtoisie pour garder un oeil sur la banquette arriète ou encore de 4 prises USB-C, deux pour chaque rangée de sièges et du hayon électrique à fonctions mains libres. Ce genre d’équipements qui font la différence entre une entrée de gamme et un haut de gamme… et justifient le prix !
Prix Renault Austral restylé : le haut d’un panier hétéroclite

Renault Austral restylé à partir de 41 800 €
Modèle essayé à 45 900 € hors options soit 52 600 € avec les options peinture métallisée bleu Outremer et toit noir étoilé (1 400 €), système audio premium Harman Kardon (1 000 €), toit en verre fixe panoramique (1 000 €), Pack Parking 360 (800 €), 4Control Advanced (1 500 €), LED Matrix Vision (1 000 €)
Le lancement commercial de cette nouvelle génération de Renault Austral est prévue en juin, ainsi que les premières livraisons.
Concurrence
« Essayez de trouver un autre SUV du segment C hybride de 200 ch avec un 4 Control… On vous laisse réfléchir ! ». On est confiant chez Renault, chez qui on semble considérer que l’Austral n’a aucun rival.
Il faut dire que son rival frontal, le Peugeot 3008, est disponible en hybride léger avec une puissance qui l’est également, légère, avec 145 ch. Et cela vaut pour les autres modèles de Stellantis, qui disposent en revanche d’une proposition hybride rechargeable. Le 3008 plug-in hybrid dispose de 195 ch et démarre 1 000 € plus cher que l’Austral premier prix, à toutes fins utiles…

Alternative originale, le Nissan Qashqai e-Power est également hybride mais son petit moteur essence ne sert qu’à recharger la batterie ou alimenter le moteur électrique de 190 ch qui déplace le véhicule à lui seul.

Lui aussi original à sa façon avec sa motorisation hybride compatible au superéthanol-E85, le Ford Kuga récemment restylé débute à 39 490 € et culmine à 48 450 € en version ST-Line X toutes options.


Autre rival asiatique mais cette fois-ci en Corée, le Hyundai Tuscon hybrid est proposé à partir de 37 550 € en finition Initia avec une motorisation hybride de 215 chevaux, plus puissante, doté d’un moteur essence 1.6 mais de performances similaires sur le papier, sans distiller de plaisir particulier à la conduite ni plus de confort, comme nous le remarquions dans notre essai. Et il impose de choisir entre le toit noir et le toit vitré panoramique. Un détail ? En regardant le prix, oui. Celui-ci s’affiche à 44 440 euros dans sa version haut de gamme N Line Creative toutes options ! C’est moins que son cousin le Kia Sportage à 47 840 € en version GT Line Premium.


Y a-t-il SUV hybride plus cher que notre Renault Austral ? Oui, le Volkswagen Tiguan hybride en finition R-Line Exclusive, aussi bien équipé (mais avec de VRAIS sièges massants)… mais un déficit de puissance de 50 ch par rapport au SUV français. L’Alfa Roméo Tonale est également à la fois plus cher et bien moins puissant avec ses 160 ch et sa facture de 54 500 € en version Intensa.

Si nous gardons LA référence des SUV hybride pour la fin, c’est pour une bonne raison. Toyota laisse un peu d’avance à Renault et vient seulement de présenter sa nouvelle génération de Toyota RAV4, reprenant la même plateforme et toujours disponible en hybride non-rechargeable de 180 et 190 ch, ce dernier disposant d’une transmission intégrale. Les tarifs français sont encore inconnus à ce jour.
Bilan essai Renault Austral E-Tech Esprit Alpine : bien reparti pour un tour !
Renault deviendrait-il le nouveau Peugeot ? D’un classique SUV familial, le constructeur en fait un véhicule dynamique, aussi agréable qu’à regarder et, à la différence de son rival de Sochaux, à vivre. Sans parvenir à tous les gommer totalement, il amoindrit ses points faibles, la fluidité de l’hybride et l’insonorisation notamment. Mais il arrive à d’excellents compromis en terme de présentation/ habitabilité, dynamisme/confort, prix/équipement, puissance/ consommation. Nous ne lui trouvons que deux rivaux capables d’en dire autant, le Ford Kuga, plus confortable mais sans doute similaire si on le compare à une autre finition de l’Austral dépourvue du 4Control à train arrière multibras…et le futur Toyota RAV4, à confirmer lors à sa sortie !
Album photos Renault Austral E-Tech Esprit Alpine

























































Texte et photos Thibaut Dumoulin pour Le Nouvel Automobiliste