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Renault Twingo restylée (3/7) : essai de la version 1.0 SCe 75 Intens

Une Renault Twingo, c’est coloré ! On a tous en souvenir la gamme de couleurs qui évoluait au fil des collections de la première version. La troisième génération est pour l’heure plus timide. Mais quand nous avons vu le Jaune Mango qui égaie la carrosserie comme l’intérieur, on a dit (Twin)Go ! De quoi égayer les embouteillages parisiens ? Allez, pour le savoir, (man)go!

Renault Twingo : un peu de couleur s’il vous plaît !

Ah, Paris ! Sa Tour Eiffel, ses embouteillages, ses voitures grises… et le ciel du jour qui est aussi un peu triste. Notre Renault Twingo a donc de quoi ensoleiller notre journée, qui sera urbaine ! Ensoleiller, mais pas éblouir : à l’intérieur, le jaune et le chrome sont mats, ni tape à l’œil, ni brillants. Le gabarit de la Renault Twingo a peu évolué depuis 2014, passant de 3,59 m à 3,62 m en longueur et 1,64 m à 1,65 m en largeur. De quoi se faufiler partout, bien aidé par le célèbre diamètre de braquage à 8,8 m qui nous donne envie de tourner sans cesse. Associé à une direction légère sans être imprécise, c’est un bonheur en ville ! Dommage que le volant ne se règle qu’en hauteur. Les sièges n’ont pas changé avec le restylage, l’appuie-tête et toujours fixe et l’assise un peu courte. 

Il est temps d’avancer. La Renault Twingo SCe 75 ch n’est associée qu’à la boîte manuelle à 5 rapports. Nous allons muscler donc notre jambe gauche ! La pédale d’embrayage est en effet un peu haute et le point de patinage aussi. La conséquence est qu’on a l’impression de patiner à chaque montée de rapport. Cet embrayage haut perché est en plus accompagné d’un léger flou aux 3e et 5e rapport : un peu gênant comme sensation. Maigre consolation, le levier de vitesse a évolué (repris de la Renault Clio V), mieux présenté, il est plus agréable sous la main. Accompagné d’un changement de console qui permet d’avoir un rangement pour canette ou autre téléphone, c’est dans cette zone que l’intérieur de la Renault Twingo évolue le plus. Le rangement est accompagné de 2 prises USB, qui permettront de charger 2 téléphones à la fois, mais aussi de disposer d’un GPS, indisponible pour le moment. En effet, Apple CarPlay et Android Auto sont de série sur la finition Intens.

Moteur pour la ville

Le moteur SCe a gagné 5 ch et 4 Nm. C’est peu, mais suffisant pour ressentir l’évolution. Le moteur est encore plus rond et permet de limiter l’usage de l’embrayage. La Renault Twingo SCe 75 ne permettra pas de battre des records d’accélération à chaque feu, mais fera le job en ville (95 Nm à 4 000 tr/min). Ça se complique un peu pour elle sur les voies rapides, où le 3 cylindres atmosphérique manque de souffle et montre ses limites. Il ne faudra pas toujours appliquer ce que demande la tableau de bord. À 70 km/h sur le périphérique, il vous demandera de passer la 5e vitesse : c’est un peu prématuré. Il faudra anticiper accélération, montée ou insertion à partir de cette vitesse. Pas de miracle, malgré les 914 kg à vide annoncés par Renault. Le freinage s’est montré convaincant, une petite frayeur a bien été maîtrisée. L’avantage d’une petite propulsion à moteur arrière est que les masses sont bien équilibrées, ce qui rend la Renault Twingo stable dans cette situation.

Les quelques virages pris en proche périphérie nous ont confirmé la bonne tenue de route malgré un centre de gravité un peu haut. Nous y reviendrons plus en détail dans l’essai de la version TCe 95. La direction légère est compensée sur des vitesses importantes par un nombre de tours au volant de presque 4 ! Les quelques nids de poule ne perturbent pas trop le volant, mais se font ressentir par ailleurs. Les suspensions comme les sièges sont un peu fermes. Pas de véritable inconfort, mais à basse vitesse c’est un peu plus brutal.

Petite dehors, pas si grande dedans

Autre point gênant des sièges, la visibilité latérale arrière est obstruée et il n’est pas toujours facile de bien voir les vélos en ville. Les rétroviseurs sont assez grands pour compenser, mais celui côté passager n’est malheureusement pas sphérique. Dommage, car la position haute de conduite (proche d’un monospace) permet de bien dominer la route. Pour se garer, notre version de la Renault Twingo était équipée d’une caméra de recul. Attention, elle est très déformante, et les traits de guidages ne sont pas toujours justes. C’est cependant un plus pour ne pas abîmer le pare-choc arrière qui a de surcroît perdu sa bande de plastique. 

L’habitabilité arrière et le coffre n’ont pas évolué avec la mise à jour. Cependant, soulignons un bond en ergonomie d’accès au coffre. Oubliée la double commande, tout est regroupé sous une petite poignée sous l’essuie-glace arrière. En plus d’être pratique, la migration de la commande permettra de ne plus se salir les mains. Vous ferez des économies en gel désinfectant.  Et comme avec la Renault Twingo il est facile de se garer dans une place un peu juste, si vous n’avez pas de place pour vous faufiler à l’arrière de la voiture, l’ouverture du hayon est facile même le bras tendu, un bon point!

Nous n’avons pas pu vérifier la consommation réelle de la Renault Twingo SCe. La consommation mixte officielle est annoncée à 5,7 l/100 km WLTP. À l’ordinateur de bord, la consommation était plus proche des 7,5 l/100 km en ville. Les émissions de CO2 sont annoncées à 129 g/km, qui n’est donc pas soumis au malus de 2020. Le budget d’achat de notre version de la Renault Twingo Intens SCe 70, avec la couleur Mango, le pack intérieur Mango, le pack Confort (climatisation automatique et capteur de pluie), la caméra de recul avec détection s’élève à 16 080 € (soit 1 180 € d’options sur le prix de base de 14 900 €). En LOA, avant négociation, c’est une mensualité de 179 € hors assurances pendant 49 mois avec un premier loyer de 2 500 € si vous limitez votre kilométrage à 10 000 km / an.

Un segment en voie de disparition ?

Le segment des voitures urbaines tend à disparaître en Europe. Opel a stoppé la production de ses Karl et Adam. Smart, Volkswagen, Skoda et Seat, conservent leur Forfour, Up!, Citigo et Mii, mais suppriment les versions essence pour se limiter à des motorisations électriques. Et Ford a tiré un trait sur la KA+.

La Fiat 500 est toujours d’actualité bien que née peu avant l’apparition de la Renault Twingo… 2 ! Toujours limitée à 3 portes, elle évolue surtout par ses séries spéciales. La Fiat 500 propose deux looks, un classique (Pop, Lounge, Star, Club ou Dolce Vita) l’autre plus sportif (Sport ou Rockstar). En termes d’équivalent prix, la Fiat 500 Lounge 1.2 69 ch est proposée un peu plus cher que la Renault Twingo SCe75 Intens soit 15 190 € (+ 290 €). Pas de jaune disponible sur cette version, les peintures métallisées sont proposées un peu plus cher que notre Jaune Mango (550 €).

Chic italienne

Mais le bandeau intérieur de couleur carrosserie sera fourni avec. Les équipements sont équivalents, ceux en option sont cependant plus nombreux, et plus variés : chrome sur le capot, combiné de bord numérique, toit vitré et même les clés sont personnalisables. La sellerie est en tissu de série mais un mixte TEP/Tissu est disponible avec un pack incluant le toit panoramique, un kit chrome et autres accessoires.

Pour être sur le même niveau d’équipement que la Renault Twingo, il faut ajouter à la Fiat 500, la climatisation automatique (500 €), la banquette asymétrique (200 €), le capteur de pluie (200 €); le radar de recul (300 €, la caméra de recul est indisponible). Le tout s’élève à 16 840 € (+760 € par rapport à la Twingo). Les valeurs d’émissions WLTP ne sont pas encore disponibles sur la Fiat 500, en NEDC elle passe juste sous le seuil des 110 g pour éviter le malus. Ses consommations sont  annoncées à 5,9 l/100 km.

Concurrence française

Si une couleur vive est indispensable pour vous, la Peugeot 108 est à conserver sur votre liste ! Nous l’avions justement essayé en 2019 dans en version Top! en Green Fizz.  Cette couleur égaie la ligne somme toute classique de la petite lionne. C’est aussi une des urbaines qui vous laissera le choix entre les carrosseries 3 et 5 portes. L’équivalent de la finition Intens chez Peugeot est la finition Allure. Les équipements sont proches. Par contre par de choix de motorisation, la seule offre disponible est le 3 cylindres Toyota de 72 ch et 93 Nm à 4 400 tr/min. La Peugeot 108 est plus légère que la Renault Twingo (840 kg contre 914 kg), aidée par des dimensions inférieures (3,48x162x1,46 cm contre 3,62×1,65×154 cm). Vous aurez remarqué que la Peugeot 108 a un gabarit pas si éloigné de la Renault Twingo de… première génération.

Côté options, la couleur Grenn Fizz est proposée à 520 €. L’alerte de franchissement est d’office associé à l’Active City Brake et la reconnaissance des panneaux de signalisation, ce pack vous sera proposé à 600 €. L’option de climatisation automatique (associé à l’allumage automatique des feux) s’élève 340 €. Pas de bande colorée sur la planche de bord, mais l’option d’avoir un mix blanc porcelaine / console noire laquée. N’ayez crainte, la couleur sera tout de même présente à l’intérieur : les contre portes sont encore partiellement en tôle. L’ensemble se monnaie avec l’ensemble de ces options à 16 660 €. Un peu plus cher que la Renault Twingo SCe Intens (+580 €). Un détail, qui n’en est pas un pour tous, la roue de secours est disponible (120 €) sur la Peugeot 108, ce qui n’est pas le cas sur la Renault Twingo. Si le look ne vous convient pas, le Peugeot 108 a des cousines techniques très proches : les Citroën C1 et Toyota Aygo.

La Corée du sud fidèle au segment

Autre concurrence, asiatique cette fois-ci, la Hyundai i10 a été renouvelée et présentée au salon de Francfort. La gamme n’a pas encore été précisée. La Kia Picanto propose 3 motorisations de 67 ch à 100 ch, et 3 looks : classique (Motion, Active et Design), sport (GT Line) et baroudeur (X Line). Avec le moteur d’accès et la finition motion, la Kia Picanto est proposée à partir de 13 600 €. Peu d’option sont proposées et son prix ne dépassera pas les 14 460 €.

Postlude interrogatif

À la fin de cet essai, nous vient une question, déjà posée maintes fois à Renault : mais pourquoi la Twingo a dû attendre si longtemps pour être déclinée en Z.E.? Cette version essence atmosphérique a (presque) beau donner pleine et entière satisfaction en réactivité, discrétion et agrément de conduite, on se plaît à penser que son mini-format allié aux qualités dynamiques d’une Zoé en ferait une citadine imparable. Vous nous direz que cette proposition existe, chez Smart, et ce n’est pas faux. C’est d’autant plus regrettable, même, qu’elles sortent de la même usine et ont été conçues… par Renault. Mais l’année 2020 apporte « Z.E. » changement tant attendu ! Alors vivement l’essai de la Renault Twingo Z.E. !

Article : Guillaume AGEZ & François Mortier

Crédit Photographie : Guillaume AGEZ & François Mortier

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Nous avons essayé 3 versions de la dernière génération de la citadine de Renault :

Et pour aller plus loin :