Son retour en France était peut-être encore plus attendu que celui de Céline Dion : la descendante de la mythique 2CV arrive ! Certes, pas avant fin 2028 pour la version de série, annoncée dans le plan FastLane de Stellantis en mai dernier. Mais Citroën nous donne largement de quoi patienter à l’occasion du Mondial de l’Auto en présentant la 2CV Concept, et nous a même offert un tête-à-tête avec elle bien avant son bain de foule parisien. Une occasion d’apprécier ses moindres détails en toute tranquillité et vous livrer nos photos, infos et impressions !
AU SOMMAIRE
Citroën 2CV Concept : icône conjuguée au passé simple

Lorsque le rideau se lève pour révéler la 2CV Concept au centre de design de Stellantis, notre première impression est de faire face à un gros jouet, une voiture Playmobil à l’échelle 1. Le rouge orangé « Infra Red » de la carrosserie saute à la rétine, les rondeurs et les roues aux quatre coins, les blocs optiques en volume avec des deux de jours reproduisant deux yeux malicieux… La voiture ne se prend pas au sérieux et le capital sympathie est (au risque de manquer d’objectivité) directement acquis !




Citroën dit ne pas avoir cherché à créer une nouvelle 2CV, mais à recréer le concept de la simplicité, la liberté et l’accessibilité en s’inspirant de son icône. L’entrée dans la modernité est flagrante mais les références ne manquent pas. Elles parsèment la carrosserie, encore plus ronde que celle la deuche originelle, de références aux différentes versions de 2CV.

A l’avant, le capot bombé et strié s’inspire de la TPV (Très Petite Voiture). De part et d’autre, sur les ailes galbées, les optiques se détachent de la carrosserie et sont surmontées d’un répétiteur de clignotant rappelant le cimier et les pattes de fixation au sommet des phares de 2CV. On retrouve le pare-brise vertical, cette fois d’une superficie généreuse, qui surplombe les prises d’air commandées depuis l’intérieur.




Enfin, le pare-chocs séparé de la carrosserie, moins cher à remplacer en cas de choc qu’un pare-chocs intégré, accueille deux clips verticaux de couleur jaune. Ils font référence aux butées qu’on trouvait sur les 2CV jusqu’à la fin de leur production.

De profil, la 2CV concept est plus courte (3,76 m contre 3,83 m), plus trapue, plus arrondie que son aïeule. Impression renforcée par les grandes jantes en tôle de 18 pouces surmontées de passages de roues noirs. Repoussées aux quatre coins, les roues au dessin délicieusement vintage sont enveloppées par les ailes dans la continuité de la carrosserie.


Notons que Citroën n’a pas retenu le carénage des roues arrière, pour des raisons qui nous semblent évidentes, ni la vitre de custode qui améliorait pourtant la rétrovision. A la place se trouve un répétiteur de clignotant, horizontal, autre référence au passé.

Si le toit en toile s’ouvre jusqu’au-dessus de la lunette arrière, où elle s’enroule comme un couvercle de boîte de sardines, le hayon peint en noir fait référence à la capote qui se poursuivait jusque sur le coffre sur les premières 2CV. Ici, le bandeau de feux est également réinterprété pour devenir 100% décoratif.



Des stries, un logo, mais pas de feux dans la prolongation, qui auraient été trop proches de ceux de la deuche, pas assez dans l’air du temps. Deux simples bandes lumineuses rouges les remplacent le long de la lunette arrière. Comme pour les portes latérales, la poignée de coffre reprend le dessin et le fonctionnement des poignées dont le maniement évoque à lui seul des souvenirs en deux-pattes.
A bord de la Citroën 2CV Concept : guette la guinguette !

Spacieux et chaleureux, l’intérieur de la Citroën 2CV Concept brille par sa simplicité et sa jovialité.
L’habitacle, par contraste avec la carrosserie, mais pas seulement, pétille devant les yeux. Sous la lumière d’une guirlande le long du plafond, deux banquettes bien rembourrées en tartan jaune, amovible à l’avant, vous accueillent chaleureusement.




Le jaune est à l’honneur également sur le textile texturé de la planche de bord – ou ce qu’il en reste – et des contreportes, qui accueillent une simple lanière pour fermer les portes et la commande de vitre électrique… Et un bac dans la porte prévu pour contenir… des œufs. Le cahier des charges du prototype de la 2CV dans les années 30 incluait en effet de pouvoir transporter des œufs à travers champs sans les casser.

Pas de planche de bord, donc, les seuls éléments étant le volant monobranche doté d’un commodo, un écran carré de 8 pouces, un petit rangement cylindrique et la commande de vitesses rappelant le manche à boule qu’on poussait ou tirait pour changer de vitesse.


A droite, un clip permet d’attacher la radio amovible, la Radioën réinterprétée avec le look et les matériaux modernes. Un deuxième clip au sol permet d’accueillir un panier de rangement, malheureusement en balade lors de notre shooting.
Des œufs et des clins d’yeux

A l’image de la boîte à œufs, de nombreux « Easter eggs » sont présents partout sur et dans le véhicule. On trouve en vrac la silhouette de 2CV gravée dans le capot, de fausses vignettes de parebrise 48, 90 et 2026 pour les dates de commercialisation, de fin de production et du renouveau.
Ou encore un autocollant représentant un cœur formé par deux 2 en miroir, un autre sur la porte arrière gauche reproduisant les silhouettes des 3 versions de 2CV ayant existé. Les pneus, développés spécifiquement par Michelin et désormais connectés pur fournir des informations utiles sur la conduite, arborent les chevrons, notamment sur des bandes au toucher velours.




A bord, les pédales d’accélérateur et de frein sont ornées respectivement d’un lapin et d’une tortue. Citroën n’a pas poussé le détail jusqu’à mettre le chapeau et la chaussure pour la direction du flux d’air intérieur. Enfin sur le revêtement de sol tissés, les chevrons sont omniprésents. Les références, c’est du sol au plafond – ou plutôt la toile.
Celles-ci sont également sonores, avec un simulateur de son reproduisant – fidèlement – le bruit caractéristique du moteur bicylindre. Le bruit du klaxon évoquant celui de la deux-pattes est un peu moins convaincant. Retrouvez la bande son dans notre vidéo sur nos réseaux sociaux !
Le fil à la (deux-)patte(s)

Citroën ne joue pas que sur la nostalgie pour faire de sa 2CV un modèle ultra-populaire. Le constructeur de Javel l’a conçue de façon à ce qu’elle respecte la future règlementation européenne des E-Cars : électrique, taille et poids contenus (il devrait tourner autour d’une tonne) et tarif abordable, visé sous la barre des 15 000 €.
Cohérent avec l’esprit de la première 2CV, pour laquelle Citroën avait l’ambition de mettre la France rurale sur la route grâce à un modèle simple et économique.

Si aucune information technique n’a été communiquée à ce stade, la puissance et l’autonomie devraient en toute logique être modestes. Le lieu de production n’a pas été officialisé, mais la rumeur persistante voudrait que la 2CV de série soit produite en Italie, à l’usine de Pomigliano d’Arco. Elle partagerait sa plateforme et la chaîne de montage avec la Leapmotor T03 et la future Fiat Pandina. Ces points en suspens seront éclaircis d’ici 2 ans, la période qu’il faudra attendre pour voir la 2CV de série débarquer sur la route.
Notre avis sur la Citroën 2CV Concept : vivement la série !

Nous nous attendions à un véhicule qui se prend un peu plus au sérieux, à la manière du concept Citroën Revolte. Et pour autant, nous sommes tombés sous le charme de cette réinterprétation très joviale de la dodoche. Rondouillarde et colorée, petite mais spacieuse, elle respire la joie de vivre et réussit son passage à la modernité sans manquer de faire de nombreuses références au passé, pas toutes gratuites mais parfois aussi très pratiques ! Vivement la version de série, d’autant que le concept en est proche à 90% !
Album photos Citroën 2CV Concept












































Texte et photos Thibaut Dumoulin