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Nous avions déjà testé le Citroën C3 Aircross et la Fiat Grande Panda, mais il nous manquait le petit dernier de la famille Stellantis, l’Opel Frontera. Voilà qui est réparé ! Tous les trois étant construits sur la même plate-forme, nous voulions effectivement découvrir le nouveau SUV urbain de la marque allemande, qui semble être un concurrent du Dacia Duster. Quels arguments a-t-il à faire valoir ? Réponse dans notre article, avec à l’essai, la version Hybrid de 145 chevaux, en finition GS.

Essai Opel Frontera Hybrid : un style robuste

Avant de parler de cet Opel Frontera de troisième génération, replongeons-nous dans l’histoire de ce véhicule tout-terrain allemand, qui a d’abord était un vrai « franchisseur » et « baroudeur » , sous l’égide de General Motors. C’est précisément en 1991, lors du salon de Genève, que la première génération voit le jour, en partenariat avec Isuzu. Opel préférera toutefois utiliser sa banque de moteurs, avec notamment deux blocs essences et une version turbo diesel. Le Frontera sera par ailleurs disponible en version 3 portes (dénommée Sport) et en 5 portes. Ce sera un vrai succès pour la marque allemande, puisque l’Opel Frontera se vendra à plus de 300 000 unités, avec un rapport prix/performances très intéressant.

Essai Opel Frontera Hybrid 12

Profitant de cette belle célébrité, la deuxième génération apparaît en 1998, en adoptant un design un peu plus en rond, lui donnant une certaine image de robustesse et de classe. Opel lui installe un moteur V6 de 205 chevaux et le dote d’un système électronique ingénieux pour l’époque, à savoir le « No Stop 4×4 » , permettant au conducteur de basculer entre propulsion et 4 roues motrices pour s’adapter à toute les situations de conduite (tout-terrain comme route par exemple). Malheureusement, même si son rapport prix/prestations semblait lui permettre de continuer, Opel préféra arrêter sa production en 2004… pour se tourner vers les SUV.

Essai Opel Frontera Hybrid 22

Il faudra attendre 2024 pour voir l’appellation Frontera revivre. Cette troisième génération n’est plus un « 4×4 pur et dur » , mais bien un SUV urbain basé sur la plate-forme STLA Smart Car du groupe Stellantis (comme la Citroën C3 ou sa version Aircross). Heureusement, cet Opel Frontera adopte un style bien à lui avec des boucliers avant et arrière spécifiques et un intérieur revu par Opel.

Sur la face avant, on retrouve la fameuse calandre noire laqué dite « Vizor » , avec le logo « fondu » dans le noir, dans le prolongement des feux avants. Pour la partie arrière, on note que le dessin est proche du Citroën C3 Aricross, avec tout de même des feux retravaillés et le lettrage « Frontera » sur le hayon arrière.

Essai Opel Frontera Hybrid : plutôt carré cet intérieur, non ?

L’habitacle bénéficie, lui aussi, d’un dessin spécifique et plutôt moderne, tout en restant assez classique et épuré. On retrouve notamment la planche de bord Pure Panel avec son écran de combiné numérique (face au conducteur) et un écran multimédia dans sa continuité. Le tout « englobé » dans un ensemble à la finition noire piano.

Niveau qualité des matériaux, ce nouvel Opel Frontera se situe dans la moyenne, avec malgré tout quelques plastiques durs, mais c’est plutôt bien assemblé au global. Côté ergonomie, il n’a pas à rougir face à la concurrence car tout tombe assez facilement sous la main sans aller chercher dans les menus pour trouver la fonction souhaitée. C’est bien pensé et en plus, les commandes de la climatisation disposent de boutons physiques, un vrai bon point.

Essai Opel Frontera Hybrid 57

En ce qui concerne la lisibilité des deux écrans, c’est également simple et épuré, avec peut-être le strict minimum sur l’écran face au conducteur… mais n’est-ce pas mieux ainsi ? Quant à l’écran central, il est à la fois simple et surtout réactif, avec une facilité pour connecter son téléphone portable sous Apple CarPlay ou Android Auto (avec ou sans fil).

Essai Opel Frontera Hybrid : de l’espace à l’arrière

Très confortables au niveau de l’assise et du dossier, les sièges avant ont cependant un léger manque de maintien latéral. On aurait aimé des sièges un peu plus enveloppants. En revanche, le nombre de rangements, qui permettent d’entreposer tout type d’objets (que cela soit plusieurs bouteilles, des clés ou même son téléphone), donne satisfaction, alors que la tendance est plutôt à la suppression en général. C’est appréciable, notamment pour un véhicule à vocation familiale.

A l’arrière, les passagers sont plutôt choyés puisque l’espace aux jambes et la garde au toit sont parmi les meilleurs de la catégorie (rappelons que ce SUV « urbain » mesure, tout de même, 4,38 mètres de long). De plus, il est possible de mettre ses pieds sous le siège avant, en tout cas pour cette version hybride (c’est plus compliqué sur la version électrique, à cause du pack batterie). Seule la largeur aux coudes peut paraître un peu juste pour 3 personnes sur la banquette arrière, mais on a vu pire (et même sur des véhicules du segment supérieur…).

Côté coffre, c’est plutôt un bon point car celui-ci culmine à 460 litres sur cet Opel Frontera. Par ailleurs, avec son ouverture assez large et son plancher bas, il vous sera facile de charger des objets lourds et encombrants. Le double plancher est relevable de série, et si vous rabaissez la banquette arrière en 1/3 – 2/3, vous profitez d’un volume de coffre de 1 600 litres et d’une longueur de chargement de 1,95 mètres. De quoi déménager sans aucun souci !

Essai Opel Frontera Hybrid : un moteur connu, mais un peu rugueux

Certes, le moteur Hybrid 145 du groupe Stellantis est une motorisation que nous avons essayée à multiples reprises, mais il se montre ici un peu plus rugueux que prévu. Pour rappel, il s’agit du fameux moteur 1,2 litre PureTech (la nomination a disparu), revu et corrigé en adoptant une chaîne de distribution en lieu et place de la courroie de distribution.

Essai Opel Frontera Hybrid 66

S’agissant de la transmission, la boîte à double embrayage se montre assez réactive malgré quelques à-coups à basse vitesse, surtout quand le moteur est froid. Seul petit bémol (que nous n’avions pas remarqué sur nos précédents essais), le joystick de la boîte s’est révélé un peu capricieux par moment pour enclencher le mode D. Autre point qui peut se montrer surprenant, c’est le sifflement dans la boîte sur les premiers mètres (en marche avant ou arrière), mais qui serait dû à l’ajout du bloc électrique dans cette boîte de vitesse.

Essai Opel Frontera Hybrid 56

Côté consommation, l’Opel Frontera se montre efficient en ville comme sur routes nationales puisque nous avons réalisé un honorable 5 litres aux 100 km. Il l’est moins à 130 km/h sur autoroute : il peut se révéler efficace, voire plutôt bon, avec 6,7 litres aux 100 km sur route sèche, mais peut très vite monter à presque 8 litres aux 100 km si le temps se montre venteux et pluvieux.

Essai Opel Frontera Hybrid : confortable plus que dynamique

En termes de comportement, cet Opel Frontera se montre plutôt facile à prendre en main. En effet, la direction apparaît comme assez légère, avec un bon ressenti au niveau de la remontée d’informations dans le volant. Typées plutôt confort que dynamique, les suspensions se révèlent efficaces, permettant de bien filtrer les irrégularités de la route malgré quelques rebondissements à faible allure sur les coussins berlinois.

Essai Opel Frontera Hybrid 45

Ne vous attendez donc pas à un comportement très dynamique, puisque le train a tendance à sous-virer et avec son gabarit un peu haut sur pattes, l’Opel Frontera est enclin au roulis. Rien de bien grave au final et on préférera le mener à un rythme plus calme qu’à tambour battant.

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Dommage que l’Opel Frontera s’avère un peu bruyant. Moteur tournant et à l’arrêt, le bruit du 3 cylindres se fait en effet un peu entendre. Et à mesure que l’on augmente la cadence, viennent s’ajouter une filtration très moyenne. Par exemple, à 130km/h, on entend des bruits autour des vitres et des rétroviseurs.

Essai Opel Frontera Hybrid : une horde de concurrents

Niveau adversaires, le premier qui nous vient à l’esprit est forcément son cousin français, à savoir le Citroën C3 Aircross. Bien qu’utilisant la même plate-forme, le positionnement tarifaire est légèrement en faveur du SUV français car celui-ci, dans sa version de base, débute à 19 990 euros, là où l’Opel Frontera débute à 23 845 euros. Côté prestations, c’est globalement du même acabit, restera le design qui vous fera pencher pour l’un ou l’autre.

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Autre compétiteur qui peut inquiéter le SUV allemand : le Suzuki S-Cross. Même si le SUV japonais commence à accuser les années, celui-ci reste assez moderne et peut déstabiliser l’Opel. Niveau prix/prestations, le Suzuki se montre performant, mais ses qualités routières paraissent un peu en deçà du SUV allemand. Côté prix, on reste dans la même gamme entre les deux.

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Le principal concurrent de cet Opel Frontera vient sans doute de Roumanie, à savoir le Dacia Duster. Même si le SUV roumain se montre légèrement moins bon en termes d’agrément de conduite, il est cependant moins cher en prix de base (19 990 euros, soit 4000 euros de moins). De plus, le SUV roumain bénéficie d’une bonne image de marque…

Essai Opel Frontera Hybrid : le SUV qu’il vous faut ?

Globalement, ce nouvel Opel Frontera coche toutes les cases pour ceux cherchant un SUV urbain avec un prix/prestations relativement bien placé. Il est à la fois généreux en termes d’habitabilité, réussi esthétiquement (en se démarquant bien du Citroën C3 Aircross) et dynamique, avec son moteur micro-hybride de 145ch.

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Cependant, il a face à lui un concurrent roumain qui pourrait lui rendre la vie difficile avec son très bon rapport prix/prestations/équipements. Sans parler de l’invasion chinoise dans ce domaine, avec notamment le MG ZS, par exemple.

Photos : Christian CONDÉ