Conduire est un plaisir pour les amoureux de l’automobile, mais toutes les automobiles ne s’apprécient pas de la même façon. Il peut aussi s’installer une certaine routine. Et puis, vient une voiture qui vous rappelle pourquoi vous aimez conduire. C’est le cas de la Nissan Fairlady Z 400. Indéniablement, c’est une voiture désirable. Pourtant, comme certaines histoires d’amour, le début de l’histoire n’a pas été évident. Et à la fin, il nous a été oh combien difficile de la rendre à Nissan.

Essai Nissan Fairlady Z 400 : une 7ᵉ génération en hommage
L’histoire de A à Z
L’histoire d’A commence en 1969 pour la Nissan Fairlady Z, et vous avez sûrement une chanson des Rita Mitsouko ou deSerge Gainsbourg en tête. Pourtant, le titre n’a pas été pensé avec un de ces airs en tête. Nous avons d’ailleurs eu la chance de pouvoir rouler à son volant il y a quelques mois. Vous retrouvez l’historique de la lignée Z dans l’article de Thibaut.
Nissan s’est donc tourné vers cette génération pour redessiner l’intérieur et les contours de l’actuelle Nissan Fairlady Z. Et pourtant, certains éléments nous rappellent aussi la Nissan 300ZX de 1989 (que nous avons également essayée), comme le bandeau arrière ou, moins explicable, un côté costaud de la ligne.






Rencontre inattendue
Le hasard fait parfois bien les choses : sur l’Ashinoko Skyline, près d’Hakoné, nous avons croisé un exemplaire de la Nissan Fairlady Z génération S30. C’est une voiture de location, et si la tentation de la conduire est trop forte et que vous avez prévu de vous rendre dans la région, sachez que la société qui la propose est Fun2drive, et nous tenons à préciser que nous ne sommes pas rémunérés pour évoquer cette société.
Cette version de Nissan Fairlady Z est une S30 Kai, où le vieux 6-cylindres en ligne d’origine a été remplacé par un moteur RB25DET (celui de la Skyline GT-R R33, avec son turbo et ses quelque 280 chevaux dans cette configuration). Une greffe moderne et détonante en gardant les charmes et ses lignes intemporelles de l’originale. Le genre de projet qui fera rêver n’importe quel passionné de JDM, et qui rappelle que la culture du tuning est profondément ancrée au Japon.
C’était une rencontre touchante : croiser la première Fairlady de la lignée alors que nous roulons dans la dernière génération, le tout dans un paysage grandiose et la lumière d’une fin de journée d’automne, l’essai s’étant déroulé la veille de l’ouverture du Japan Mobility Show 2025. Si vous êtes passé à côté de nos articles de l’époque, n’hésitez pas à les relire en commençant par le stand de Nissan et son magnifique stand.















Essai Nissan Fairlady Z 400, (en) avant le plaisir
Le point de départ : Yokohama, le berceau de Nissan
Le rendez-vous est donné au siège de Nissan, à Yokohama. Le lieu ne nous est pas inconnu : nous avions déjà pu essayer la Nissan Sakura en 2022 dans ses environs et y découvrir la Nissan Gallery. Notre trajet commence donc en ville, à bord de la version manuelle de la Nissan Fairlady Z.
Dès les premiers kilomètres dans cet environnement, un constat s’impose : la direction de la Nissan Fairlady Z est directe. Très directe. Trop directe ? En milieu urbain, c’est presque dérangeant. Il faut être constamment vigilant sur sa trajectoire, et qu’au moindre geste, ça tourne. C’est le genre de réglage qui vous fait comprendre que cette voiture a été pensée pour la route, pas pour les embouteillages de l’immense métropole qu’est Tokyo.

Une boîte, une vraie ?
Il y a une chose à laquelle nous ne sommes pas accoutumés sur cette Nissan Fairlady Z : sa boîte de vitesses. Nous étions un peu inquiets de conduire une voiture à boîte manuelle au Japon. Dans la pratique, ça se confirme. Comme vous pouvez le voir sur nos photos, la console centrale semble avoir été développée pour une conduite à gauche, mais le levier est bien central contrairement au frein à main.
Ensuite, les passages de rapports sont fermes. Très fermes. Vifs, presque brutaux. C’est engageant pour le conducteur, certes, mais franchement inconfortable pour le passager qui se fait secouer à chaque changement de vitesse. Et au Japon, où les feux rouges et les stops sont légion, nous passons notre temps à monter et descendre les rapports. Ça secoue !
Et pourtant, en 2025, 43 % des ventes de la Nissan Fairlady Z 400 sont à boîte manuelle. Le Japon est pourtant très automatisé (environ 98 % du marché). Ces chiffres révèlent peut-être que les passionnés automobiles nippons considèrent la boîte manuelle comme indispensable. Quant à nous, si nous devions choisir une Nissan Fairlady Z 400 en habitant une grande ville, nous serions malgré tout tentés par la boîte automatique à 9 rapports, vendue au même prix…




Essai Nissan Fairlady Z 400, en route pour le bonheur
Oubliez le négatif
Nous avons commencé par les points négatifs, mais ils sont vite oubliés une fois la ville derrière nous. La direction devient un régal sur les routes de montagne. Chaque mouvement de volant se traduit instantanément sur la route. Pas de flou, pas d’approximation, c’est précis, comme si la route était équipée de rails. À croire que le Z de son nom est un hommage au zigzag de la route qu’elle maîtrise à merveille.
La boîte de vitesses, elle est toujours ferme, mais à partir de la 3ᵉ vitesse, tout prend sens. L’embrayage est efficace, un peu sec, mais très rapide. Il n’y a pas de temps de latence ici. Passer les vitesses devient un plaisir. Et si nous changions d’avis au sujet de la boite mécanique au Japon ?
Un moteur (trop) discret et efficace
Là où nous attendions un rugissement, nous avons eu… un ronronnement. Le V6 biturbo est étonnamment discret. Pas de sonorité qui déchire les tympans, pas de crépitements à l’échappement. C’est presque décevant au premier abord.
Mais à l’usage, nous nous surprenons à apprécier cette retenue. Surtout quand, en 4ᵉ, à bas régime, nous accélérons franchement et que nous ressentons ce ronronnement grave, lointain, presque menaçant. Comme si une puissance contrôlée était en train de prendre possession de la voiture. Lentement, mais sûrement. Les 475 Nm sont bien là, disponibles dès 1 600 tr/min, et ils vous le font sentir de manière progressive, civilisée, presque trop polie pour une sportive. Mais nous sentons qu’il y en a sous le pied (le moteur propose 400 ch / 405 PS, nous y reviendrons).


Position de conduite et habitabilité
C’est une demi-surprise pour une voiture japonaise : la position de conduite se trouve facilement. La Nissan Fairlady Z 400 propose un mixte de réglages manuels (angle d’assise avant et arrière via deux molettes dédiées) et électriques (hauteur, profondeur). Résultat : la position de conduite parfaite est rapidement trouvée, les jambes légèrement fléchies, le volant bien en face.
Le coffre ? Suffisamment grand pour y loger une valise cabine « soute ». De quoi partir une semaine sans soucis. Il y a aussi un peu de place derrière les sièges, devant la barre de renfort. Nous avons donc une vraie GT sportive : utilisable au quotidien, confortable sur longs trajets, mais toujours prête à en découdre.







Essai Nissan Fairlady Z 400, les données techniques
La Nissan Fairlady Z 400 reprend la base technique de la génération précédente, tout en améliorant les caractéristiques techniques. Il y a un point qui diffère sur cette génération. Là où le chiffre était lié à la cylindrée (240 pour 2 400 cm³, 300 pour 3 000 cm³…), cette génération a calqué son nom sur la puissance : 400 ch.
Fiche technique : Nissan Fairlady Z Version ST 6MT (RZ34)
Moteur :
- V6 3.0L biturbo VR30DDTT
- Puissance : 298 kW (405 PS / 400 ch DIN) à 6 400 tr/min
- Couple : 475 Nm à 1 600-5 600 tr/min
- Régime max : 6 800 tr/min
Transmission :
- Boîte manuelle 6 rapports
- Arbre de transmission en fibre de carbone
- SynchroRev Match (synchronisation automatique)
- Propulsion (RWD)






Dimensions :
- Longueur : 4 380 mm
- Largeur : 1 845 mm
- Hauteur : 1 315 mm
- Empattement : 2 550 mm
- Poids : 1 590 kg
- Coffre : 242 litres
- Réservoir : 62 litres
Châssis :
- Jantes forgées 19 pouces RAYS
- Pneus avant : 255/40R19 96W
- Pneus arrière : 275/35R19 96W
- Freins : disques ventilés AV/AR
Le prix de l’amour
C’est le moment de se faire mal. En tant qu’Européen, le prix de la Nissan Fairlady Z semble abordable. La gamme démarre à 5 497 800 ¥ et au taux de change actuel, l’équivalent en euros est de 30 208 €. Ça vous laisse pantois, nous aussi. Notre version d’essai est la version ST, 3ᵉ niveau de finition, proposée à partir de 6 759 500 ¥ (37 110 €). Elle propose notamment :
- Écran numérique TFT 12,3″
- Système audio BOSE 18 haut-parleurs
- Sièges cuir et suédine chauffants bleus (juste sublimes, qu’en pensez-vous ?)
- Trio de cadrans analogiques (manomètres turbo + ampèremètre)
- Aides à la conduite (Lane Assist, Radar Cruise Control)
- Jantes forgées RAYS


La couleur de notre modèle est le Seiran Blue TriCoat (option à 176 000 ¥ ou 967 €). D’autres couleurs sont disponibles, toujours très belles chez Nissan, avec certaines couleurs aux reflets travaillés avec une belle finition. À l’intérieur, outre le bleu, 2 autres variantes sont proposées : Noir et Noir & Rouge.









Une gamme complète
Pour les plus nostalgiques, un pack Customized Edition propose une personnalisation qui modifie le style pour tendre encore plus vers la première génération. La version simple de ce pack propose une nouvelle calandre associée à un becquet carbone pour 552 200 ¥ (3 035 €), la version complète ajoute des jantes exclusives, des autocollants et des stickers pour 3 967 560 ¥ (5 316 €).





Pour les plus radicaux, vous pourriez vous tourner vers la Nissan Fairlady NISMO, qui propose 420 ch, un châssis retravaillé et une présentation spécifique, pour 9 352 200 ¥ (51 375 €). L’écart est important, mais ça reste très accessible toujours d’un angle Européen.

Un mot sur la consommation, un peu décevante : 11,7 l/100 km (10,5 l/100 km officiellement), avec des vitesses pourtant raisonnables car au Japon, nous ne roulions pas vite malgré des routes superbes (retrouvez notre article à ce sujet ici). Mais au Japon, le carburant est encore accessible (environ 1,05 € le litre lors de notre essai) et fait oublier cette gourmandise. Le Japon est définitivement un pays de voiture !
Une histoire d’amour de A à Nissan Fairlady Z
À la fin de cet essai, un sentiment ambivalent nous envahit. D’un côté, nous retombons amoureux de ce que peut être une sportive japonaise : accessible, efficace, engageante sans être castratrice. Une voiture qui ne cherche pas à battre des chronos sur circuit, mais qui sait vous faire plaisir sur route ouverte, quelle que soit sa vitesse.
De l’autre, nous regrettons amèrement son absence sur le marché européen. Pourquoi ? Les normes Euro 7, les objectifs d’électrification, les volumes de vente qui seront jugés insuffisants, un prix qui serait bien plus élevé. Bref, la Nissan Fairlady Z ne répond pas aux critères comptables et réglementaires de l’Europe, sans parler des malus français. Tant pis pour nous.
Alors oui, cette Nissan Fairlady Z n’est pas parfaite. Mais elle a quelque chose que beaucoup de sportives modernes ont perdu : une âme, une identité, un lien avec ses ancêtres. Un équilibre entre tradition et modernité où le Japon excelle. Et si nous nous naturalisions japonais juste pour en profiter ?
En attendant, nous nous consolons en nous disant que nous avons eu la chance de la conduire. Et nous nous en souviendrons longtemps, comme d’un amour de jeunesse !

Photos : Guillaume Agez
Un grand merci aux équipes Nissan France et Nissan Japon de nous avoir permis cet essai.
Retrouvez notre vidéo :
Autre vidéo, une vision des routes empruntées :
Notre road Trip :
Et d’autres clichés :











































