Le Nouvel Automobiliste
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Essai Nissan 300ZX et 350Z : rencontre du 3e type

Deux coupés de la même lignée, deux propulsions, deux V6, deux autoradio-cassettes… Et pourtant tellement de différences ! A l’occasion d’un weekend d’essais dédié aux coupés et cabriolets, nous avons confronté la Nissan 300ZX et son héritière, le fameux coupé Nissan 350Z qui, si elles offrent sur le papier des performances similaires avec une recette mécanique globalement proche, ne distillent pas le même type de plaisir, ni de style. Mais une chose est sûre : dans ces deux interprétations aux standards bien différents de décennies éloignées, le plaisir est au rendez-vous !

Nissan 300ZX et Nissan 350Z : Retour vers le futur versus Fast and Furious

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Pour les présentations, laissons l’honneur à la plus âgée. Notre Nissan 300ZX Z32 (1989 – 1999) incarne à merveille l’idéal de ce qu’était une voiture dans les années 90.

A commencer par ses lignes fluides, pour rompre avec les arêtes nettes des autos façon Lego qui pullulaient dans la décennie précédente – dont la 300ZX Z31 lancée en 1983. Son bandeau de feux arrière est on ne peut plus typique de son époque et son aileron intégré lui donne la touche de sportivité que n’évoque pas particulièrement sa ligne. Point de phares pop-up à l’avant pourtant à la mode dans les nineties (comme sur la Mazda MX-5) NA, les optiques s’intégrant parfaitement dans le long capot incliné.

Nissan 300ZX

Longue de 4,50 m, lourde d’1,5 tonne, la 300ZX n’est pas ce qu’on peut qualifier de petit coupé fluet mais annonce plutôt un positionnement de GT, ce que confirme la présence de 2 places à l’arrière.

Nissan 350Z profil

En face, la Nissan 350Z, présentée sous forme de concept-car en 1999, adopte par son style des attributs clairement plus sportifs, à commencer par la ligne de toit tombant vivement derrière l’habitacle sur un arrière rebondi.

Délestée de 20 cm de longueur et de la banquette arrière, cette icône du jeu vidéo Need For Speed Underground a fait baver les ados que nous étions par son look affirmé, qui demeure relativement moderne. On craque notamment sur les poignées de porte verticales et les feux pointant vers les cieux

Faux cabriolet contre vraie sportive

Nissan 300 ZX intérieur

L’ambiance à bord nous frappe également en plein visage. De nostalgie ? Pas vraiment. Les plastiques brillants et les boutons à foison ne nous manquent pas forcément. Mais les 2 Z proposent là encore une belle représentation des standards du design de leur décennie respective.

Dans la 300ZX, on pourrait presque se croire à bord d’une Citroën (après-tout, c’est une ZX…). Le tableau de bord imposant semble pensé comme un cockpit, avec des commandes partout étalées fièrement comme pour montrer l’opulence et la technologie. Boîtier regroupant les commandes du régulateur de vitesse à droite du volant, bloc de boutons du côté opposé, revêtement des sièges et garnitures de portes en tweed… Cette abondance de détails kitsch peut donner la nausée… ou fasciner, comme ce fût le cas pour nous !

On se prépare à voyager dans un confort appréciable, tout comme les passagers arrière. Mais avant cela, on utilise la botte secrète pour transformer le coupé en (presque cabriolet) : les deux parties amovibles du toit, vitrées, qu’on déclipse, qu’on range (à deux de préférence) dans une sacoche dédiée et qu’on place dans le large coffre. Comme sur une Firebird !

Point de numéro de transformiste pour la 350Z, qui était disponible pour les amateurs de conduite cheveux (ou crâne) au vent en vrai cabriolet à toit souple. Mais on profite d’un habitacle plus ergonomique et à l’ambiance plus sportive, avec des compteurs ronds stylisés, une planche de bord plus actuelle mais pas forcément mieux finie (notre exemplaire, pourtant plus récent, a moins bien vieilli que celui de son aîné).

Essai Nissan 350Z

On est en tout cas installé plus bas, sur des sièges en cuir qui nous maintiennent mieux qu’ils ne se maintiennent eux-mêmes. Même peu kilométrée, notre 350Z trahit son âge par l’usure des sièges et de certains plastiques. On se rattrape côté coffre, celui-ci offrant sur la 350Z une contenance aussi intéressante que celle de l’aînée, avec moins de mérite du fait de l’absence de sièges arrière. Mais son ouverture via la clé est agaçante et le hayon lourd impose d’opérer à deux mains.

Le calme avant la tempête

Un V6 bi-turbo de 2 960 cc offrant 280 ch à 6 400 trs/min et un couple de 376 Nm à 3 600 tours/min du côté de l’ancienne, un V6 atmosphérique de 3 498 cc offrant la même puissance quasiment au même régime et un couple de 358 Nm à 4 800 trs/min du côté de la moderne. La 350Z a beau disposer d’un plus « gros » moteur, son poids est le même que celui de la 300ZX à 5 kilos près ! Tout cela mis bout à bout renvoie les deux Nissan dos à dos niveau performances, avec un 0 à 100 atteint en environ 6 secondes. Mais le rapport poids/puissance ne fait pas tout…

Volant en main, les choses changent en effet radicalement, avec deux caractères qui s’opposent. La Nissan 300ZX se positionnerait presque en GT. Si son feulement prononcé au démarrage évoque bien la puissance, elle se montre docile et douce à tous niveaux en conduisant normalement. Confortable, souple, spacieuse et lumineuse avec son toit escamotable, elle invite aux voyages au long court.

Mais en la poussant, on trouve tout de même une auto vivante que la puissance libérée en montant dans les tours et en activant les turbos rend plaisante voire excitante. On tombe très vite sous le charme, malgré des passages en courbes où l’on peut avoir l’impression de ne pas avoir une parfaite maîtrise du fait d’une direction trop légère et du roulis et d’un freinage nécessitant un minimum d’anticipation. Le mot « charme » est en tout cas fort approprié au volant de cette machine à remonter le temps finalement plus polyvalente qu’on le pensait !

A bord de la Nissan 350Z, changement d’ambiance ! Direction, commande de boîte, suspension, réactivité à l’accélération… tout est plus ferme, plus direct et impose une bonne dose de délicatesse.

On se sent très rapidement au volant d’un véritable coupé sportif, plus que dans une GT comme son ancêtre. Le coup de pied aux fesses est encore plus magistral quand on hausse le rythme et que l’aiguille du compte-tours grimpe, ce à quoi invite le comportement plus rigoureux et communicatif de notre beau coupé rouge. Inutile de dire que la 6e vitesse, absente de la 300ZX, ne nous a servi que sur autoroute, nous lui avons préféré les premiers rapports sur les routes de campagne où nous avons pu exploiter tout son potentiel et profiter d’une bonne dose de dopamine et d’adrénaline !

Bien dans leur époque, et dans la nôtre !

Essai Nissan 300 ZX Le Nouvel Automobiliste 10

Chacune à leur manière, les Nissan 300ZX et 350Z nous plairaient au quotidien – ou a minima le weekend. Si ni l’une ni l’autre ne dispose des équipements de sécurité modernes, elles offrent toutes deux un régulateur de vitesse pour les longs trajets, de la climatisation, des rangements partout où cela est possible, des places arrière dans le cas de la youngtimer, d’un ordinateur de bord et… un radio-cassette, doublé d’un lecteur CD dans le cas de la 350Z ! La sportivité, oui, mais pas au détriment des aspects pratiques !

Essai Nissan 350Z Eddy Le Nouvel Automobiliste 07

S’il y a un point sur lequel il ne serait pas raisonnable de rouler dans ces deux coupés, c’est la consommation. Entre les phases de conduite tranquille pour rejoindre nos destinations et la phase sportive que nous nous sommes offertes, la Nissan 300ZX et la 350Z ont consommé respectivement une moyenne de 15,1 l/100 km et 16,6 l/100 km (10 litres/ 100 km en phase « tranquille »). Se faire plaisir coûte cher. Mais on se console en se disant qu’une Jaguar F-Type actuelle ne fait pas mieux en termes d’appétit !


Une lignée, deux philosophies… GT d’un côté, sportive de l’autre, les Nissan 300ZX et 350Z nous ont toutes deux séduits autant qu’elle nous ont divisés. Pour certains, il n’y a pas photo, le modèle de notre millénaire est LA voiture plaisir des deux. Pour d’autres, le plaisir, c’est le charme de rouler différent, de rouler sur un filet de gaz cheveux aux vents et d’appuyer sur l’accélérateur quand on en a besoin ou envie.

Si on en achetait une en guise de véhicule de collection (ou en devenir), l’autre suivrait sans doute dans le garage quelque temps après, car ces deux-là se complètent parfaitement. La philosophie du passionné et du collectionneur est, elle, unique. C’est de ne pouvoir s’arrêter et de rechercher le plaisir automobile sous toutes ses formes ! Quel regret avons-nous donc de ne pas avoir droit en Europe à la toute nouvelle génération de Nissan Z !

Galerie photos Nissan 300ZX et Nissan 350Z

Crédit photo : Adrien Ayffre, Thibaut Dumoulin, François Mortier et Eddy Petitjean pour Le Nouvel Automobiliste

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