Jaecoo 7 PHEV, ça vous dit quelque chose ? Omoda-Jaecoo non-plus ? Normal. Même si, depuis sa création en 1997, le groupe chinois Chery a distribué 18 millions de voitures à travers 120 marchés, il lance seulement sa double marque sur le sol français. Avec l’Allemagne, la France est le dernier pays investi dans cette expansion débutée en 2023. Jaecoo et Omoda auront chacune une gamme distincte sur des bases communes et c’est avec le Jaecoo 7, un SUV hybride rechargeable concurrent des Peugeot 3008 et autres Renault Austral, que l’offensive débute.
Et vous allez voir que si le constructeur de l’Empire du milieu a pris son temps et créé Omoda-Jaecoo uniquement pour l’export, c’est pour offrir des produits parfaitement adaptés à nos attentes… et, sans surprise, à prix d’ami ! Au point de se demander si le surcoût des concurrents européens se justifie encore ? Tentons d’y répondre à bord du Jaecoo 7 hybride rechargeable essayé dans notre capitale !
Jaecoo 7 : pour tordre le cou aux concurrents…et aux passants

Le Jaecoo 7, disons-le tout de go, ne révolutionne rien en termes de design et vous n’aurez sans doute pas manqué de le comparer à un Range Rover Evoque ou à une Jeep. Une volonté de la marque de proposer une recette éprouvée plutôt que de prendre des risques inutiles. Pourtant, malgré son dessin convenu, le Jaecoo 7 donne des torticolis aux passants. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas reçus autant de regards sur la route à bord d’un véhicule d’essai…et de questions une fois à l’arrêt !




Jaecoo souhaitant se positionner comme constructeur de véhicules à vocation outdoor, inspirés de l’univers des SUV baroudeurs pour ne pas dire des 4×4, ce Jaecoo 7 se distinguera clairement de son cousin de chez Omoda. La marque sœur joue en effet dans le registre de la modernité et de la technologie, avec un style plus dynamique que nous retrouverons sur l’Omoda 7.
Le Jaecoo 7 adopte donc une allure massive et affirmée, calquée sur celle d’un Jeep Compass (4,55 m x 1,9 m x 1,68 m pour l’américain contre 4,50 x 1,87 x 1,67 pour le chinois). Si la silhouette est classique, le constructeur a toutefois peaufiné les détails esthétiques pour donner de la personnalité à son modèle. A commencer par la large calandre à barres chromées, un poil caricaturale. A une époque où on n’utilise plus de chrome, il y aurait presque un côté anachronique, mais comme on en trouve qu’à cet endroit, c’est désormais ce qui fait sa distinction !




Autre traits distinctifs, le motif pixel, décidément à la mode (ou est-ce un hasard d’avoir essayé successivement la Grande Panda et la Sandero qui l’utilisent aussi !) qu’on retrouve dans les phares, les feux, évoqués par les projecteurs avant cubiques ou encore dans la barrette décorative de bas de portes. Un petit décor également sur le pilier C pour alléger la ligne, un toit flottant et des poignées affleurantes qui remplissent ce même objectif de façon moderne, de fausses écopes latérales qui élargissent et dynamisent les faces avant et arrière… Le style du Jaecoo 7 est plus sophistiqué qu’il n’y paraît !

Seule fausse note esthétique selon nous, justifiée toutefois par une raison d’aérodynamisme, les jantes de 19 pouces pleines ne sont pas des plus sexy ni originales. Mais pour quelques grammes d’émissions de CO2 gagnés, on peut fermer les yeux. Ou simplement monter à bord !
A bord du Jaecoo 7 PHEV : accro à l’écran

Dans l’habitacle du Jaecoo 7, pas de prise de risque inutile non-plus. On prend ce qui plaît sur le marché, avec un style épuré faisant la part belle à deux larges écrans, le premier de 10,25 pouces devant le volant, et celui du système homme-machine sur écran LCD de 14,8 pouces. On remarque que celui-ci est dépourvu de toute commande physique. Et malheureusement, même sans atteindre l’extrémisme d’une Volvo qui impose de passer par la tablette même pour ouvrir la boîte à gants, l’ergonomie est donc perfectible, nous y reviendrons.




Evoquons d’abord la présentation qui, à l’image de l’extérieur, est dans les canons esthétiques actuels avec un traitement propre à la marque. Le dessin de la planche de bord est à la fois épuré et massif. Cela renvoie une image de solidité et nous maintient dans l’univers des SUV baroudeurs. Le motif s’étalant en largeur recouvre une large bande, flanquée d’aérateurs latéraux verticaux, et centraux à l’horizontale. Le résultat est donc de relief sans être surchargé.
Outre ce dessin soigné, les assemblages semblent tout à fait corrects et seuls les plastiques en partie basse se montrent basiques. Le reste est plus que digne de ce qu’on attend d’un véhicule à ce prix. Le traitement des portes est lui aussi assez étudié, avec de larges décors argentés, certes un peu clinquants, à vis apparentes façon Defender.




Familial et donc pratique par essence, le Jaecoo 7 dispose d’une console centrale assez large à deux étages, dotée d’un rangement en partie inférieure, d’un autre au-dessus pour poser et recharger le smartphone ainsi que d’un large rangement entre les deux sièges.
L’espace arrière se montre spacieux et dispose d’un plancher plat sur toute la largeur. Malheureusement, la place centrale ferme et proéminente sera un frein pour les familles souhaitant utiliser quotidiennement.
Pour leurs bagages, elles disposeront d’un coffre 500 litres. C’est un peu moins que ses concurrents français, mais un peu plus que son concurrent chinois direct, le MG EHS (441 litres). Petit plus, en retirant le cache-bagages, celui-ci révèle une face blanche qu’il est possible d’accrocher dans le coffre à la verticale pour en faire un mur de projection, qu’il est possible d’alimenter avec la fonction V2L.
Essai Jaecoo 7 PHEV : en très bonne voie

Si nous parlons de PHEV (Plug-in Hybrid Electric Vehicle) depuis le début de cet article, Jaecoo parle de son côté de SHS-P, pour Super Hybrid System Plug-in. Entre les hybrid+ de chez MG et les Super-Hybrides de chez BYD, les constructeurs chinois aiment apparemment la surenchère !
Cette appellation peut se justifier par des choix techniques un peu différents. Ainsi le Jaecoo 7 est doté d’un groupe motopropulseur composé d’un moteur électrique particulièrement puissant de 150kw soit 204 ch, d’une batterie LFP 18,4 kWh et d’un moteur essence 4 cylindres 1.5 turbo 143 ch maison. Ici, l’électrique est donc au cœur du véhicule, ce qui est pertinent quand on veut éviter les écueils d’une utilisation à mauvais escient d’un hybride rechargeable.

Sur le papier, l’alimentation électrique est favorisée au maximum, que ce soit en mode EV ou en mode HEV. Dans le second cas, jusqu’à 40 km/h, on roulera uniquement en électrique, le thermique étant en sommeil. Au-delà et jusqu’à 70 km/h, le moteur thermique sera actif uniquement en tant que générateur mais ne transmettra pas sa puissance aux roues. Jusqu’à 80 km/h, il prendra ce rôle en alternance, et l’assumera complètement au-delà de cette vitesse sans assistance électrique.

Et dans les faits ? Nous démarrons le véhicule, de façon perturbante d’ailleurs puisqu’il suffit d’entrer dans le véhicule avec la clé sur soi et de mettre le levier de vitesse au volant sur D. Le premier coup de pédale fait apparaître un temps de latence, et ce sera le cas à chaque redémarrage. Le truc, donner un coup bref pour désactiver le frein, puis rappuyer et partir normalement, ce qui est bizarrement plus fluide.
Sous le pied justement, nous disposons d’une puissance maximale cumulée de 279 ch et 365 Nm de couple, transmise aux roues avant via une transmission à un seul rapport. Mais même sans faire appel à toute la cavalerie, les 204 ch du moteur électrique font décoller le Jaecoo 7 PHEV très facilement. Pourtant, légèrement plus puissant que le MG EHS (272 ch), le Jaecoo 7 se montre moins vif sur l’exercice du 0 à 100 km/h, qu’il effectue en 8,5 secondes.
Ceci étant dit, on apprécie de disposer de suffisamment de puissance quel que soit le mode de conduite choisi, éco, normal ou sport. Cela est rassurant dans toutes les conditions de circulation… mais on ne sera pour autant pas vraiment incité à en profiter en dehors des belles lignes droites. La direction est très souple et floue en point milieu, et la suspension est elle aussi « typée confort », autrement dit appréciée en roulant tranquillement.
Notre parcours ne nous a pas permis de vérifier sur le réseau secondaire, mais nous pouvons facilement supposer que le Jaecoo 7 PHEV n’est pas fait pour une conduite dynamique. Que ce soit en toute décontraction ou en haussant un peu le rythme, on apprécie la quiétude à bord, favorisée par le vitrage acoustique et la bonne insonorisation générale.

En ville, où nous avons passé la majorité de cet essai, le Jaecoo 7 PHEV s’apprécie pour sa douceur mais aussi par sa maniabilité, celui-ci semblant plus compact vu de l’intérieur et offrant une bonne vision périphérique et une vue sur le capot qui permet de bien en délimiter le gabarit. Et si cela ne suffisait pas, la vue périphérique offerte par les caméras s’affiche sur l’écran à chaque arrêt, rendant presque impossible de manquer un obstacle.
Nous cherchons à améliorer l’efficience en accentuant le freinage régénératif. Oui, mais comment ? Nous avons trouvé la réponse par hasard en frottant les commandes du volant pour enlever une trace de doigt et en appuyant involontairement sur la touche en forme d’étoile, un raccourci créé pour régler la force de la régénération. Le passage d’un niveau à l’autre est alors tout à fait perceptible et peut grandement limiter l’utilisation du frein, par ailleurs facile à doser.


Outre la difficulté à trouver le réglage du freinage régénératif, l’expérience de conduite en général nous a été gâchée par la nécessité de passer par l’écran pour tout et n’importe quoi. Climatisation, sièges chauffants, navigation… Autant de fonctions difficilement accessibles en roulant, surtout lorsque la connexion avec Android Auto ou Apple CarPlay a été activée. Auquel cas, un retour au menu principal est nécessaire, et celui-ci ne peut se faire qu’en swipant pour faire apparaître la touche de retour au menu. Une manipulation est de trop, un point pénible qu’on espère réglé avec une mise à jour à distance ultérieure.
Et c’est ce qui est d’ailleurs encourageant : la perspective avec les mises à jour OTA de voir le véhicule s’améliorer au fil du temps. En attendant, il est également possible de trouver une parade simple : enregistrer toutes ses préférences sur son profil d’utilisateur. A part certains réglages obligatoires au démarrage du fait de la législation et de l’homologation du véhicule, une utilisation aussi intensive de l’écran que nous l’avons eue pour tester les différents modes, fonctionnalités et paramétrages ne sera donc pas le quotidien des utilisateurs réguliers des conducteurs de Jaecoo 7 PHEV.


Les différentes boucles d’essai effectuées en région parisienne ne nous ont toutefois pas permis non-plus de vider la batterie et constater le comportement du véhicule principalement en thermique. Une alerte est apparue à 25% de batterie pour nous inviter à passer en mode smart pour optimiser l’efficience alors que nous avions démarré en mode initial favorisant l’électrique. Conseil pris et accepté, nous n’avons pas constaté de grande différence à la conduite.
On peut noter qu’il existe également un mode forcé qui maintient le niveau de batterie en cours et garde cette réserve jusqu’à ce que le conducteur décide de l’utiliser. Il n’est toutefois pas possible de prédéterminer une autonomie électrique à l’arrivée en fonction du parcours. Détail sympathique, outre l’affichage de la consommation électrique instantanée, on dispose également de la puissance récupérée lors des freinages et décélérations.
Lorsque les 90 kilomètres d’autonomie électrique sont épuisés, le Jaecoo 7 PHEV promet une consommation d’essence de seulement 6 litres aux 100 km en fonctionnant comme un hybride simple (même avec une autonomie électrique théorique de 0 km). Cette autonomie électrique annoncée est cohérente avec ce que nous avons pu relever sur notre parcours mixte. En ville, il est possible d’atteindre, selon le cycle WLTP, 124 km en tout électrique
Pour la recharge, celle-ci s’effectuera en courant alternatif en 6,6 kW. Pas de charge 11 kW malheureusement, mais le Jaecoo 7 PHEV compense avec une charge rapide 40 kW de 30 à 80% en 20 minutes seulement, et cela de série. Une application dédiée permet bien évidemment de contrôler et gérer la charge, entre autres fonctions (ouverture des vitres, portes, hayon à distance notamment).
Equipements Jaecoo 7 PHEV : entre « au niveau » et « haut niveau »

Au niveau de la montée en gamme, Jaecoo vise là encore la clarté et l’efficacité. Une finition Select en entrée de gamme, et une version plus équipée baptisée Exclusive. Au chapitre sécurité, c’est du pareil au même avec pour seule différence un 8è airbag sur la version haute. En termes d’aides à la conduite, l’équipement sur les deux versions est complet, avec 20 technologies différentes :

Globalement, ces aides à la conduite sont non-seulement efficaces, mais aussi moins intrusives que la moyenne, à l’image du discret bip d’alerte de dépassement de vitesse. Nous avons apprécié le fonctionnement simple et fluide du régulateur adaptatif, essayé sur une portion de voie rapide, jusqu’à la voie de sortie. Nous étions en confiance malgré l’affichage parfois fantaisiste de véhicules alentours sur l’ordinateur de bord, certains, parfois même pas sur la route, apparaissant et disparaissant subitement.


Quand c’est bel et bien le cas, le véhicule le signale également dans le rétroviseur extérieur à travers l’alerte de véhicule dans l’angle mort (photo de gauche). Il le fait aussi à l’arrêt à travers un clignotement lumineux, même à l’arrière (photo de droite), pour éviter l’ouverture de la porte au mauvais moment. Le système fonctionne même lorsqu’un enfant arrive en courant à côté du véhicule.

Bien fourni en technologies sur les deux finitions , le Jaecoo 7 PHEV dispose en revanche en version Exclusive d’un nombre conséquent d’équipements supplémentaires, pour un écart modéré de 2 000 € : un large toit panoramique ouvrant de 1,1m2, le hayon main libre, l’éclairage d’ambiance (là aussi, à l’arrière également), l’affichage tête haute projeté sur le pare-brise (plutôt minimaliste, mais utile), la sellerie en cuir synthétique (qui sent presque le vrai cuir !), le rétroviseur intérieur électrochrome (avec un cadre transparent qui donne le même effet chic qu’un miroir sans cadre), la caméra à 540°, le siège conducteur à mémoire réglable sur 10 positions, un système audio Sony à 8 haut-parleur, et complète les sièges et le volant chauffants (timides, comme le système de chauffage qu’il nous a fallu pousser à 25 degrés pour être à l’aise) par la ventilation des sièges avant et le pare-brise chauffant.


Une seule option est au catalogue, la peinture métallisée. Il est possible de choisir parmi l’Argent Moonlight qui équipe notre modèle (un bleu clair tirant vers le gris plus que l’inverse), le Gris Olive (qui est vert, pas gris) et le Noir Crystal (qui n’est pas transparent, encore un nom trompeur !). De série, le véhicule reçoit la peinture Blanc Khaki (qui ne tire pas vers le vert, c’est à n’y rien comprendre !)
Prix Jaecoo 7 PHEV : presque la cerise sur le gâteau

Le Jaecoo 7 PHEV est proposé à partir de 35 990 €, ce qui en fait le SUV hybride rechargeable du segment C le moins cher du marché en prix catalogue.
Modèle essayé : Jaecoo 7 PHEV Exclusive à 37 990 € hors option soit 38 890 € avec l’option peinture métallisée Argent Moonlight (900 €) .
Le Jaecoo 7 est soumis à un malus au poids de 1 710 €. Un montant qui peut paraître conséquent, mais avec 1 870 kg sur la balance, il est le plus léger de sa catégorie. Précisons également qu’un dégrèvement est pratiqué pour les familles nombreuses (3 enfants ou plus)
Pour les détails et prix détaillées, rendez-vous sur le site de Omoda-Jaecoo
Concurrence :
Si le Jaecoo 7 PHEV est le moins cher du marché en prix catalogue, MG semble décidé à ne pas se laisser faire et propose son EHS avec une remise de 4 000 €, soit 33 900 €, ce qui le positionne donc 2 000 € moins cher que le Jaecoo 7 !
Quant aux Peugeot 3008, Hyundai Tucson et Volkswagen Tiguan hybrides rechargeables, ils naviguent à des tarifs bien pus élitistes, supérieurs de 7 000 € minimum et avec un malus plus important !
Bilan essai Jaecoo 7 PHEV : coocoo la concurrence !

Design actuel, habitacle moderne, conduite agréable malgré un toucher de route mou à l’américaine, système hybride efficient et convaincant, équipements de confort et de sécurité pléthorique, garantie 7 ans, malus modéré et prix défiants toute concurrence… Le Jaecoo 7 PHEV coche toutes les cases pour trouver son public en France et pour effrayer la concurrence.
Les premiers Jaecoo 7 PHEV seront livrés en avril. Avant cela, les prix de la version hybride auront été dévoilés et les commandes ouvertes. Les clients français seront le juge de paix et détermineront l’atteinte (ou non) des 10 000 commandes, objectif que s’est fixé la marque pour sa première année (non-pleine) sur le marché français.
Mais rappelons que la marque, créée en 2023, a déjà écoulé 800 000, dont 23 000 en Espagne en l’espace de 2 ans. Nous en croisons d’ailleurs régulièrement lors de nos essais chez nos voisins. La confiance croissante des consommateurs européens, notamment français, envers les véhicules chinois nous laisse penser que les marques traditionnelles ont définitivement du souci à se faire et que Jaecoo pourrait bien prendre sa part du gâteau avec ce modèle, bientôt proposé en hybride simple et rejoint dans le même temps par le Jaecoo 5, un modèle encore moins cher que vous pouvez déjà découvrir sur notre site en attendant son essai dynamique !
Album photos Jaecoo 7 PHEV

















































Photos : Thibaut Dumoulin
