Le Jaecoo 5 arrive en France et fait de la marque chinoise un challenger encore plus agressif pour les constructeurs historiques, en élargissant sa gamme vers le bas. Une gamme composée de 2 modèles, dont le Jaecoo 7 que nous avons déjà essayé en hybride rechargeable. Sur le nouveau « petit » SUV, c’est uniquement une hybridation « simple » qui prend place sous le capot. Simple, mais puissante de 224 ch, efficiente, et complétée par une batterie de technologies et d’équipements pour une expérience de conduite digne du segment supérieur. Pari tenu ? Réponse sur les routes sinueuses de Corse où nous avons torturé le Jaecoo 5 !

Jaecoo 5 : Gros Bébé du segment B

Essai Jaceoo 5 super hybride Exclusive

Dans la nomenclature d’Omoda-Jaecoo, la double marque de Chery destinée à l’export et à peine lancée en France, le 5 correspond au segment B, le 7 au C au et le 9 au D. Nous avons donc affaire ici à ce que l’administration qualifie de SUV urbain. Ce bloc singeant un Range Rover, urbain ? Officiellement, oui. Du long de ses 4,38m, il est pourtant 20 cm plus long qu’une Toyota Yaris Cross, 15 cm plus long qu’un Renault Captur ou encore 8 cm plus long qu’un Peugeot 2008. C’est ce qu’on appelle un gros bébé !

S’il se distingue de ses concurrents par ses mensurations, ses différences stylistiques avec son grand frère le Jaecoo 7 sont plus subtiles, bien que nombreuses dans le détail. Il faut dire que seuls 12 cm de longueur les séparent, dont 5 au niveau de l’empattement. Même look, même largeur et hauteur, pas facile de les distinguer au premier coup d’œil mais il existe quelques trucs.

A commencer par sa face avant plus inclinée. Le capot plongeant emporte avec lui la partie haute de la calandre, totalement à l’horizontale sur le Jaecoo 7. Toujours à l’avant, les phares adoptent une signature lumineuse horizontale, quand le modèle supérieur propose une signature à gros pixels distinctive. On perd les blocs de feux additionnels latéraux en forme de cubes, au profit de la calandre inférieure, plus imposante, se poursuivant à l’horizontale par des écopes latérales.

De profil, la ligne bien droite s’étale sur toute la longueur, de la démarcation du capot au feu arrière, quand elle s’évanouit au niveau de la porte arrière sur le grand frère. Le Jaecoo 5 laisse à ce dernier les poignées rétractables, la barre décorative de bas de portes et les ailes arrière marquées.

A l’arrière, le Jaecoo 5 ne dispose pas d’un bloc de feux et de la signature lumineuse horizontale sur toute la largeur, mais de deux feux séparés par un bandeau arborant le monogramme de la marque. On retrouve en revanche l’essuie-glace arrière dissimulé dans le becquet de toit comme sur son grand frère.

A bord du Jaecoo 5 : il met les formes sans négliger le fond

L’habitacle du Jaecoo 5 respire également l’air de famille tout en proposant une interprétation encore plus épurée et moins « 4×4 ». La console centrale séparant les deux passagers sur le 7 est ici bien moins massive, à tel point que les porte-gobelets ne sont plus implantés côte à côte mais de biais, comme l’ouverture du rangement de console centrale, logiquement moins accueillante car moins large.

La planche de bord est un peu plus chic et sportive avec un volant aux lignes plus douces et décoré d’un insert brillant qui fait écho à celui du tableau de bord. Ce volant est par ailleurs légèrement incliné vers l’avant comme sur une fourgonnette, ce qui a valu à notre cerveau de lire en son centre « Iveco » au lieu de Jaecoo. Amusante association d’idées.

Mais la comparaison avec les utilitaires s’arrête là, tant au niveau de l’esthétique que de la qualité perçue des matériaux. Ceux-ci sont par exemple plus valorisants que ceux d’un Dacia Duster, et dans les standards de ce qui se fait sur le segment. Quant à l’éclairage d’ambiance, les surpiqûres et passepoils des sièges en TEP ou encore le rétroviseur intérieur à cadre translucide « façon sans cadre », ils montrent le souci du détail pour rendre cet habitacle agréable à l’œil.

Les deux écrans de 8,9 et 13,2 pouces apportent la modernité à cet habitacle sobre. L’ordinateur de bord est en revanche moins lisible que celui du Jaecoo 7 et ne peut pas être complété par un affichage tête haute. Quant à la tablette centrale, elle regroupe toutes les commandes, et accéder à certaines d’entre elles en conduisant est trop long et compliqué…donc potentiellement dangereux.

Si la sensation d’espace est meilleure à l’avant du fait de cette présentation plus épurée, la place à l’arrière est comparable à celui du grand frère du fait de la faible différence d’empattement. On s’y sent à l’aise, notamment grâce à la luminosité offerte par les grandes vitres et le large toit vitré. S’il est fixe sur ce modèle, il est toutefois plus grand (1,45 m2 contre 1,1 m2 sur le 7).

Derrière le hayon de coffre électrique, les cotes sont en revanche et sans surprise en sa défaveur par rapport au Jaecoo 7, mais de dimension honorable avec ses 410 litres (contre 500 litres).

En parlant de détail, nous remarquons en fermant la porte avant de démarrer que les portes semblent plus lourdes et bruit plus feutré à la fermeture sur le 5 par rapport au 7. Sur ce, il est temps de quitter Bastia pour s’enfoncer dans les terres plus sauvages de la Corse !

Essai Jaecoo 5 hybride : efficient mais pas efficace

La mécanique du Jaecoo 5 est la même que celle de son grand frère, à qui il pique décidément beaucoup. Il s’agit du système hybride baptisé SHS-H, fort de 224 ch transmis aux roues avant. Le groupe motopropulseur reçoit une batterie NMC de1,83 kWh, soit exactement la taille de sa concurrente chinoise toute désignée, la MG ZS, et donc plus que les batteries des Toyota Yaris Cross et Peugeot 2008. Celle-ci alimente un moteur électrique de 204 ch. Une puissance volontairement élevée pour en faire le moteur principal.

Inactif à basse vitesse, le moteur thermique agit en générateur de 40 à 60 km/h et reste donc très discret. Au-delà, il garde cette fonction pendant les phases d’accélération, qui lui feraient consommer beaucoup et fonctionne « normalement » uniquement à vitesse stabilisée pour épauler le moteur électrique. Vous l’aurez compris, ce fonctionnement vise à réduire au maximum la consommation de carburant.

Et les performances alors ? Avec son comportement de voiture électrique la plupart du temps, les accélérations sont vives et silencieuses. Parfois trop vives d’ailleurs au démarrage où le couple de 295 Nm se fait sentir, d’autant que la pédale d’accélérateur est sensible.
Chrono en main, le Jaecoo 5 effectue le 0 à 100 en 7,9 secondes, soit 4 dixièmes de mieux que son grand frère. Le niveau de performances est donc plus que convenable pour ce type de véhicule.

Et pourtant, en conducteur comme en passager, on apprécie beaucoup plus le SUV chinois à rythme paisible. Le toucher de route est flou, la direction est trop démultipliée, le sous-virage constant. Le châssis avoue ses limites très rapidement, tout comme le grip des pneus et les trains avant et arrière semblent déconnectés l’un de l’autre. Vous pouvez toujours passer en mode sport pour augmenter la vivacité du moteur, cela ne changera rien au comportement du véhicule, heureusement sous bonne garde des assistances électroniques.

Le freinage peut quant à lui être pénible à gérer selon le paramétrage : la fonction de freinage régénérative est soit insuffisante, soit trop puissante. Et dans le second cas, on peut se laisser surprendre par la brutalité quand on appuie sur la pédale de frein pour ralentir le véhicule plus fortement.

Le tableau n’est pas tout noir pour autant au chapitre de la conduite. Moteur thermique actif ou non, celui-ci montant rarement dans les tours, le Jaecoo 5 se montre silencieux. Le vitrage feuilleté à l’avant n’est pas étranger à cette quiétude. A vitesse plus élevée, on entendra surtout les bruits d’air. Par ailleurs, en atteignant les 100 km/h, nous remarquons un autre défaut de la direction, qui devient alors floue, impose des micro-corrections, en se durcissant excessivement et de façon inconstante. Perturbant !

Essai Jaecoo 5 levier de vitesse

Quant à la consommation de carburant, celle-ci classe le Jaecoo 5 parmi les bons élèves dans sa catégorie et compte tenu de son gabarit et de ses performances. Selon le constructeur, celle-ci s’établit à 5,3 litres / 100 km. C’est, sur le papier, 0,2 litres de mieux que sur le Jaecoo 7, qui reçoit lui aussi un réservoir de 51 litres.

L’autonomie est donc logiquement plus importante et culmine à 980 km. Durant notre essai sur des routes de montagne, à enchaîner les virages à bon rythme, en ville et sur voie rapide, nous avons relevé 6,5 litres dans les conditions les plus exigeantes et 5,5 litres dans les conditions les plus calmes.

Equipements Jaecoo 5 Exclusive : service tout compris

La gamme du Jaecoo 5 est tout aussi simple que sur les autres modèles, avec deux finitions, Select et Exclusive. Outre la simplicité pour l’acheteur, l’idée est de proposer un niveau digne du segment supérieur, de série. Déjà honorablement doté en entrée de gamme, le Jaecoo 5 est littéralement suréquipé sur notre version Exclusive à l’essai.

Le hayon électrique, les sièges chauffants, les vitres acoustiques, le système audio 8 hp, la caméra 540 degrés…sont autant d’équipements que les concurrents du segment B n’offrent qu’en option. Quant au vitrage acoustique et les sièges ventilés, ils ne sont tout simplement pas disponibles chez les rivaux !

LE point fort du Jaecoo 5 est dans cette dotation qui ne se contente pas d’être ultra complète, mais aussi d’offrir de nombreux équipements de sécurité et de confort, comme les sièges électriques avant à mémoire, la sono Sony à 8 haut-parleurs ou le toit panoramique de 1,45 M2. Celui-ci apporte du bien-être à bord et, s’il n’est pas ouvrant comme celui du Jaecoo 7, est suffisamment surteinté pour ne pas nous chauffer trop sur le soleil corse. C’est en revanche dans l’obscurité qu’on appréciera l’éclairage d’ambiance personnalisable.

On aura moins de chois de teintes pour la carrosseries, avec du blanc (gratuit), du gris anthracite et du noir (600 €). Sur la finition Exclusive, il est également possible d’opter pour une peinture avec toit contrasté noir, dont le vert alpin de notre modèle d’essai et le blanc, moyennant supplément de 300 € par rapport à la peinture métallisée unie.

Prix Jaecoo 5 hybride : il nous rend chèvre

Essai Jaecoo 5 hybride prix

Jaecoo 5 à partir de 26 990 € ou 299 €/mois sans apport

Modèle essayé : Jaecoo 5 SHS-H Exclusive à 28 990 € hors options, soit 29 890 € incluant l’option peinture métallisée et toit noir ( 900 €).
Cliquez ici pour le configurer sur le site du constructeur

Concurrence

En dehors de son rival le plus direct, un autre SUV chinois, le Jaecoo 5 et proposé à un tarif défiant littéralement toute concurrence, surtout dans sa finition Exclusive plus équipée que n’importe quel autre SUV du segment B :

MG ZS hybrid+ 197ch à partir de 22 490 €, soit 27 140 € en finition Luxury avec peinture métallisée – jantes 18, caméra 360, sièges avant chauffants, écran 7 et 10,25 pouces

Dacia Duster à partir de 19 990 €, soit 30 100 € en finition Journey avec moteur hybride 155 ch, peinture métallisée (700€) Pack Cold (300 €) et Pack City (600 €)

Ford Puma à partir de 27 790 €, soit 37 190 € (31 940 € avec remise) en finition ST-Line X avec moteur 1.0 EcoBoost hybrid 155 ch, peinture métallisée (850 €), pack extérieur noir (600 €), Pack Assistance avancée (1 450 €), Pack Hiver (500 €)

Renault Captur à partir de 26 800 €, soit 38 700 € avec la motorisation hybride 160 ch en finition Esprit Alpine avec options

Toyota Yaris Cross hybride 130 ch à partir de 28 800 € soit 36 800 € en finition Trail avec options

Bilan essai Jaecoo 5 hybride : un petit déjà grand

Sans grande surprise, le Jaecoo 5 fait presque aussi bien que son grand frère, dont il reprend la motorisation hybride puissante et sobre, ou encore un habitacle spacieux et soigné. Il partage également les mêmes défauts, notamment son châssis mollasson et sa direction floue et artificielle. Des défauts vite oubliés en roulant tranquillement et en considérant la liste des équipements très riche et son tarif agressif. Il se distingue donc sans mal sur le marché dense des SUV urbains et ajoute même à ses arguments rationnels un style assumé de Ranger Rover abordable, qui pourrait attirer et séduire les clients français.

Essai vidéo Jaecoo 5 hybride

Essai vidéo Jaecoo 7 hybride

Album photos Jaecoo 5 hybride

Photos : Thibaut Dumoulin

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