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Alors que nous avions testé le Toyota Yaris Cross en version 116 chevaux et 4 roues motrices, voilà que la marque propose depuis mi-2024 une version 130 chevaux. Pour savoir si ce surplus de puissance est bénéfique, nous l’avons essayée, mais cette fois-ci en version 2 roues motrices.

Essai Toyota Yaris Cross 130 : du changement seulement… à l’intérieur ?

On va vous la faire courte : extérieurement, rien ne change. Tout est scrupuleusement identique et comme le dit si bien l’adage, tant que cela marche, pourquoi changer une équipe qui gagne ? Près de 200 000 exemplaires de Yaris Cross ont été écoulés l’année dernière. De quoi en faire le best-seller de la marque japonaise.

Essai Toyota Yaris Cross 130

Si l’extérieur ne profite d’aucun changement esthétique, l’intérieur, lui, évolue légèrement. Ne vous attendez pas à une révolution, mais plus à une évolution. Le premier changement concerne le combiné du conducteur, qui devient plus important en passant de 9 à 12,3 pouces… du moins, sur notre modèle d’essai. A noter que la version entrée de gamme, avec le moteur de 116 chevaux, adopte un écran de seulement 7 pouces. Très lisible avec toutes les informations nécessaires, il est personnalisable et c’est assez facile de le piloter avec les touches physiques du volant, sans perdre les yeux de la route.

Essai Toyota Yaris Cross 130

L’écran central évolue également. Il gagne quelques pouces en diagonale, pour arriver à 10,5 pouces sur notre modèle d’essai (seulement 9 pouces sur la version d’entrée de gamme). Globalement, il est beaucoup plus lisible qu’auparavant et assez facile d’utilisation (même si on cherche quelques fois les fonctions dans les menus et sous-menus). Côté définition de l’écran, elle se montre bien meilleure et la réactivité du toucher tactile se montre au top.

En ce qui concerne la qualité qui nous avait parue un peu limite sur la version précédente, on note que Toyota a profité de cette mise à jour pour donner un peu plus de « cachet » à cet habitacle. Ainsi, le haut de la planche de bord adopte un revêtement souple de meilleure facture.

Essai Toyota Yaris Cross 130

Enfin, côté habitabilité, c’est plutôt satisfaisant, quoiqu’un peu juste pour les passagers arrière si ces derniers dépassent le mètre quatre-vingt. Côté coffre, celui-ci est correct avec ses 397 litres de contenance. Il profite par ailleurs d’un double fond. Transmission intégrale oblige, la version quatre roues motrices, quant à elle, doit se contenter de 320 litres.

Essai Toyota Yaris Cross 130 : une gamme complète

Le Toyota Yaris Cross est disponible à partir de 28 200 euros avec la finition Dynamic déjà très complète puisqu’elle comprend beaucoup d’équipements.

Pêle-mêle : le détecteur de pluie, le système de sécurité précollision avec détection des véhicules, piétons et cyclistes, l’alerte de franchissement de ligne avec aide au maintien dans la voie, le régulateur de vitesse adaptatif allant jusqu’à l’arrêt, la lecture des panneaux de signalisation avec limiteur de vitesse, la gestion automatique des feux de route, la caméra de recul, la climatisation automatique, Apple CarPlay et Android Auto, l’écran tactile de 8 pouces, les rétroviseurs extérieurs rabattables électriquement et chauffants, le système d’ouverture et fermeture ainsi que le démarrage sans clé, vitres avant et arrière électriques et le volant cuir.

Bref, un beau package pour l’entrée de gamme mais seulement disponible pour la version 116 chevaux.

Il faut alors considérer la finition Design comme la « vraie » première finition pour la motorisation 130 chevaux. Elle débute à partir de 29 700 euros. Elle y ajoute les clignotants à LED séquentiels, les feux full LED (avant et arrière et antibrouillards), les jantes alliage 17 pouces, les vitres arrière surteintées, les feux de route adaptatifs et le système multimédia Toyota Smart Connect avec écran tactile de 9 pouces et 6 haut-parleurs.

Essai Toyota Yaris Cross 130

Autre finition, dont notre modèle d’essai était équipé, la finition Collection, à partir de 33 700 euros. Elle embarque, en plus, l’instrumentation numérique de 12,3’’, les jantes alliage de 18 pouces, l’avertisseur d’angles morts, l’avertisseur de circulation arrière, les radars de stationnement avant et arrière, l’affichage tête haute, la climatisation automatique bizone, la sellerie mi-cuir, sièges arrière rabattables 40/20/40 et sièges avant chauffants.

Essai Toyota Yaris Cross 130

Enfin, dernière finition plus sportive, la finition GR Sport (vendue au même prix), qui se distingue par quelques attributs sportifs en plus comme des jantes spécifiques 18’’, une calandre spécifique à l’avant, un diffuseur à l’arrière, les sièges Ultrasuede avec surpiqures rouges, des inserts décoratifs argentés. 

Essai Toyota Yaris Cross 130 : une puissance accrue qui suffit ?

Ce qui fait réellement la nouveauté de ce Toyota Yaris Cross, c’est surtout sa motorisation, vous l’aurez compris. Le moteur est le même que dans l’itération de 116 ch, à savoir, un 3 cylindres de 1,5 litres de cylindrée, sans turbo, de 92 chevaux (sur cycle Atkinson pour les férus de mécanique). Mais alors, d’où vient le surplus de puissance sur cette version 130 chevaux ?

Essai Toyota Yaris Cross 130

Eh bien, tout simplement du moteur électrique. En effet, celui-ci voit sa puissance augmenter et profite d’une reconfiguration du système électronique. Grâce à tout cela, la puissance atteint un total de 130 chevaux et un couple de 185 Nm (versus 141 Nm auparavant).

On note une certaine douceur d’utilisation en ville mais aussi sur route nationale. Et en conduite douce, justement, le moteur thermique se montre plutôt discret et est guère sollicité grâce à l’intervention du moteur électrique dans ces phases linéaires.

Cependant, on aurait pu penser que lorsque la conduite devient plus soutenue, la partie électrique permettrait de ne pas trop solliciter la transmission eCVT et ainsi faire hurler le moteur 3 cylindres. C’est râpé. On retrouve toujours cette sensation d’une montée dans les tours du moteur thermique avec cet effet de « moulinette » , propre à la boîte eCVT.

Essai Toyota Yaris Cross 130

De plus, Toyota affirme avoir travaillé l’insonorisation avec un nouveau pare-brise, des vitres latérales plus épaisses et de nouvelles couches d’isolant phonique dans le compartiment moteur, mais ne l’avons pas vraiment constaté. Même si les relances ou accélérations se montrent suffisantes, rien ne permet de voir la différence entre une version 116 et 130 chevaux. Et c’est bien dommage.

Essai Toyota Yaris Cross 130 : pas de changement niveau comportement routier

Après la partie mécanique, passons au comportement routier. Et comme sur la version que nous avions testée il y a deux ans bientôt, on retrouve une belle agilité du train avant, plutôt volontaire. Les mouvements de caisse restent contenus (malgré la position surélevée du véhicule), avec une direction précise qui permet d’enchaîner aisément les virages.

Essai Toyota Yaris Cross 130

Petit bémol, la suspension se montre toujours un peu sèche, que cela soit en « attaque » ou détente. Et c’est encore plus embêtant à basse vitesse lorsque la chaussée est dégradée ou sur des nids-de-poule, surtout pour les passagers des places arrières. Un peu dommage pour un véhicule plutôt adepte des villes et qui s’adresse, potentiellement, à des petites familles.

Essai Toyota Yaris Cross 130

Niveau consommation, c’est quasiment peu ou prou la même chose qu’avec la version 116 chevaux. Nous avons relevé 4,6 litres aux 100 km en ville et une consommation mixte de l’ordre de 6,4 litres aux 100 km (4,5 et 6,2 pour la version 116 chevaux pour rappel). Seule réelle augmentation, la consommation sur route plus proche des 8 litres aux 100 kms (là où la version 116 chevaux faisait 7,5 litres aux 100 km). A relever néanmoins que nous avons du vent en pleine face le jour de l’essai… ce qui peut expliquer la différence.

Essai Toyota Yaris Cross 130 : des concurrents tout aussi intéressants ?

En offrant un peu plus de puissance, le Toyota Yaris Cross peut aller titiller de nouveaux acteurs sur le marché. Et le premier que l’on peut lui confronter, c’est le Renault Captur, fraîchement restylé. Avec sa motorisation hybride de 145 chevaux, il se montre à la fois plus puissant et aussi plus habitable, notamment avec sa banquette arrière coulissante. Ses places arrières sont également plus généreuses et son coffre est plus grand. Et c’est surtout son prix, inférieur (29 700 euros contre 30 800 euros), qui peut faire la différence.

Essai Toyota Yaris Cross 130

Autre adversaire dans l’arène, le Peugeot 2008, qui reste toujours un best-seller dans la catégorie des petits SUV citadins. Avec sa nouvelle motorisation hybride 136 eDSC6, il se montre un cran au dessus du Toyota en termes d’agrément de conduite. Son prix démarre à 28 670 euros, de quoi également chahuter le SUV japonais.

Essai Toyota Yaris Cross 130 : un bon challenger ?

Globalement, cette hausse de puissance ne rend pas le Toyota Yaris Cross aussi performant qu’espéré. Certes, ce gain permet de profiter d’un soupçon de motricité en plus et aussi d’une sonorité un tout petit peu moins présente dans l’habitacle mais c’est tout, au final. Même si la marque en a profité pour faire une mise à jour niveau technologie et qualité, ce n’est pas suffisant à notre sens pour le rendre aussi intéressant que la version 116 chevaux, qui reste toujours au catalogue.

Essai Toyota Yaris Cross 130

De plus, il ne faut pas oublier que pour accéder à ce niveau de puissance, il faut impérativement piocher dans les versions hautes et donc, le tarif augmente en conséquence. Et si vous souhaitez la version 4 roues motrices, sachez que maintenant, seul le bloc de 130 chevaux y a droit.

Photos : Christian CONDÉ