Après un lancement il y quelques mois sur fond de conflit ouvert entre le gouvernement Italien et Carlos Tavares encore CEO de Stellantis au sujet de l’appellation du véhicule, la marque au Scudetto (nom de la forme de la calandre et aussi du Championnat Italien de football) revient avec une version Ibrida (tellement plus chantant en Italien) « 4×4 » pour pouvoir aller skier en mode chic facilement dans les Alpes Turinoise. Pari réussi ? C’est que nous allons essayer de découvrir à travers cet essai réalisé au départ du centre de Design de la marque à Turin.

Soeur jumelle de la Jeep Avenger avec qui elle partage la même plateforme et surtout la même usine de fabrication à Tychy en Pologne (à l’origine de la colère de du gouvernement Italien qui a refusé que le véhicule porte le nom de Milano car le véhicule n’était pas fabriqué en Italie), la Junior est également une cousine éloignée de la 2008 avec qui elle partage la même plateforme. La comparaison s’arrête la.
Avec près de 30 000 commandes depuis son lancement dans 38 pays il y a quelques mois dont 19% en version électrique, article de présentation à retrouver ici, l’Alfa Roméo Junior contribue pleinement au renouveau de la marque qui a su tirer parti du Groupe Stellantis contrairement à Lancia dont les ventes sont en bernes malgré une Ypsilon qui visuellement est réussie mais dont l’affiliation à une Peugeot 2008 ou une Opel Corsa est encore trop forte. Ajoutez à cela des prix nettement supérieurs à ceux de la précédente version et vous avez un flop.
Alfa Romeo Junior Ibrida Q4 : Comment sont les résultats du 4ème trimestre ? Passage en classe supérieure ?
C’est quoi le Q4 ? Dans le jargon de la finance, de l’industrie, … c’est Quarter Four ou 4ème trimestre … Pour Alfa Romeo c’est ce qu’est la transmission intégrale Quattro à Audi. Dans la gamme il se place entre les versions de base et la version Quadrifoglio (versions sportives). Ce système lancé en 1994 était initialement à prise permanente puis avec possibilité d’être en prise temporaire. Jusqu’à présent uniquement les modèles Stelvio et Giulia, il est maintenant disponible sur l’ensemble de la gamme.




Essai Alfa Romeo Junior Ibrida Q4 : La vie à bord

Pas de grande surprise à bord par rapport aux versions lancées initialement, c’est côté mécanique que ce joue la différence. Par contre pour moi qui n’était plus entré dans une Alfa depuis les années 2000 quelle belle surprise ! Le style à l’italienne ça claque ! Les stylistes ont su cacher l’affiliation Stellantis avec succès (ils n’ont pas dû aller voir le CEO de l’époque pour pouvoir faire ce qui a été fait !). On trouve un savant mélange de cuir, d’alcantara, de surpiqures rouges mais aussi de plastiques durs que l’on pardonne tellement l’ensemble est harmonieux ! Les stylistes de la marque on pu à foisons mettre le logo Alfa dans le véhicule. On le trouve sur les joues de planche de bord, très agréable en ouvrant la porte, sur la planche de bord, sur le tapis vide poche, sur la molette des aérateurs et en plus elle est rétroéclairée ! Seul bémol : la clé ! C’est la même que les autres véhicules de la marque et ça c’est dommage.






Côté poste de conduite, pas de fioriture le volant sport avec méplat et alcantara a un bon rendu visuel et permet une bonne prise en main lors de la conduite. L’insert en chrome noir dans la branche est du plus bel effet. Les commandes au volant sont « standards » avec à gauche le régulateur et la limitation de vitesse et à droite les commandes de la télématique et de l’audio. On pourra se poser la question des pushs chrome : seraient ils empruntés à DS ? Le véhicule accueil 2 écrans TFT de 10,2″ chacun, un faisant office de combiné et un central pour le système de navigation.





J’ai gardé le meilleur pour la fin : les sièges, whaou !!!! Cela faisait bien longtemps qu’en ouvrant la porte d’une voiture je n’avais pas eu une telle sensation que dis je une émotion. Les sièges sont signés Sabelt . Visuellement ils allient du cuir, de l’alcantara, des inserts type « carbone », des surpiqures rouges et une broderie rouge du… logo Alfa, encore et encore. Les ouvertures au niveau du dos et de la tête contribuent à l’effet whaou et donnent un côté chic sportif tout à fait dans l’esprit de la voiture. L’ergonomie n’est pas en reste, en s’installant je suis tout de suite bien maintenu et confortable malgré mon gabarit. Ce ressenti se confirmera lors de l’essai routier. En conclusion comme dirai Jean Marc Généreux : « ça j’achète ! »






Coté coffre rien d’exceptionnel, capacité de 400 litres …

Essai Alfa Romeo Junior Ibrida Q4 : Andiamo !
Avant de se mettre en route, il convient de préciser que le Junior Q4 Ibrida n’est proposé qu’en une seule motorisation. C’est le tristement fameux 1,2 litre turbo de 136 ch « Puretech » associé à deux moteurs électriques de 21 kW (28 ch) chacun, répartis sur les essieux avant et arrière. Cette configuration permet une puissance totale de 145 ch, offrant une vitesse maximale de 206 km/h et un 0 à 100 km/h en moins de 9 secondes. Elle est associée à la boite automatique eDCT6 (boite à double embrayage).

Le système hybride est géré par le système “Power Looping”, qui optimise la répartition du couple entre les essieux en fonction du mode de conduite sélectionné. Ce système assure une traction optimale sur des surfaces à faible adhérence et une efficacité énergétique accrue.
La motorisation est associée à quatre modes de conduite accessibles via le système DNA (ça ne s’invente pas !) :
- ADVANCED EFFICIENCY : pour optimiser l’efficacité énergétique, réduisant la consommation de carburant et les émissions .
- Q4 : pour une traction optimale sur des surfaces à faible adhérence, avec activation automatique de la transmission intégrale jusqu’à 90 km/h si nécessaire.
- DYNAMIC : pour une conduite sportive, maximisant les performances et la réactivité.
- NATURAL : pour une conduite confortable et quotidienne, avec activation automatique de la transmission intégrale jusqu’à 90 km/h.
Lors des premiers kilomètres sur les pavés Turinois ce qui frappe c’est le confort d’amortissement du véhicule et ce, malgré les sièges baquets, les pneus tailles basse en monte 215/55 R18. Lors d’un échange que nous avons pu avoir avec un des ingénieurs en charge de la conception du véhicule, il nous a été précisé que ce confort est rendu possible grâce à l’utilisation de la suspension arrière à multibras (Multi Link chez Alfa). Il faut leur décerner une palme à ce titre car le travail est très bien fait !





Au cours de notre essai, nous avons roulé sur différentes routes et les équipes Alfa nous ont même privatisé une route pour aller « crapahuter ». A l’instar de la tendance actuelle des constructeurs généralistes la motorisation proposée reste neutre. C’est à dire : malgré l’ajout d’hybridation avec la transmission intégrale, nous dirons que nous ne pourrons pas aller faire du circuit ou du off road avec la Junior Ibrida Q4 tout au plus se rendre à Cortina d’Ampezzo bien que James aura plus de succès.
Nul n’étant tenu à l’impossible, notre Junior aura brillée par une consommation dans la fourchette haute de la catégorie : 8,5l/100km sur un essai mixte de 151km avalé à une moyenne de 48km/h. La consommation atteignant 9,7l/100km lorsque nous avons « poussé » la voiture.




Essai Alfa Romeo Junior Ibrida Q4 : Alors, Quanto ?
Proposé avec une seule motorisation, la gamme France n’offre qu’une seule finition Ibirida Q4. Pour les versions « classiques » Ibrida il y a 3 finitions de proposées : Ibrida, Ibrida Special et Intensa. Les tarifs de la gamme Junior Ibrida commencent à 29 500 € et montent jusqu’à 35 000 € pour l’Intensa. La version Q4 commence elle à 37 000 € ! On a rien sans rien, le luxe a un prix ! Ces tarifs sont sans les options qui peuvent vite faire monter l’addition bien que la version de « base » est largement bien équipée :
- Teinte Rouge Brera : 1 200 € (à noter la possibilité d’avoir un bi ton avec un toit noir à 1 500 €)
- Jantes Fiori : 350 €
- Toit Ouvrant Electrique Vitré : 1 400 €
Cela revient à un véhicule qui dépasse les 40 000 €. Qui a dit que le luxe n’avait pas de prix ?
A ce prix la qu’offre la concurrence qui est forte sur ce segment ? Dans un premier temps il y a la concurrence interne :
- Jeep Avenger 4Xe à partir de 34 800 € qui peut monter à plus de 37 000 € avec les options. A noter que le toit ouvrant électrique vitré est facturé 1100 € chez Jeep versus 1400 € chez Alfa Romeo…
Puis il y a les autres :
- Toyota Yaris Cross : à partir de 34 400 € (36 900 € avant la remise « automatique ») pour la version Trail jusqu’à plus de 38 800 € lorsque vous prenez des options telles que le toit panoramique ou le pack techno)
- Lexus LBX : qui n’est n’y plus ni moins qu’une « grande cousine » de la Yaris Cross, à partir de 45 100 € ! pour la versions Cool avec un tarif grimpant à 49 500 € si vous prenez l’option Pack Advanced.
Essai Alfa Romeo Junior Ibrida Q4 : Andiamo o no ?
Quoi de plus normal dans une époque qui est à la mondialisation, la globalisation et à l’inondation des marchés de modèles issus d’alliance que de proposer cette Alfa Romeo Junior Ibrida Q4 ? Malgré les contraintes économiques imposées par la maison Stellantis, les ingénieurs Alfistes ont su mettre en avant l’ADN de la marque sur la liaison au sol de cette mouture. Par contre l’unique motorisation proposée reste en retrait de la concurrence « proche » et loin derrière les références en la matière. A ce prix la, il faut être un vrai « tifosi » pour acheter la Junior Ibrida Q4 car la raison nous amènera à aller chez la concurrence.






























































