Citroën a fait le pari d’électrifier son fourgon destiné aux familles nombreuses et aux professionnels du transport. L’ë-SpaceTourer, cousin technique des Peugeot e-Traveller, Opel Zafira-e Life tente de concilier volume, confort et zéro émission. Nous avons pris le volant d’une version courte (M), six places, équipée de la batterie 75 kWh. Verdict après 500 km d’essai.

Notre essai en vidéo

ë-SpaceTourer : un look d’utilitaire civilisé

Le Citroën ë-SpaceTourer ne renie pas ses origines. Le design reste très proche d’un utilitaire, mais notre modèle d’essai en finition « Business Pack » parvient à masquer ses origines avec quelques artifices : vitres arrière teintées, jantes de grand diamètre, inserts chromés, et une teinte de carrosserie noir métallisé optionnelle.

Avec ses 4,96 m de long, la version M n’a rien d’un petit gabarit, mais sa hauteur inférieure à 1,90 m permet tout de même d’accéder à la plupart des parkings souterrains. Les deux portes latérales coulissantes électriques facilitent la vie en ville, et le grand hayon à ouverture manuelle offre un accès large… à un coffre plutôt restreint mais qui sait s’agrandir en faisant coulisser les sièges.

À bord du ë-SpaceTourer: praticité d’abord

L’habitacle trahit l’ADN utilitaire : plastiques rigides, design présentation un peu datée. Pourtant, l’équipement est fourni : sellerie cuir, sièges avant électriques, climatisation tri-zone avec commandes arrière, double toit vitré, écran central de 10 pouces, chargeur à induction, et une installation audio à dix haut-parleurs.

La configuration six places, avec deux sièges individuels coulissants sur chaque rangée arrière et une console centrale modulable, offre une belle flexibilité. Les sièges peuvent coulisser, se retirer, et même se transformer en salon mobile grâce à des tablettes escamotables. Un vrai plus pour les familles.

Seul bémol : la lourdeur des sièges et l’ergonomie perfectible. Certains accoudoirs gênent les manipulations et une fois retirés on ne sait pas trop quoi faire des sièges.

Coté écran, les menus de l’interface tactile de désactivation des aides à la conduite ou pour le réglage audio sont inutilement complexes.

Sur la route : le ë-SpaceTourer, 2,2 tonnes à gérer

Le Citroën ë-SpaceTourer embarque un moteur électrique de 136 ch (260 Nm), couplé ici à la batterie de 75 kWh brute (≈ 68 kWh utiles). Le 0 à 100 km/h est anecdotique, mais ce n’est pas le sujet : on roule zen, en silence, et sans vibrations. En ville et sur route, le confort acoustique est très appréciable.

La conduite est agréable grâce à une direction assistée légère et un bon rayon de braquage. On est assis aassez haut, on domine la route et c’est assez sympa. Toutefois, le poids élevé (2,2 tonnes) impose sa loi. Les suspensions classiques peinent à contenir le mouvement de caisse sur routes bosselées. À l’arrière, les passagers de la 3e rangée subissent des rebonds parfois violents sur des ralentisseurs ou des raccords autoroutiers.

Trois modes de conduite sont proposés (Éco, Normal, Sport) ainsi qu’un mode « sable/boue » (hérité des utilitaires) qui peut dépanner dans certaines situations d’adhérence précaire avec un véhicule aussi lourd. Les trois niveaux de régénération sont sélectionnables via des palettes au volant, ce qui permet d’ajuster celle ci suivant le type de route rencontrée.

Autonomie & recharge du ë-SpaceTourer : suffisante mais pas plus.

Avec une consommation moyenne de 26 kWh/100 km en usage mixte, l’ë-SpaceTourer permet une autonomie réelle d’environ 250 km. En conduite douce, on peut descendre à 24 kWh/100 km, voire moins de 20 en ville. À 130 km/h stabilisés, la consommation dérape à plus de 34 kWh/100 km.

Si la batterie est plutôt conséquente, la recharge sur borne rapide plafonne à 100 kW en DC, (et cette puissance n’est atteinte que brièvement). Comptez environ 40 minutes pour passer de 20 à 80 % de charge, soit 150 km récupérés en 25 minutes. En AC, le chargeur 11 kW est en option à 440 € (6,5 kw de série) , ce qui est regrettable à ce niveau de prix.

Tarif : une addition salé

Le prix catalogue démarre à 48 000 € (bonus non déduit), mais notre version d’essai frôle les 64 000 € avec la batterie 75 kWh, la finition Pack Plus, le toit vitré, la peinture métallisée et quelques options pratiques. Un tarif élevé pour un véhicule qui, malgré ses qualités, conserve une base d’utilitaire et une décote les premières années très rapides.

Pour comparaison un ID Buzz Long que nous avons essayé récement démarre à 58 000 €. Il dispose d’une batterie plus grosse, d’une puissance de recharge de 200 kW en pointe et de 286ch…

Verdict : un bon compagnon… si vous avez la borne à la maison

Le Citroën ë-SpaceTourer est un véhicule attachant dans son genre : modulable, familial, agréable à conduire, et relativement sobre pour son gabarit. Il s’adresse à une cible bien précise : les familles nombreuses ou les professionnels vivant en maison, avec un accès facile à la recharge, et privilégiant des trajets courts à moyens, surtout urbains et peri-urbains.

Mais son positionnement tarifaire, ses performances modestes, son poids conséquent et ses plastiques datés rendent la comparaison difficile face à un SUV thermique 7 places moderne (ex. Skoda Kodiaq) ou un ID Buzz. Dans l’univers électrique, il reste une proposition rare… mais qui aurait mérité une approche plus automobile que simplement utilitaire électrifié.

On a aimé :

✔ Modularité quasi exemplaire
✔ Silence de fonctionnement
✔ Confort de conduite
✔ Équipement riche ( modèle d’essai)
✔ Garde au toit et volume habitable

On a moins aimé :

✘ Plastiques durs
✘ Suspensions à la peine avec le poids
✘ Performances modestes
✘ Recharge rapide limitée
✘ Tarif élevé

Et pour la comparaison historique, découvrer les origines de l’électrique chez Volkswagen, avec le Combi VW électrique ! quel Kombi ! mieux que l’ID Buzz.

François Bouet