Les petites sportives sont-elles mortes ? En motorisation thermique, assurément ! Mais le passage progressif au tout électrique nous offre tout de même quelques belles surprises, à l’image de l’Abarth 600e que nous avons eu l’occasion de prendre en main. Alors, que vaut cette déclinaison énervée badgée du Scorpion ? Réponse ci-dessous !
Essai Abarth 600e en vidéo
L’Abarth 600e est la déclinaison énervée du petit SUV urbain de Fiat, la 600, lancée en 2023. Si cette dernière se veut plutôt discrète et passe-partout, Abarth a décidé de lui donner un peu de piquant pour sa déclinaison sportive.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne passe pas inaperçue !
Essai Abarth 600e : m’as-tu-vu ?
Extérieurement, l’Abarth dispose d’attributs bien visibles et démonstratifs laissant présager de son pédigrée.
Boucliers spécifiques, grosses jantes de 20 pouces, voies élargies de 3 cm, béquet XXL, couleurs flashy, difficile de faire plus évocateur. Si vous vouliez rester discrets, il faudra repasser ! (de quoi porter des vêtements sans plis)
Signe astrologique du fondateur de la marque Carlo Abarth, le Scorpion devenu son emblème s’invite aussi à la fête un peu partout sur la carrosserie.








L’Abarth 600e est 100% électrique, comme sa petite sœur 500e. Mais ici, on trouve sous le capot une motorisation beaucoup plus puissante puisqu’on dispose de 240 ou 280 chevaux en fonction de la finition choisie.
Notre déclinaison Scorpionissima est équipée de la variante la plus puissante, qu’elle partage avec ses cousines Alfa Romeo Junior Veloce et la future Lancia Ypsilon HF. Toutes trois sont basées sur la plateforme eCMP de Stellantis, dans sa version dite “perfo”.
Dans l’habitacle, l’Abarth 600e se montre moins exubérante qu’à l’extérieur : le volant spécifique à deux branches en cuir et alcantara orné de surpiqures (de scorpion, ça va de soi) jaunes acidulées ainsi que l’insert Abarth côté passager distinguent sa planche de bord de celle de la Fiat 600. Mais ce qui se remarque le plus, ce sont les superbes sièges baquets Sabelt : plutôt confortables, ils offrent également un excellent maintien latéral. Deux petits bémols toutefois, ils réduisent légèrement l’espace aux genoux à l’arrière du fait de leur coque proéminente, et ils n’équipent que les versions Scopionissima.
On retrouve une interface multimédia connue au sein du groupe Stellantis, avec néanmoins des graphismes propres à cette Abarth 600e ainsi que des menus dédiés à l’analyse des performances.
Le volume du coffre reste inchangé par rapport à une 600e classique avec 360 litres, ce qui est plutôt correct, mais reste en deçà de celui de ses cousines du groupe Stellantis.












Autre équipement exclusif à la version Scorpionissima, “l’échappement 2.0”. Il s’agit d’un générateur de son, audible à l’intérieur comme à l’extérieur grâce à un haut-parleur placé sous la voiture à l’arrière. Rien de tel pour se faire remarquer, si ça n’était pas déjà fait grâce au look de l’auto !
La sonorité reste agréable à entendre (n’hésitez pas à jeter un œil, ou plutôt une oreille, à notre essai vidéo pour vous faire une idée), et ajoute un peu de fun à la conduite.
Essai Abarth 600e : du son et des sensations
Une fois que l’on a fini de s’amuser à réaliser de faux rupteurs virtuels sur place, il est temps de prendre la route afin de vérifier si le ramage se rapporte au plumage (ou plutôt à l’exosquelette).
Première bonne surprise : le confort. L’Abarth 600e est équipée de suspensions à butées hydrauliques filtrant parfaitement les irrégularités de la route, et ce malgré la hauteur de caisse abaissée de 25mm, les jantes de 20 pouces aux pneus taille basse et un tarage plus sportif des amortisseurs.
Et si vous vous inquiétiez pour votre confort auditif, sachez que le générateur de son s’estompe progressivement au-delà de 80 km/h et qu’il reste totalement désactivable. Il est donc tout à fait possible de rouler au calme si vous le souhaitez !
Il est possible de choisir entre 3 modes de conduite : Turismo, Scorpion Street et Scorpion Track. Chacun dispose de sa propre puissance et vitesse maximale atteignable, à savoir 190, 231 ou 280 ch et respectivement 150, 180 et 200 km/h. Sur la version Turismo, ces chiffres sont de 150, 204 et 240 ch.
Les 2 déclinaisons disposent du même couple maximal de 345 Nm, bridé à 300 Nm lorsqu’on sélectionne le mode de conduite le plus “sage”.





La spécificité du mode Scorpion Track est de se passer totalement de freinage régénératif lors de l’appui sur la pédale contrairement aux deux autres : 100 % de la force de freinage vient alors instantanément du système hydraulique, gage d’une meilleure efficacité et d’un meilleur feeling.
On ne dispose pas de mode one pedal, mais uniquement d’un mode « brake » sélectionnable en appuyant une seconde fois sur le bouton Drive de la commande de boite, qui amplifie le freinage régénératif, sans toutefois aller jusqu’à l’arrêt. Le freinage hydraulique est assuré par un système Alcon composé de disques de 380 mm à l’avant et 268 mm à l’arrière couplés à des étriers à 4 pistons.
Les performances sont assez intéressantes, puisque notre version Scorpionissima de 280 ch autorise un 0 à 100 km/h en 5.85 secondes (oui, c’est précis !), la version Turismo de 240 ch ajoute 4 petits dixièmes à ce chrono.
Le poids reste acceptable avec 1624 ou 1640 kg en fonction de la version, et dans les deux cas la vitesse maximale est limitée à 200 km/h, sur circuit bien entendu ! 😉
Puisqu’on en parle, nous avons eu l’occasion lors de ce bref essai de faire quelques tours sur le Circuit de l’Auxois près de Dijon.
Essai Abarth 600e : en piste !
Amener une telle auto sur un circuit pourrait sembler ambitieux, mais à l’instar de l’Alpine A290 que nous avons essayé il y a quelques mois, l’Abarth 600e ne démérite pas du tout dans cet exercice, bien au contraire !
Comme l’Alpine, les lignes droites ne sont pas vraiment son terrain de jeu favori, encore qu’avec 280 chevaux la mise en vitesse s’effectue de manière très sereine !
La puissance passe au sol sans problème et l’on se prend vite au jeu sur la partie sinueuse du tracé.
L’un des atouts de cette Abarth 600e réside dans la présence en série d’un différentiel à glissement limité Torsen, assurant une motricité sans faille en sortie de virage. Il faudra simplement s’habituer à la sensation qu’il implique dans le volant en courbe (sur circuit mais également sur route) et au fait qu’il faille ramener le volant « manuellement » au centre, le retour ne se faisant pas tout seul comme sur une auto non équipée de DGL.
En mode Scorpion Track, l’ESP autorise une petite marge de dérive avant d’intervenir, de quoi bien enrouler en entrée de courbe au lever de pied ou sur un léger frein.









Il faudra juste veiller à avoir une borne de charge à disposition pas trop loin de la piste, car vous vous en doutez, le gros point faible d’une utilisation sur circuit sera la consommation gargantuesque impliquée par un tel usage intensif.
L’électronique de puissance, les câbles entre le moteur et la batterie ainsi que le refroidissement ont été dimensionnés de manière à garantir la puissance maximale en toute circonstances, le facteur limitant sera donc la capacité de la batterie et ses 54 kWh qui fonderont comme neige au soleil !
La puissance de charge maximale acceptée est de 100 kW sur une borne rapide, de quoi effectuer un 20 à 80% en 27 minutes. Le chargeur embarqué permet quant à lui une charge sur une wallbox jusqu’à 11 kW.
L’autonomie WLTP annoncée est de 322 km maximum, ce que notre bref essai ne nous a pas permis de vérifier (et le circuit n’a pas arrangé les choses !).
Essai Abarth 600e : ça pique ? (oui)
En résumé, on a aimé cette Abarth 600e pour l’expérience de conduite qu’elle offre avec des sensations et performances tout à fait intéressantes, néanmoins on peut regretter qu’elle fasse payer si cher ses belles prestations ! Comptez en effet pas moins de 44 900 € en finition Turismo, auxquels il faudra ajouter 4000 euros supplémentaires pour profiter de l’édition Scorpionissima beaucoup plus intéressante mais limitée à seulement 1949 exemplaires.
Abarth propose tout de même un bonus de 6000 € pour tous depuis le début d’année, de quoi alléger un peu la piquante facture ! La finition Scorpionissima y est éligible car considérée comme un “pack d’options” de la version Turismo. Malin !
Les principaux équipements des versions Turismo et Scorpionissima sont les suivants :



Et la concurrence alors ? Elle sera principalement “interne” avec l’Alfa Romeo Junior Veloce et la future Lancia Ypsilon HF disposant de la même base technique.
La Junior Veloce est proposée à 46 900 €, soit 44 900 € bonus de 2000€ déduit, à comparer aux 42 900 € de l’Abarth 600e Scorpionissima une fois le bonus promotionnel de 6000 € déduit.
Cela reste cher, très cher même, mais si l’on regarde du côté de l’Alpine A290, certes un peu plus petite, sa déclinaison 220 ch en finition GTS est proposée à 42 700 €.
Un tarif quasi similaire donc, mais l’Abarth 600e propose une meilleure habitabilité, plus de puissance, des performances légèrement supérieures… mais une autonomie WLTP inférieure.
On pourrait aussi évoquer la Cupra Born VZ, débutant à 37 990€ pour 231 ch, la MG4 Luxury et ses 245ch pour 39 490 €, la Smart #1 Pro de 272ch et 38 315 euros ou encore les VW ID3 GTX de 286ch à 44 990 € et Volvo EX30 Ultra de 272 ch pour 39 100 €.
Rien de très abordable donc, l’époque des petites sportives thermiques accessibles semble bel et bien révolu !
































Photos : Romain BRESADOLA
