Le Nouvel Automobiliste
Peugeot 3008 facelift LNA Thibaut Dumoulin (43)

Essai nouveau Peugeot 3008 BlueHDi 130 ch : le Lion est-il toujours maître-étalon ?

Peugeot 3008 facelift LNA Thibaut Dumoulin (43)

Comment renouveler un leader, vendu à 800 000 exemplaires en l’espace de quatre ans ? Moderniser sans bouleverser, séduire de nouveaux clients tout en conservant les possesseurs de la version actuelle, donner la réplique aux concurrents en s’en distinguant toujours plus… C’est à cette lourde tâche que Peugeot s’est attelé, pour nous présenter fièrement la version 2020 du SUV Peugeot 3008. Est-il toujours une référence en termes de toucher de route, d’aménagement intérieur et de design ?

Nouveau Peugeot 3008 : il a les crocs !

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Les codes stylistiques actuels de Peugeot ont été initiés par la berline 508. Des phares horizontaux encadrés de deux grands crocs de LED descendant le long du pare-chocs caractérisent un faciès qu’on a rapidement retrouvé sur la nouvelle mouture de la citadine 208. Et en l’adoptant, même le 2008 commençait à faire de l’ombre à la star des SUV. Petit SUV plus si petit (4,30 mètres de long, contre 4,45 pour le 3008) depuis son renouvellement, il a connu une crise de croissance et reçu un design inspiré du 3008, dans une interprétation plus moderne et distinctive. En procédant enfin à son restylage, Peugeot remet le 3008 à la place qu’il mérite dans la gamme.

On retrouve donc sans surprise les fameux « crocs » lumineux qui, pour une raison qui nous échappe, reçoivent une bande de chrome sur les 5 derniers centimètres. Prolonger la LED jusqu’au bout, pour quoi faire ? Les phares, plus anguleux, forment toujours un décroché en partie inférieure, mais cette fois-ci beaucoup moins prononcé. C’est à ce niveau que l’on trouve la nouveauté stylistique propre au 3008 : une prolongation des motifs verticaux de la calandre, via des striures à même la carrosserie. Ce gimmick s’intègre très bien au style et ajoute mine de rien du caractère à la face avant. Phares, calandre et carrosserie se mêlent (sans ressembler à une chaussure heureusement) pour accentuer la largeur de l’auto en insistant sur les éléments horizontaux. Les écopes de chaque côté du pare-chocs et la calandre inférieure à décoration argentée contribuent à cette même unité horizontale.

Les évolutions sont plus timorées sous les autres angles. De profil, on note simplement de nouvelles jantes favorisant l’aérodynamisme. À l’arrière du véhicule, tous les efforts ont été concentrés sur les feux. Contrairement au Peugeot 2008, pas de « griffes » dans les optiques avant, mais on retrouve les trois traits lumineux dans les nouveaux feux. Tout en volume, recouverts de verre légèrement fumé, ils sont incontestablement un merveilleux ouvrage. Ils s’intègrent encore mieux au bandeau noir en adoptant une teinte anthracite, au lieu des blocs rouge précédemment. On notera également que les clignotants arrière sont désormais à défilement.

Comme le fait Jaguar avec son F-Pace ou Land Rover avec son Defender (et sur tous leurs modèles à vrai dire), Peugeot propose désormais un Black Pack. En optant pour cette option, les éléments chromés sont remplacés par des détails noir laqué ou gris foncé, comme les logos, inserts latéraux, seuils de coffre… Certains trouveront que cela banalise la ligne, d’autres que ce pack permet d’atténuer le côté bling-bling des chromes… En tout cas, bonne idée que de laisser le choix en fonction des goûts des uns et des autres !

Intérieur du nouveau Peugeot 3008 : il a l’écran !

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Nous manquerions peut-être légèrement d’objectivité en affirmant que le design intérieur du Peugeot 3008 est l’un des plus beaux de toute l’industrie automobile généraliste. À défaut de pouvoir le dire ainsi, on peut toujours écrire que malgré les années, il ne s’est pas démodé et conserve même de gros accents de modernité. Design singulier, aménagement ergonomique, matériaux de qualité et avenants… C’est toujours un plaisir de monter à bord !

Partant de ce constat, Peugeot n’a pas pris de risque ! La seule nouveauté notable sur le 3008 se situe au niveau des écrans : la tablette centrale grandit pour atteindre 10 pouces de diagonale ; le 3008 se dote d’un tableau de bord entièrement numérique de 12,3 pouces, une taille standard pour ce genre d’équipement. Mais il n’est pas en 3D, contrairement à celui des Peugeot 208 et 2008. Il reste toutefois facilement personnalisable comme sur un Citroën C5 Aircross et propose une variété de modes (minimaliste, conduite avec un schéma du véhicule, navigation avec une carte occupant la majeure partie de l’espace…) dont un avec des cadrans digitaux incluant le compte-tours inversé, comme sur une 308.

Puisque les côtes du véhicule n’évoluent pas, l’espace à bord et le coffre non-plus. L’empattement de 2 675 mm permet un espace généreux à l’arrière, à défaut d’être très lumineux sur notre version à vitres teintées. Le volume de coffre, qui dispose d’un double plancher, n’évolue pas non plus et reste à 520 dm3.

Essai du nouveau Peugeot 3008 : il a le creux !

A-t-on encore besoin de présenter les qualités routières du Peugeot 3008 ? Ce n’est pas un hasard s’il s’est si bien vendu jusqu’à présent. Il choie ses passagers, mais aussi son conducteur en proposant un dynamisme rare sur un SUV, sans compromettre le confort. Est-ce vrai même avec les moteurs les plus modestes ? Nous l’avons vérifié avec le bloc Diesel BlueHDi 130 ch, en boîte manuelle, exactement la même configuration que le Citroën C5 Aircross que nous avions eu à l’essai. Sur le papier, c’est la version la moins excitante et la moins véloce (quoi que la version EAT8 est encore plus lente sur l’exercice du 0 à 100 km/h, avec 11,5 secondes contre 10,8 pour notre modèle manuel). Il faut dire que la puissance des moteurs s’étale jusqu’à 300 ch (Hybrid4), avec des paliers à 180 ch (BlueHDi et Puretech) et 225 ch (Hybrid).

Mais au volant, le 3008 1,5 l mazout s’en sort très bien. Suffisamment vigoureux pour emmener la tonne 429 (soit le même poids qu’un modèle équipé du bloc essence PureTech 180 ch) avec sérénité et même du plaisir. Toujours plaisante à emmener, cette nouvelle génération de Peugeot 3008 a le bon goût d’être bien insonorisée et de ne pas nous mettre plein les tympans les décibels du grondement rustique du bloc Diesel. Depuis le siège conducteur, on apprécie la direction précise et le guidage du gros levier de vitesse intuitif. Il est toutefois important de noter que la boîte manuelle nous prive des modes de conduite sélectionnables.

Le confort est de mise dans tous les cas, mais on prend conscience de l’état pitoyable de nos routes départementales assez rapidement. Les nombreuses irrégularités sont bien absorbées, au prix de secousses franches dans l’habitacle. Haut sur pattes par définition, le SUV tangue et rebondit passivement. Une sensation que nous n’avons pas retrouvée, en tout cas pas dans cette mesure, au volant du 5008 GT.

Équipements du nouveau Peugeot 3008 : il a le cri (le dernier) !

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C’est sur un grand écran en mode Drive-in que les représentants de chez Peugeot (dont le Directeur Général de Peugeot, Jean-Philippe Imparato) nous ont présenté les nouveautés du véhicule dans lequel nous étions assis. Outre le style revu, dont on soulignera tout de même que la technologie LED est de série sur toutes les versions, le 3008 a profité de sa mise à jour pour gagner quelques nouveautés technologiques. On retrouve ainsi le système de vision nocturne déjà vu sur la 508. Sur toutes les versions automatiques, le sélecteur de mode de conduite fait son apparition, permettant de choisir un typage éco, normal ou sport.

Sur notre version d’essai, ces technologies étaient donc absentes. Nous disposions de la finition intermédiaire Allure qui, comme chacune des deux autres finitions (Active et GT), peut se compléter de quelques équipements en optant pour le « Pack ». Notre Allure Pack recevait donc un équipement complet mais pas haut de gamme. Au moins évitions nous l’écran de 8 pouces sans navigation et les jantes de 17 pouces de la finition Active, passant respectivement à 10 et 18 sur notre modèle. Celui-ci disposait par ailleurs du Pack Safety Plus avec système de freinage anticollision amélioré par rapport à la version précédente. Le « Pack » ajoutait à cela l’accès et le démarrage mains libres, les barres de toit, la possibilité de rabattre le siège passager pour en faire une tablette, un éclairage d’ambiance (les jolis petits liserés bleus des porte-gobelets !) et des habillages du tableau de bord et des contre-porte en tissu. Le toit bi-ton noir et le hayon main-libre, de série sur les finitions GT et GT Pack étaient des « extras » piochés dans la petite liste d’options.

Prix nouveau Peugeot 3008 : il a le cran !

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Peugeot 3008 à partir de 31 050 €
Modèle essayé : Peugeot 3008 Allure Pack 1.5 BlueHDi 130 ch BVM à 36 850 € hors options, soit 38 400 € incluant les options suivantes :

  • Peinture Métallisée Bleu Vertigo à 790 €
  • Hayon Mains Libres à 430 €
  • Toit Black Diamond à 330 €

Concurrence

Comme souvent chez PSA, la concurrence la plus proche se trouve au sein même du groupe. Chez Citroën, avec un C5 Aircross moins sophistiqué mais encore plus confortable et plus abordable. Ou pourquoi pas chez Peugeot même, avec un 2008 toutes options si vous n’avez pas les exigences les plus élevées en termes d’espace à bord et de qualité de présentation intérieure ? Chez Renault, le Kadjar se meurt et n’a jamais pu rivaliser avec le lion. Il vous coutera 2 350 € de moins que le 3008 à version équivalente à notre modèle d’essai, certes avec un déficit de 15 ch. Un Ford Kuga diesel 120 ch en finition ST-Line X sera également un peu moins cher en prix catalogue que le 3008 à l’essai, mais d’à peine 500 €. Le Volkswagen Tiguan, tout juste restylé également, inverse la tendance et se montre quant à lui plus gourmand en termes de prix, à 3 000 euros de plus sur une version similaire ! Et comme vous le savez, le marché ne manque pas d’autres concurrents, que ce soit des coréens comme le Hyundai Tucson, des japonais comme la Mazda CX-5… Le Peugeot 3008 peut compter sur son positionnement plutôt intelligent (parfois plus cher, mais il compense par ses qualités) pour leur tenir tête encore un moment !


Bilan de l’essai du Peugeot 3008 restylé

Finalement, Peugeot n’a pas eu un si gros boulot que cela pour renouveler sa star. Un coup de rimmel sous de nouveaux yeux, des LED pour faire feu, quelques technologies en plus, et le voilà reparti. La légende des châssis Peugeot qui surpassent la concurrence même au-delà de la vie du modèle se vérifie une fois de plus. Le toucher de route est une des plus grandes qualités de cette nouvelle mouture du Peugeot 3008 et pour le reste, on ne peut pas dire non-plus qu’il y ait de gros défauts. Le confort y est, la présentation tant dehors que dedans, un choix de motorisations varié et des équipements actuels aussi. Longue vie au roi, donc !

Galerie Photos Peugeot 3008 restylé

Crédit photos : Thibaut Dumoulin pour Le Nouvel Automobiliste