Alors que la Subaru Legacy tire définitivement sa révérence, son dérivé break baroudeur, la Subaru Outback s’apprête en revanche à s’effacer au profit d’une nouvelle génération qui profitera de l’absence de berline à sa base pour délaisser un peu ses attributs de break et s’offrir des caractéristiques de SUV (à retrouver ici). En attendant son arrivée sur le marché l’an prochain, on part pour un road trip en Floride à bord du futur-ancien Subaru Outback. Outback to the future, donc !

Subaru Outback : back in black
L’an passé, on vous a emmené en Australie à travers ce -merveilleux- article. Cette année, à défaut d’Australie, on vous propose un tour dans l’Outback en Floride. Mais ne comptez pas sur nous pour faire un tour dans l’Outback en Renault Floride… On tient à survivre ! Bref, nous voici au volant d’une Subaru Outback le temps d’une location nous menant de Fort Lauderdale à Miami en faisant un « petit » détour par Key West. Et avec un nom de modèle aussi australien, la teinte de notre modèle se veut Back in Black, comme dirait AC/DC !
La Floride ? Vous connaissez un peu si vous nous suivez, on avait déjà présenté cet Etat américain lors de notre roadtrip en VW Atlas Cross Sport (à retrouver ici). Quelques rappels et mises à jour toutefois. Quatrième Etat des USA par son économie, troisième par sa population, la Floride se porte toujours bien depuis notre dernier sujet. C’est, avec le Texas (toujours en tête), un des Etats américains qui continue d’attirer de nombreux habitants des USA avec un taux de migration nette parmi les plus élevés du pays, bien qu’en légère accalmie par rapport au pic de 2019 à 2023.


Le « Sunshine State » est toutefois désormais dépassé par la Caroline du Nord et la Caroline du Sud sur ce plan, le coût de la vie franchement pas amical (euphémisme) en Floride n’étant probablement pas étranger à cela. Et comme les autres années, ce sont essentiellement des Américains venant de Californie, de New York et du New Jersey qui migrent en Floride, venant chercher plus de sécurité, moins de racisme et de meilleures conditions fiscales.

Et comme dans notre article d’il y a 2 ans, on vous conseille vivement de visiter la Floride de décembre à mai pour éviter la saison des pluies et les éventuelles tornades. C’est pourquoi, et pour la quatrième fois, nous y sommes allés… en août. Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Bref, il est temps de décoller de chez le loueur et de découvrir cette Subaru Outback.

Bonne nouvelle, nous échappons à une version de base pour bénéficier d’une série spéciale de milieu de gamme baptisée Onyx Edition et dotée, pour me faire plaisir, du toit ouvrant de série. Petit toit ouvrant, d’ailleurs… Dire qu’il y a 20 ans, les Outback avaient un toit ouvrant panoramique à deux panneaux mobiles. Subaru n’a d’ailleurs toujours pas profité du renouvellement de l’Outback pour doter ce dernier d’un toit ouvrant en rapport avec la taille de son pavillon ! Je ferais un meilleur chef de produit… Ici équipée du moteur de base, elle ne propose aucune option payante : même le choix de la teinte de carrosserie est gratuit… A condition d’avoir signé un chèque de 39 390 $ au préalable, avec le moteur 2,5 l 182 ch. Elle est également disponible en version Onyx Edition XT, équipée du 2,4 l turbo de 260 ch (42 645 $). A l’extérieur, cette série spéciale se distingue essentiellement par ses jantes noires. Les autres éléments spécifiques se trouvent à bord. Alors allons-y !
Subaru Outback à bord
Il est grand temps de partir… faire le tour de la voiture avant de partir à son volant. Le vaste coffre de 561 l à ouverture motorisée recèle encore les tapis de sol emballés. La voiture n’a pas été beaucoup utilisée ! Détail pratique : il est possible de programmer une limite d’ouverture du hayon afin de pas le fracasser contre son garage : bien vu. Et on le verra, bien des choses sont paramétrables dans l’Outback.






Malheureusement, la Subaru Outback n’est pas équipée du démarrage à distance : impossible de rafraîchir son habitacle avant de monter, et on aurait bien apprécié ce genre d’équipement sous le lourd soleil de Floride… d’autant que l’Outback Onyx Edition se dote de la sellerie en TEP des versions Wilderness, typées off-road.


Son revêtement est particulièrement pratique pour ceux qui s’aventurent hors des entiers battus mais on aurait préféré du textile pour notre banal usage routier. En revanche, la sellerie est assez réussie avec son garnissage biton agrémenté de surpiqûres de couleur ocre ou de ses nombreux réglages électriques. Les appuie-têtes avant sont même réglables en inclinaison, fait trop rare pour être souligné, tandis qu’on aurait volontiers troqué la nappe chauffante contre une ventilation du siège.






On trouve en outre le rétro intérieur électrochromatique avec boussole et programmation pour portes de garages, un classique américain. Notre Outback bénéficie également d’un volant chauffant activable par une sorte de palette. Les 36 degrés dehors m’ont naturellement fait passer l’envie d’actionner la chose. Et la température incite fortement à se réfugier à bord et à décoller !
Subaru Outback to Islamorada
Direction Key West, par la highway 1, mais avant cela, première halte au Beach Café à Islamorada qui sera une chouette étape pour la pause dej. Mais ça se mérite, alors roulons. La Subaru Outback dispose, comme quasiment toutes les Subaru non électriques, d’un moteur Boxer, avec cylindres à plat opposés. L’avantage évident, c’est l’abaissement du centre de gravité de la voiture, par rapport à une autre mue par un 4 cylindres en ligne. En outre, le confort vibratoire est légèrement différent et rend la sonorité un poil plus intéressante. Bref, autant de qualités qui sont difficiles à mettre en avant sur de longues autoroutes rectilignes !






Alors on profite du reste à commencer par les aides à la conduite plutôt efficaces, qu’il s’agisse du régulateur actif ou du centrage sur la ligne. Tout est géré par deux caméras en haut de pare-brise (système EyeSight), Subaru se passant de radars. Subaru est un des rares constructeurs à proposer de personnaliser la réponse du régulateur actif : on peut choisir la vigueur de l’accélération de l’ACC pour retrouver la vitesse en consigne. Pas mal. D’ailleurs, vous pouvez aussi paramétrer la durée du dégivrage de la lunette arrière, c’est dire le niveau de détail de l’ordinateur de bord !
Le moteur est largement suffisant avec ses 182 ch, on regrette simplement que Subaru n’ait pas remplacé son H6 (six cylindres boxer), la version haute se « contentant » d’un turbo et de 260 ch. La boîte CVT est plutôt adaptée aux routes américaines et n’a rien de désagréable, d’autant que les palettes au volant permettent de simuler un mode manuel. Pas indispensables dans un Etat aussi plat que la Floride, mais elles sont là.
Là où l’Outback montre son âge, c’est aussi dans l’affichage de la distance par rapport au véhicule suivi. Faute d’affichage tête haute, la voiture est munie d’une série de diodes (vertes, oranges, rouges) au pied du pare-brise, se reflétant sur celui-ci pour signaler l’éventuel danger. Le GPS, quant à lui, signale qu’on approche enfin du Morada Bay Beach Café. On se gare à côté du Chevrolet Panel Van de 1954 aux couleurs du resto… pour prendre des photos, avant de placer la Subaru Outback à l’ombre un peu plus loin. Passionné, oui, mais pas maso.






On profite d’ailleurs de la pause photo pour admirer un peu mieux l’habitacle : si la présentation doit beaucoup au grand écran et à quelques parements de TEP surpiqué sur la planche, on ne peut pas s’empêcher de penser que Subaru n’a pas eu connaissance du mot « cool » depuis des années. Le look n’a rien de passionnant ni particulièrement moderne. Au point que la femme de mon cousin australien a opposé son véto à l’achat d’un Outback, trop moche selon elle !






La planche de bord, issue de la dernière (c’est le cas de le dire) Subaru Legacy, se caractérise donc par un grand écran vertical plutôt réactif et bien hiérarchisé, tandis que les compteurs à aiguille encadrant un écran rectangulaire nous ramènent 15 ans en arrière. Le mot cool est dans doute autant proscrit que le mot élégant chez Subaru ! Autre mépris de la modernité : pas de chargeur à induction à bord (proposé en accessoire), dur à admettre sur une voiture de cet acabit en 2025.






Mais l’habitabilité est bonne, on l’a vu, l’ergonomie générale ne souffre d’aucun reproche… ou presque : le bouton de réglage de l’ordinateur de bord étant curieusement planqué à gauche derrière le volant. Merci à cette pause photo qui m’a permis de le trouver ! Enfin, la Subaru Outback offre des barres de toits modulables (un peu comme sur un Kangoo) permettant de les passer de transversales à longitudinales sans efforts. Bien vu. Dommage qu’aucun styliste n’ait été averti, il aurait pu soigner leur look. Mais au moins, c’est cohérent du reste. Assez de médisance, direction le Morada Bay Beach Cafe.






C’est un lieu incontournable sur la route pour faire une pause : une superbe plage vous tend les bras, joliment agrémentée de tables et de chaises colorées. Tentant : à peine le temps de s’installer dehors, la chaleur me rappelle que la clim, c’est pas si mal. Bref, le déjeuner se passe à l’intérieur. Mais impossible de résister à une petite balade sur la plage avant de partir. Profitez de la vue avant de retourner à bord de l’Outback. On reprend la route.
La Subaru Outback s’arrête chez Honda. Ou presque.
Les 200 kilomètres séparant la pointe Sud de la Floride et Key West sont reliés par une grande route baptisée Overseas Highway. Elle enjambe la mer à de multiples reprises via un paquet de ponts. On dénombre environ un millier d’îlots s’étirant du Nord-est au Sud-ouest, dont Islamorada est le principal au nord. Direction maintenant le Seven Mile Bridge, qui, comme son nom le laisse aisément supposer, est un ouvrage d’art long de 10 887,5 mètres, environ 7 miles dans leurs unités de sauvages. Les Américains feront tout ce qui est en leur pouvoir pour snober le système métrique, c’est ainsi.






Le Seven Mile Bridge est venu remplacer le précédent, bâti entre 1910 et 1912 pour relier les Middle Keys aux Lower Keys. Il s’agissait à l’origine d’un pont ferroviaire (Overseas Railroad), rénové et aménagé en pont routier après l’ouragan de 1935. Le nouveau pont, livré avec 6 mois d’avance en 1982 et primé à de nombreuses reprises, a alors remplacé l’ancien, abandonné ou presque. Une partie sert de jetée aux pêcheurs tandis qu’une autre, rénovée en 2022 permet de relier Pigeon Keys pour les touristes.






On pose les roues sur le Seven Mile Bridge qui s’élève à 20 m au-dessus de l’eau sur une courte section pour permettre la circulation des bateaux avant de revenir à un niveau bien plus proche de la mer. Direction le parc de Bahia Honda, essentiellement attiré par son appellation automobile et par le fait qu’on peut y prendre quelques photos de l’ancien pont depuis la plage. C’est aussi la seule occasion de profiter des bienfaits de la garde au sol élevée pour s’aventurer hors des sentiers battus et prendre la pose. Pas de quoi tester les capacités du X-Mode, cela étant dit. Mais la pause est de courte durée étant donné la chaleur (qui a eu l’idée de venir en août ?). Reprise de la route en direction de Key West.









Go (Key) West
Puisque nous sommes dans les Keys, autant en profiter pour écouter le dernier album des Black Keys. La Subaru Outback peut se targuer d’une bonne installation audio Harman Kardon (12 HP et 576 W) dans cette version Onyx Edition tandis que son insonorisation est bonne. Certes, la vitesse maximale est nettement inférieure à celles de certaines portions d’autoroutes allemandes (no shit), mais dans le cadre de notre parcours, rien à redire du point de vue du confort acoustique. Rien à redire également sur la clim qui a fort à faire en plein soleil et qui le fait bien.






Votre serviteur et la Subaru Outback arrivent sains et sauf à Key West, le temps de prendre la photo de touriste devant Southernmost Point, le point -presque- le plus au Sud de l’Ile (la vraie pointe Sud est dans la base aéronavale, moins facile pour faire un selfie). A défaut de pouvoir y charger l’Outback ou autre chose, la borne indique que Cuba n’est qu’à 90 miles de là. En 1962, la crise des missiles nous rappelait que chez Castro, il y a tout ce qu’il faut. Même des ogives nucléaires.

Découverte en 1521 par l’espagnol Ponce de Leon (si vous avez suivi, on avait parlé de lui lors de l’essai du VW Atlas Cross), Key West reste un spot incontournable en Floride. Parmi les « fun facts », comme on dit en bon français, sachez que Key West a brièvement pris son indépendance en 1982, en protestation aux barrages de police instaurés afin de contrôler chaque voiture circulant sur Overseas Highway, à la recherche d’immigrés illégaux. Conséquence de ces contrôles ? Des embouteillages qui ont impacté économiquement Key West. L’île s’est alors autoproclamée « Conch Republic » et a opté pour une malicieuse devise : « we seceded where others failed ». Habile. Cet épisode est célébré tous les 23 avril.




On gare la voiture devant l’hôtel. La caméra de recul, obligatoire aux USA, fait correctement son job… tant que le soleil ne s’en mêle pas, car le moindre contre-jour rend l’image quasi inexploitable. Un peu dur à admettre pour une voiture pas si vieille. Le confort des sièges et des suspensions est clairement bon, avec un typage plutôt européen, je dois dire. Bref, pas encore crevé et ça tombe bien, il y a de la marche (en plein cagnard…) pour admirer le coucher de soleil sur Mallory Square comme tous les autres touristes. Direction A&B Lobster House pour le dîner et on remercie le taux de change favorable qui fait passer -un peu- l’addition de cet excellent resto !



























Réveil, piscine, petit déjeuner entouré des nombreux coqs (pas suckers) qui arpentent les rues, promenade, photos de bagnoles, plage et départ vers Miami. La route ? Rien de plus simple : la même en sens inverse. Overseas Highway est une deux fois une voie, difficile de se tromper ! « No Rain, No Flowers », chantent les Black Keys, mais puisque nous sommes en saison humide, ce qui devait arriver arriva au moment de rejoindre les Upper Keys : un gros orage comme les régions tropicales savent vous en administrer.


Conséquence ? Les aides à la conduite, pilotées par les deux caméras du système EyeSight, rendent leur tablier. Curieux de voir ce qu’aurait fait une Tesla en pareil cas, mais les caméras de la Subaru Outback n’aiment ni les fortes pluies ni le brouillard. Et la réglementation américaine n’ayant toujours pas perçu l’intérêt d’un feu arrière de brouillard, vous devrez redoubler de vigilance au plus fort de l’orage pour ne pas faire de bisou à la voiture qui vous précède. Rien de nouveau, je m’étais déjà plaint lors du road trip en VW Atlas Cross !
En Subaru Outback à Miami chez mes amis





La météo se calme, le jour se prépare doucement à céder du terrain : petite séance photo devant l’hôtel de ville de Miami qui occupe depuis 1954 l’ancien terminal des hydravions de la Pan American Airlines. Conçu en 1934 par William Delano et Chester Aldrich, ce bâtiment emblématique de la ville mêle style Art déco, fresques aéronautiques et façade de style Mediterranean Revival. Classé monument historique en 1975, le bâtiment méritait bien un petit détour pour une pause photo. Direction Coconut Grove pour dîner avec des amis. Outback to black : c’est la nuit noire et on en profite pour admirer l’éclairage directionnel de la Subaru Outback. Retour chez le loueur dès le lendemain matin pour rendre notre japonaise fabriquée aux USA… mais ça n’est pas la fin de nos aventures automobiles en Floride. Stay tuned, comme on dit là-bas.
A vous d’inventer la vie qui va avec ?

Avant de vous livrer le verdict sur cette Subaru Outback, inutile de vous précipiter chez votre concessionnaire : l’Outback n’est plus importée depuis quelques temps dans l’Hexagone ; notre fiscalité, à l’image d’un homard jardinier, l’ayant tuée. Quelques originaux l’ayant toutefois achetée, elle (difficilement) trouvable en occasion en France : comptez au moins 40 k€ sur le marché pour cette génération.
Cette Subaru Outback a de vrais arguments pour qui recherche un break familial capable de le suivre dans toutes ses activités : à l’aise sur autoroute comme sur des routes de montagne, grâce à son centre de gravité relativement bas, forte de sa généreuse garde au sol et de sa transmission intégrale sophistiquée, l’Outback n’a pas peur d’affronter les routes qui n’en sont pas. En outre, son format de break surélevé présente un avantage non négligeable pour charger des vélos sur les barres de toit : pas besoin d’être un géant pour y parvenir, comme il est de mise avec un banal SUV. La Subaru Outback mérite votre considération si son look ne vous rebute pas.


Il reste toutefois un « détail » non négligeable : si jamais vous n’avez absolument pas l’occasion de rouler en dehors des sentiers battus, on ne m’ôtera pas de la tête qu’un break Škoda Superb sera bien plus recommandable et adapté à l’Europe. Et moins moche. Bref, si vous optez pour la Subaru, à vous d’inventer la vie qui va avec pour profiter de ses capacités hors bitume ! Et à très vite pour un autre essai en Floride : see you later, alligator.
Photos : Le Nouvel Automobiliste
