Vermorel, Audibert & Lavirotte, Rochet-Schneider ou encore Cottin-Desgouttes : ces noms ne vous disent peut-être rien, et c’est hélas normal puisqu’il s’agit de marques automobiles disparues. Disparues… mais pas oubliées : le salon Epoqu’Auto leur a rendu hommage dans un plateau complet de 21 véhicules issus de 14 marques !
Quand le salon Epoqu’Auto salue la mémoire de marques lyonnaises disparues
Parmi les innombrables constructeurs automobiles du début du XXe siècle, beaucoup étaient français et certains étaient lyonnais. De 1896 à 1947, plus de cent constructeurs automobiles sont nés dans l’ancienne Capitale des Gaules, de quoi parler d’une « école automobile lyonnaise ». L’Entre-deux-guerres est encore digne de la prolifération de marques du début du XXe siècle, mais les crises économiques de 1929 puis la venue du Front Populaire en 1936 voient progressivement le nombre d’acteurs diminuer.
La conclusion, on la connaît : ne sont restées que 3 marques généralistes en France, et au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, seul Berliet poursuivait son activité dans la région lyonnaise, avant de se spécialiser dans les camions, d’être racheté par Citroën puis d’être fondu dans Renault Véhicules Industriels.

Les marques lyonnaises disparues, des blasons innovants
Parmi les nombreuses fusions-acquisitions propres à ces périodes de concentration, Rochet-Schneider est un bel exemple : la marque lyonnaise a été absorbée par Berliet en 1939. Plusieurs modèles de ces deux marques étaient présentés, au même titre que douze autres marques surgies du passé. Ainsi de la Philos Torpédo de 1913 installée Place des Lumières, un petit modèle léger et agile, qui se fit remarquer lors de courses régionales, et qui servit aussi entre 1914 et 1918 dans l’Armée française avec un million de véhicules de liaison. Après avoir développé toute une gamme, Philos, qui produisait dans le quartier de Montchat, a été racheté en 1924 par les automobiles Jean Gras.

La doyenne de l’exposition, mais pas du salon puisqu’une pompe à bras du Musée des Sapeurs Pompiers de Lyon datait des années 1850, c’est un vis-à-vis Audibert & Lavirotte de 1898. Cette marque avait été fondé par le lyonnais Maurice Audibert en 1894 qui imaginait produire de façon industrielle, et non plus artisanale, des véhicules à partir de moteurs Rochet-Schneider. Il est ensuite associé à Emile Lavirotte de 1896 à 1901, jusqu’à la dissolution de leur société, et ce malgré un succès pionnier puisque la marque représentait 31 % des immatriculations du Rhône. Leur aventure ne sera pas perdue pour autant : Marius Berliet reprend l’usine, dite « Ateliers de Montplaisir », et pose la première pierre de son succès dans l’automobile.

Egalement exposés, un torpédo Cottin & Desgouttes D12 de 1911, déjà avec boîte 4 vitesses, ainsi qu’une « La Buire » 10A de 1929, produit à une petite centaine d’exemplaires de 1924 à 1929. Le plateau d’exposition était introduit par une autopompe Mieusset de 1914, tandis que parmi les modèles plus récents, on trouvait une Marcadier Barzoï K de 1974 et une New Map Solyto à 3 roues, un petit véhicule de livraison de 1947 et moteur 2-temps qui connut un petit succès avec 4000 unités produites jusque dans les années 1960. Solyto, pour Société Lyonnaise de Tôlerie : les marques lyonnaises sont décidément présentes jusque dans les patronymes !
Nos photos des voitures de marques lyonnaises disparues






























Photos : François Mortier – Le Nouvel Automobiliste