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Alors que nous avions testé le nouveau moteur hybride de 136 chevaux sur l’Opel Astra, nous voulions savoir ce qu’il donnait sur un véhicule plus lourd et notre choix s’est porté sur le Peugeot 5008 avec ses 1 780 kg sur la balance.

Avec ce moteur, qui permet à la marque au lion d’étoffer sa gamme en proposant une version d’accès, le Peugeot 5008 saura-t-il se montrer suffisant en termes de performances ? D’autant plus face à une concurrence offrant principalement des motorisations plus puissantes ? Éléments de réponse ici !

Essai Peugeot 5008 Hybrid 136 : plus joli qu’un Peugeot 3008 ?

Comme le Peugeot e-5008 (comprenez électrique) a déjà été essayé par Thibaut lors de sa présentation officielle, nous ne détaillerons pas le style de la voiture, similaire en électrique et en thermique / hybride. Petit cours d’histoire cependant : au commencement, le premier Peugeot 5008 était un monospace compact, qui dérivait plus ou moins du Peugeot 3008, alors considéré comme un « crossover », mi-monospace mi-SUV. C’était, à l’époque, une alternative au Renault Scénic 7 places de 3ème génération.

Essai Peugeot 5008 Hybrid

Puis, en 2017, la marque française a revu sa copie, tant pour le 3008 que pour le 5008. Les deux sont devenus de « vrais » SUV. Le 5008 de deuxième génération apparaissait alors comme une version longue du 3008, capable d’aller titiller des modèles comme le Renault Koléos ou le Volkswagen Tiguan Allspace. Avec près de 700 000 exemplaires de 5008 « 2 » vendus, force est de reconnaître que le succès a été au rendez-vous.

Puis est arrivée la troisième itération du duo 3008 – 5008, l’an dernier. Pour les différencier davantage que par le passé, le constructeur a conféré une ligne de toit plus fuyante au Peugeot 3008, lui donnant ainsi des allures « fastback », là où le Peugeot 5008 a conservé un format « carré », à même d’accueillir 7 personnes. De fait, le nouveau 5008 semble plus classique que le 3008… et ce n’est peut-être pas un mal, tant son petit frère fait dans l’originalité. Le 5008 devrait séduire une clientèle plus conventionnelle.

Essai Peugeot 5008 Hybrid 136 : copié – collé à l’intérieur

Comme l’on pouvait s’y attendre, 5008 et 3008 partagent la même planche de bord. Ainsi, on retrouve cette ambiance « cockpit », si chère à la marque depuis quelques années. Tout est affaire de goût, certains aimeront, d’autres non. Au Nouvel Automobiliste, nous faisons partie de ceux qui apprécient cette atmosphère, d’autant que cette nouvelle génération a l’avantage d’adopter une planche de bord quand même plus « aérée » que précédemment. Plus agréable à vivre, selon nous. De plus, le tissu gris permet d’éclaircir l’intérieur de ce Peugeot 5008.

Essai Peugeot 5008 Hybrid

Cependant, quelques détails ne nous ont pas forcément convaincu. Tout d’abord, le petit volant qui reste, à nos yeux, placé trop bas pour les bras et qui, selon votre taille et votre position de conduite, peut cacher une partie du tableau de bord. Nous avons également été surpris par le léger manque de réactivité des touches du volant… alors qu’à l’inverse, les commandes à retour haptique, placées sous l’écran central tactile (i-toogles), sont presque trop réactives ! Il suffit d’effleurer (à peine) une fonction sans le vouloir pour que celle-ci apparaisse à l’écran.

Niveau info-divertissement, l’écran central tactile, justement, arbore un design convaincant et moderne. Les menus et sous-menus sont facilement accessibles sans avoir à chercher durant des heures. En revanche, le système s’est montré assez lent à certains moments, avec parfois des difficultés au niveau du tactile, nécessitant par exemple de se reprendre à trois fois pour annuler un parcours.

Essai Peugeot 5008 Hybrid 136 : une habitabilité arrière au-dessus du lot

Tous les Peugeot 5008 adoptent 7 places, sur toutes les motorisations, en tout cas en France.

Sur ce nouvel opus de 5008, la modularité a évolué dans le bon sens. Les (fameux) sièges indépendants, en rang 2, ont disparu, au profit d’une banquette coulissante 1/3 – 2/3 avec dossiers inclinables 40/20/40. Cela profite aux passagers latéraux, qui bénéficient de plus de place, au détriment de la personne se retrouvant au milieu qui dispose, elle, d’une assise plus étroite.

Cette banquette coulisse sur 15 cm afin d’optimiser le volume du coffre ou de dégager de la place aux jambes pour les passagers du troisième rang, qui ont droit à deux vraies places (et non de simples strapontins… c’est assez rare pour être souligné). D’ailleurs, ce Peugeot 5008 adopte un système de basculement pour accéder au troisième rang, très facile à utiliser et surtout très pratique. La plupart des passagers de cette troisième rangée auront un espace suffisant pour faire le voyage. Bon, bien sûr, si vous mesurez 1,90 mètre, nous ne vous garantissons pas un trajet hautement confortable…

Essai Peugeot 5008 Hybrid

Enfin, dernier détail, le volume de coffre se montre généreux, avec notamment 748 litres en configuration 5 places. Il descend à 259 litres lorsque les sièges du troisième rang sont relevés, ce qui reste honnête à défaut d’être très logeable. Si vous abaissez tous les sièges, la capacité culmine à 1 815 litres, avec un plancher plat de surcroît. A noter également que vous disposez d’une bac sous plancher de 80 litres.

Essai Peugeot 5008 Hybrid 136 : une gamme simplifiée

Peut-être dans le but de rationaliser le nombre de finitions, le Peugeot 5008 Hybrid 136 n’en dispose que de deux. Un méthode que certains constructeurs germaniques appliquent depuis peu.

Commençons par la première, à savoir la finition « Allure », disponible à partir de 40 990 €. Elle embarque comme principaux équipements de série les projecteurs et feux LED, les deux écrans juxtaposés de 10 pouces (écran central tactile + dalle numérique pour le conducteur), la compatibilité AppleCarPlay et Androïd Auto sans fil, l’aide au stationnement arrière avec caméra de recul, la climatisation automatique trizone, le régulateur/limiteur de vitesse, la reconnaissance des panneaux de signalisation, l’alerte active de franchissement involontaire de ligne, l’accès et le démarrage sans clé, les rétroviseurs dégivrants et électriques et les jantes alliage 19 pouces.

La seconde (et donc dernière, dont notre modèle d’essai était équipé) est la finition « GT », facturée à partir de 44 990 €. Elle ajoute de série les projecteurs Pixel LED, le i-cockpit panoramique de 21 pouces, la navigation connectée avec planificateur de voyage, les i-toogles numériques, la recharge sans fil, le régulateur de vitesse adaptatif, l’aide au stationnement avant, la commutation automatique et adaptative des feux de route, le hayon motorisé avec accès mains libres, le volant chauffant et les jantes alliage 20 pouces.

Essai Peugeot 5008 Hybrid 136 : sous motorisé ?

Passons maintenant à la partie mécanique, avec la découverte du bloc Hybrid 136 ch. Ce dernier nous avait bluffé sur l’Opel Astra Sports Tourer. C’est (forcément ?) un peu moins le cas sur ce Peugeot 5008, plus volumineux et plus lourd. Logique : si le 3 cylindres de 1.2 litre de cylindrée (PureTech… mais largement remanié) se montre efficace sous le capot d’une compacte ou d’une citadine, il arrive plus vite à ses limites sur un SUV familial de 7 places pesant pas loin d’1,8 tonne.

Essai Peugeot 5008 Hybrid

Ce moteur est toutefois bien aidé par le petit bloc électrique de 28 chevaux : l’ensemble se montre silencieux et plutôt agile en ville. D’ailleurs, avec la petite batterie de 1 kWh, le 5008 autorise quelques phases de roulage en mode 100% électrique (pour se garer ou encore à faible allure dans les bouchons).

Là où le Peugeot 5008 pêche, néanmoins, c’est sur les routes nationales et encore plus sur 4 voies. Le moteur monte très vite dans les tours et se fait trop entendre. Le manque de puissance (ramené au gabarit du véhicule) se fait clairement sentir. En effet, même si le moteur est volontaire, on remarque qu’il peut vite arriver à saturation malheureusement. Ainsi, le seul moyen pour lui donner un peu de punch, c’est d’appliquer le mode Sport.

Bref, vous l’aurez compris, le Peugeot 5008 Hybrid préférera une conduite coulée, d’autant qu’il jouit d’excellentes qualités routières (nous y reviendrons juste après).

Essai Peugeot 5008 Hybrid

Côté consommations, en revanche, cela est plutôt pas mal… même carrément pas mal ! En effet, on se doutait qu’avec un poids sur la balance plus important que l’Opel Astra testée il y a quelques mois, les chiffres allaient augmenter. C’est le cas, mais cela reste contenu, car notre moyenne s’est établie à 6 litres aux 100 km sur un trajet de 450 km. On est monté jusqu’à 7 litres sur autoroute, mais cela reste très honnête. Un vrai bon point.

Essai Peugeot 5008 Hybrid 136 : toujours aussi plaisant à conduire

Beaucoup estiment que les Peugeot ont un excellent châssis… et nous sommes d’accord. Cette version hybride du Peugeot 5008 se montre bien dimensionnée à nos yeux, d’autant qu’elle perd près de 500 kg comparé à la version électrique que nous avions essayée précédemment. Ce qui est énorme et ce qui contribue évidemment grandement à l’agilité du véhicule.

Essai Peugeot 5008 Hybrid

La conduite est fluide. Les virages s’enchaînent facilement, grâce à un train avant plutôt incisif. Malgré son poids, le Peugeot 5008 Hybrid ne souffre quasiment d’aucun roulis, même en virage appuyé. On regrettera peut-être la taille du volant, comme évoqué avant, qui peut dérouter certaines personnes.

Essai Peugeot 5008 Hybrid

De même, côté suspensions, c’est bien filtré et calibré. On ressent à peine les défauts ou nids-de-poule de la route (sauf en étant assis au troisième rang, mais le 5008 se révèle très confortable au global).

Essai Peugeot 5008 Hybrid 136 : un peu seul au monde en version 7 places ?

Face à ses concurrents, ce Peugeot 5008 Hybrid est de loin le moins puissant… mais du coup, aussi le moins cher. Débutant à 40 990 euros en finition Allure, il rencontre sur sa route un confrère français, à savoir le Renault Espace (dorénavant SUV de segment D), qui démarre quant à lui bien au-dessus en termes de tarifs – 45 500 euros en version 7 places. Cependant, le Renault adopte une hybridation plus pointue, qui lui permet de rouler plus longtemps en 100% électrique (et ainsi de réduire sa consommation). Sa puissance de 200 chevaux est plus appréciable niveau de l’agrément de conduite.

Essai Peugeot 5008 Hybrid

Autre challenger que l’on peut mentionner, le Skoda Kodiaq qui peut, comme le Renault, offrir 5 ou 7 places (contrairement au Peugeot 5008 disponible pour le moment uniquement en 7 places). Sa motorisation 4 cylindres à hybridation légère de 150 chevaux est celle qui se rapproche le plus du Peugeot.

Essai Peugeot 5008 Hybrid

Peut-être le dernier adversaire : le Nissan X-Trail. Utilisant également une motorisation hybride, le japonais profite d’une puissance de 213 chevaux. Cependant, son fonctionnement est un peu plus complexe avec des consommations légèrement supérieures. De plus, il faut recourir à la version 4 roues motrices pour disposer des 7 places.

Essai Peugeot 5008 Hybrid 136 : un vrai choix à prendre en compte ?

Niveau tarif, ce Peugeot 5008 Hybrid 136 se permet d’être le seul SUV compact 7 places de la catégorie affiché à moins de 41 000 euros. Il conserve de plus toutes les technologies de la version électrique ainsi que les mêmes équipements avec 2 niveaux de finitions. Il profite également d’un comportement routier plus serein et d’une consommation mesurée.

Essai Peugeot 5008 Hybrid

Cependant, sa motorisation reste un peu juste pour emmener ses 1 780 kg. Notamment lors des phases d’accélération où on sent que le moteur est un peu à la peine. Surtout si vous êtes chargés pour les vacances ou si vous emmenez des personnes sur un long voyage. Pour résumer, n’attendez pas un foudre de guerre ! Sans ça, le nouveau 5008 reste un véhicule très recommandable.

Photos : Christian CONDÉ