La Leapmotor B05 n’est pas un énième SUV chinois électrique. C’est une chinoise électrique, certes, mais le constructeur est fier de proposer une berline compacte, un type de modèle plus agile pensé pour le plaisir au volant et celui des yeux. Cette concurrente de la Peugeot 308 a-t-elle les moyens de venir titiller sa « cousine par alliance » sochalienne sur son terrain du dynamisme ?
AU SOMMAIRE
Leapmotor B05 : un coupé sport ?!

D’un point de vue esthétique, après l’avoir comparée à une Volkswagen Golf en la découvrant en photos, la Leapmotor B05 a plutôt un petit quelque chose de Scirroco de 3 quarts avant. Ses phares reliés par un bandeau à fond noir (sans bande de LED), sa face avant relativement ronde et simple, et sa teinte jaune presque aussi flashy que le vert du (vrai) coupé allemand lui donnent en effet une allure comparable.

Sous les autres angles, on a en revanche affaire à une silhouette classique de compacte. Une compacte sans arrêtes nettes, sans fioritures, au style épuré et, avouons-le, agréable à regarder – hormis la protubérance noire sur l’aile avant, en lieu et place du répétiteur de clignotant habituel.

En somme, le design reprend quelques codes de coupés sans que nous osions pour notre part ranger la B05 dans cette catégorie, et a le bon goût de ne pas verser dans la copie ni la caricature ni l’excès de lignes agressives inutiles.
A bord de la Leapmotor B05 : au-revoir soleil, bonjour grisaille !

La cohérence est là en termes d’approche, avec des lignes rondes et un nombre d’éléments limités, mais le monochrome gris nous filerait presque le bourdon ! Heureusement, la finition Design laisse aussi le choix d’un intérieur Misty Horizon Gray », plus clair et un peu plus gai.
Après avoir refermé la porte dans un bruit creux un peu cheap, nous remarquons que la qualité perçue est plutôt dans la moyenne du segment, en tout cas beaucoup plus valorisante que le positionnement tarifaire ne pourrait le laisser espérer. Les zones de contact sont agréables au toucher et on apprécie l’absence de plastiques laqués sensibles aux rayures et aux traces de doigts.
Ce sont les plastiques brillants qui apportent un peu de variété et de relief, notamment les poignées d’ouverture et de maintien, ou encore les lève-vitres. Bizarrement, le design de cet élément nous a perturbé, car même s’il faut comme sur un levier « classique » basculer vers l’avant pour ouvrir et tirer pour fermer, dans la pratique nous ferons l’inverse tout au long de l’essai – et nos confrères aussi !
L’ambiance grise évite en tout cas l’effet d’engoncement plus prononcé sur un intérieur noir classique, d’autant plus que l’habitabilité est bonne. A l’arrière, les passagers ont largement de la place pour les jambes, la largeur est annoncée comme la plus grande du segment, la banquette s’incline jusqu’à 27°…
D’autres petites attentions leur rendent le voyage encore plus agréable, comme l’un accoudoir avec porte-gobelets et le distributeur de mouchoirs intégré. Moins accessible pour les passagers avant que la traditionnelle boîte en carton sur le tableau de bord, mais plus élégant !
Avec 345 litres de contenance, le coffre est légèrement moins généreux que celui qu’une Peugeot e-308 (361 litres), pourtant plus petite. L’habitabilité au rang 2 a été privilégiée, les 7 cm de plus que la française (dont 5 d’empattement) bénéficiant aux passagers arrière. Et précisons qu’il n’y a pas de frunk à l’avant pour compléter l’espace de rangement.
Leapmotor B05 : un niveau d’équipement complètement marteau

A bord, l’écran central 14,6 pouces compatible Apple CarPlay et Android Auto, le tableau de bord numérique 8, pouces sont de série. Ce dernier est solidaire du volant, ce qui s’avère pratique puisque ce dernier aura moins de chance d’entraver la vision des informations – reproche fréquent sur les modèles Peugeot.
Hélas, ce sont les commandes sur le volant justement qui s’avère pénibles à utiliser. Dommage, car ce sont les rares commandes physiques à bord, Leapmotor ayant choisi, comme Volkswagen qui a pourtant fait machine arrière, le niveau 0 de l’ergonomie en regroupant toutes les commandes dans l’écran central, même celles des phares.
Revenons à nos équipements de série et notamment l’audio, qui inclut 6 haut-parleurs.
Cette finition Life est dotée côté confort de la climatisation automatique, de la recharge sans fil et de la clé numérique et NFC. Pas d’essuie-glace automatique en revanche !
Niveau sécurité, 21 aides à la conduite sont présentes (voir ci-dessus), ainsi que 7 airbags. Le marteau brise-vitre présent dans nos modèles d’essai sera-t-il ajouté aux équipements de sécurité ? La justification de sa présence est-elle de permettre aux passagers de s’extraire du véhicule en cas de blocage des poignées affleurantes ? Mystère.
Le second niveau de finition, disponible uniquement avec la grosse batterie, s’appelle Design…mais ne propose pas de grande différence en termes de design extérieur. On note simplement les vitres arrière surteintées.
A l’intérieur en revanche, la Leapmotor B05 fait le plein d’équipements à commencer par le toit panoramique avec pare-soleil électrique. Les sièges se parent de cuir synthétique et, à l’avant, ils gagnent les réglages électriques et deviennent chauffants, tout comme le volant.
La lumière d’ambiance vient égayer l’habitacle tandis que les rétroviseurs automatiques apportent un peu plus de praticité. Quant au système audio, il s’enrichit de 6 haut-parleurs supplémentaires.
Leapmotor B05 : sportivité limitée
On doit vous l’avouer, entre les documents que nous avons consultés avant l’essai (dossier de presse et brochure) et le discours des intervenants de la marque lors des conférences de presse, nous étions un peu confus sur ce que nous pouvions / devions attendre du modèle en termes dynamiques. Selon ces sources, la B05 est tantôt un coupé sport, tantôt une sage compacte à vocation familiale, tantôt présentée comme une voiture conçue pour le plaisir de conduite, tantôt taillée pour l’efficience sans prétentions dynamiques.
Sur la fiche technique, les 218 chevaux ne sont synonymes de rien en particulier, d’autant que le couple est limité à 240 Nm. Une DS Numéro 4 propose 213 ch et 343 Nm de couple, sans toutefois être sportive ! Dans le même temps, la B05 dispose d’un mode « launch control » pour effectuer les « meilleurs » départs arrêtés, d’un train avant type McPherson et d’un train arrière multibras tandis que le 0 à 100 km/h est annoncé à 6,7 secondes, autrement dit plutôt vif !
En résumé après quelques heures de conduite, le sentiment est meilleur qu’avec nombre de véhicules chinois (certes principalement des SUV). La B05 est confortable tout en restant agile. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’elle est sportive, mais elle ne rentre pas dans la catégorie des voitures placides, même en mode éco.
Son châssis offre un bon compromis pour une voiture chinoise – les constructeurs chinois privilégiant souvent le confort au dynamisme. Dans les virages, elle fait oublier son poids de SUV (plus d’1,7 tonne). La Leapmotor B05 vire à plat, et on regrette que la direction ne soit pas plus communicative pour pouvoir attaquer plus rapidement. Nous choisissons de la paramétrer en sport constamment, sauf en ville où sa lourdeur est moins appréciée.
Cependant, la gestion des aides électroniques ne nous a pas mis en confiance : système qui nous remet dans notre voie alors que nous l’avions désactivée, et qui élargit notre virage à un rythme où cela est risqué, ESP qui se déconnecte seul… Voilà qui modère nos ardeurs et nous fait adopter un rythme plus calme, plus que le maintien latéral insuffisant au niveau des jambes.
Autonomie Leapmotor B05 et recharge : dans les clous

La consommation que nous avons établie lors de notre essai est proche de celle revendiquée par le constructeur : 16,2 kWh / 100 km, contre 15,9 annoncés. Notre parcours, principalement sur des routes départementales, nationales et urbaines avec peu de relief, avec quelques phases dynamiques et une utilisation fréquente du haut niveau de freinage régénératif.
Si les deux versions n’ont pas la même capacité de charge DC maximale, respectivement de 140 kW et 160 kW, leur temps de recharge en courant continu de 30 à 80% est quasiment identique : 16 et 17 minutes. La charge en courant alternatif se fait via un chargeur embarqué classique en 11 kW. Sur le papier, c’est au niveau de ce que l’on retrouve chez la concurrence et pertinent pour l’utilisation de ce type de véhicules.
Prix Leapmotor B05 : concurrentielle même sans bonus

Proposée à partir de 25 400 € en finition Life, elle réclame 2 000 € supplémentaires pour disposer de la grande batterie.
Pour 28 400 €, on accède à notre version d’essai Design ProMax, avec ses 482 km d’autonomie et tous ses équipements cités plus hauts.
Même privée de bonus, elle reste plus accessible que toutes ses concurrentes européennes. Seule la MG4 tient la comparaison !
Et d’ici l’an prochain, la facture devrait encore s’alléger puisqu’il est prévu que la B05 rejoindra les chaînes de production de l’usine Stellantis en Espagne, lui ouvrant la porte au bonus.
La densité du réseau de concessions, n’est même pas un frein. Constitué de 1 000 points de vente à travers l’Europe, il continue à s’étoffer, tout comme la gamme constitué des T03, B05, B10, C10 (notre essai ici) et prochainement B03X. Si vous souhaitez tester par vous même, vous pouver trouver un concessionnaire près de chez vous, juste ici.
| Motorisation | Moteur électrique — 160 kW (218 ch) |
|---|---|
| Batterie | 56.2kWh (Pro) ; 67.1kWh (Pro Max) |
| Autonomie (WLTP) | 401 km ; 482 km |
| 0 – 100 km/h | 6,7 secondes |
| Charge AC (domicile) | 11 kW — 3 h (30–80 %) |
| Charge rapide DC | 168 kW — 17 min (30–80 %) |
| Dimensions (L × l × H) | 4 430 × 1 880 × 1 520 mm |
| Poids | 1 749 kg |
| Volume de coffre | 435 litres |
| Tarif d’entrée | À partir de 25 400 € |
| Finitions | Life – Design |
✓ Points positifs
- ✓Design extérieur agréable, sans agressivité
- ✓Habitacle accueillant et épuré
- ✓Conduite dynamique
- ✓Gamme simple aux tarifs agressifs
✗ Points négatifs
- ✗Aides à la conduite intrusives (inquiétantes ?)
- ✗Contrôle de toutes les fonctions par l’écran
- ✗Non, ce n’est pas un coupé-sport !
Notre verdict
Lancée il y a à peine deux ans, la marque Leapmotor a une clientèle plus jeune de 10 à 12 ans par rapport au reste du marché. Pour autant, comme le prouve la Leapmotor B05, ce n’est pas tant à cause de son image ou de prestations sportives, mais plutôt du fait d’un positionnement prix/modernité/performances qui la rend désirable pour une clientèle au pouvoir d’achat limité qui ne veut pas renoncer à la technologie. Look moderne mais pas clinquant, intérieur épuré et spacieux, équipement pléthorique, expérience de conduite dynamique et efficiente… La B05 a de nombreux arguments pour elle face à ses rivales. Alors non, ne vous attendez pas à un coupé-sport radical, mais à part ce langage marketing abusif, vous ne serez pas trompé sur la marchandise. Mais au cas où : la version Ultra de 245 ch a déjà annoncée par le constructeur !
Note





























