La marque japonaise ne fait jamais comme les autres. Enième et dernier exemple en date, elle vient de remplacer dans sa compacte, à savoir la Mazda 3, le moteur d’entrée de gamme, un 2.0 essence atmosphérique, déjà peu conventionnel, par… un moteur de 2,5 litres de cylindrée pour une puissance de 140 chevaux, lui aussi atmosphérique ! Une plus grosse cylindrée et un surplus de puissance sont-ils le secret pour combattre des leaders du segment des compactes dotés de moteurs turbos ? Le conducteur s’y retrouvera-t-il également au niveau de la consommation ? Réponse dans notre article qui nous permis de (re)découvrir le style Kodo, si cher à la marque.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch : un design Kodo toujours aussi fluide

Étant donné que Thibaut a largement détaillé le dessin de cette Mazda 3, nous n’allons pas aborder celui-ci en détails mais plutôt nous plonger dans l’histoire de cette compacte qui reste toujours au catalogue de Mazda. Et pour cela, il faut remonter au début des années 2000 pour voir apparaître cette berline compacte qui a d’abord été conçue sur la plate-forme Ford C1 du C-MAX et de la Volvo S40. Elle est préfigurée par le concept car MX Sportif présenté au Salon international de l’automobile de Genève en 2003. A savoir que cette première génération de Mazda 3 devient aussi sportive avec l’introduction du moteur de la Mazda 6 MPS avec ses 260 chevaux.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch

Puis c’est en 2008 que la deuxième génération voit le jour au salon de Los Angeles. Le dessin est modernisé mais garde toujours le même dessin au global. Et c’est en 2014 que la 3ème génération apparaît avec un dessin plus fluide et aérodynamique que les deux premières générations. Et ceci est rendu possible grâce au nouveau style dicté par la marque, à savoir le langage stylistique Kodo, défini par les responsables de la marque comme « l’âme du mouvement ». Cette génération signe également l’introduction des motorisations SkyActiv, désormais généralisées dans la gamme Mazda.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch

C’est finalement en 2018 que la quatrième génération se dévoile au salon de Los Angeles de 2018 avec un style très proche de la précédente génération mais en poussant le style Kodo à l’extrême avec des lignes plus pures sans aucune interruption au niveau de la ligne de caisse. Tout est fluide sur cette Mazda 3 de l’avant avec ce capot très bas, des feux très fins et cela court jusqu’à l’arrière pour se terminer au niveau des feux arrière du même acabit que l’avant. C’est peut-être l’aile arrière très galbée qui peut déstabiliser, où on aurait aimé un effet moins sac à dos.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch : un intérieur sobre mais efficace

Lorsque l’on ouvre les portes de cette Mazda 3, on note tout de suite la qualité d’assemblage et des matériaux. Tout est harmonieux avec un style pur (comme pour l’extérieur) où tout tombe sous la main. Ici point d’écran tactile immense, de simples boutons sur la colonne centrale avec sa molette et des boutons physiques pour la climatisation.

On pourra même signaler que le combiné d’instrumentation devant le conducteur conserve des aiguilles en y mêlant un affichage numérique. A la fois old school et technologique, cette Mazda 3 continue de garder à l’esprit le mot « ergonomie » que beaucoup de constructeurs ont perdu.

On pourra peut-être regretter la position de l’écran central qui se trouve un peu loin du conducteur et cela est encore plus problématique du fait que celui-ci devient tactile lorsque vous utilisez Apple CarPlay ou Android Auto. Du coup, il faudra vous contorsionner et allonger le bras pour bénéficier des applications de votre téléphone. D’ailleurs en parlant gymnastique, cela sera pareil pour la vision de 3/4 arrière qui est quasiment nulle avec les montants arrière et donc soit vous vous cassez le dos pour vos manœuvres en marche arrière, soit l’utilisation de la caméra 360° sera largement conseillée.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch : un poil juste niveau habitabilité

A l’avant, les sièges se montrent très confortables mais du fait de la ligne haute de caisse, la position de conduite se montre un peu compliquée à trouver, même si notre modèle d’essai était équipé d’un siège conducteur électrique. On a un peu l’impression d’être engoncé et il ne faut pas être trop claustrophobe.

Mais là où le bât blesse, c’est à l’arrière où les passagers se sentiront à l’étroit. Tout d’abord, la longueur aux jambes est très juste et c’est encore pire si le conducteur a de grandes jambes. La largeur aux coudes est guère meilleure et voyager à 5 personnes semble donc compromis. Enfin, si vous trouviez la surface vitrée trop réduite à l’avant, ce sera encore plus problématique à l’arrière puisque le décroché de la porte arrière accentue le phénomène.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch

C’est peut-être au niveau du coffre que la Mazda 3 se rattrape. En effet, avec ses 330 litres de contenance, elle se situe dans la moyenne et si on rabat la banquette arrière, celui-ci culmine à 1022 litres. Certes, certains concurrents font mieux mais cela reste largement suffisant au quotidien.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch : un moteur plaisant et qui en veut

Après l’esthétique, parlons maintenant mécanique. Et cette Mazda 3 est tout autant différente avec cette nouvelle motorisation e-Skyactiv G. Là où la quasi majorité de ses adversaires préfèrent le downsizing en y associant une suralimentation, Mazda opte pour un gros 4 cylindres de 2,5 litres de cylindrée sans turbo pour son entrée de gamme. Il développe une puissance de 140 ch pour un couple de 238 Nm à 3300 tr/min. A noter que ce moteur dispose d’un taux de compression élevé (13:1), de la désactivation de deux cylindres à vitesse stabilisée et d’un micro-hybridation 24V (et non 48V comme le font les concurrents).

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch

Et clairement, celui-ci se montre très rond avec cette absence de temps de réponse. Cependant, absence de turbo oblige, on est privé de l’effet boost dès les premiers tours de roue, car il faut grimper dans les tours pour aller chatouiller le côté explosif de ce moteur Mazda. Mais au final, cela donne à cette Mazda 3 un comportement volontaire et très linéaire que nous avions perdu avec le temps. Sans parler de la sonorité très sympathique et qui ne fléchit jamais.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch

Pour la consommation, cela reste plutôt honorable car nous avons réussi à obtenir un 6,2 litres aux 100kms en mixte. On peut même tenter d’être sous la barre des 6 litres à 90km/h. A noter que sur autoroute à 130 km/h, la consommation se montre également intéressante avec tout juste 7,3 litres aux 100kms.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch : un peu raide au global

Côté comportement, cette Mazda 3 se révèle plutôt plaisante à conduire. Celle-ci se place bien dans l’enchaînement de virages appuyés sans pour autant que le train avant ne montre de limites. Néanmoins, il faudra batailler avec une direction un peu trop pesante et avec un diamètre de volant assez important. Du coup, pour se garer, il vous faudra sortir les muscles. A noter que cela s’améliore légèrement lorsque l’on enclenche le mode Sport.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch

Autre point à souligner, la suspension qui se trouve un peu ferme notamment à basse vitesse. Certes, cela permet d’avoir un comportement routier digne d’une sportive mais est-ce la vocation de cette Mazda 3 d’entrée de gamme ? Pas vraiment. Sans compter que le freinage nous est apparu un peu léger avec un certain manque de mordant sur les premiers millimètres de la pédale.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch : des concurrents aux abonnés absents ?

Si on regarde chez les concurrents, cette Mazda 3 e-SkyActiv G 140 ch fait un peu cavalier seul étant donné que la plupart ont adopté des moteurs turbocompressés. Malgré tout, si on compare en termes de puissance, la japonaise peut se frotter à des adversaires bien armés.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch

Et la Peugeot 308 en version Hybrid 145 peut se révéler être une bonne concurrente. Son châssis aux petits oignons, sa consommation mesurée et son prix de base plutôt contenu (à partir de 30 770 euros contre 28 000 euros) peuvent faire pencher la balance pour la sochalienne. Même si la japonaise propose un équipement plutôt bien fourni dès son entrée de gamme.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch

Autre prétendante à la Mazda 3, la Volkswagen Golf 8 dans sa motorisation de 116ch. Certes, la puissance peut se montrer un peu en retrait de la japonaise mais avec son comportement routier à l’allemande, ses tarifs plutôt contenus en entrée de gamme (comptez 30 900 euros pour le prix de base) et sa motorisation bien connu pour sa robustesse peuvent faire réfléchir.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch : juste ce qu’il faut

Bien entendu, si on se limite à l’habitabilité plutôt en deçà de ses concurrentes ou encore à son comportement un peu trop raide pour une compacte, cette Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch peut paraître hors compétition face à un panel d’adversaires plus affûtée.

Essai Mazda 3 e-SkyActiv G 140ch

Cependant, avec son moteur franc et linéaire (que l’on ne voit plus), son châssis un peu joueur, son intérieur un peu vieille école (avec ses cadrans à aiguilles) et sans parler de son équipement assez riche, cette Mazda 3 vous donnera la banane sans avoir la même voiture que votre voisin avec ce style tellement « Mazda » pour un prix plutôt raisonnable. Comptez 37 350 euros pour notre modèle d’essai en boîte automatique, finition Takumi (la plus haute), sa teinte Soul Red Crystal et ses équipements plutôt bien fournis.

Crédits photos : Christian CONDÉ

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