Le Nouvel Automobiliste

Essai Dacia Sandero TCe 90 Comfort : parce qu’elle le vaut bien !

Le groupe Renault semble nostalgique ces temps-ci. La Renault Twingo Electric reprend la chanson « Hush Little Baby » de sa toute première campagne de publicité. Depuis quelques semaines, c’est au tour de la chanson « Johnny and Mary » de Robert Palmer d’être ressuscité pour la campagne « toujours là pour vous » ! Alors, pourquoi ne retrouverions-nous pas de vieux slogans comme « elle a tout d’une grande ! » ou « Pas assez chère ! ». Peut-être car ils ne sont plus adaptés à la Renault Clio… mais à la Dacia Sandero, oui ! En effet, la troisième génération n’a jamais été aussi proche de sa cousine techniquement, tout en conservant ses prix attractifs. Alors, faudrait-il être fou pour dépenser plus que le prix d’une Dacia Sandero ? 

Dacia Sandero, la voiture de ceux qui ne mettent pas tout leur argent dans leur voiture

Vous êtes passé à côté de nos articles sur la nouvelle Dacia Sandero ? Comment est-ce possible ? On vous fait un résumé. Présentée fin septembre 2020, elle aurait dû être l’une des stars du Mondial de l’Automobile de Paris. Attendue dès le début 2021, elle se décline en version « classique » et « Stepway » comme les précédentes générations. Sa plate-forme est toute nouvelle : la CMF-B Access. C’est-à-dire ? Elle dérive de la plate-forme de la dernière Renault Clio, mais en version simplifiée. Bye-bye les versions Diesel, la Dacia Sandero se concentre sur la gamme essence, avec un dérivé GPL qui chapeaute la gamme.

Les puissances proposées s’échelonnent entre 65 et 100 ch. C’est le 3-cylindres de 999 cm3 nommé TCe 90 qui a retenu notre attention. Il dispose d’un couple de 160 Nm disponible entre 2 100 et 3 750 tr/min. Des chiffres largement suffisants pour déplacer la masse contenue de notre Dacia Sandero : 1 120 kg (MVODM ou Masse maximum à vide en ordre de marche). Dacia annonce 178 km/h en vitesse de pointe, 11,5 s de 0 à 100 km/h et une reprise de 9,5 s de 80 à 120 km/h en 4e vitesse (+ 3,2 s en 5°, + 9,2 en 6°). Avec 128 g de CO2/km, pas de malus en 2020, ni en 2021 !

Côté finitions, 3 niveaux sont proposés : Access (celle qui sera proposée à 8 690 €), Essential et Comfort. Ou plutôt “seront”, car seule cette dernière est disponible pour le lancement. Côté look, la Dacia Sandero Comfort se distingue par sa calandre chromée, les poignées et rétroviseurs couleur carrosserie et les jantes 5 branches nommées « Saria ». A l’intérieur, la planche de bord s’équipe du Média Display (écran 8 pouces avec réplication de smartphone et son support), de contours d’aérateur Double Chrome Satin et de tissus maillés. Le volant reçoit un revêtement « Soft Feel », ou sensation douce en français !

Vous n’imaginez pas ce que la Dacia Sandero peut faire pour vous

Outre l’esthétique, le niveau Comfort ajoute les rétroviseurs et les vitres arrière électriques en plus des vitres avant, dont seule celle du conducteur devient impulsionnelle. La climatisation manuelle apparaît, alors que les essuie-glaces deviennent automatiques. Pour éviter de rayer vos pare-chocs, notons l’ajout de l’aide au parking arrière. Avec tous ces équipements associés au moteur TCe 90, la Dacia Sandero est proposée à 12 690 €, soit la version le plus onéreuse en boîte mécanique. Pas assez chère ? Passez par le catalogue des options, comme celles de notre Dacia Sandero du jour :

  • + 500 € pour la peinture métallisée (Bleu Iron, une des 6 teintes en option),
  • + 400 € pour le pack City (caméra de recul, détecteur d’angle mort, aide au parking avant),
  • + 400 € pour le pack confort (carte main libre, frein de parking électrique, accoudoir central avec rangement),
  • + 240 € pour la climatisation automatique,
  • + 200 € pour l’ajout de Navigation (Media Nav),
  • + 150 € pour la roue de secours.

Soit un total de 14 580 €, pour une voiture bien équipée. La carte main libre et la caméra de recul sont disponibles individuellement (200 €) et il reste deux options disponibles à ce jour : la plancher de coffre plat et la cartographie Europe (100 € chaque option). Et le toit ouvrant ? Il sera disponible plus tardivement, son prix n’a pas encore été annoncé. Il y a aussi quelques accessoires, dont un panier « pique-nique » aux couleurs de la marque, proposé à 45,31 € !

Voiture à vivre ?

Il est temps de monter à bord ! Le premier contact avec la Dacia Sandero change : il se fait par une poignée « frigo » et non plus palette. Associée à la carte main libre, elle bouleverse déjà l’expérience client. Grâce à ses 149,9 cm de hauteur, se glisser à bord se fait sans heurt, le passager étant bien aidé par les portes autoclaves. Les sièges ont des réglages assez généreux, il est regrettable cependant de devoir accompagner de sa main libre le dossier en plus de la manette pour le régler bien droit. Le volant n’a pas évolué depuis le restylage de la seconde génération de la Dacia Sandero, il est réglable en hauteur (seulement sur Comfort) et en profondeur. Trouver une bonne position de conduite se fait alors rapidement. 

La bonne idée de Dacia est d’avoir réfléchi à la place du téléphone du conducteur. Sur cette version avec l’équipement Media Display (ou Media Nav avec l’option navigation), un écran de 8 pouces est accompagné par un bras support pour y fixer votre téléphone. Notre iPhone Max semble la taille limite pour le ressort de fixation. Une prise USB-A est placée juste derrière pour garder la charge et le connecter à l’écran. La connexion à Apple Car Play peut se faire aussi via le Bluetooth. 

Sur les versions d’accès, il est prévu à la place de l’écran un très ingénieux clapet avec une pince qui permet de placer l’écran de son smartphone à l’horizontale. Une autre prise USB-A est disponible en bas de la console centrale, elle permet la recharge mais pas de se connecter au Media Display. Ne cherchez pas d’emplacement pour la recharge à induction : cet équipement n’est pas disponible, même en option. Notons que l’interface du Media Display est simple et qu’elle n’est pas remplie de sous-menus sans fin !

Ça ne marchera jamais !

Une fois le téléphone bien positionné, il est temps de prendre la route. Plus besoin de clé pour démarrer avec l’option carte main libre, un appui sur le bouton start et le moteur démarre. Ce n’est pas silencieux mais le son du bloc reste plutôt discret. Les pédales sont bien positionnées, le point de débrayage facile à trouver, et c’est parti ! Le petit 3 cylindres se montre vif et il permet d’arpenter la ville sans soucis. Le moteur est bien sûr plus réactif en mode normal qu’en éco, sans pour autant se sentir muselé dans ce dernier cas. En sortie de rond-point, l’ESP est un peu intervenu sur revêtement humide (le temps était brumeux). Ce sont les seules interventions que nous avons eu lors de notre essai.

Nous arrivons très vite dans la vallée de Chevreuse qui regorge de routes sinueuses. Le premier virage serré se présente : le freinage est très satisfaisant et bien stable. On tourne, la direction est un peu légère pour avoir une courbe précise, mais c’est juste un temps d’adaptation. Ce n’est pas une sportive mais il n’y a pas d’hésitation dans son comportement. Il en est de même pour le roulis : il est bien maîtrisé. Les limites du châssis de la Dacia Sandero semblent bien loin. Nous roulons sur route ouverte, nous ne pouvons pas risquer la sortie de piste.

En plus de la direction légère, les dossiers des sièges manquent un peu de maintien alors que l’assise plus galbée ne retient pas plus que ça car la mousse est trop souple. Mais c’est bien là leurs seuls défauts dans ces courbes tentatrices. Sur des routes plus tranquilles, les sièges de la Dacia Sandero présentent un confort de bon niveau. 

Elle a tout d’une grande !

Sur ces routes sinueuses, une petite gêne apparait : les montants A sont un peu épais. Pourtant, la visibilité semble avoir été étudiée : tout comme la Renault Clio, la Dacia Sandero est équipée d’appuie-têtes amincis. Ils permettent une vision latérale améliorée, notamment dans les manœuvres. Car malgré la présence de la caméra et des détecteurs de présence avant et arrière (inclus dans le pack City), il est toujours agréable de voir directement les obstacles de la ville. La direction légère montre ici sa qualité : il est très aisé de se faufiler pour stationner. 

Nous profitons de l’arrêt pour tester les places arrière : nos 183 cm rentrent sans soucis, et il reste encore de la place pour les genoux. Le tunnel central n’est pas trop encombrant et la banquette plutôt plane ne sera pas inconfortable pour un 5e passager. Coté coffre, 328 l de volume vous sont proposés. C’est près de 20% de moins qu’une Renault Clio (391 l) pourtant plus courte de 4 cm (4,09 m contre 4,05m). Ses formes sont régulières mais il saute aux yeux qu’aucun investissement inutile n’a été fait ici. Il y a tout de même des crochets intégrés sur les flancs pour y suspendre ses sacs. Le cric de roue de secours se faufile dans les recoins latéraux. Et la roue de secours se cache sous la fine moquette du fond de coffre à peine rigide. 

A vous d’inventer la vie qui va avec

Les dossiers de banquette se rabattent sur le format 1/3 – 2/3. Et il n’est pas nécessaire de déposer les appui-têtes pour la manœuvre. Il est juste dommage ne de pas avoir de double fond qui permettrait d’avoir un plancher plat. Mais les crochets sont bien là pour soutenir cette tablette optionnelle (100 €). Nous avons essayé d’y placer la plage arrière : il ne manque que quelques centimètres pour qu’elle remplisse cet office. Le plastique doublant le hayon est moulé simplement pour y faire des poignées, et elles sont plutôt ergonomiques.

Reprenons la route pour des trajets plus rapides. D’abord départementale, puis nationale : le moteur répond toujours présent et la boîte de vitesses est toujours aussi douce. Plus étonnant, le silence règne encore à bord de la Dacia Sandero. Que ce soit le bruit du moteur et les bruits d’air, tout est sous contrôle. Bluffant à ce niveau de prix. Côté son, nous aurions aimé des haut-parleurs un peu plus performants, mais c’est pour chipoter un peu. La consommation relevée au tableau de bord tourne autour de 6,0 l/100 km. C’est un peu au-dessus des chiffres officiels (5,6 l/100 km) et sûrement inférieur à la réalité. Nous n’avons malheureusement pas pu confirmer en chiffre réel, faute d’avoir fait un plein.

A fond la forme

Reste l’autoroute, et la bretelle d’accélération qui se présente à nous est bien courte. Mais la Dacia Sandero s’en moque : le TCe 90 ch continue de nous étonner. L’accélération permet de vite rattraper les autres utilisateurs, malgré un faux plat. Il ne faut pas hésiter à monter dans les tours et à retarder le passage au rapport supérieur ; et le tour est joué. De plus, le sifflement du turbo est plutôt agréable. Ce n’est pas le bruit sourd d’une sportive, mais il est sympathique. Dès 110 km/h, l’air autour des rétroviseurs se fait entendre, mais rien d’alarmant : certaines Renault feraient bien de s’en inspirer… 

L’autoroute s’apprécie plus à bord de la Dacia Sandero, qu’à bord du Dacia Duster que nous avions essayé en Eco-G l’été dernier. Nous quittons l’autoroute et nous décidons de tester un terrain a priori pas adapté à cette version : un chemin au milieu des champs. Et bien, sa garde au sol de 16 cm permet de s’y sentir à l’aise. Malgré les trous et les bosses, le confort reste très acceptable. Nous remercions les suspensions souples et les sièges moelleux. Au point de se demander si l’investissement vers une Dacia Sandero Stepway est raisonnable, malgré ses 4 cm de plus en garde au sol. C’est sûrement pour le look, coco !

What else ?

(Quoi d’autre ?) Mais y-a-t-il une concurrente à la Dacia Sandero ? Hors promotion, difficile d’en trouver une à sa taille. La Fiat Panda est proposée à partir de 11 990€, soit 600 € de moins, avec une motorisation de 70 ch et une moins grande polyvalence. Toujours chez Fiat, pour 1 100 € de plus, vous accédez à la Fiat Tipo 4 portes (la 5 portes est plus chère), le moteur propose 95 ch, un équipement moindre mais le coffre est plus grand (520 l).

Dans l’Alliance, avec 300 € de plus, la Mitsubishi Space Star propose un moteur de 71 ch. Plus petite que la Dacia Sandero, les passagers y seront moins à leur aise, et le coffre plus rapidement rempli (235 l). Pour 11 700 €, soit 10 € de plus que sa cousine, vous pouvez vous tourner vers la Renault Twingo TCe 65. Reine du rayon de braquage, son équipement est plus chiche et son habitabilité réduite. 

Mais au contraire de la Dacia Sandero, ces concurrentes ont des prix négociables, et certains de ces constructeurs n’hésitent pas à annoncer des tarifs plus agressifs à condition de reprise (moins de 7 000 €). Au vu de son succès, Dacia peut se permettre de réduire ses remises au minimum !

C’est pourtant facile de ne pas se tromper

Et par rapport à la Renault Clio ? La Dacia Sandero est bien entendu bien mieux placée. Le prix d’appel de la Clio est de 14 900 € (finition Life), soit 320 € de plus que notre Dacia Sandero Comfort avec options. A ce prix-là, aucun luxe, ni de Turbo car le moteur est le SCe 65. Il n’y a même pas un autoradio (350 € en option). Pour avoir des prestations équivalentes, il faut se tourner vers la version TCe 90 Zen à 18 800 €. Avec des options pour la mettre à niveau (jusqu’au même Bleu Iron), l’offre monte à 20 700 €, soit 42 % en plus. Une différence permettant de s’offrir une Citroën Ami avec prime de l’état !

Renault Clio V 2019

Si on regarde côté occasion, pour 14 690 €, vous pourrez trouver chez Renault, pour rester dans le groupe :

Dacia Sandero : c’est plus fort que toi !

Alors, voiture parfaite la Dacia Sandero ? Nous ne sommes pas loin de le penser. Déjà, son rapport prix/équipement était le point fort des générations précédentes. La nouvelle Dacia Sandero apporte une plus grande polyvalence, une présentation améliorée et une ligne plus équilibrée. Bien sûr, elle n’est pas à la pointe des dernières technologies côté équipement et elle manque de possibilité de personnalisation. Bien que ses moteurs soient actuels, il lui manque un peu la fibre écolo. Mais pour répondre à ce point, Dacia propose au même prix une version GPL. Elle perd certes la possibilité d’une roue de secours, mais elle gagne en couple et puissance (+10 ch et +10 Nm), et elle permet d’économiser des euros au quotidien. Et si la plus grande concurrente de notre Dacia Sandero TCe 90 était la Dacia Sandero Eco-G 100 ?

Article & Clichés : Guillaume Agez

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