Le Nouvel Automobiliste
Essai DS 4 E-Tense 225

Essai DS 4 E-Tense 225 : le confort plus que le sport

Croyez-le ou non, nous sommes en 2024 et nous n’avions encore jamais essayé la DS 4.

Alors certes, la DS 4, cousine « chic » de la Peugeot 308, est plus singulière : nous la croisons moins souvent sur nos routes. Malgré tout, nous étions désireux de prendre le volant de celle qui constitue le cœur de gamme de DS. DS qui, dans les mois à venir, continuera de niveler sa gamme par le haut avec la présentation d’un SUV coupé (à l’image de la Peugeot 408), probablement appelé DS 8 (ou pas…).

Il faut dire que la jeune marque française ne compte aujourd’hui « que » trois modèles : le DS 3, la DS 4 et le DS 7 (la berline DS 9 n’étant a priori plus disponible que sur stock).

Outre l’arrivée du « DS 8 », le renouvellement du DS 7 devrait intervenir prochainement. Pas de bruits de couloir sur le remplacement du DS 3, tandis que celui de la DS 4 n’est probablement pas prévu pour tout de suite. Et pour cause : la berline compacte n’est commercialisée que depuis trois ans, à peine. Encore un argument pour l’essayer !

Essai DS 4 E-Tense 225

Essai DS 4 E-Tense 225 : champagne !

Vous le savez, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Pour cette raison, et fort heureusement, la DS 4 est disponible en plusieurs coloris. Parmi eux, celui de notre modèle d’essai : Cristal Pearl. Une teinte facturée 1 000 euros mais qui selon nous, vaut le coup : c’est « la » couleur DS par excellence, celle proposée sur l’ensemble des modèles de la gamme.

Ses reflets champagne mettent particulièrement en valeur les lignes de la DS 4 et font ressortir toute leur complexité. Peut-être sommes-nous pervers, mais à travers la DS 4, nous nous rappelons les traits des Renault du début des années 2000. Quel point commun entre une Renault Mégane 2, par exemple, et cette DS 4, nous direz-vous ? Thierry Métroz. L’homme qui œuvrait, à l’époque, chez Renault, est actuellement le directeur du design DS. C’est lui qui a supervisé le style de la DS 4. Comme sur des Renault de l’an 2000, nous remarquons des lignes saillantes et des arêtes vives. Cela étant, la comparaison s’arrête là (sans mauvais jeu de mots).

La DS 4 dispose d’une certaine originalité, mais d’une originalité « contrôlée », qui ne dérange pas. La DS 4 est bien dans l’air du temps et sa fameuse teinte Cristal Pearl, selon la luminosité, fait ressortir ou non certains plis de carrosserie, ça et là. A sa manière, la DS 4 dispose d’un design « intellectuel » : des traits qui, de prime abord, nous paraissent superflus, prennent toute leur superbe avec un rayon de soleil ou un éclairage savamment choisi.

« Intellectuelle », la DS 4 n’en oublie pas d’être précieuse. Du moins dans notre version Opéra (le haut-de-gamme… ou plutôt, l’ancien haut-de-gamme : DS est en train de changer les appellations de sa gamme. Le « HDG » va dorénavant se nommer Etoile : nous y reviendrons plus bas), le chrome est très présent, de la calandre jusque dans les feux arrière à « effet diamant ». Ces chromes sont mélangés à du noir laqué, notamment au niveau du toit. Des détails travaillés, sans doute pour assoir le côté premium de la voiture, voulu par la marque pour concurrencer les ténors allemands.

Essai DS 4 E-Tense 225

Longue de 4,40 mètres, la DS 4 figure dans la moyenne haute de la catégorie en termes de dimensions. Avec une hauteur, justement, d’1,49 mètre, elle a même presque des airs de SUV, renforcés par les grandes jantes de 20 pouces de la version que nous avions à l’essai. Une déclinaison « Cross » était d’ailleurs encore disponible au catalogue il y a quelques mois.

Quoi qu’il en soit, et vous l’aurez compris, la DS 4 a – pour nous, du moins – réussi son premier pari : celui du style… et du côté premium. Oui, la DS 4 fait premium, mais encore faut-il qu’elle le soit vraiment. C’est ce que nous allons voir en pénétrant dans l’habitacle.

Essai DS 4 E-Tense 225 : chic et choc(olat)

Lorsque nous ouvrons la porte, la DS 4 laisse entrevoir un intérieur couleur chocolat, apanage de notre ex-version haut-de-gamme Opéra. Tout flatte le regard : la planche de bord recouverte de cuir (du moins, sa partie centrale), les sièges qui rappellent le motif « bracelet de montre » des premières (Citroën) DS des années 2010… Nous avons envie de nous y assoir, dans cet habitacle.

Essai DS 4 E-Tense 225

C’est tellement joli et bien fait que nous sommes déçus, en regardant plus attentivement, de voir apparaître des plastiques noirs en haut de la planche de bord ou en bas des contreportes. Contreportes qui sont aussi belles que complexes à manipuler : les poignées sont placées trop bas, à notre goût. A l’endroit où nous aurions vu « naturellement » ces poignées (c’est-à-dire, un peu plus haut), se trouve une jolie pièce de cuir, où nous pouvons agripper la main pour tirer la porte vers soi ou, au contraire, la pousser. A voir comment le cuir vieillira à cet endroit : les multiples mains posées dessus auront peut-être raison de son bon « maintien dans le temps ».

Cette « jolie pièce », imposante, a aussi obligé les designers et ingénieurs à positionner tout en haut de la contreporte conducteur les boutons poussoir des vitres. Ces derniers sont surplombés d’un discret (et beau) morceau de bois véritable.

Indéniablement, l’intérieur de cette DS 4 est beau. Très beau, même. Surtout, l’ambiance y est véritablement premium, d’autant que les matériaux employés sont d’excellente qualité.

L’ergonomie de la planche de bord ne souffre, globalement, d’aucune critique. Nous avons apprécié, par exemple, d’avoir un bouton à côté de l’écran central tactile (10,5 pouces) permettant de revenir directement au menu principal. Nous avons également aimé la réactivité de cet écran, plutôt facile d’utilisation au demeurant. De plus, beaucoup seront enchantés de constater que la DS 4 conserve quelques touches physiques, permettant notamment de réguler la climatisation.

La DS 4 dispose également d’un « pad », entre les deux sièges, de 5 pouces. Cet écran permet, entre autres, de naviguer sur l’écran principal, un peu comme une souris d’ordinateur. Amusant, à défaut d’être indispensable.

Essai DS 4 E-Tense 225

Un point, enfin, sur l’habitabilité : la poupe « ramassée » de la DS 4 fait que les passagers arrière ne disposent pas d’un espace phénoménal. La place est mesurée, donc, à l’arrière, mais globalement, nous n’y sommes pas si mal, d’autant que la banquette est confortable.

Le volume du coffre (390 litres dans notre version hybride rechargeable ; 430 litres dans les versions « non hybrides rechargeables ») n’impressionne pas mais reste dans la bonne moyenne de la catégorie des berlines compactes PHEV (une Audi A3 ou une Mercedes Classe A PHEV, entre autres, font légèrement moins bien). Le coffre est bien « taillé », mais attention au seuil de chargement, assez haut.

Essai DS 4 E-Tense 225 : ok Iris

Un autre point, rapide, sur les équipements principaux de la DS 4. A l’heure où nous écrivons ces lignes, DS est en train de revoir la nomenclature de sa gamme, désormais axée autour de deux finitions : Pallas et Etoile (le haut-de-gamme, qui viendra remplacer « notre » niveau Opéra).

Le premier niveau (Pallas, donc) dispose de sièges en tissu spécifique (avec une mousse renforcée pour plus de confort), de vitres latérales feuilletées acoustiques à l’avant ou encore d’une climatisation automatique bizone. Nous pouvons également citer, au rang de ses équipements, le régulateur adaptatif, la caméra de recul ou l’aide au stationnement (avant et arrière).

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Le deuxième niveau Etoile offre des sièges « mixtes » tissu et alcantara ou alors, en option, un intérieur cuir Brun Criollo comme sur « notre » DS 4. Elle ajoute surtout des projecteurs DS Matrix LED (capables de s’adapter à la circulation, pour ne pas éblouir), des vitres et lunette arrière surteintées, le « pad » de 5 pouces que nous évoquions plus haut (DS Smart Touch, de son petit nom), l’affichage tête haute (très agréable à l’usage)… Côté option, outre le cuir, nous pouvons compter les sièges électriques qui peuvent également être chauffants et « climatisants ».

La principale innovation à bord, exclusivité de la finition Etoile/Opéra, c’est le système d’infotainment « DS Iris System » qui intègre dorénavant Chat GPT et que l’on peut activer en disant « ok Iris ». L’ensemble est plutôt convaincant à l’usage… même si nous aurions apprécié qu’à la question « Ok Iris, qu’est-ce que tu penses de la DS 4 ?« , la voiture nous réponde autre chose que : « la DS 4 est un modèle de voiture mais je n’ai pas d’informations précises à vous donner à son sujet » ! Mais c’est parce que nous sommes blagueurs.

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Essai DS 4 E-Tense 225 : une DS 4 pour filer droit

225 chevaux un peu timides, mais un confort exemplaire

Sur la route, la DS 4 E-Tense (comprenez hybride rechargeable – essence électrique) fait preuve d’un confort remarquable (un confort « ferme », sans doute à cause des jantes de 20 pouces de notre modèle d’essai, mais un confort quand même bien là). Elle enchante surtout par une direction ultra-précise et une prise de roulis inexistante. La mener sur des routes de montagne a quelque-chose d’enthousiasmant… à la déception près que nous ressentons clairement le poids de la voiture.

Eh oui : « notre » DS 4 pèse 1 653 kilos (dont près de 300 kg de moteur électrique et de batterie, d’une capacité de 12,4 kWh). Alors, bien-sûr, avec 225 ch sous le capot (il s’agit de la puissance cumulée des deux moteurs : bloc essence de 180 ch PureTech + moteur électrique de 110 ch), les dépassements ne sont qu’une formalité et la DS 4 peut gratifier son conducteur d’accélérations très nettes. Néanmoins, c’est loin d’être tonitruant et, surtout, les 225 chevaux semblent un peu timides. Peut-être est-ce aussi dû à la valeur du couple développée par l’ensemble mécanique (360 Nm), plus basse que sur certaines de ses rivales.

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C’est dommage car la précision de la direction et l’excellente tenue de route inciteraient à une conduite plus sportive. Mais ce n’est pas le créneau de la DS 4, et nous nous en accommodons parfaitement : elle est faite pour filer droit, pour tracer sa route, pas pour être sportive. D’ailleurs, si elle dispose d’un mode « Sport », qui rend la direction un peu plus ferme et change la préhension de la pédale d’accélérateur, ce dernier n’offre pas une grande différence de ressenti par rapport aux autres modes proposés (Confort, Hybride et électrique).

La très bonne insonorisation et les changements de vitesse de la boîte automatique à 8 rapports (quasiment imperceptibles) appellent à une conduite coulée… tout comme le système d’affichage tête haute (de série sur notre finition haut-de-gamme), agréable à l’usage, et l’éclairage intérieur, très « soft« . Il en « jette » moins que dans certains autres modèles (qui peuvent proposer des dizaines d’éclairage différents et plein de néons partout) mais nous avons apprécié, justement, sa discrétion lorsque nous roulions de nuit.

DS 4 hybride rechargeable : les consommations que nous avons constatées

L’intérêt d’opter pour un modèle hybride rechargeable est « d’user », le plus possible, du moteur électrique pour faire diminuer les consommations du bloc thermique. A ce jeu-là, la DS 4 E-Tense 225 se débrouille bien… mais il y a un « mais ».

En « bonne hybride rechargeable », la DS 4 favorise effectivement son ensemble électrique. Résultat, sur un trajet combinant nationales, départementales et villes (pas d’autoroutes), sur environ 250 km, nous avons réussi à descendre sous les 4 litres/100 km (3,7 pour être précis), avec une consommation électrique de 6,6 kWh/100 km.

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Ces scores sont très bons. Le « hic », c’est que pour y arriver, nous avons adopté une conduite très (très) coulée, rendue – notamment – possible grâce à l’instrumentation de la DS 4 qui permet facilement de voir dans quelle « phase » nous nous trouvons (électrique, sollicitation du moteur thermique, « recharge en roulant », etc.), pour ainsi contrôler la pression exercée sur l’accélérateur. Nous avons aussi usé du mode « B » (Brake), qui renforce le frein moteur et facilite la recharge de la batterie en roulant.

Il est aussi à noter que malheureusement, à première vue, la batterie se décharge vite. L’ordinateur de bord indiquait, lors du trajet évoqué au-dessus, 40 km d’autonomie en tout électrique (contre 55 annoncés par DS : une différence théorie – pratique observée sur tous les modèles PHEV).

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Et sur autoroute, sans surprise, l’autonomie descend largement, si bien que la batterie se vide rapidement. Bilan des courses : sur un parcours uniquement autoroutier d’environ 350 km, nous avons tourné autour des 8,5 litres/100 km. Entendons-nous bien : cette donnée est loin d’être mauvaise, au regard du poids de la voiture et de sa cavalerie. En revanche, la DS 4 ne brille pas sur ce chapitre.

Essai DS 4 E-Tense 225 : quelles sont ses autres motorisations ?

Nous avons abordé, plus haut, les niveaux de finition de la DS 4, dorénavant au nombre de deux. Pour ses moteurs aussi, la compacte française fait dans la simplicité : la DS 4 propose (en plus de sa déclinaison hybride rechargeable que nous avons testée), un bloc essence PureTech de 130 ch, un 1.2 PureTech de 136 ch associé à une micro-hybridation et un diesel BlueHDI de 130 ch.

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Il y a cependant deux complexités à prendre en compte : la première, c’est qu’il est probable que le 1.2 PureTech « micro-hybride » de 136 ch, introduit il y a quelques semaines dans la gamme, remplace rapidement le bloc essence PureTech de 130 ch.

Deuxième complexité : seul ce moteur « micro-hybride » est pour l’instant associé aux deux nouveaux niveaux de finition Pallas et Etoile. Les autres motorisations de la gamme (dont celle que nous avons essayé) gardent pour l’instant les anciens niveaux de finition : Bastille, Performance Line, Rivoli et Opéra. A suivre, donc, au cours des prochaines semaines, car il serait étonnant que ces anciens niveaux restent.

S’agissant des prix, la DS 4 fait aussi dans le premium : à titre d’exemple, la DS 4 micro-hybride de 136 ch démarre tout juste sous les 40 000 euros avec le nouveau niveau de finition Pallas, et dépasse les 45 000 euros en finition Etoile. Vous vous en doutez, « notre » DS 4 hybride rechargeable est plus chère. Bien plus chère, même, puisque dans sa finition Opéra (sans doute, donc, appelée à être remplacée par le niveau « Etoile »), elle réclame plus de 56 000 euros.

Si l’on compare à ses concurrentes, Mercedes Classe A et Audi A3 PHEV, la DS 4 est un peu moins chère… mais elle est, en revanche, clairement plus chère qu’une Peugeot 308, notamment. C’est particulièrement le cas lorsque l’on compare les deux en version hybride rechargeable, alors qu’elles partagent la même mécanique.

La DS 4 est configurable ici et .

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Sa principale qualité, à la DS 4, c’est de bien présenter. Tout est « beau » : l’extérieur, l’intérieur… Elle offre par ailleurs un confort de haut vol et des équipements réellement haut-de-gamme. Nous aurions juste aimé que la DS 4 soit moins lourde, pour enregistrer des consommations plus basses (même si au demeurant, sa technologie hybride rechargeable « fait le travail ») et qu’elle soit moins chère.

Galerie photos DS 4 E-Tense 225

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