… comme l’A290, par exemple, présentée il y a quelques mois.

Fabrice Izzillo

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Bonjour Fabrice Izzillo ! Pouvez-vous nous présenter rapidement votre parcours et vos fonctions actuelles, chez Alpine ?

Je suis en charge des programmes A290 et A390 chez Alpine depuis 2 ans. J’ai 30 ans de groupe Renault à mon actif, et je dirais que ça fait une petite quinzaine d’années que je travaille sur l’électrique.

Je suis passionné de voitures de sport : être chez Alpine aujourd’hui est donc plaisant !

Alpine s’attaque, à travers ces deux modèles, à un nouveau public. Comment avez-vous identifié ces nouveaux clients et quels modèles concurrents avez-vous en tête ?

On va avoir un positionnement particulier et assez unique, notamment avec l’A390. Ce n’est pas un SUV, mais un “Sport Fastback”, car bien plus bas qu’un SUV traditionnel. On va s’adresser à des clients désireux de faire un achat émotionnel, moins porté sur l’utilitaire. On cherche bien-sûr à étendre notre panier de clients avec l’A390. Forcément, il s’adressera à plus de monde que l’A110, même si nous garantissons qu’un pilote émérite pourra prendre beaucoup de plaisir au volant de l’A390.

Cela restera un véhicule qui permettra à son possesseur d’amener sa famille en week-end ou en vacances, avec des bagages.

Finalement, est-ce que vous visez, avec cette voiture, des clients d’A110 qui auraient une famille ?

Je pense effectivement qu’on aura des clients qui posséderont les deux véhicules. L’ADN d’Alpine, c’est à la fois de la sportivité et de la facilité (dans la conduite). C’est ce que propose l’A110 et ce que proposera l’A390.

L’A390, c’est une A110 en termes de performances et d’agilité, bien que le poids ne sera pas le même. Bien-sûr, en 100 % électrique et avec la possibilité d’embarquer 3 personnes à l’arrière !

L’A390 sera basé sur la plateforme Ampr medium, complètement remaniée : trains, châssis, suspensions, freins… on a également ajouté deux moteurs à l’arrière et une nouvelle batterie, constituée notamment d’une chimie différente, comparé à l’existant. Pour répondre à nos exigences en termes de performances.

Pourquoi trois moteurs (deux à l’arrière, un à l’avant), d’ailleurs ?

Pour retrouver, comme je l’évoquais, les performances et l’agilité d’une A110. Par tâtonnement, nous avons réalisé que c’était la meilleure configuration possible : un moteur à l’avant, deux moteurs à l’arrière et un système d’active torque vectoring.

La voiture, bien que quatre roues motrices, sera typée propulsion.

Sans roues arrière directrices ?

Les roues arrière directrices n’auraient pas permis de reproduire le comportement de l’A110. D’autant que des roues arrière directrices, c’est lourd. 

Fabrice Izzillo

Là où il y aura une petite différence avec l’A110, quand même, c’est quand il y aura trois passagers à l’arrière et un coffre rempli…

Forcément, cela va jouer sur le 0 à 100 km/h ou sur un tour de circuit ! Mais pour le reste, c’est anecdotique.

Parlons un petit peu du concept-car que vous avez présenté, A390 “beta”. L’idée de faire un concept-car est venue en cours de projet ?

C’est une forme de teasing. Nous avons dessiné ce show-car après la version de série.

Pourquoi montrer ce modèle-là quand l’actualité de la marque est aussi riche ? (Alpenglow V6, l’A110 R Ultime…)

Ce n’est que le début de l’ambition de la marque, ce qu’on appelle le “Dream Garage”. Après, il va y avoir les remplaçantes de l’A110 en électrique avec différentes versions. Ça ne va pas s’arrêter là. Pour le moment, on est sur la commercialisation de l’A290. Elle est terminée, on est en train de la lancer.

Vous allez déjà voir, aux essais presse, à Majorque, qu’avec une traction, on arrive à faire quelque chose d’assez étonnant. Finalement, de la même manière qu’on avait dévoilé l’A290 Beta à peu près dans le même timing, on arrive désormais à l’A390 Beta.

Et pourquoi avoir assumé le fait que l’extérieur soit proche de la réalité et au contraire, avoir fait un intérieur totalement différent ?

On avait déjà fait cela sur l’A290 Beta, si vous vous souvenez. Idem, l’extérieur était à 85% fiable, et l’intérieur était lui complètement conceptuel. C’est la philosophie de nos showcars d’aujourd’hui. On veut commencer à dévoiler plutôt la partie extérieure, y compris la partie lumineuse d’ailleurs, et on se lâche un petit peu plus pour l’intérieur.

On va montrer plutôt des concepts ou des choses qui peuvent préfigurer des idées ou des technologies que l’on verra peut-être sur des voitures futures, mais aussi des messages par rapport à la voiture de série. Là, sur celle-ci, vous avez le cockpit avec deux positions : la position F1, sérieusement mesurée – Pierre Gasly s’est assis dedans tout à l’heure – et une position plus lifestyle.

Évidemment, la voiture de série n’aura pas ça, mais ça contribue à l’image de la « Racing car » de route que nous voulions : une voiture qui peut faire du sport de très haut niveau, et en même temps, garantir des voyages en famille.

Est-ce que c’est un prototype roulant ?

Oui. Par contre, je ne vous dirai pas qu’il a exactement les moteurs et la batterie dont je vous ai parlé tout à l’heure. Il est roulant pour des shootings en dynamique, sans aller jusqu’à des prestations circuit. Attendons la version de série !

Vous disiez que ce n’est pas un SUV, malgré certains codes, tels que les élargisseurs d’ailes, qui ne sont pas dans la thématique Alpine d’origine. Donc pourquoi lui apporter cela si ce n’est pas un SUV ?

Nous avons parlé à un moment donné de Crossover GT. Ici, la hauteur du véhicule reste contenue ; un SUV demeure un peu plus haut. Il a certes des codes de SUV, dans le même genre d’esprit que la Mégane E-Tech, entre berline et SUV. C’est un Crossover Fastback avec cet arrière plongeant. On aime bien brouiller les pistes : l’auto a des codes de Coupé, de SUV, de Crossover.

Cette voiture, ce qu’on essaie de lui faire dire, c’est que c’est un cocktail un peu unique sur ce segment avec ses proportions et cette sportivité. Des concurrents pourront être aussi performants, mais peut-être pas aussi sportifs sur un circuit : la technologie des trois moteurs, que l’on ne retrouve pas vraiment sur le segment, est un cocktail assez unique. 0n ne veut pas se mettre dans des cases !

Quelle concurrence cherchez-vous avec cette auto ?

En fait, on va se trouver en face de voitures comme une Audi Q4 e-tron ou BMW X2, mais en-dessous d’un Porsche Macan, en termes de positionnement tarifaire notamment.

On sera entre ces deux mondes-là, avec une silhouette inédite. On a vu lors d’enquêtes cliniques, en montrant nos vraies maquettes à des propriétaires de ces concurrentes allemandes, que le côté émotionnel de l’auto marche bien, en termes de style. Je pourrais citer Tesla, en auto de format similaire, 5 places, polyvalente et de hautes performances. Mais l’Alpine offrira une expérience de conduite plus dynamique. On ne va pas trop se marcher sur les pieds.

Pour la vendre, il faut avoir un réseau assez performant. Aujourd’hui, le réseau est assez restreint ?

Oui, c’est un passage obligé de le développer. Il y a la partie quantitative, c’est-à-dire qu’effectivement il faut le développer en termes de taille. C’est déjà parti pour accueillir l’A290, mais ça ne va pas s’arrêter là parce que l’ambition de la marque est importante.

Dans le qualitatif, on essaie de transformer la vente des voitures en expériences plus complètes,  avec la Piste Bleue au Mans par exemple : des expériences circuit avec sa propre voiture, etc. L’autre challenge est que l’on passe à l’électrique. Nos vendeurs découvrent l’électrique. On forme les vendeurs à vendre de l’électrique, à expliquer ce que c’est, la charge AC, la charge DC, les courbes de charge, l’autonomie, le Vehicle To Grid, la Wallbox, le Charge Pass… Tout cela est complètement nouveau. C’est un super challenge.

Alpine A390 Beta 125

C’est pas seulement transformer le réseau mais l’usine de Dieppe également ?

Évidemment, à Dieppe c’est pareil. Dieppe aujourd’hui, c’est l’A110. Les autos vont cohabiter un certain temps. L’usine se transforme pour accueillir une auto d’un autre gabarit, en électrique, et qui va faire du volume.

On ouvre vraiment la frange de clients. La transformation de Dieppe fait partie intégrante du programme : c’est parti, c’est en cours, tant en nouvelles recrues, logistique, bâtiment… Un projet de transformation d’entreprise, sur une période courte ; certains ont mis plus de temps à faire ce mouvement,

Propos recueillis par Guillaume AGEZ
Photos : Guillaume AGEZ

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