Après une refonte de la gamme qui lui a permis d’atteindre de meilleures performances commerciales, le van chatoyant ajoute donc une corde à son arc pour séduire les familles et les entreprises. Sans barn-doors ni version 9 places, il laisse à son ancêtre le privilège de certaines caractéristiques mais ne manque pas d’atouts, que nous sommes allés vérifier sur les routes provençales.

Volkswagen ID. Buzz long : le Samba s’empatte

essai vw id.buzz long

Notre essai en vidéo

4,96 mètres, c’est la longueur qu’atteint cette version longue du van de Volkswagen. Les 25 centimètres de croissance de l’ID. Buzz se situent entre les deux axes de roues. Autrement dit, dans l’empattement. Esthétiquement, on s’éloigne un peu de la silhouette du Combi originel tout rondouillard, mais il gagne en élégance ce qu’il perd en bonhommie.

Que dire d’autre sur l’esthétique de ce véhicule que vous comme nous connaissons déjà bien, notamment après avoir réalisé l’essai de la version courte du ID. Buzz ? Qu’il attire non seulement les regards, mais mieux, la sympathie. Vous avez un SUV électrique de taille plus modeste ? On vous crachera dessus en vous insultant de criminel gaspilleur de ressources. Un van de près de 5 m sur 2 m pesant près de 3 tonnes ? « Oh regarde Ombeline comme elle est mignonne la voiture !« 

Parenthèse (un peu gratuite) fermée sur la méconnaissance et l’irrationalité de la société, on apprécie (nous aussi) cette fraîcheur apportée par l’ID. Buzz dans la gamme Volkswagen (Utilitaires), notamment avec ses teintes orange, jaune, verte, rouge et bleue, toutes disponibles avec le toit bicolore.

Volkswagen ID Buzz 7 places vignes

Des teintes unies plus classiques grise, noire et blanche sont également disponibles. Quel que soit le choix, ce véhicule représente une alternative distinctive face à des concurrents portant leurs gènes d’utilitaires ou faisant dans le haut de gamme chic et sobre.

A bord du Volkswagen ID. Buzz long : la chapelle sixties ?

VW ID. buzz long tableau de bord

Quand on vient s’installer à l’avant, le côté fun s’envole. C’est soudainement très sérieux, on n’est pas dans une ambiance « 60s » mais dans « 50 nuances de gris ». Une touche de couleur même partielle aurait été la bienvenue mais il n’est pas possible d’opter pour la sellerie claire ou celles à dominante verte ou bleue avec la peinture métallisée Jaune Lime de notre modèle. Ce serait une faute de goût… La solution, opter pour une autre teinte extérieure !

Au volant, on domine donc ce sobre et sombre tableau de bord, assis haut presque comme dans un utilitaire (on rappelle au passage que l’ID. Buzz existe en version Cargo). On le domine tellement que l’écran central, malgré sa taille, nous semble implanté trop bas. En revanche, on domine aussi la route et c’est d’autant plus agréable que la vision périphérique est excellente avec cette grande surface vitrée et ces montants de vitres fins !

VW ID. BUZZ long rangements

A l’avant, on est également satisfait du nombre d’espaces de rangements. Ceux-ci sont suffisamment nombreux et spacieux pour perdre ses petites affaires à bord, entre le rangement dans la porte, dans la « Buzz Box » amovible entre les deux sièges, dans la planche de bord… partout de haut en bas et de gauche à droite !

Porte coulissante déjà ouverte depuis la commande électrique située à l’avant, nous passons au second rang. On y trouve une spacieuse banquette 3 places 40/60. Et non pas 3 sièges individuels. Pour conserver l’esprit du Combi et de ses banquettes ? Le passager central est aussi, logiquement, privé de la petite tablette type aviation implanté dans le dos des sièges avant.

VW ID. BUZZ 3e rang

Nous arrivons à l’endroit que vous attendez tous : le troisième rang ! Première impression qui compte énormément, l’accessibilité y est très aisée. Pas besoin de démonstration, on tire sur la poignet, la banquette bascule et il n’y a plus qu’à s’installer en passant par l’ouverture bien large. Enfantin, et tout ça d’une seule main. Le mieux, c’est que l’espace ne manque pas. Au contraire, on est très bien installé et les grandes vitres évitent de se sentir trop enfermé.

En passant cette fois derrière le véhicule, on constate le volume de coffre dans sa configuration initiale 7 places, d’une contenance de 306 litres en 7 places, soit la même que sur une BMW série 1 F70 (rien à voir, mais c’est le dernier essai en date de votre serviteur !). En 5 places, on passe à 1 340 litres et en rabattant les sièges de la seconde rangée, l’ID. Buzz long engouffre 4 469 litres et des objets de 2,48 m de longueur !

Essai Volkswagen ID. Buzz long : flower powerrrrrr

Essai VW ID. buzz 2024

Si nous avons bien ressenti la position « van » en statique, nous en avons les sensations dès les premiers kilomètres en dynamique. Outre la position haute, l’inclinaison du volant et son feeling très souple nous confirment qu’on est à bord d’un Combi des temps modernes.

Souple, comme les suspensions, qui doivent absorber le poids de 6 passagers et leurs bagages à charge pleine. Seul au volant, on a donc tendance à rebondir. Pour autant, l’ID. Buzz se comporte bien et on oublie presque ses 2,7 tonnes. Merci au centre de gravité bas dû à l’implantation des batteries !

Et tant mieux, car la puissance est à l’avenant et les accélérations sont franches. Et pourtant, ce n’est pas un GTX ! Mais presque, puisque l’ID. Buzz Pro reçoit la motorisation de 210 kW, soit 286 ch, de la Volkswagen ID. 3 GTX.

Une version GTX est toutefois bel et bien proposée sur l’ID. Buzz et celle-ci reçoit la transmission intégrale 4MOTION qui lui est exclusive. Celle-ci, disposant de la motorisation plus puissante de 54 ch (soit 340 ch au total), affiche un poids tracté de 1 600 kg, et même 1 800 en version courte.

Volkswagen ID Buzz 7 places test

Mais revenons à notre version Pro pas si modeste avec son couple de 560 Nm transmis aux seules roues arrière. Pas étonnant que ça pousse ! Tout du moins si l’on évite le mode éco, limitant les performances du véhicule pour maximiser l’autonomie. Les deux autres modes, normal et sport, sont eux aussi sélectionnables via l’écran tactile du véhicule et proposent une expérience de conduite respectivement polyvalente ou débridée.

Du fait du poids et de la direction toujours sensiblement démultipliée, on ne titille pas trop le néo-Combi sur les petites routes, même s’il est volontaire et son comportement sain. A propos de la direction, celle-ci s’apprécie en milieu urbain avec son diamètre de braquage pas mauvais pour un véhicule de cette taille : 11,8 mètres (contre 11 mètres sur une Golf nettement plus courte). Attention toutefois à la longueur !

En termes de performances électriques, la batterie accepte lors des longs trajets une charge continue de 200 kW, pour une recharge en 30 minutes environ. On a toutefois théoriquement le temps de voir venir, avec une autonomie annoncée à 469 km.

Dans les faits, si l’autonomie annoncée au début de notre périple était inférieure, avec 426 km pour 97% de batterie, notre consommation s’est montrée proche de la moyenne de 20,3 kWh/100 km annoncée par le constructeur. Après 193 km mêlant autoroute, ville, routes sinueuses de montagne sans ménager notre monture, nous avons consommé 20,9 kWh/100 km. L’autonomie restante étant annoncée à 214 km ou 48%, nous aurions pu théoriquement parcourir 407 km.

Equipements du VW ID. Buzz long : paréo voyage

Intérieur VW ID. Buzz long

Le nouvel ID. Buzz 7 places est disponible en France en finitions Pro, la nôtre, et GTX. Exit la version d’entrée de gamme Pure. Gage d’un équipement décent ?

De série, l’ID.Buzz Pro embarque l’aide au stationnement avant et arrière, le rangement amovible ID Buzz Box entre les sièges avant, App connect sans fil et recharge par induction, l’assistant de maintien de voie, les sièges avant chauffants ou encore les phares et feux à LED.

Et le système ID Light, une bande lumineuse au sommet du tableau de bord qui s’active de différentes manières pour communiquer avec le conducteur. Par exemple en s’allumant en défilement dans le sens de la direction à prendre lorsque la navigation est activée. C’est beau !

VW ID BUZZ long easter egg

Nous les mettons dans les nouveaux équipements mais aurions presque pu mettre l’écran 12,9 pouces et la nouvelle interface Volkswagen baptisée ID. software dans le chapitre « expérience de conduite ». C’est bien, c’est beau, mais avec l’implantation basse de l’écran et la quantité de menus, il est difficile de naviguer dans le système sans quitter la route des yeux. La série de widgets en bas de l’écran a beau rester en permanence, on n’aime définitivement pas le tout tactile.

Et les problèmes d’ergonomie ne s’arrêtent pas là puisque les touches haptiques du volant nécessitent du doigté, notamment pour régler la vitesse du régulateur, qu’on peut augmenter ou diminuer de 10 km/h ou de 1 km/h… en fonction de l’intensité de pression. Patience nécessaire pour trouver le bon dosage. Pis, les touches des phares fonctionnent de la même manière et sont aussi peu pratiques à utiliser.

VW ID. Buzz long porte arrière coulissante

Nouveauté également, la possibilité d’opter pour un toit en verre panoramique qui peut s’opacifier à la demande (et faire gagner 3 cm en hauteur, mais cet avantage ne concernera que les très grandes perches tant la garde au toit est déjà importante!). Niveau vitres et ouvrants, nous conseillons le Pack Easy Open & Close, qui permet d’ouvrir coffre et portes latérales électriquement en passant le pied en dessous.

Et toujours en option, la climatisation peut être réglable sur 3 zones, bizone de série sur les ID. Buzz 6 et 7 places. Parmi les packs et options tout de même assez nombreux sur ce véhicule, figure également le système audio Harman Kardon à 12 haut-parleurs et subwoofer d’une puissance de 700 W.

Notre modèle étant dépourvu du pack Infotainment Plus, nous ne disposions donc pas de cette sono premium. Nous l’avons testé sur l’ID 7 Tourer et la différence avec le système de série est assez nette. Le son est acceptable, mais orienté trop vers l’avant même en faisant le réglage adéquat et ses basses sont trop diffuses. L’absence de ce pack nous privait également de l’affichage tête haute.

Prix VW ID. Buzz long : rallonge… la monnaie

VW ID. Buzz long vert

Volkswagen ID. Buzz Pro 286 ch 7 places à partir de 58 400 € ou à partir de 490 € / mois en LLD, soit 100 € de plus par mois que la version 5 places.
Modèle essayé à 67 935 € avec options Peinture Blanc Candy / Jaune Lime métallisée (2 810 €), Pack Open and Close Plus (3 800 €), Pack Design (1 760 €), Pack Assistance (760 €), Prise de courant 230V sous siège passager avant (405 €)

Concurrence

Si vous cherchez un van électrique pouvant accueillir 7 passagers ou plus, il y a bien sur le marché des concurrents au VW ID. Buzz 7 places. Mais ceux-ci seront soit luxueux à l’image du Mercedes-Benz EQV 8 places à partir de 87 815 €, plus long avec 5,14 m mais moins puissant avec ses 204 ch… Ou plus classiques mais tout aussi onéreux, avec des caractéristiques techniques plus modestes, comme un
Opel Vivaro-e Electric XL Business Pack 136 ch batterie 75 kWh à 66 770 € hors option.

Bilan de l’essai VW ID. Buzz long : Success, Freedom and Future

Ces trois mots anglais sont les 3 piliers de Volkswagen Utilitaires et l’ID. Buzz les incarne bien. Le succès, avec une croissance des ventes de +92% par rapport à l’année précédente. La densification de la marque et le repositionnement du modèle ont porté leurs fruits !

La liberté, celle d’emporter toute sa famille (et ses voisins, comme dans la pub) à bord d’un engin sympa à regarder et à conduire, logeable, astucieux, bien équipé et compétitif (tout est relatif, bien entendu). Et le futur de la marque, tout électrique. Et tourné vers le passé ?

Après l’ID. Buzz, un autre modèle ID ne portant pas de numéro s’annonce : l’ID. GTi, version sportive de la future ID. 2, encore sous forme de concept. Nous l’avions découvert au GTI Fan Festival et retrouvé au Mondial de l’Automobile de Paris. Moins évocateur de la Golf que l’ID. Buzz ne l’est du Combi, il annonce toutefois, on l’espère, un futur un peu plus ancré dans le passé riche de la marque, plus passionnel, émotionnel… et abordable !

Album photos VW ID. Buzz long

Crédit photos Thibaut Dumoulin pour Le Nouvel Automobiliste