Après le VW Atlas Cross Sport et la Subaru Outback, la maison vous offre un nouveau road trip à travers la Floride, cette fois-ci au volant du Ford Explorer, sixième du nom. Rien à voir avec la version européenne, on essaye ici le « vrai » Explorer, véritable institution aux Etats-Unis, malgré des hauts et des bas et quelques tonneaux à la fin des années 90 ! Bref, direction Plantation, Boca Raton et Miami pour vous faire visiter de nouveau un bout de Floride au volant d’une américaine.

Ford Explorer 2025 Wynwood Miami Floride 18

Ford Explorer : Episode VI

Best-seller sur le marché américain, le Ford Explorer a débuté sa carrière en 1991, dérivé SUV du pick-up Ford Ranger, destiné à remplacer le Bronco II et à croiser le fer avec le Jeep Cherokee XJ et le Chevy S-10 Blazer. Le succès a été au rendez-vous et s’est poursuivi au fil des ans malgré le scandale impliquant Ford et Firestone autour des accidents entraînant plus de 200 décès durant la seconde moitié des années 90, les Explorer ayant une fâcheuse propension à faire des tonneaux. Il a ainsi fallu attendre la troisième génération en 2002 pour que le Ford Explorer se dote d’une suspension indépendante à l’arrière. Dire que ce pays a gagné la Guerre Froide sans savoir faire des liaisons au sol dignes de ce nom…

La cinquième génération, sortie en 2011, était également la première à structure monocoque, traction, déclinée en PHEV et même un temps commercialisée en France. Pour cette nouvelle et sixième itération, lancée en 2020, le Ford Explorer abandonne son châssis de Taurus… faute de nouvelle Taurus dans la gamme, pour partager ses dessous avec le SUV Lincoln Aviator (plateforme CD6 si vous tenez à le savoir).

C’est donc le retour à la propulsion pour le Ford Explorer (intégrale en option ou en série selon les versions) et la version restylée de 2025 que l’on essaye profite en outre de quelques nouveautés comme un multimédia revu et la conduite semi-autonome BlueCruise. Pour vous donner une idée des performances commerciales de ce Ford Explorer, voici le top 20 des ventes au premier semestre aux USA et en Floride.

USA Floride marche automobile Ford Explorer

Disponible en 2,3 l EcoBoost 304 ch (420 Nm) en propulsion ou intégrale, V6 3,0 l EcoBoost 406 ch (563 Nm), le Ford Explorer n’est plus vendu en version hybride pour les particuliers : seule la police peut le commander avec le moteur 3,3 l V6 hybride (322 ch) mais aussi dans une version atmo non hybridée (289 ch) en plus de la version biturbo, ouverte à tous. Et si jamais vous n’aviez jamais demandé à savoir tout, ça, c’est trop tard, vous voici au courant.

La gamme démarre en version Active, se termine avec Platinium (typée luxe) et ST (V6 EcoBoost et transmission intégrale), tandis que nous avons à disposition une ST-Line 2,3 l EcoBoost propulsion (milieu de gamme à présentation sportive vendu 47 545 $) dotée de quelques options : la conduite semi-autonome BlueCruise (2 495 $), Premium Package (1 360 $) et ST-Line Street Pack (1 450 $), portant la note à 52 850 $, la peinture noire étant de série.

Et comment me suis-je retrouvé au volant d’un Ford Explorer flambant neuf ? C’est tout simplement le remplaçant du VW Atlas Cross Sport de ma généreuse cousine, qui m’a prêté sa nouvelle voiture dès le lendemain de son acquisition ! S’il n’y avait que ça : elle me l’a également prêté le jour suivant… Vous ai-je dit à quel point j’ai une famille exceptionnelle ? Et ça nous vaudra un nouveau road trip en Floride. Bon, il est temps de se saisir des clés, de démarrer la voiture à distance, non seulement parce qu’il fait chaud, mais aussi parce que je trouve toujours ça amusant malgré les années, et d’aller l’admirer de plus près.

Explorer Morikami en Ford

Ford Explorer Floride

Garée à côté de l’Atlas Cross Sport, ce nouveau Ford Explorer en impose. Surtout dans cette version ST-Line qui jouit en outre du Street Pack affirmant son look avec des jantes de 21 pouces au design très réussi et peintes en gris, de disques de freins plus imposants et d’étriers peints en rouge. La teinte noire sied également bien à cette finition à tendance sportive tandis que la ligne générale, reprend, en le modernisant, le thème du précédent Ford Explorer.

Une réussite qui se poursuit à bord avec une ambiance intérieure certes sombre, mais cohérente du thème ST-Line : sellerie en TEP noir avec empiècements en tissu façon sportwear noir et gris, et surpiqûres rouges tandis qu’une pièce de textile décore la planche de bord et dissimule des haut-parleurs, à l’image du Ford Expedition essayé ici, mis en valeur par un discret logo B&O. Bien vu pour rehausser la qualité perçue à bord.

Quelques écueils ? L’accès et démarrage mains libres nécessite d’appuyer sur les poignées de portes, plutôt que d’agir à proximité, tandis qu’on regrette l’absence de rétroviseur intérieur sans cadre. Quant à la banquette de rang 3, elle n’est pas vraiment coordonnée aux deux autres rangées : elle est bêtement garnie de TEP noir et dépareille avec les autres sièges. Ca sent la rationalisation avec les autres versions de la gamme ! La banquette dispose par ailleurs d’une assise monobloc alors que le dossier est fractionné, un peu dommage, mais le grand coffre de 461 l derrière le rang 3 compense cette modularité à moitié aboutie.

En parlant de siège, on est confortablement installé sur d’agréables fauteuils à l’avant, réglables électriquement dans tous les sens ou presque, le siège passager étant dépourvu d’inclinaison d’assise. Ils sont en outre dotés d’un appuie-tête réglable en hauteur comme en inclinaison et d’une nappe chauffante (volant en cuir surpiqué de rouge et chauffant en sus). Sous le soleil de Floride en plein mois d’août, je n’ai pas poussé le vice jusqu’à tester toutes les fonctions. Les maintiens latéraux sont bien étudiés, tout comme la densité de mousse. Certes, le nez d’assise n’est pas réglable mais cette dernière étant assez longue, mon modeste gabarit est servi.

A l’arrière, les deux fauteuils Captain Chair du rang 2 sont également chauffants et sont de belles dimensions. Les passagers profiteront en outre de multiples buses d’aération, mais aussi d’une clim réglable séparément, de ports USB C, d’une prise 110 V et de l’éclairage d’ambiance paramétrable qui s’étend jusqu’à l’arrière. Le pare-soleil conducteur dispose de touches programmables pour les portes de garage, un gadget utile aux USA. On découvre aussi les nombreux easter eggs à bord de la voiture, sur le flanc de la console, représentant les diverses générations d’Explorer, ou sur le flanc de la planche de bord et dans la sérigraphie de pare-brise. Vu et revu, certes, mais toujours sympa.

Les rangements sont nombreux, généreux et on dispose aussi d’un chargeur à induction… certes perforé mais non ventilé. Dommage car dans le Sunshine State, le téléphone a des bouffées de chaleur malgré son jeune âge. Mieux vaut le brancher sur un des nombreux ports USB C. On profite alors de la musique, très bien restituée par la sono Bang & Olufsen forte de 14 HP, 940 W de puissance, amplificateur 10 canaux et technologie DSP à faire frémir les Tranxen 200. Totalement glucose. Et très convaincante.

Bref, nous voici déjà arrivé à destination le jardin Morikami : suivez le guide.

Situé entre Boca Raton et Delray Beach, le Morikami Museum and Japanese Gardens est, vous l’aurez sans doute deviné, un jardin japonais situé en Floride. Ce lieu unique, inauguré en 1977, rend hommage à l’histoire méconnue de la colonie japonaise Yamato, fondée au début du XXe siècle. À l’origine de ce projet : Sukeiji « George » Morikami, dernier membre de la colonie, qui a légué ses terres pour créer un espace dédié à la culture japonaise.

Le site s’étend sur près de 76 hectares et abrite deux bâtiments muséaux, dont le Yamato-kan, conçu comme une villa japonaise traditionnelle. À l’extérieur, les jardins sont constitués de six paysages inspirés des styles classiques japonais, ponctués de ponts, lanternes et cascades. On y trouve aussi un jardin de bonsaïs et une maison de thé. Et apparemment des alligators, à en croire la signalisation. Mais il n’y en avait point. See you later, ça doit vraiment être approprié pour ces bêtes-là… Bref, il est temps de tenter de partir vers la plage de Boca Raton. Mais la pluie s’invite à peine arrivé, alors direction la maison.

Tom Cruise, Ford Explorer BlueCruise

Cette fois-ci, direction Miami pour visiter la Villa Vizcaya, rapporter des pâtisseries de chez Zak the Baker, et visiter enfin Walt Grace Vintage, fermé la fois où j’y étais venu en VW Atlas Cross Sport (je viens de vous glisser subtilement le lien vers l’essai).

Ford Explorer Floride

Ca sera l’occasion de parler des qualités dynamiques du Ford Explorer ST-Line. Le 2,3 l EcoBoost s’ébroue en toute discrétion tandis qu’on tourne le sélecteur de vitesse rotatif sur la console : on en profite alors pour admirer les caméras 360° qui offrent une belle résolution. Un push au tableau de bord permet également de visualiser les images des caméras au besoin. Mieux encore, on peut solliciter un focus sur l’attelage : bien vu… pour mieux voir.

Passage sur Drive, c’est l’occasion de voir que « notre » Ford Explorer est dépourvu de palettes au volant et de mode manuel. Seul un push au milieu du sélecteur permet de passer en L et privilégier le frein moteur au besoin. Et de besoin, il n’y a pas en Floride. Une autre molette permet de sélectionner les modes de conduite (éco, normal, sport, glissant, trail, et remorquage), avec des typages assez distincts, et des vocalises du moteur un brin plus rageuses en mode Sport.

Le confort de suspension est très réussi, tandis que le comportement routier est digne de la bonne réputation de Ford. On a droit à un train arrière multibras qui nous fait comprendre que Ford a fait du chemin depuis les Explorer des années 90 ! L’insonorisation est sans reproche, au point qu’on se demande pourquoi dépenser plus pour un Lincoln Aviator.

Le bloc EcoBoost à injection directe et turbo développe 304 ch et un couple maxi de 420 Nm à 3 500 tr/min, de quoi se jouer largement de la masse de près de 2 tonnes du véhicule. La boîte auto dispose de 10 rapports très bien étagés, égrainés avec une grande fluidité. La voiture dispose d’un stop&start rarement opérant par ces températures et la consommation moyenne peine à monter au-dessus des 19,5 mpg dans leurs unités de sauvages. Bref, elle peine à descendre sous les 12 l / 100 km.

L’arrivée sur la Highway nous permet, plutôt que d’aller en enfer, de tester la conduite semi-autonome. Et d’apprendre par là même que ma cousine avait pris l’option. Elle m’a donné pour mission de lui faire découvrir sa propre voiture à mon retour, alors autant tout tester. Une fois le régulateur de vitesse adaptatif engagé, un pop-up apparaît selon les conditions de circulation vous disant que le BlueCruise est disponible. Une fois le push effleuré pour confirmer, la voiture prend la main sur la direction, les pédales et peut même changer de file sans même que vous n’ayez à activer le clignotant. Le fond du combiné numérique passe alors au bleu, comme subtil rappel à l’appellation BlueCruise, au cas où ça vous aurait échappé !

Le résultat est très probant, le centrage sur la ligne étant globalement fluide, les dépassements, bien exécutés et, le DMS (Driver Monitoring System) sur la colonne de direction saura voir si vous cessez de regarder la route pour vous alerter crescendo. En effet, lorsque les conditions ne permettent plus au BlueCruise de fonctionner, un pop-up apparaît pour vous informer de reprendre la main… et vous perdez le fond d’écran bleu. Le visuel est d’ailleurs très bien fait puisqu’impossible à ignorer. Et nous voici déjà à Miami.

On gare le Ford Explorer à Vizcaya, un palais italien au bord de la baie de Biscayne, dans le quartier de Coconut Grove, au Sud de Miami. Vizcaya Museum and Gardens nous ramène à la Belle Époque : cette fort belle villa, bâtie entre 1914 et 1923 par l’industriel James Deering, s’inspire des palais italiens de la Renaissance.

Le domaine s’étend sur 17 hectares, avec des jardins alternant parterres géométriques, fontaines, sculptures et même un labyrinthe végétal. Le paysage, imaginé par Diego Suarez, évoque les jardins classiques d’Italie et de France, tout en intégrant la végétation subtropicale locale. À l’intérieur, la villa recèle plus de 30 salles décorées d’antiquités européennes, de tapisseries et d’œuvres d’art. Et le clou du spectacle est assuré par la « barge de pierre », face à la baie. Bref, entre deux orages, ça valait la peine d’être vu !

Le temps de passer de Coconut Grove à Wynwood, l’orage a eu le temps de cesser et nous voici sous un beau soleil.

Le quartier de Wynwood ? Je vous l’avais déjà un peu présenté lors de l’essai du VW Atlas Cross Sport (que je viens encore subtilement de replacer ici). Un arrêt chez Zak The Baker pour déjeuner et faire quelques emplettes, avant de traverser la rue, non pas pour trouver un job (on n’est pas chez Mozart, ici), mais pour visiter Walt Grace Vintage, un magasin de guitare qui expose… une dizaine de voitures d’exception ! Le fameux scandale du médiator, en somme. Il est l’heure de rentrer, de jouer une dernière fois avec le BlueCruise et de faire le premier plein de la voiture.

Ford Explorer US : le verdict

Ford Explorer 2025 Miami Floride 2

Une conclusion s’impose : ma cousine est vraiment cool. J’ai pu profiter de son Ford Explorer flambant neuf plus longtemps qu’elle ! Mais les bonnes choses ont une fin, je lui rends les clés car je n’ai droit qu’à 23 kg de bagages : l’Explorer ne passe pas non plus en cabine. Comparé à son VW Atlas Cross Sport (histoire de vous remettre discrètement le lien vers l’essai), ce Ford Explorer est nettement plus abouti. Confort de suspensions, de sièges, multimédia, sono, tenue de route, agrément de la boîte de vitesses ou aides à la conduite, sa nouvelle voiture se place systématiquement au-dessus. Une excellente familiale pour laquelle ses trois filles devront se disputer deux Captain Chairs à l’arrière. En somme, c’est une voiture qui aurait sa place en Europe dans un monde parallèle où la fiscalité serait moins encline à tabasser le client. Et en l’absence de S-Max et Galaxy, les familles européennes n’ont plus de grandes Ford à se mettre sous la dent. Triste époque !

Epilogue : Walt Grace Vintage

On n’allait pas se quitter sans explorer la boutique Walt Grace Vintage. Amateur de voitures (vous l’avez peut-être vaguement perçu) et possesseur d’une guitare (vu mon piètre niveau, je ne dirai certainement pas guitariste), je ne résiste pas à conclure cet essai par les photos du magasin. Prefab Sprout chantait Cars & Girls, ici, c’est plutôt Cars & Guitars. Et les voitures sont clairement une excuse pour drainer les clients dans ce qui est avant tout un magasin de guitare. Magasin dans lequel vous pouvez tout de même acheter certaines des voitures exposées ainsi que les livres de notre cher François Bouet : on a de vraies stars au sein de l’équipe !

La galerie fait la part belle à Porsche, avec notamment une palanquée de 911 et une 944, mais aussi une superbe 911 Turbo (type 930) « widow maker ». Quelques Ferrari agrémentent également les lieux dont une élégante 348 TS noire, non loin d’un Jaguar Type E noire, sans oublier une Lamborghini Countach et une Fiat 500 Jolly. Bref, un endroit qui vaut le coup d’être exploré. Le jeu de mots est offert par la maison.

Photos : Le Nouvel Automobiliste

Inscrivez-vous pour recevoir chaque mois notre contenu dans votre boîte de réception.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.