500 kilomètres au volant des nouveaux Ford Expedition Active et Active Max : c’est ce que l’on vous propose aujourd’hui grâce à notre ami Le Driveur Ambulant qui a loué deux versions du nouveau Ford Expedition. C’est l’occasion de découvrir ce véhicule inconnu dans la gamme européenne du constructeur à l’ovale bleu.

Ford Expedition : une légende Made In USA

Ford Expedition 2025

Icône de l’automobile américaine, le Ford Expedition est devenu en quelques générations un symbole de l’American Way of Life et semble faire partie de tout bon album de souvenirs, comme l’accessoire indispensable d’un road trip à travers les parcs nationaux, une montée des marches au Met Gala, une tournée des parcs d’attractions, une arrivée à Wall Street, ou une visite à la Maison Blanche. C’est un peu la spécificité de ce SUV gigantesque et assez hors norme capable de faire le grand écart entre chemise à carreaux, smoking et talons aiguille ou uniforme : il représente à la fois le mythe de l’Amérique des grands espaces et des « suburbs » dont s’inspirent souvent les noms des SUV du concurrent General Motors , et le « Prince des Villes » imposant et indispensable aux flottes de chauffeurs privés, en plus d’être l’un des véhicules préférés des Rangers, Shériffs, et autres autorités.

Ford Expedition 2025

Le Ford Expedition est aussi cet archétype de l’imaginaire d’une Amérique plus profonde attirée par cette version « habillée » du mythique pick-up de l’Oncle Sam dont elle est dérivée : le légendaire F-150. L’Expedition est le SUV idéal pour toute série télé cherchant à représenter la famille modèle. Même si visuellement, la parenté avec la gamme pick-up a quasiment disparu, Ford et ses « unions » ne manquent pas de nous rappeler jusqu’au sticker bleu blanc rouge sur le pare-brise qu’il continue d’être produit sur les mêmes chaînes d’assemblage dans le Kentucky.

Une évolution et montée en gamme stupéfiantes

Pour avoir conduit au fil des années pratiquement toutes les générations d’Expedition, cette progressive distanciation avec l’environnement du pick-up et l’amélioration des qualités routières sont vraiment les points sur lesquels les progrès réalisés sur la version 2025 sont les plus remarquables et méritent d’être salués. À tel point qu’il est difficile d’imaginer qu’il s’agit d’un – certes très profond – restylage au lieu d’un tout nouveau véhicule. Clairement, l’Expedition, comme son cousin le Lincoln Navigator, passe un cap, et atteint de nouveaux sommets en termes d’agrément de conduite, tenue de route, confort, et sophistication, sans rien perdre de ses qualités de cruising. On en vient même à se demander si les sièges n’ont pas été inspirés par ou dessinés chez Citroën car l’assise est exceptionnelle… un vrai sofa roulant, et peut-être même un magasin d’électroménager à lui tout seul vu la liste des équipements et options en tout genre… on se rapproche peu à peu du marché du camping-car ou de l’immobilier, ce qui pourrait être un atout commercial de taille étant donné le prix des loyers actuels aux US.

Jusqu’à présent, même si ce monstre tendre a toujours été confortable, il était tout de même difficile d’oublier l’origine utilitaire de l’engin. Peu agile, nécessitant un besoin de rétrograder fréquemment et avec anticipation en prise de virage avec des boîtes assez lentes et une forte sensation de lourdeur… il fallait s’habituer et prendre la main. L’ensemble restait même un peu rêche sur les bosses et autres irrégularités de la chaussée. La finition était également assez légère et l’ensemble se détériorait de manière assez visible à l’intérieur et à l’extérieur, et s’affaissait même avec le temps dans des régions au climat, il est vrai, difficile. Bref, l’architecture traditionnelle des châssis de pick-up se faisait bien sentir, malgré des progrès constants et une douceur et bruit de berceuse des moteurs Triton V8 de 4.6L ou 5.4L et 24 soupapes qui faisaient oublier tout le reste. Un véhicule fait pour les highways en mode démultiplié, et pour les cowboys baroudeurs aux reins solides.

Les atouts de cette dernière génération de Ford Expedition

Désormais, avec cette nouvelle génération de 2025, le bond en avant est très spectaculaire, et a pu être testé en profondeur sur des parcours des plus exigeants et sur 500 kilomètres à travers deux versions. Le Ford Expedition « Active », extérieur blanc et intérieur noir, a connu les routes sinueuses et orageuses des montagnes du Colorado, alors que la version « Active Max », extérieur noir et intérieur gris clair, a pu connaître les méandres et nids-de-poule du trafic new-yorkais.

Même finition dans les deux cas donc, avec une différence d’environ 4 500 kilomètres entre les deux versions, le premier étant quasi neuf. Rien de mieux pour avoir un point de vue assez poussé sur ces versions qui marquent théoriquement l’entrée de gamme, suivie des Platinum plus luxueux, des Tremor baroudeurs, et des King Ranch à la fois luxueux et baroudeurs. Cependant, les Active bien optionnés comme ici n’ont rien à envier aux toutes options européennes : toit ouvrant panoramique, 4×2 ou 4×4, sièges type ActiveX façon cuir, 3 rangées de sièges modulables, une bonne dizaine de prises, un compartiment central géant qui coulisse électroniquement et est réfrigéré, et des dalles digitales et options audios à perte de vue : c’est l’Eldorado pour un prix de départ à… 55 000 euros… pas mal, surtout avec une boîte automatique à 10 vitesses et un V6 3.5L de 400 chevaux bien présents et à la hauteur d’un V8 en termes de souplesse, silence et agrément (faites un tour sur le configurateur si ça vous chante).

Un habitacle hors normes et ultra confort

Mais revenons sur l’intérieur avant d’évoquer l’extérieur et les qualités dynamiques. Le Ford Expedition fait partie de ces voitures qui s’apprécient déjà à l’arrêt. Après un long voyage et un lever un peu matinal… un petit effort pour monter et accéder à l’habitacle puis… la détente et le bonheur immédiats façon spa à domicile. Le monde s’arrête, on le voit en grand à travers des surfaces vitrées impressionnantes et on le domine même un peu du haut de ce cockpit… on est bien d’emblée, et le design apaise, puis la qualité de l’assise est immédiatement saisissante. Les sièges sont d’un confort exceptionnel malgré des options de réglages assez classiques : épais, bien finis, très larges, faciles à ajuster et surtout, grâce au réglage digital du volant en hauteur et profondeur, ils passent très bien dans cet ensemble XXL d’un volume très inhabituel et assez aéré par rapport à la concurrence, plus tentée par les planches de bord envahissantes aux formes compliquées. C’est très zen en fait à bord et bien pensé, avec une qualité perçue en très nette hausse également et des matériaux nouveaux chez Ford, à la fois raffinés et discrets autour d’une planche de bord dégagée.

La partie supérieure du tableau de bord rappelle le style « costume » avec un habillage assez proche d’un 5008, et l’incontournable bande digitale fait très Mercedes ou désormais Hyundai : assez fine et très allongée, intégrant plusieurs écrans et fonctions mais aussi capable d’un effet « wow » au démarrage et à l’arrêt du moteur lorsque le bleu de Ford envahit l’habitacle et que les lettres « Expedition » apparaissent en 3D. Côté fun, les références historiques ne sont pas oubliées, avec des ouvertures de portes de type « grandes pinces » et des aérateurs qui rappellent les grandes heures des années 70 ou 80, et la réapparition d’un logo historique et stylisé mettant en valeur le « F » de Ford, et une impression d’une Modèle T dans le fond des grands espaces de rangement de la console centrale. On est très proche de l’esprit d’une marque désormais disparue mais qui se voulait un entre-deux entre Ford et Lincoln : Mercury – des Ford rebadgées et bien coussinées.

Le reste de l’habitacle est à l’avenant. Ambiance « Pullman » et « Captain Chairs » avec confort à tous les étages (ou rangées). Si les banquettes sont coulissantes, il faut bien doser les réglages et gérer l’espace, car certaines positions suppriment complètement l’espace aux jambes de la banquette qui suit. Les ports USB et chargeurs sont partout : tableau de bord, portes, console centrale, derrière les sièges, sur les côtés de chaque rangée, dans le coffre… la batterie peut sûrement faire tourner une usine… et tout ceci semble très bien fait et rassurant.

Il y a quelques détails qui donnaient déjà des signes de faiblesse pourtant et qui seront sûrement corrigés parmi les erreurs de jeunesse… les attaches en plastique des ports USB au dos des sièges ou les capuchons couvrant les ancrages de ceintures semblaient déjà avoir eux aussi un goût pour l’évasion, et les haut-parleurs dissimulés sous la couche de film type « costume » couvrant le tableau de bord semblaient devenir plus apparents au fil des miles. Mais l’ensemble reste remarquable et vient vraiment talonner Lincoln ou même Cadillac sur plusieurs aspects, et se démarquer nettement des Chevrolet, sûrement sur le point d’être bientôt renouvelés aussi après un restylage léger mais qui conservent un côté plus « cheap ».

Un bas de gamme haut de gamme

Vouloir se rapprocher trop de Lincoln n’apporte pas que des avantages. Même si cette fois c’est plus involontaire, le niveau de complexité dans la navigation des commandes digitales ou non rappelle la fameuse originalité ergonomique qui a longtemps caractérisé les salons roulants Made in USA. Le Ford Expedition reprend en effet le volant à commandes digitales du Lincoln Navigator, et les mêmes touches tactiles peuvent changer la playlist ou le réglage du volant en fonction de ce qui apparaît au tableau de bord… il faut le savoir… puis ensuite prévoir un bon tutoriel ou une bonne investigation d’une quinzaine de minutes pour bien suivre les événements… et là, ça se complique.

Pour les feux, l’écran central, les essuie-glaces : commande manuelle classique. Pour les modes de conduite : panneau inférieur à gauche du volant. Pour la boîte de vitesses : un gros bouton tournant à droite du volant, à l’horizontale, au milieu de la console centrale, et des touches pour les changements manuels. Pour la musique : au choix. Et ce n’est que pour l’essentiel, car ce SUV a tout, jusqu’à YouTube… mais il faut quand même suivre et surtout explorer à l’arrêt. Il y a bien sûr un paquet d’automatismes qui ne vous laisseront pas sans feux la nuit, mais mieux vaut être prêt lors d’orages soudains. Des manettes au volant, type « paddle shifters », ne seraient pas un luxe. Question d’habitude, mais tout de même assez curieux au niveau de la configuration digitale et ergonomique.

Ford Expedition 2025

Ah oui… dernier petit détail bien sympathique : le coffre s’ouvre en deux parties façon BMW. La partie inférieure est étudiée pour faire table ou banquette, avec encore une série de rangements intégrés dans tout le coffre, et même avec cette mode des trous en caoutchouc qui permettent d’évacuer les eaux lors d’un nettoyage ou d’une aventure off-road bien poussée.

Un restylage en profondeur et un style plus affirmé

Ford Expedition 2025

Mais il est désormais temps de démarrer et d’admirer un peu le style de ce grand bébé aux angles bien arrondis et sourire d’ourson une fois le coffre refermé entièrement, partiellement, en commençant par le haut ou par le bas… tout est possible grâce aux panneaux types Gameboy qui peuvent tout faire, même replier les banquettes d’un coup. Il faut juste choisir le bon bouton et ne pas se tromper de banquette pour ne pas renverser les plateaux de cookies ou autres.

Première remarque : le maquillage au niveau du design est remarquable. Il passe pour un véhicule d’une conception totalement nouvelle, là où la version Lincoln semble ambitieuse extérieurement : belle, mais beaucoup plus dans la lignée de la gamme précédente. Les modèles 2024 sont d’ailleurs toujours au catalogue, et c’est une spécificité américaine. Pour aider à écouler les stocks des concessionnaires aux parkings géants tout en préservant un contrôle du marketing et de la distribution, ou pour ne pas dérouter les clients plus traditionnels, le site de Ford continue de proposer les deux générations en parallèle.

Sur la version 2025, Ford donne un aspect plus robuste et baroudeur à l’engin. Au-delà des courbes des feux et phares qui adoucissent un peu l’ensemble, l’Expedition reste très massif et s’inspire des derniers traits stylistiques de la gamme utilitaire connue pour son slogan « Built Tough », qu’on pourrait traduire par « construit pour durer », « naturellement fort » ou encore « fait pour résister ». Les chromes sont moins présents, en tout cas sur les versions Active, Tremor ou King Ranch, mais le côté pur et dur s’oublie rapidement au fil des kilomètres.

Une conduite transformée, de très haut niveau et testée en profondeur

Et là, le Ford Expedition est épatant, et retourne aux sources du confort à l’américaine au sommet de sa gloire : ultra doux, ultra silencieux, avec un couple et une souplesse à toute épreuve. Il ne reste plus qu’un stop au « In and Out » Drive-In pour se replonger dans les années 60. Chapeau sur toute la ligne, surtout que, contrairement à une autre tradition des grandes heures de l’American Cruising, l’effet de balancier a disparu et la précision de conduite est remarquable.

Tout simplement du jamais vu, avec des améliorations très sensibles et certainement mises à l’épreuve sur les routes sinueuses des Rocky Mountains par temps d’orage et dans les enchaînements de virages limités à… 10 miles per hour. Les chaussées inclinées, les élans massifs et les ravins impressionnants invitent rapidement à la prudence.

Dans toutes ces circonstances, et comme sur les highways ou les rues de Manhattan, l’impression de légèreté combinée à une grande précision et une bonne motricité est très surprenante. Le travail effectué est gigantesque et bien aidé par des montes pneumatiques des plus réputées et une boîte auto à 10 vitesses très performante. Cependant, soit par expérience, par précaution, ou les deux… c’est encore mieux en jouant de la boîte et en passant en mode manuel.

Le feeling d’être en roues libres dans les descentes de canyons n’est pas souhaitable, et même si la boîte auto semble conserver une bonne gestion des rapports, certains virages imposent de rester entre les deuxième et quatrième rapports pour éviter l’excès de confiance que le silence, les 400 chevaux et les paysages lunaires peuvent générer.

Le passage du 4×2 au 4×4 permanent ou auto est très facile aussi, mais ces touches horizontales pour les changements de rapport manuels façon piano black et au même niveau deviennent vite un handicap. Garder un œil sur la route, une main sur le volant, et en même temps vérifier si on appuie sur le plus ou le moins, ou sur autre chose, n’est pas idéal, et une évolution est à envisager sur ce point.

Encore une fois, c’est une question d’habitude et on finit par « prendre la main », mais le système semble être étudié pour le co-pilotage : je m’occupe du volant, et tu fais la boîte ! En réalité, il y a aussi les rappels digitaux sur l’écran et, sur une boîte 10 vitesses assez évoluée, l’écart d’un rapport à l’autre n’est pas gigantesque. Mais tout de même… mieux vaut rester dans le cadre de prédilection du Ford Expedition : la conduite relaxée.

En tout, le contrôle des mouvements de caisse, l’adaptation aux conditions de route, le compromis confort et performance est de très haut niveau et réussit l’exploit rare d’être aussi agréable sur une belle autoroute que sur tous types de routes, dans les bouchons comme à des vitesses plus élevée et des niveaux de consommation assez raisonnables pour un SUV de 2,5 à 2,6 tonnes permettant de longs trajets sans surprise avec ses réservoirs de 85 ou 105 litres (version max), et des moyennes de consommation estimées entre 10 et 13 litres/100 kilomètres.

Si les capacités off-road n’ont pas été testées cette fois-ci, l’héritage du F-150 fait que la réputation est sûrement très méritée, et peut être encore renforcée par une liste d’équipements spéciaux infinie, dont des pneus spécifiques all-terrain et toutes sortes d’accessoires Ford ou d’équipementiers prêts à transformer l’Expedition en candidat au prochain Dakar.

Bilan : Une montée en grade réussie qui célèbre un retour aux sources et une confiance retrouvée dans le secteur automobile américain. 

Ford Expedition 2025

L’automobile américaine reprend des couleurs et de la confiance. Ce dernier SUV de Ford en est l’exemple parfait, et la revalorisation de cet héritage un peu perdu de vue (ou égaré au milieu des câbles de chargeurs électriques ?) est une très bonne nouvelle ! A l’image de Cadillac, Ford semble retrouver une cohérence entre modernité et identité de marque pour le plus grand plaisir des conducteurs et passagers !  

Bonus : le Ford Expedition sur son segment !

Puisque ce Ford Expedition nous est inconnu dans l’Hexagone, ça sera aussi l’occasion pour nous de vous présenter son segment de marché, à savoir les grands SUV « body on frame » ou châssis-échelle, en bon français.

En 2024, la catégorie a représenté presque 600 000 ventes aux USA, réparties à peu près à 80% sur les véhicules généralistes et 20% sur les prémiums. GM caracole en tête de la catégorie avec près de 46% de parts de marchés, suivi par Toyota (27%), Ford (15%), Stellantis (9%), et Nissan (4%).

Alors, cette grosse mise à jour du Ford Expedition permettra-t-elle à l’Ovale Bleu de revenir dans la course face à GM et Toyota ? Verdict en 2025 !

Retrouvez toutes nos photos :

Texte et photos : Le Driveur Ambulant

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