Le Nouvel Automobiliste
Essai Volkswagen T-Cross

Essai Volkswagen T-Cross restylé : sérieusement pimpant !

Essayé par votre serviteur il y a déjà près de 5 ans, le Volkswagen T-Cross, le plus petit des SUV de la marque de Wolfsburg, revient dans nos colonnes à l’occasion de son facelift. Révélé et ouvert à la commande il y a déjà près de 8 mois, il ne débarque cependant vraiment en concession, et en livraison, qu’en ce début d’année 2024.

Affichant un bilan commercial français plutôt satisfaisant avec 63 500 immatriculations depuis 2019, le T-Cross commençait néanmoins à sérieusement marquer le pas face à une concurrence externe mais aussi interne (merci le Taïgo) de plus en plus féroce. Volkswagen a donc décidé de « re-pimper » le T-Cross, en passant avant tout par la case couleur flashy. Côté nouveauté technique le seul vrai changement est l’apparition au catalogue d’un bloc essence de 150 ch, c’est donc vers lui que nous nous sommes tournés.

Essai Volkswagen T-Cross

Essai Volkswagen T-Cross restylé : Pimpant en jaune, rouge, bleu… et gris ?

Autant le dire d’entrée, ce n’est probablement pas par ses changements esthétiques, très peu nombreux et discrets que vous repèrerez un T-Cross restylé au premier coup d’œil. En revanche, sa nouvelle couleur gratuite, le Jaune Raisin, devrait suffire à attirer le regard des badauds, ou à leur en mettre plein la vue si vous êtes au volant, car elle ne passe définitivement pas inaperçue.

Le jaune est à la mode, on ne cesse de vous le répéter à l’envi depuis quelques temps. Et on ne peut ici que s’en réjouir car, outre le fait que cela donne un peu de gaité à nos rues, la couleur ne fait vraiment pas de mal à ce petit Volkswagen, dont le dessin, pratiquement inchangé je vous le disais, est avant tout caractérisé par la sobriété, le sérieux et, il faut bien le dire, un classicisme le rendant un tantinet anonyme.

Pour la discrétion désormais on repassera. Mais ce n’est pas une critique, bien au contraire puisque nombre de personnes que nous avons croisées durant notre essai nous ont avoué trouver cette petite VW séduisante et très pimpante dans cette livrée. D’où notre titre. Et bon point supplémentaire, si vous n’aimez pas le jaune mais que vous voulez quand même de la couleur, le nouveau nuancier propose désormais un Rouge Roi et un Bleu Clair.

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Réjouissons-nous, mais pas trop vite tout de même. Car la firme de Wolfsburg avait déjà entamé cette politique des couleurs vives avec ce T-Cross dans sa première version (notamment avec les Orange Flash et Turquoise Maui). Or, il faut bien reconnaitre que ce sont des couleurs que l’on croise finalement peu (et il a bien sûr suffit que je pense à écrire cela pour en croiser un lors de notre essai). Et que dire du « Pack Design Orange » bien vite disparu du catalogue par exemple.

L’idée de voir des véhicules de toutes les couleurs parcourir nos routes et nos rues est enthousiasmante et il faut souligner que les constructeurs font des efforts (en offrant ces couleurs gratuitement… non sans arrière-pensée toutefois), mais dans la réalité, le marché de l’occasion dicte souvent sa loi et les clients achètent du… gris. Mais là aussi pas de panique, il y en a et les réfractaires aux couleurs trouverons eux-aussi de quoi satisfaire à leurs idées noires, grises ou blanches.

Essai Volkswagen T-Cross
Il s’est vendu au moins un T-Cross phase 1 en Orange Flash ! Et il est venu nous saluer !

Passé l’éblouissement visuel de cette livrée on peut rapidement faire le tour du propriétaire et constater que les modifications apportées au véhicule et destinées à le moderniser et à mieux l’intégrer dans la gamme ne sont pas bien nombreuses. Peu ou prou, le T-Cross reprend les codes de son dérivé coupé Taïgo, commercialisé après lui, avec une modification des boucliers avant et arrière (et une petite différenciation entre les versions Life/Life+, R-Line et Style), une signature lumineuse reliant les deux phares, désormais dotés de la technologie Matrix pour les versions les plus hautes (mais le logo VW n’est pas lumineux à l’instar de la Golf restylée ou de l’ID.7), de nouvelles jantes et un bandeau de feux remanié.

Ce bandeau arrière noir, devenu un élément de style récurrent chez Volkswagen, avait fait l’objet de plusieurs remarques de ma part sur la première version du véhicule. Son intégration un peu grossière ne m’apparaissait pas comme un modèle du genre. Quant à sa ligne rouge, singeant une signature lumineuse reliant les deux feux, elle n’était en réalité qu’illusion puisque réalisée en catadioptres.

Sur ces points Volkswagen a répondu, aux critiques, du moins sur les finitions Style et R-Line. Le bandeau conserve son aspect noir mais, il est à présent translucide et il accueille une véritable ligne rouge en LED reliant les feux. Ces derniers se sont considérablement agrandi puisqu’une partie déborde sur le hayon. Ils adoptent une forme de croix, façon feux stop de l’ID.3, et un traitement tout en volume et superposition. L’ensemble est plutôt original mais manque toujours un peu de finesse dans un monde automobile qui aime de plus en plus à conférer aux optiques des profils élancés et fins permis par les nouvelles technologies d’éclairage.

Essai Volkswagen T-Cross restylé : C’est moins pimpant à l’intérieur, mais c’est mou !!!!

On ne mesure peut-être pas suffisamment le phénomène mais, en modifiant les matériaux de l’habitacle de son T-Cross, Volkswagen a, à coup sûr, pratiquement conduit à l’extase collective toute la profession des essayeurs automobiles ! « Rhâââ Lovely ! » oserait-on presque s’esclaffer !

Il faut nous comprendre aussi, nous avions été si chamboulés à l’époque de la présentation du T-Cross, une VW avec uniquement des plastiques durs ! Non mais allô quoi ! Pis ! La marque avait récidivé avec son ID.3. Tout foutait le camp ma bonne dame… Oui mais ça c’était avant. Car la marque a décidé de reprendre les choses en main et de ramollir fermement sa planche de bord. Résultat : on a enfin droit à un beau, mou (très mou) et très valorisant slush. Alléluia !

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Et effectivement l’habitacle bénéficie désormais de plastiques autrement plus valorisants. Pas partout naturellement, la fermeté a ses limites (elles sont financières en général…), mais au moins en partie haute, jusqu’au pare-brise qui plus est. L’habitacle conserve les plastiques durs là où ça ne se voit pas ou moins. En bas donc ainsi que sur les portières.

L’impression globale de qualité, qui n’avait déjà rien de vraiment indigente, s’en trouve nécessairement renforcée d’autant que le petit insert bleu en simili cuir avec sa surpiqûre et les sièges de notre finition Style, façon jean, apportent une note plaisante à l’ensemble. C’est moins fun que sur la phase 1 ou que l’extérieur, forcément, mais c’est propre, sérieux et rassurant.

L’autre différence notable avec le T-Cross pré-facelift concerne l’écran tactile. Son intégration affleurante était pourtant bien exécutée et visuellement qualitative mais il semblerait que cela ne fasse pas assez high-tech. Vous comprenez, quand on a une dalle qui s’est agrandie (on passe de 8 à 9,2 pouces, en option sur Style et R-line à 740 €), point sur lequel on insiste, il faut qu’elle se voie. Et en adoptant un look « flottant » séparant visuellement l’écran de la planche de bord… ben on la voit plus…

On terminera ce chapitre en signalant les menues modifications supplémentaires rencontrées dans cet habitacle comme les nouveaux inserts décoratifs, très sobres, là encore les couleurs de l’ancien « Pack Design Orange » ne sont plus d’actualité, ou encore la nouvelle platine de réglage de la climatisation qui adopte, malheureusement, le système tactile en lieu et place des molettes rotatives.

Essai Volkswagen T-Cross restylé : Toujours autant de place pour rester pimpant !

S’il y a bien un aspect sur lequel le T-Cross n’avait besoin d’aucun changement c’était son habitabilité et ses aspects pratiques. Et ça tombe bien puisque rien n’a été changé. On retrouve donc avec plaisir la très bonne sensation d’espace qu’offre ce véhicule de seulement 4,13 m de longueur (+ 2 cm en raison du dessin des nouveaux boucliers) pour 1,76 m de largeur et 1,57 m de hauteur.

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C’est particulièrement le cas à l’arrière où l’on bénéficie d’un bel espace aux jambes et à la tête. La modularité demeure elle aussi inchangée, mais toujours exemplaire, avec une banquette coulissante sur 14 cm permettant au coffre d’osciller entre 385 et 455 litres. Enfin, l’astucieux siège avant passager rabattable est désormais de série sur toute la gamme. Le tout se manipule simplement et sans la moindre difficulté, ce qui fait de ce T-Cross un véhicule vraiment facile à vivre et bien pratique au quotidien.

Essai Volkswagen T-Cross restylé : sur route, le confort et le sérieux avant tout

Vous vous en doutez, le Volkswagen T-Cross a perdu son offre Diesel avec ce restylage. C’est dans l’air du temps. Pour autant n’allez pas croire que le SUV bouleverse profondément son offre moteur. Ne cherchez ainsi pas la trace d’une quelconque hybridation qui aurait pu faire son apparition sous le capot. Quant à une motorisation électrique il y a la gamme ID et la future ID.2 pour ça.

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Pour son T-Cross Volkswagen est resté on ne peut plus convenu, reconduisant ses deux motorisations 3 cylindres essence de 95 ch (BVM5) et 115 ch (DSG7). Mais un petit nouveau, pas si petit et pas si nouveau d’ailleurs, vient prendre place sur le train avant du véhicule : le 4 cylindres 1,5 l TSI mis à jour en 2022 et qu’on retrouve sur pratiquement toute la gamme VW (ici par exemple) ou chez les autres marques du groupe comme Seat ou Skoda. Ce bloc affiche 150 ch et 200 Nm et est associé à la très connue boite automatique DSG7. C’est ce modèle que nous avons testé.

Plutôt souple, doux et discret à bas régime c’est un moteur qui donne immédiatement un sentiment d’aisance et d’allant à ce petit T-Cross. Affichant un 0 à 100 km/h abattu en un très honorable 8,4 secondes (soit trois de moins que le 1.0 l TSI 115 ch), il n’en devient absolument pas sportif pour autant et le bousculer n’est pas véritablement plaisant. La montée dans les tours se révèle ainsi fort bruyante et la sonorité n’est en plus pas des plus agréables.

Essai Volkswagen T-Cross

Néanmoins, ce bloc offre au T-Cross la capacité de s’aventurer très largement au-delà de la périphérie des grandes villes, et même en (moyenne) montagne, sans qu’il en soit effrayé le moins du monde. Plus prosaïquement, voyager à quatre avec un coffre plein, ce que le T-Cross permet par son ingénieux aménagement, sera sans doute plus aisé avec ce moteur qu’avec les deux autres.

Côté comportement routier rien n’a changé par rapport à la précédente mouture. J’ai à nouveau bien apprécié les indéniables capacités routières de l’engin, dont le châssis et les trains roulants ne prêtent guère le flanc à la critique. Son amortissement peine cependant à maintenir le véhicule à plat en virages et la sensation d’écrasement au changement d’appui est marquée.

Le tout offre en contrepartie un bon confort global, toujours pris régulièrement à défaut sur les saignées transversales du bitume néanmoins. La boite DSG7 demeure souple et discrète, moyennement réactive, mais quoi qu’il en soit le T-Cross n’offre que peu de plaisir de conduite et s’apprécie bien plus à allure paisible.

Reste la position de conduite, très typée SUV, ce qui n’a rien d’illogique puisque c’en est un, et impactée par ce volant dont l’implantation manque de verticalité. En contrepartie, en ville, elle permet à son conducteur de profiter de ce côté surélevé qui plait tant à la clientèle et de se faufiler aisément un peu partout. Le véhicule est compact, la direction douce et la boite auto dans son élément privilégié. Dommage néanmoins que le T-Cross, qui conserve un frein à main… à main, ne puisse pas bénéficier d’un système auto-hold tellement agréable au feu rouge ou dans les bouchons.

Essai Volkswagen T-Cross
Oh ! Un T-Cross non restylé trône toujours au milieu du combiné d’instrumentation numérique Digital Cockpit de 10,25 pouces…

On signalera enfin, chose qu’il ne m’avait pas été possible de constater lors du précédent essai en Corse, que le T-Cross est un peu moins à l’aise sur autoroute. Il y avait certes un vent conséquent au moment de notre essai mais le comportement du véhicule devient un peu plus flou à 130 km/h. Et surtout, les bruits d’air au niveau du pare-brise, des montants et des rétroviseurs s’avèrent vraiment trop importants. Mieux vaut alors réduire un peu l’allure, à 120 km/h par exemple, profiter du bon calibrage des aides à la conduites (dont le véhicule est bardé) et faire également descendre sensiblement la consommation.

Car le bloc de 150 ch s’avère un peu gourmand et sur notre parcours mixte, à allure tout à fait raisonnable et réglementaire, il nous a gratifié d’un 6,9 l/100 km qui, s’il n’a rien de désastreux, n’a rien non plus de bien exceptionnel. Tout dépend bien entendu de votre utilisation quotidienne mais si vous lorgnez sur un T-Cross et que votre utilisation est essentiellement urbaine, compte tenu du surcout de 1800 € (soit 51,42 euros le cheval), on vous conseillera plutôt d’opter pour le 1.0 l TSI 115 ch, largement suffisant, et qui en plus vous gratifiera de quelques euros de malus… en moins (180 pour être précis).

Essai Volkswagen T-Cross restylé : Le prix est assez sérieusement pimpé…

Et chaque euros compte dans cette balance car le T-Cross n’est pas particulièrement bon marché. Certes, il présente un compromis global sans défaut ou presque, sa présentation est soignée et désormais vraiment pimpante, son comportement routier est de qualité, et son habitabilité est remarquable. Certes encore la dotation de série s’est largement enrichie par rapport à la précédente mouture, notamment pour les aides à la conduite (mais devenues en grande partie obligatoires en raison de la norme GSR2), ou l’adoption de Matrix LED sur les versions hautes. Mais en 2019, en version 1.0 TSI 115 ch Carat DSG7, le T-Cross s’affichait à 27 220 €. La même motorisation en R-Line aujourd’hui se négocie à 32 410…

Notre modèle d’essai, un 1.5 TSI Style équipé de l’option infotainment Discover Pro et des vitres arrière surteintées s’affiche ainsi à 34 880 €, auxquels il faut donc rajouter 540 euros de malus (135 g. CO2/km). La crise du Covid, de l’Ukraine, le renchérissement de l’énergie et l’inflation sont passés par là.

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Par ailleurs la concurrence, dont les prix ont aussi enflé il faut bien le reconnaitre, reste acérée et, en grande partie renouvelée depuis le lancement du T-Cross. La comparaison n’est pas toujours aisée mais le placement tarifaire est loin de tourner à l’avantage du Volkswagen à chaque fois, surtout si l’on tient compte des technologies (un Renault Captur hybride 145 correctement optionné est proposé à 33 300 euros par exemple).

Point à signaler néanmoins, la concurrence interne du groupe n’est plus aussi délicate pour ce T-Cross : le Skoda Kamiq n’a pas le droit pour le moment au 1.5 TSI et le Seat Arona, qui lui y a droit, navigue dans les mêmes eaux tarifaires que son cousin germanique, profondes donc.

Essai Volkswagen T-Cross restylé : Conclusion non pimpée mais sérieuse

Le Volkswagen T-Cross restylé ne change finalement que très peu par rapport au modèle initial mais corrige sensiblement ses principaux défauts : il est nettement plus pimpant, adopte un aspect high-tech plus marqué avec ses nouvelles signatures visuelles (à l’arrière tout particulièrement), des couleurs joyeuses et un habitacle à nouveau dans les standards de la marque de Wolfsburg.

Il n’offre pas de nouveauté majeure côté motorisation, et on peut regretter l’absence d’une version hybride sur un véhicule à vocation citadine, mais son habitabilité et sa modularité, rapportés à sa taille, sont des arguments de poids. Bref, choisir cette Volkswagen offre une certaine garantie de « ne pas se tromper ».

Essai Volkswagen T-Cross restylé : La galerie de photos pimpantes !

Photos : Eddy P.

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