Il n’y a pas que la 500 dans la vie. Il y a aussi le Fiat 600 ! Arrivé fin 2023, d’abord dans ses déclinaisons électriques, le SUV urbain (4,17 mètres de long) s’inspire largement de la célèbre citadine, sans pour autant avoir quoi que ce soit en commun avec elle sur le plan technique. Le Fiat 600 repose en effet sur la plateforme CMP de Stellantis – notamment utilisée par le Peugeot 2008 – aussi bien en électrique qu’en (micro-)hybride, comme nous l’avons essayé.
C’est précisément dans sa version d’entrée de gamme MHEV de 110 ch que nous avons pris le volant, lors d’un périple d’un peu plus de 1 000 km. L’occasion de se forger une opinion globale sur ce Fiat 600, mais aussi de déterminer si oui ou non 110 ch suffisent à mouvoir cette “méga-500”, commercialisée à partir de 24 700 euros dans notre finition de base Pop.
Essai Fiat 600 Hybrid 110 : pépère, mais pas amorphe
Sous le capot de ce Fiat 600 Hybrid 110 se cache le bien connu 1.2 trois cylindres du groupe Stellantis. Un moteur extrapolé du « fameux » PureTech, même si, dans cette nouvelle itération, plus de 70 % des composants sont inédits. Surtout, la courroie de distribution, qui a tant fait parler d’elle, cède ici sa place à une chaîne. Ce bloc essence est associé à une micro-hybridation 48 V, avec un moteur électrique de 28 ch intégré directement à la boîte de vitesses automatique à 6 rapports.
Top-moumoute
Dès les premiers kilomètres, le Fiat 600 séduit par sa direction. Très souple et agréable à prendre en main, elle s’accorde parfaitement avec la conduite douce à laquelle invite naturellement ce SUV urbain. Lorsque le rythme s’accélère, on regrettera en revanche un léger manque de consistance et un certain flou, mais rien de réellement pénalisant dans un usage courant.
La tenue de route est en revanche excellente. Le 600 se montre très sain, avec une très bonne maîtrise des mouvements de caisse. En conduite normale, comme lors d’un rythme plus soutenu, le roulis est quasiment absent. Il faut réellement aller chercher les limites pour percevoir une prise de roulis plus marquée. Les suspensions participent largement à ce bon compromis. Assez souples, sans jamais tomber dans l’excès, elles filtrent efficacement les irrégularités de la route. Résultat : le Fiat 600 se révèle globalement très confortable, y compris sur de longs trajets.
Même constat du côté des sièges, confortables et offrant un bon maintien du dos. On aurait apprécié un maintien légèrement supérieur au niveau des cuisses, mais dans l’ensemble, l’assise reste bonne.





Des performances satisfaisantes
Très bonne surprise côté performances : les 110 ch apparaissent comme amplement suffisants, y compris sur autoroute. Les dépassements s’effectuent sans stress. En contrepartie, trois cylindres obligent, le moteur se fait relativement entendre lorsqu’il est sollicité et doit monter dans les tours pour délivrer toute sa puissance. Dans l’ensemble toutefois, le Fiat 600 demeure plutôt silencieux. À noter un détail « marrant » : le bruit des clignotants, assez “robotique”, amusant à l’usage mais peu naturel.
Ce moteur nous a d’ailleurs presque davantage convaincus ici que dans la nouvelle Lancia Ypsilon, pourtant équipée du même ensemble mécanique. Sans doute parce que nous attendions inconsciemment un tempérament plus sportif de l’Ypsilon, alors que le Fiat 600 n’avait pas ce genre de prétentions. D’autant que les deux modèles affichent un poids très proche, avec 1 324 kg pour le 600.





La boîte de vitesses automatique à six rapports se montre globalement agréable. Les passages de rapports sont fluides et bien gérés… sauf lors des décélérations un peu franches, notamment en milieu urbain. Dans ces situations, les changements de rapports se font clairement sentir, accompagnés de quelques bruits. Dommage, pour une voiture appelée à évoluer souvent en ville.
Cette boîte se distingue toutefois par son utilisation pas si courante sur des modèles non (100 %) électriques : pas de levier de vitesses ici, mais de simples boutons implantés sur la planche de bord pour sélectionner les modes D, R ou N. Une solution simple et intuitive, qui libère de l’espace à bord.
Efficient, sans plus
En matière de connectivité, cette finition Pop va à l’essentiel. Pas de GPS intégré, mais la réplication smartphone est bien de la partie. Pas de chargeur à induction non plus, mais deux ports USB sont présents à l’avant. Les écrans sont lisibles, avec des caractères suffisamment grands, même si l’ergonomie des menus et sous-menus gagnerait à être plus intuitive encore.
Enfin, côté consommation, le Fiat 600 se montre efficient, sans être exceptionnel. Sur un parcours majoritairement autoroutier d’environ 400 km, nous avons relevé une moyenne de 6,7 l/100 km, avec une majorité de portions limitées à 130 km/h. Sur un itinéraire mixte mêlant ville et routes nationales, il est facile de descendre d’environ un litre.
À noter enfin que le freinage régénératif se fait réellement sentir, ce qui est suffisamment rare sur des modèles micro-hybrides (voire hybrides tout court) pour être souligné. Un point positif, qui contribue clairement à contenir la consommation au quotidien.





Essai Fiat 600 Hybrid 110 : presque aussi charmant que la 500
A l’extérieur : une 500 gonflée à l’hélium
Difficile de ne pas voir le lien de parenté avec la Fiat 500. Le 600 s’en inspire clairement, à l’avant comme à l’arrière, en reprenant ses signatures lumineuses et ses formes galbées. D’ailleurs, ce Fiat 600 fait nettement moins SUV que le 500X qu’il remplace. Il est légèrement plus compact, passant de 4,25 à 4,17 mètres de long. Et face à un Peugeot 2008, cousin technique, l’écart est encore plus marqué, avec près de 15 centimètres de moins en longueur.
En fait, avec ses « seulement » 1,52 mètre de hauteur, le 600 se rapproche finalement davantage d’une grosse citadine que d’un véritable SUV. Cette impression est renforcée par une présence relativement mesurée de plastiques de protection, bien moins envahissants que sur certains concurrents.





Le charme opère d’autant plus que le 600 est proposé dans des teintes chatoyantes. Notre modèle d’essai arborait un séduisant bleu ciel (officiellement baptisé Vert Sky, allez comprendre) mais le catalogue comprend aussi un Orange Sun très voyant, ainsi que des teintes plus classiques comme une teinte « sable », un noir, un blanc, un rouge ou encore un « bleu canard ». Les jantes participent elles aussi à ce côté « précieux ». Ici en 17 pouces, elles constituent toutefois une option ; la finition d’entrée de gamme Pop se contentant de série de jantes de 16 pouces.
A l’intérieur : difficile aussi d’oublier la 500
À l’intérieur, l’ambiance « à la 500 » se poursuit. La planche de bord accueille notamment un bandeau couleur carrosserie (en option sur la finition Pop, mais de série dès le niveau Icône) accompagné d’un éclairage d’ambiance discret mais réussi. Le Fiat 600 reprend d’ailleurs de nombreux éléments déjà vus dans la 500 (commodos, boutons…).
Les assemblages apparaissent globalement soignés, mais l’habitacle reste intégralement composé de plastiques durs. L’ensemble est visuellement agréable et chatoyant, mais fait tout de même un peu « cheap » en comparaison d’un Peugeot 2008 ou de certains concurrents. Il est en revanche très facile de trouver une bonne position de conduite : les réglages tombent naturellement sous la main, et l’ergonomie générale ne pose pas de difficulté particulière.






Le hayon est, étonnamment, assez lourd à manipuler. A l’avant, le Fiat 600 dispose d’un écran de 7 pouces devant le conducteur et d’un écran de 10,25 pouces (tactile) au centre.
À l’arrière, l’espace est correct, sans être remarquable. Le Fiat 600 se rattrape davantage sur le volume de coffre, avec 385 dm³ dans cette version micro-hybride. C’est 25 dm³ de plus que les déclinaisons électriques, et légèrement mieux que certains cousins Stellantis comme la DS 3 ou le Jeep Avenger. Le Peugeot 2008 conserve l’avantage avec 430 dm³, logique au vu de son gabarit supérieur.
Enfin, « fun fact » : la présence, sur cette finition d’entrée de gamme Pop, d’un imposant frein à main manuel. Un détail anachronique en 2025, qui ne manquera pas de surprendre les habitués des commandes électriques !







Essai Fiat 600 Hybrid 110 : gamme, prix et concurrence
Le Fiat 600 Hybrid se décline en quatre niveaux de finition.
Fiat 600 Pop
La finition d’entrée de gamme Pop propose déjà un niveau d’équipement relativement complet, si on oublie le fait qu’elle dispose d’un frein à main manuel !
Elle reçoit notamment un écran central tactile de 10,25 pouces, associé à un combiné d’instrumentation numérique de 7 pouces, ainsi que la connexion smartphone sans fil. La dotation multimédia s’appuie sur quatre haut-parleurs. Côté confort, on retrouve la climatisation automatique, le démarrage sans clé, une banquette arrière rabattable 40/60 et des radars de stationnement arrière, complétés par une caméra avant.
Sur le plan du style, le Fiat 600 Pop est équipé de série de jantes acier de 16 pouces avec enjoliveurs bicolores, d’une sellerie tissu biton associée à une planche de bord grise, ainsi que de coques de rétroviseurs noires. Enfin, le Fiat 600 Pop dispose des projecteurs avant full LED et des feux arrière à LED.
Fiat 600 Icône
La finition Icône se distingue extérieurement par des jantes alliage de 17 pouces de série, l’ajout de projecteurs antibrouillard à LED et de clignotants à LED.
Dans l’habitacle, la planche de bord est couleur carrosserie et les passagers arrière bénéficient également d’un troisième appui-tête de série.
Fiat 600 La Prima
Elle adopte des jantes alliage de 18 pouces, des vitres arrière teintées et des poignées de portes intérieures chromées. Le confort est renforcé par des sièges avant chauffants, un siège conducteur massant avec réglage lombaire, ainsi qu’un pare-brise dégivrant.
La dotation technologique comprend notamment des radars de stationnement avant, arrière et latéraux, un hayon électrique mains libres, un chargeur de smartphone par induction, et un système audio à six haut-parleurs.
Fiat 600 Sport
La finition Sport se distingue par une présentation plus dynamique. Elle reçoit des jantes de 18 pouces noires, des teintes de carrosserie spécifiques, dont des configurations bitons avec toit noir, ainsi que des feux arrière fumés. Des inserts noirs viennent souligner la calandre et le bouclier, tandis que les poignées de porte noires et le badge spécifique renforcent l’identité sportive.
À bord, l’ambiance se veut plus sombre également, avec une sellerie noire mêlant similicuir et Alcantara, une planche de bord grise redessinée et un ciel de toit noir.





Prix Fiat 600
En Hybrid 110, le Fiat 600 débute à 24 700 euros (finition Pop). Comptez 26 700 euros pour la finition Icône et 29 700 euros pour les niveaux La Prima et Sport. Pour ceux désirant plus de puissance, existe le Fiat 600 Hybrid 145. Il réclame 26 200 euros en finition Pop. Ajoutez encore 2 000 euros pour vous offrir la finition Icône et 5 000 euros pour les finitions La Prima et Sport.
Ainsi, le Fiat 600 se positionne parmi les modèles les plus accessibles de son segment. Il se montre notamment compétitif face à ses cousins techniques, à commencer par le Jeep Avenger, qui s’affiche à un tarif plus élevé en Hybrid 110 (actuellement : 26 550 euros). En Hybrid 145 aussi, mais l’Avenger a l’avantage de proposer quatre roues motrices.
Le Peugeot 2008, autre proche parent, fait quant à lui l’impasse sur le 1.2 MHEV 110 ch et n’est proposé qu’avec le bloc de 136 ch. Son châssis plus long, son habitabilité sensiblement supérieure et sa qualité perçue globalement plus valorisante ont un prix : le ticket d’entrée dépasse les 30 000 euros.
De son côté, le Renault Captur, dont le gabarit se situe à mi-chemin entre celui du 600 et du 2008, mise sur une offre technique différente. Il propose une motorisation « full hybrid » de 145 ch, à partir de 30 000 euros.





Essai Fiat 600 Hybrid 110 : bilan
Au final, le Fiat 600 séduit avant tout par son style attachant et sa personnalité bien affirmée. Sans chercher à jouer les SUV bodybuildés, il cultive une certaine douceur de vivre, à l’image de sa conduite et de son positionnement.
Sur la route, cette version micro-hybride de 110 ch se montre pleinement convaincante. Le moteur apparaît largement suffisant dans la grande majorité des situations, y compris lors de trajets autoroutiers, et s’accompagne d’un comportement routier agréable et rassurant. Quelques défauts subsistent toutefois, à commencer par des rétrogradages parfois perceptibles, notamment en milieu urbain, qui viennent légèrement ternir l’agrément global.
On pourra également regretter un habitacle à la présentation un peu « cheap » et une habitabilité sans éclat (logique, toutefois, au regard de son gabarit très compact ; le Fiat 600 figurant parmi les SUV les plus courts du segment B). Reste que son positionnement tarifaire particulièrement compétitif et son efficience globale en font une option tout à fait recommandable pour celles et ceux qui recherchent un véhicule polyvalent, capable d’assurer le quotidien tout en autorisant, sans appréhension, quelques escapades sur autoroute.






