Lancé fin 2019, le Peugeot 2008 caracole toujours dans le Top 5 du marché français. Après sa mise à jour de 2023 et l’arrivée de sa motorisation MHEV, il était grand temps de l’essayer au long cours pour voir si la lionne était toujours dans le coup.

Peugeot 2008 GT Hybrid 145 Rouge Elixir

Un passage de relais qui s’annonce délicat

Le Peugeot 2008 GT Hybrid demeure un SUV agréable, fonctionnel et rassurant. Le restylage lui apporte un dynamisme bienvenu et l’aligne sur la nouvelle identité visuelle de la marque : lignes plus acérées, lion agrandi et affirmé, cohérence stylistique retrouvée. Ses fondamentaux — comportement routier, confort, hybridation discrète mais efficace — restent parmi les meilleures références du segment.

Pourtant, cette mise à jour 2023 paraît un peu courte pour affronter sereinement les années à venir dans un segment B en pleine effervescence technologique. L’équipement digital, comprenant l’écran central, l’infotainment et les systèmes ADAS, accuse un retard sensible face à la concurrence plus récente. Sauf nouveau restylage centré sur ces aspects, ou renouvellement anticipé dans l’esprit du concept Polygon, le 2008 devra tenir bon. Sur le plan dynamique, le 2008 comblera pleinement ses utilisateurs. En revanche, une clientèle en quête d’innovations digitales ou d’« iPhones sur roues » risque de rester sur sa faim, d’autant que la configuration de cet essai frôle les 40 000 euros, hors remises, nombreuses et mises en avant. La bonne nouvelle réside dans la gamme, suffisamment riche pour réunir les options essentielles sans renoncer à la remarquable boîte e-DSC6 ni à l’hybridation 145 ch.

Une maîtrise de la route à toute épreuve

Peugeot 2008 GT Hybrid 145 Rouge Elixir

Les qualités dynamiques du 2008 perpétuent brillamment l’une des signatures techniques de Peugeot. Les jantes de 18 pouces, la motorisation Hybrid 145 et la finition GT n’altèrent pas le confort, tout en rehaussant la précision et la stabilité. Encore relativement léger, ce 2008 rappelle les grandes heures de la série 200. La direction, douce et chirurgicale, associée au petit volant de l’i-Cockpit modernisé, incite naturellement à hausser le rythme. Le roulis est quasi nul, le maintien de cap impressionnant, même face aux vents latéraux, et le freinage se révèle progressif et endurant.

C’est surtout l’équilibre entre efficacité des trains roulants et confort de conduite qui impressionne. Sur routes urbaines ou sinueuses, le 2008 se montre constant et d’une agilité rare. Sur les petites routes humides de Champagne, il enchaîne les courbes là où des concurrents plus « sportifs » sautillent à la moindre irrégularité. Quelques points restent à noter : les palettes de vitesses fixes sont peu pratiques dans les épingles, la différence entre les modes Sport et Normal est limitée, et la motorisation semble légèrement sous-dimensionnée en conduite dynamique. Rien de dramatique dans un pays aux limitations strictes, mais un moteur plus puissant serait apprécié sur certains marchés ou reliefs vallonnés. Côté consommation, les résultats sont excellents, avec environ 5,7 l/100 km et près de 800 km d’autonomie. En ville, la part électrique est élevée, et la récupération d’énergie très efficace.

Peugeot 2008 : un confort à bord de haut niveau

Peugeot 2008 GT Hybrid 145 Rouge Elixir

Sans viser pleinement le premium — quelques plastiques durs persistent — le 2008 séduit par sa finition et son confort remarquables. Le toit ouvrant panoramique, très bien insonorisé, ne génère aucune vibration, et le silence de fonctionnement est impressionnant. La transition entre électrique et thermique est quasiment imperceptible. Les sièges sport, enveloppants et confortables, sont sublimés par la sellerie Alcantara Executive aux surpiqûres vert « kryptonite ». Le volant épais, les inserts façon carbone et l’ambiance GT donnent presque envie d’une version GTI, qu’il suffirait de réveiller avec quelques touches de rouge.

Cependant, plusieurs éléments rappellent que le 2008 n’est plus totalement un SUV familial. Les vitres arrière sont étroites, les rangements limités, aucune fixation pratique pour tablettes n’est prévue, les sièges avant sont imposants et la visibilité de trois quarts arrière reste médiocre. La faible surface vitrée contribue à une ambiance « bunker », accentuée par le design anguleux. Dans un marché où de nombreux modèles offrent une habitabilité et une luminosité en nette hausse, le 2008 semble hésiter entre sportivité et polyvalence. Si la vocation familiale prime et que la taille n’est pas un handicap, le Citroën C5 Aircross mérite un coup d’œil, offrant une habitabilité supérieure pour des tarifs comparables. Dans l’ensemble, l’ergonomie générale reste excellente et sans mauvaises surprises, mais gagnerait en chaleur pour s’adapter aux nouvelles tendances plus lumineuses et ludiques.

Une forte déception au niveau des technologies digitales

Malheureusement, le restylage du 2008 semble avoir fait le strict minimum concernant la dotation digitale, qui n’est plus vraiment au niveau des standards actuels. Autant cela peut rester anecdotique pour les fonctions d’infotainment, autant cela devient problématique pour les aides à la navigation et les systèmes ADAS. Par souci de transparence, les cas rencontrés ont été remontés au constructeur avant la fin de l’essai, au cas où il s’agirait d’un problème logiciel ou matériel propre au véhicule, ce qui reste toujours possible. Les innovations digitales évoluent très vite, et les interfaces reflètent souvent une conception datant de quelques années. Beaucoup d’utilisateurs désactivent ces aides ou ne les utilisent que ponctuellement, et l’autonomie complète n’est pas encore d’actualité, rendant la vigilance du conducteur indispensable.

Dans ce contexte, la promesse commerciale semble largement exagérée. Les assistances proposées, ponctuelles et souvent interrompues, ne méritent difficilement l’appellation « conduite autonome de niveau 2 ». Sur 1 000 km, la conduite s’est révélée nettement plus sereine une fois l’assistance directionnelle désactivée. Les interruptions fréquentes et imprévisibles du maintien de trajectoire, parfois sans aucune alerte, et la lecture irrégulière des panneaux de signalisation, montrent que le système reste perfectible. L’ergonomie du commodo de régulateur, la résolution d’écran datée et la réactivation automatique des aides lors de l’usage du régulateur illustrent également les limites d’un restylage concentré ailleurs, probablement en attendant la prochaine génération.

Conclusion : à vouloir trop bien faire…

Peugeot 2008 GT Hybrid 145 Rouge Elixir

Malgré ces réserves sur le digital, le 2008 reste une valeur sûre : un choix sérieux, judicieux et fonctionnel, à condition de bien définir ses attentes et de sélectionner soigneusement motorisation, finition et options. Cette version GT Hybrid 145 offre un agrément de conduite remarquable, servi par la boîte 6 et un réglage dynamique hors pair. Elle gagnerait toutefois à se rapprocher de deux principes fondamentaux de la marque sochalienne : une certaine humilité dans le positionnement tarifaire et la communication marketing, et le conservatisme rigoureux d’une mise au point technique, irréprochable mais moins présent du côté digital.

Une version plus sportive — plus de puissance, moins d’assistance — constituerait un clin d’œil bienvenu à l’ADN de la marque et renforcerait l’image du 2008. Après tout, la manipulation manuelle du rideau du toit ouvrant fait partie de ces petits détails rappelant la 205… et dont on aimerait encore davantage.

  • Modèle essayé : Peugeot 2008 GT Hybrid 145 ch (33 060 €), avec options Rouge Elixir, toit ouvrant électrique, intérieur Alcantara Executive, Pack Vision & Navigation & Drive Assist Plus : 37 360 €
  • Gamme Peugeot 2008 à partir de 29 410 € (Style Hybrid 110 ch).

Texte et photos : David Rak, Le Nouvel Automobiliste

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