Il y a des modèles qui marquent une étape dans l’histoire d’un constructeur. Chez DS Automobiles, le DS 7 fait clairement partie de ceux-là. Présenté en 2017 puis lancé en 2018 sous le nom DS 7 Crossback, il a été le premier véritable modèle mondial de la marque française. Sept ans plus tard, l’heure du renouvellement a sonné, avec le DS N°7.
AU SOMMAIRE
Verdict – DS N°7 E-TENSE Long Range
Pour découvrir cette nouvelle génération (qui, donc, change de nom), DS Automobiles nous a donné rendez-vous dans un cadre particulièrement cohérent avec l’image que la marque souhaite transmettre : le Domaine de Terre Blanche, dans l’arrière-pays varois. Un lieu dédié au golf, univers auquel DS est associé depuis plusieurs années, mais aussi un endroit qui cultive certaines valeurs revendiquées par la marque : précision, élégance et recherche du détail.
Le parallèle était d’autant plus amusant lorsque l’on apprend que le domaine fut autrefois la propriété d’un certain Sean Connery… un certain 007. La transition vers ce nouveau N°7 était finalement toute trouvée. Mais derrière cette mise en scène, les enjeux sont importants : depuis 2017, la concurrence a évolué. Les SUV électriques se multiplient, les attentes des clients changent et les autres constructeurs mettent les bouchées doubles. DS doit donc démontrer que son approche du luxe automobile à la française peut encore trouver sa place dans ce nouvel environnement.
De fait, une version, précisément, nourrit toutes nos attentes : l’E-TENSE Long Range. Avec ses 245 chevaux, sa batterie de 97,2 kWh et son autonomie annoncée jusqu’à 740 kilomètres selon le cycle WLTP, cette déclinaison 100 % électrique promet d’apporter au N°7 une certaine polyvalence. Reste toutefois à savoir si cette nouvelle génération est réellement à la hauteur des ambitions affichées.
Design du DS N°7 : un DS 7 qui gagne en caractère
Le premier DS 7 avait choisi un dessin plus simple, avec des lignes rondes, élégantes et une certaine douceur dans son dessin. Le N°7 conserve les proportions générales du précédent opus, mais change clairement de personnalité. Les volumes sont davantage travaillés, les lignes se tendent et l’ensemble apparaît plus statutaire. Son évolution est visible dès le premier regard.
À l’avant, la nouvelle signature lumineuse devient l’élément le plus marquant. Les projecteurs affinés, associés aux feux diurnes verticaux installent progressivement la nouvelle identité visuelle de DS. Une signature qui accompagne déjà les autres modèles de la gamme, dont le N°8, dont il est extrapolé. La calandre évolue également avec un dessin plus travaillé. Elle paraît mieux intégrée dans la face avant et participe à donner au N°7 une présence plus affirmée, sans tomber dans une démonstration excessive.
Sur le profil, les poignées de portes affleurantes et les lécheurs de vitre invisibles contribuent à épurer la silhouette. Ce détail, devenu presque incontournable sur les véhicules premium récents, permet de limiter les ruptures visuelles et apporte une touche technologique supplémentaire. Les jantes participent elles aussi beaucoup à la perception générale du véhicule. Disponibles en 19, 20 et 21 pouces selon les versions, elles sont plus travaillées que sur le DS 7 et renforcent le côté haut de gamme recherché par DS.
La teinte claire de notre modèle d’essai souligne bien les reliefs du DS N°7 et lui sied particulièrement bien. Le nouveau capot noir, proposé en option, finit d’achever cette nouvelle identité, l’idée est d’ailleurs reprise du N°8 avec un procédé de peinture différent. Cependant, comme beaucoup de véhicules actuels, DS utilise largement le noir brillant sur certains éléments extérieurs. Si le rendu est séduisant lors de la présentation du véhicule, ce matériau reste particulièrement sensible aux traces et aux micro-rayures, notamment sur les montants de portes ou certaines parties du bouclier arrière.
À l’arrière, la rupture avec le premier DS 7 est encore plus visible. Les nouveaux blocs optiques verticaux apportent une nouvelle personnalité et donnent davantage de largeur visuelle au véhicule. Quelques ajustements de finition observés sur notre modèle d’essai mériteraient également d’être encore affinés, notamment sur certains alignements d’éléments de carrosserie.
Des détails qui restent mineurs, mais qui prennent forcément plus d’importance sur un véhicule affichant des ambitions premium. Finalement, le N°7 réussit, à nos yeux, son évolution stylistique. Il ne renie pas l’identité du premier modèle, mais lui apporte davantage de caractère.
Intérieur du DS N°7 : une certaine vision française du luxe automobile
C’est probablement à bord que le DS N°7 fait la meilleure impression.
Alors que de nombreux constructeurs misent aujourd’hui sur des écrans toujours plus nombreux et de plus en plus gros, DS cherche davantage à travailler l’ambiance et les matériaux. Il reprend le nouveau volant en X et beaucoup de traits de design issus du N°8, et renforce cette impression de qualité que l’on pouvait y trouver.
Lors de notre prise en main, deux finitions étaient proposées : La Première et Étoile. La finition La Première apparaît plus exclusive. Les garnissages en aluminium bouchonné associés à une sellerie cuir aubergine foncé apportent une ambiance très particulière. Un choix qui sort des traditionnels intérieurs monochromes encore très présents dans le segment.
Cette association de couleurs peut surprendre au premier abord, mais elle fonctionne particulièrement bien et donne au N°7 une vraie personnalité. La finition Étoile adopte une approche plus contemporaine. La sellerie cuir gris clair associée aux inserts en bois travaillés au laser apporte davantage de luminosité à l’ensemble. L’ambiance est moins démonstrative, mais tout aussi élégante, et peut-être un peu moins “lourde”.
La console centrale flottante fait elle aussi son petit effet. Son dessin libère de l’espace visuellement tout en intégrant plusieurs rangements, ainsi que des prises USB et USB-C. Les surfaces mates et le rétroéclairage discret renforcent cette sensation de qualité perçue. On regrettera néanmoins la disparition de la fameuse montre BRM motorisée, intégrée à la planche de bord du DS 7, mais qui n’est ici pas reconduite.
Le confort reste également un des points forts du N°7. Les sièges offrent une excellente position de conduite et leurs nombreuses fonctions (réglages multiples, massage, chauffage et ventilation selon les versions) participent au bien-être à bord, tout comme l’insonorisation, bien travaillée.
À l’arrière, le constat est similaire. L’espace disponible permet d’accueillir confortablement deux adultes, avec une banquette qui conserve une vraie vocation familiale. Le coffre, avec ses 560 litres et sa banquette rabattable 40/60, reste également dans la bonne moyenne de la catégorie.
Equipements du DS N°7 : une dotation complète, mais une partie multimédia qui peut encore progresser
Dès le premier niveau de finition, le DS N°7 propose une dotation intéressante. Les principales aides à la conduite sont présentes de série : régulateur de vitesse adaptatif, freinage automatique d’urgence, maintien dans la voie, surveillance de l’attention du conducteur ou encore radars de stationnement. Rien d’exceptionnel aujourd’hui, mais l’essentiel est bien là.
L’ensemble de la gamme bénéficie également du même système multimédia, désormais enrichi de fonctions faisant appel à l’intelligence artificielle. Sur le papier, l’idée est séduisante et s’inscrit dans la tendance actuelle du marché, mais à l’usage, le constat est plus nuancé.
L’interface est agréable à regarder, les menus sont relativement bien construits et l’affichage participe à la qualité perçue de l’habitacle. En revanche, le système manque encore un peu de réactivité face aux systèmes utilisés par la concurrence. Certaines commandes demandent un temps d’exécution supérieur à ce que l’on attend aujourd’hui sur un véhicule de ce niveau de gamme.
Ce n’est pas un défaut majeur, d’autant plus que le reste de la voiture donne une impression de modernité qui met naturellement ce léger retard en évidence. Notre version E-TENSE Long Range disposait également de l’un des équipements les plus intéressants du catalogue : la suspension DS Active Scan Suspension. Grâce à une caméra située à l’avant du véhicule et aux différents capteurs embarqués, le système analyse la route plusieurs mètres en amont afin d’adapter en permanence le fonctionnement des suspensions.
Sur les routes parfois dégradées de l’arrière-pays niçois, le N°7 absorbe les imperfections avec une réelle facilité tout en conservant un maintien de caisse très correct. Le système ne cherche pas à transformer la voiture en tapis volant, mais apporte cette sensation de sérénité que DS souhaite associer à son image. Impossible d’ailleurs de ne pas faire un parallèle avec l’histoire du groupe.
Plus de trente ans auparavant, Citroën proposait déjà une approche similaire avec la Xantia Activa et sa suspension pilotée capable de limiter considérablement les mouvements de caisse. Les technologies ont bien évolué, mais l’idée reste proche : chercher le meilleur compromis entre confort et maîtrise du comportement. Cette suspension fonctionne uniquement en mode Confort, ce qui paraît finalement logique puisque sa vocation première n’est pas la performance mais l’agrément.
Enfin, le système audio Focal ELECTRA 3D proposé en option offre un sentiment d’ immersion, avec une restitution sonore convaincante, notamment lors des longs trajets. Le toit panoramique apporte quant à lui une vraie luminosité à l’habitacle. On regrettera cependant l’absence de velum d’occultation, un choix qui pourrait devenir contraignant lors des périodes de forte chaleur comme on peut en subir actuellement.
Conduite du DS N°7 : une bonne surprise !
Avant de prendre le volant du DS N°7, on s’attendait naturellement à retrouver un SUV confortable, mais pas forcément très dynamique. Les premiers kilomètres le confirment rapidement, l’insonorisation est particulièrement soignée, la position de conduite est agréable et le confort est bien là.
Sur notre parcours, les enchaînements de virages se multiplient, le rythme augmente progressivement… et le N°7 révèle un visage que l’on ne lui connaissait pas. Notre version d’essai, l’E-TENSE Long Range de 245 ch, s’est montrée étonnamment homogène.
Malgré un poids qui dépasse largement les deux tonnes, le comportement inspire rapidement confiance. Le train avant est précis, les mouvements de caisse sont bien contenus et la voiture s’inscrit naturellement dans les courbes. Cette impression provient probablement de son architecture. Contrairement à la version hybride de 145 ch, l’E-TENSE bénéficie d’un train arrière de type multi bras qui transforme littéralement le comportement du véhicule.
Le ressenti est plus précis, les changements d’appui sont mieux maîtrisés et la voiture paraît beaucoup plus équilibrée lorsque le rythme s’accélère. Le N°7 absorbe les irrégularités avec beaucoup de naturel tout en conservant une caisse remarquablement stable. Ce constat rappelle que le confort reste l’une des spécialités du constructeur.
Cette maîtrise du châssis permet finalement à l’E-TENSE de proposer une conduite beaucoup plus dynamique que ce que son positionnement pourrait laisser penser. Attention toutefois, le N°7 ne devient pas un SUV sportif, il conserve une philosophie orientée vers le confort. La direction privilégie davantage la douceur que la vivacité et les sensations restent volontairement filtrées.
Mais c’est précisément cet équilibre qui fonctionne. À titre de comparaison, nous avons également pu prendre le volant de la version hybride légère de 145 ch, dont l’essai est à retrouver ici. Sans démériter dans une utilisation quotidienne, cette motorisation apparaît moins en phase avec le gabarit du véhicule. Les performances sont plus modestes et son comportement moins incisif, notamment en conduite soutenue sur notre parcours.
Recharge et autonomie : la carte maîtresse du DS N°7 E-TENSE électrique
C’est probablement sur ce chapitre que DS était le plus attendu. Avec cette version E-TENSE Long Range, la marque annonce jusqu’à 740 kilomètres d’autonomie selon le cycle WLTP. Un chiffre qui place le N°7 parmi les SUV électriques les plus endurants de sa catégorie.
Sur le papier, la promesse est séduisante, reste à savoir si elle résiste à un usage réel. Notre parcours, sur route escarpée, en pleine chaleur avec un rythme parfois soutenu, était loin d’être favorable à des records en termes de consommation. Pourtant, l’ordinateur de bord affichait 15,5 kWh/100 km au terme de notre essai.
Un résultat plutôt convaincant compte tenu du profil du parcours et des conditions de roulage. Sans permettre de vérifier les 740 kilomètres annoncés, cette consommation laisse penser que DS n’a pas uniquement cherché à communiquer sur un chiffre flatteur. Le travail réalisé sur l’efficience paraît réel, et les essais d’endurance déjà réalisés par la marque (avec huissier !) sur le N°8 semblent aller dans le même sens.
L’énorme batterie de 97,2 kWh autorise une recharge rapide jusqu’à 160 kW en courant continu. Dans ces conditions, DS annonce un passage de 20 à 80 % en un peu plus de vingt minutes, un temps qui permet d’envisager des longs trajets avec une pause raisonnable.
Sur ce point, la concurrence fait toutefois évoluer les standards. Certains modèles reposant sur une architecture 800 volts proposent désormais des puissances de charge supérieures et des temps d’arrêt encore plus réduits, alors que le DS N°7 repose sur une architecture 400 volts plus conventionnelle.
De ce fait, cette version E-TENSE convainc davantage par sa sobriété que par sa puissance de charge.
Prix et concurrence du DS N°7
La gamme du DS N°7 s’articule autour de plusieurs motorisations, avec une version hybride légère de 145 ch qui constitue le produit d’appel, tandis que l’essentiel de l’offre repose désormais sur les déclinaisons E-TENSE 100 % électriques.
Deux niveaux de puissance sont proposés : 230 ch et 245 ch pour la version Long Range essayée ici. Côté finitions, la gamme se compose des versions N°7, Pallas, Étoile et La Première. Les tarifs débutent à partir de 43 900 € pour la version hybride et dépassent les 73 000 € pour une E-TENSE Long Range La Première richement équipée.
Des prix qui placent clairement le N°7 face aux références premium européennes, mais également face à une nouvelle génération de SUV électriques venus d’Asie, souvent très agressifs sur le rapport prix/prestations.
| Motorisation | Moteur 100 % électrique |
|---|---|
| Puissance | 245 ch (280 en boost) |
| Consommation (WLTP) | 16,2 à 17,6 kWh/100 km |
| Émissions de CO2 | 0 |
| Longueur | 4,66 m |
| Empattement | 2,79 m (+5 cm par rapport au DS 7, que le DS N°7 remplace) |
| Poids à vide | 2 138 kg |
| Volume de coffre | 560 litres |
| Jantes (véhicule essayé) | 20 pouces |
| Tarif d’entrée | À partir de 50 610 € |
| Plateforme | STLA Medium (groupe Stellantis) |
✓ Points positifs
- ✓Aspect visuel plutôt flatteur
- ✓Confort
- ✓Tenue de route
✗ Points négatifs
- ✗Prix
- ✗Détails de finition
- ✗Système multimédia un peu limité
Notre verdict
Avec ce N°7, la marque semble être allée dans la bonne direction. Sans révolutionner la recette, DS fait évoluer son SUV là où c’était nécessaire. Le design gagne en caractère, l’habitacle conserve cette identité très française qui fait sa singularité, et surtout, cette version E-TENSE Long Range apporte une cohérence que nous n’attendions pas forcément. Là où l’on pouvait “craindre” un simple SUV confortable, DS propose finalement une auto capable également d’un certain dynamisme mais relativement homogène.
Note
| Modèle | Consommation mixte | Prix estimé | Point fort |
|---|---|---|---|
| DS N°7 E-TENSE Long Range (245 ch) | 16,2 à 17,6 kWh / 100 km | À partir de 50 610 € | Style affirmé, autonomie |
| Peugeot 3008 Long Range (230 ch) | entre 17,1 et 18,1 kWh / 100 km | À partir de 46 990 € | Tarif de base inférieur et notoriété du modèle supérieure |
| BMW iX1 eDrive20 (204 ch) | entre 14,3 et 16,1 kWh / 100 km | À partir de 46 990 € | Comportement routier dynamique |
| BYD Seal U EV (218 ch) | 19,9 kWh / 100 km | À partir de 46 390 € | Niveau d’équipement |
FAQ
Quelle est la consommation du DS N°7 E-TENSE Long Range ?
DS annonce une consommation homologuée WLTP d’environ 16,2 kWh / 100 km. En usage réel, comptez légèrement plus. Néanmoins, avec sa grosse batterie de 97 kWh de capacité, le DS N°7 dispose de l’une des meilleures autonomies de sa catégorie.
Quel est le prix du DS N°7 E-TENSE Long Range ?
Le tarif d’entrée de cette version est de 50 610 €. En finition haute, et avec les options, le DS N°7 E-TENSE Long Range peut allégrement dépasser les 65 000 euros. Des tarifs… premiums.
Le DS N°7 est-il plus spacieux que le DS 7 qu’il remplace ?
Oui sur le volume de coffre : 560 litres contre 555 pour le DS 7. L’empattement allongé de 5 cm par rapport à la génération précédente offre aussi davantage d’espace aux genoux à l’arrière.
Quels sont les points faibles du DS N°7 E-TENSE Long Range ?
En premier nous citerons son prix. S’ajoutent également quelques (petits) détails de finition et son système multimédia qui manque un peu de réactivité. Pour le reste, le DS N°7 rend une très bonne copie.