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Essai Kia Sportage GT-Line Premium PHEV 2023

Essai Kia Sportage GT-Line Premium PHEV 2023 : force tranquille

Un week-end de l’ascension et 1 500 km de route : voilà de quoi nous permettre de faire plus ample connaissance avec le nouveau Kia Sportage, que nous avons essayé dans sa version hybride rechargeable de 265 ch. Une belle puissance, pour un véhicule qui prône pourtant davantage le confort au dynamisme.

Essai Kia Sportage GT-Line PHEV 2023

Essai Kia Sportage GT-Line Premium PHEV 2023 : fringant et clinquant

Qu’il est loin, le temps où les voitures coréennes semblaient vouloir se cacher tant leurs designs étaient discrets. Presque 30 ans après le lancement du tout premier Kia Sportage et quelques 6 millions d’exemplaires vendus plus tard, le SUV fétiche de Kia s’est refait une beauté en 2022 avec une cinquième génération à l’esthétique très travaillée.

Ce ne sont pas tant les (belles) jantes de 19 pouces de notre modèle d’essai, ou encore ses lignes agressives et saillantes, qui nous font dire cela. Ces ingrédients sont, aujourd’hui, l’apanage de tous les SUV. C’est plutôt cette face avant qui, d’emblée, attire notre attention. Sa grosse calandre et ses phares en forme de losange, verticaux, et placés assez bas, interpellent.

Pas de doute, les nouvelles Kia (Niro, EV6…) mais aussi Hyundai (Ioniq 5, Ioniq 6, Tucson – qui partage sa plateforme avec le Kia Sportage) font dans l’originalité. Ce qui est assez impressionnant, c’est que malgré tout, les modèles Kia arrivent à conserver un air de famille indéniable. Une belle prouesse des équipes de Karim Habib, chef du design Kia. Nous qui, en photos en tout cas, n’étions pas très fan du style de ce nouveau Kia Sportage, avons été séduits en vrai. La jolie couleur métallisée (650 euros) Bleu Fusion n’y était sans doute pas étrangère.

Pour qui veut une teinte avec du « pep’s », Kia propose également l’Orange Cuivre ou le Vert Bornéo… ainsi que la possibilité d’opter pour un toit de couleur noir (option à 1 050 euros). Fringant, le Kia Sportage 2023, dans sa version hybride rechargeable, est disponible en trois niveaux de finition : Active, Design et GT-Line Premium. Comme nous ne nous refusons rien, c’est cette finition que nous avions ! Un modèle tout de même facturé 52 440 euros hors options, mais nous y reviendrons.

Essai Kia Sportage GT-Line Premium PHEV 2023 : agréable à vivre

Le tour de force de ce Kia Sportage, c’est de faire haut-de-gamme, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, malgré un design original (du moins dehors) qui ne plaira peut-être pas à tout le monde. Car à l’intérieur également, en effet, le SUV coréen présente bien. Les deux écrans juxtaposés (et incurvés), de 12,3 pouces, font leur effet, d’autant que leurs graphismes sont attrayants et que les différentes possibilités de personnalisation aussi.

La qualité de la finition nous est apparue plutôt bonne tandis qu’entre les passagers avant, la console centrale (assez large) donne accès à un sélecteur de vitesse (facile d’utilisation), à un autre sélecteur pour les modes de conduite (moins intuitif cependant) et… peut-être un peu trop de boutons. Globalement, néanmoins, l’habitacle du Kia Sportage est très agréable à vivre, notamment de nuit, où l’ambiance lumineuse n’a rien d’agressive (qu’il fasse totalement jour, totalement nuit ou… entre les deux, les écrans de la planche de bord adaptent leurs couleurs !).

Cela étant, qui dit SUV dit aussi, souvent, famille. Or, avec une longueur de 4,52 mètres (à peine plus que son devancier) et un empattement (distance entre les roues) de 2,68 mètres, le nouveau Kia Sportage sait recevoir. Les passagers arrière disposent ainsi d’un bel espace aux jambes et d’une garde au toit satisfaisante, alors que le dossier de la banquette est fractionnable. De plus, et c’est assez rare pour être souligné : il n’y a pas de tunnel de transmission qui gênerait les jambes du troisième passager et ce, même si notre Kia Sportage PHEV est un quatre roues motrices !

Enfin, avec un volume de coffre de 540 litres en version hybride rechargeable (580 sinon), le Kia Sportage se situe dans la moyenne haute de la catégorie, et fait bien mieux, par exemple, qu’un Peugeot 3008 hybride rechargeable (395 litres). Ajoutez à cela un seuil de chargement large et bas et le SUV de Kia effectue un quasi sans-faute.

Le toit vitré – optionnel – est agréable et teinté. La banquette arrière est un petit peu courte pour les passagers grands… ou avec de longues jambes !

Essai Kia Sportage GT-Line Premium PHEV 2023 : velléités haut-de-gamme

Au-delà de son habitabilité, le nouveau Kia Sportage fait la part-belle aux nouvelles technologies. Sur la route, les phares « matriciels » font merveille, même si ce genre d’équipements existe depuis plusieurs années. Toujours au rayon des « technos », nous pouvons citer le régulateur adaptatif s’adaptant à la zone de circulation, les détecteurs d’angle morts, la vue aérienne lors des manœuvres ou encore, lorsque vous enclenchez les clignotants, une vue derrière le volant de ce qui se passe sur les côtés.

Plus impressionnant encore, le Kia Sportage est capable de se garer tout seul… sans personne à l’intérieur, simplement en activant un bouton via la clé. La manœuvre doit s’effectuer les roues droites, et est censée aider à rentrer la voiture dans un box, par exemple, d’autant qu’elle est capable de détecter la présence d’un individu, d’un obstacle ou d’un mur. La voiture peut aussi être arrêtée depuis la clé de contact. Une technologie déjà connue, mais sur des modèles bien plus haut-de-gamme, et qui fait toujours son effet !

Les touches servant à régler la climatisation ou à naviguer dans les différentes fonctionnalités de la voiture (GPS, radio…) sont tactiles. Si leur réactivité est parfaite, elles demandent cependant un petit temps d’adaptation. La sono, signée Harman Kardon, offre un son clair mais est en option.

Essai Kia Sportage GT-Line Premium PHEV 2023 : que vaut-il sur la route ?

Un système hybride efficace

« Notre » Kia Sportage est mû par un bloc essence 4 cylindres 1.6 GDi de 180 ch, couplé à un moteur électrique de 61 ch pour une puissance combinée de 265 ch (et 350 Nm de couple). Une puissance honorable, qui permet au SUV coréen d’atteindre les 100 km/h en 8,2 secondes.

Dès les premières minutes derrière le volant, nous ne constatons aucun bruit. Et pour cause : sans surprise, c’est le moteur électrique qui est « naturellement » sollicité, notamment en ville. Plus surprenant en revanche, c’est que selon la manière dont vous sollicitez la pédale d’accélérateur (comprenez, si vous avez le pied lourd… ou non !), le bloc électrique peut officier particulièrement longtemps, même passé les 30 ou 40 km/h.

Pour recharger la batterie de ce Kia Sportage PHEV, comptez 1h45 (d’après Kia) pour passer de 10 à 100 % d’autonomie via une borne de recharge de 7,2 kW. Sur une prise domestique (2,3 kW), comptez près de 5h30.

A ce titre, le système hybride du Kia Sportage se révèle, effectivement, efficace : les transitions moteur thermique / moteur électrique sont très douces (a contrario des changements de rapports qui, sans être abruptes, se remarquent un peu plus) et à peine audibles. Il n’y a qu’au démarrage que le moteur thermique fait un peu de bruit (si vous « forcez » la voiture à utiliser le bloc thermique car « naturellement », comme dit au-dessus, elle sollicitera le moteur électrique).

Résultat des courses, sur des trajets « tranquilles », où l’on ne dépasse pas les 90 km/h, le Kia Sportage 2023 peut tout à fait « faire » du 3,5 l / 100 km ; le moteur électrique étant largement utilisé. Quid, justement, de l’autonomie en tout-électrique ? En théorie, la voiture affiche une autonomie de 70 km : pas mal, pour la catégorie. Dans la pratique, nous avons observé jusqu’à 65 km d’autonomie : la différence n’est pas si élevée !

D’autant que si vous enclenchez le mode « hybride », le moteur thermique recharge largement le moteur électrique, si bien que sur un trajet autoroutier de 400 km, où nous avons favorisé le moteur thermique, la batterie (de 13,8 kWh) était quasiment pleine à la fin. L’ordinateur de bord indiquait par ailleurs une consommation de 7 l / 100 km, un score honorable pour un SUV de 265 ch et 1 905 kg.

Le confort, plutôt que le dynamisme

Si vous vous attendiez, avec 265 ch (cumulés) sous le capot, à des performances de premier ordre, vous allez être déçus. Là-dessus, le Kia Sportage est sans doute handicapé par son poids, frisant les deux tonnes. Bien-sûr, les dépassements seront une formalité et le Sportage peut gratifier son conducteur de belles accélérations. Cela étant, les vraies « poussées » s’observent à partir de 3 500 trs / min et il faut, comme on dit, « appuyer sur le champignon ».

A vrai dire, là n’est pas la philosophie du Kia Sportage : avec sa suspension, certes plutôt ferme (mais loin de l’être trop), il privilégie largement le confort, malgré quelques bruits d’air passés les 100 km/h et une – très – légère prise de roulis dans les virages (nous aurions, à ce propos, apprécié des sièges offrant un meilleur maintien). La tenue de route est au demeurant très bonne.

Le Kia Sportage ne propose « que » deux modes de conduite : Eco (le principal) et Sport. Contrairement à d’autres véhicules, le mode Sport ne change pas grand-chose. Alors, oui, la suspension est un peu plus ferme, la réponse de l’accélérateur plus franche, mais globalement, ce mode ne métamorphose pas la voiture dont la boîte de vitesse (automatique, à 6 rapports) est équipée de palettes au volant, disons-le, pas très utiles.

Sur la route, le SUV coréen offre un confort pullman et des qualités routières indéniables.

Essai Kia Sportage GT-Line Premium PHEV 2023 : pas à prix d’ami !

Nous l’évoquions rapidement au début de l’article : notre modèle d’essai coûte 52 440 euros hors options. Il s’agit, certes, de la finition la plus haut-de-gamme. En finition Active (le premier niveau), le Kia Sportage PHEV ne réclame « que » 45 440 euros, tandis qu’en motorisation essence, il démarre à partir de 31 140 euros.

Le prix de notre version hybride rechargeable haut-de-gamme est dans la moyenne de la catégorie. Il se situe pile entre un Peugeot 3008 PHEV 225 (50 410 euros) et un Peugeot 3008 PHEV 300 (55 680 euros), tandis qu’en « premium », un BMW X1 PHEV réclame plusieurs milliers d’euros de plus. Chez le cousin Hyundai, un Tucson coûte, à quelques dizaines d’euros près, le même prix qu’un Sportage. Un Kia Niro PHEV réclamera en revanche près de 10 000 euros de moins en finition haute… Mais n’offrira « que » 183 ch.

Non, le Kia Sportage PHEV est dans la moyenne du marché, en termes de prix. Ni plus, ni moins, avec un niveau d’équipements intéressant. Le temps où les voitures coréennes étaient bradées est, lui aussi, loin !

Essai Kia Sportage GT-Line Premium PHEV 2023

Avec son design travaillé, son habitacle spacieux (et de qualité) ainsi que ses aptitudes routières indéniables, le Kia Sportage fait figure de très bon élève dans la catégorie – surchargée – des SUV compacts. Car oui, le nombre de concurrents est grand. Les plus du Kia ? Un bon niveau d’équipements, une motorisation puissante et un excellent système hybride. De quoi faire oublier un tarif dans l’absolu élevé mais en pratique, dans la moyenne du marché. En somme, le nouveau Kia Sportage est SUV très recommandable.

Photos : Adrien A



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