Il faut dire enfin, et surtout, que cette Golf restylée s’inscrit dans un événement autrement plus symbolique et majeur dans l’histoire de la marque puisque cette incontestable icône de l’Automobile (avec un grand A), célèbre cette année son cinquantenaire. Nous y reviendrons largement dans une série d’articles à retrouver sur Le Nouvel Automobiliste mais en attendant penchons-nous sur cette quinqua qui, vous allez le voir, ne porte pas mal le poids des années.
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Essai nouvelle Volkswagen Golf 8 eTSI restylée : un peu d’antiride ?
Botox ? Acide hyaluronique ? Sérum repulpant ? Argireline ? Rassurez-vous je ne vais pas vous faire un descriptif exhaustif de l’armoire à salle de bain type d’une cougar. La Golf restylée n’utilise rien de tout cela d’ailleurs. Quant à savoir si elle peut être caractérisée de cougar, n’est pas Ford qui veut, je vous laisse décider seuls.

Toujours est-il que si la Volkswagen Golf n’utilise a priori pas de produits cosmétiques pour se refaire une beauté, force est aussi de constater qu’elle n’abuse pas particulièrement de la chirurgie esthétique non plus pour rester dans le coup. Car il faut bien avouer que repérer une Golf VIII restylée au premier regard n’aura rien de particulièrement aisé tant les modifications sont ténues.
Elles tiennent essentiellement à de petites retouches dans le traitement des pare-chocs, a un dessin interne des optiques, notamment arrière, repensé et modernisé avec une nouvelle génération de feux matriciels IQ Light plus puissants, et à l’arrivée, pour la première fois dans la gamme, d’un logo VW avant illuminé. Une véritable révolution !
Au bout du compte la Golf conserve l’essentiel de ce qui fait son succès, une compacte proprette et sans chichi qui ne brille pas par un style exubérant et démonstratif mais, bien au contraire, par un côté simple, cohérent, rassurant et solide. En ce point, qu’on aime ou pas ce design, la Golf reste une référence incontestable. Mais ce conservatisme stylistique n’empêche aucunement Madame Golf d’être une authentique geekette.
Essai nouvelle Volkswagen Golf 8 eTSI restylée : cure de rajeunissement numérique
Et c’est à l’intérieur qu’on le constate le plus avec l’implantation d’un nouvel écran central qu’il vous sera impossible de louper. On peut d’office discuter de son « intégration » à la planche de bord, pas particulièrement harmonieuse ni recherchée. On peut aussi exprimer quelques réserves quant à sa taille (12,9 pouces) qui n’avait peut-être pas besoin d’être aussi généreuse. Mais on doit absolument saluer la qualité d’affichage et la parfaite réactivité de la dalle.

Le système MIB4 connait par ailleurs quelques évolutions pour le rendre plus facile à utiliser et plus intuitif. De fait, ça n’est pas immédiatement simple, on peut même dans un premier temps trouver l’ensemble un peu fouillis. Mais la pratique démontre plutôt le contraire et on trouve ses repères finalement assez aisément et rapidement. Il faut juste s’y faire, c’est comme tout, et il faut dire également qu’il est possible de paramétrer de très nombreux éléments du véhicule.
On se montrera en revanche un peu plus critique quant à l’assistant vocal IDA. Elle réagit et répond avec une certaine promptitude et une certaine efficacité quand on l’interroge en utilisant le bouton dédié au volant, mais nous vous déconseillons vivement de laisser son fonctionnement en mode automatique. Dans ces conditions elle intervient à tout bout de champ dans votre conversation, sans même que l’on arrive à déterminer quel mot magique la ferait réagir. Bref, il ne faut jamais trop abuser de la technologie…
D’ailleurs chez Volkswagen on l’a non seulement compris mais appliqué. « A l’écoute de ses clients et des journalistes » dit-on en termes choisis, le constructeur est revenu en arrière sur les touches tactiles du volant qui sont redevenues physiques. Quant aux réglages tactiles de la climatisation, ils sont désormais rétro-éclairés. On ne peut qu’approuver.
Pour le reste, l’habitacle de cette Golf reste relativement classique, avec une qualité perçue qui nous est apparue en progrès et une présentation soignée et sérieuse à défaut d’être très originale. Du Volkswagen pur jus. Rajoutons à cela une habitabilité correcte pour quatre adultes mais un volume de coffre peut-être un peu juste avec ses 382 litres. Cela dit, nuançons ce propos et rappelons que la Golf, avec ses 4,28 m, est désormais pratiquement la seule de son segment à justifier son appellation de « compacte » là où nombre de ses concurrentes dépassent de plus en plus allègrement les 4,35 m.

Essai nouvelle Volkswagen Golf 8 eTSI restylée : la maturité a du bon
Pas de mises à jour spectaculaires d’un point de vue mécanique pour cette Golf restylée mais plutôt une capitalisation sur des motorisations éprouvées qui connaissent de petites évolutions pour, en particulier, plus d’efficience.
Par ailleurs, le choix proposé à ses clients par Volkswagen pour propulser leur Golf est sans conteste le plus important du segment, et cela mérite d’être souligné et salué. La Golf peut en effet se vanter d’un catalogue riche de trois blocs quatre cylindres différents, en essence comme en diesel, en micro-hybridé comme en PHEV allant de 116 à… 333 ch pour la Golf R. De quoi permettre à tout acheteur potentiel de trouver son bonheur.
Vous voulez un peu plus de photos et une vidéo de ces versions GTI et R de la Golf restylée ? Une petit tour tout au bout de cet article et vous serez récompensés 😉
Nous reviendrons au mois de septembre sur les versions PHEV sur lesquelles VW annonce des autonomies en tout électrique très impressionnantes (jusqu’à 148 km !) mais lors de cet essai ce sont les versions micro hybridées eTSI de 116 et 150 ch qui nous ont été proposées.
L’objectif de ce bloc quatre cylindres, quelle que soit sa déclinaison de puissance, est avant tout d’optimiser la consommation. Et il fait tout pour y parvenir. Outre l’hybridation 48V il propose également un système de désactivation de deux des cylindres. Imperceptible à la conduite, le mécanisme intervient automatiquement lors des phases ne nécessitant pas de sollicitation particulière du moteur. Ce n’est pas constant bien entendu mais ces coupures permettent de grappiller par ci par là quelques dixièmes de litre au 100 km.

Le bilan est d’ailleurs assez positif puisque nous avons réussi à nous maintenir dans des consommations de l’ordre de 5 l/100 sur un parcours plat mais avec un bref passage sur l’autoroute allemande incluant une Vmax de 218 km/h. Ce résultat, obtenu avec le 116 ch, est, en consommation comme en vitesse de pointe, légèrement plus élevé avec la version 150 ch sans pour autant que la différence de performances ne soit particulièrement convaincante.

La version la plus puissante offre certes des accélérations un peu plus franches et une vitesse de pointe supérieure mais pas au point de transformer la Golf en sportive, il y a les versions GTI et consorts pour cela, ni faire de la version 116 ch une tortue. A nos yeux, compte tenu de la différence de prix, 2500 euros tout de même, il n’est pas absolument judicieux de choisir la version 150 ch. Mais Volkswagen a prévu le coup et ne vous ouvre l’accès aux finitions les plus huppées qu’avec la version la plus pêchue…

Dans un cas comme dans l’autre, le bloc couplé à la boîte automatique DSG7 sait se montrer discret à allure stabilisé mais crie un peu fort lorsque l’on décide de le solliciter plus fortement. Sans pour autant vous gratifier d’une grande démonstrativité. Les accélérations sont très linéaires mais les reprises satisfaisantes et largement suffisantes et sécurisantes pour une conduite quotidienne.
Le comportement routier de son côté ne distille pas de saveur ou de plaisir particulier non plus mais, comme souvent chez Volkswagen, il offre un excellent compromis global. L’amortissement se montre prévenant en toute situation sans pour autant qu’il n’y ait le moindre mouvement de caisse désagréable. La direction est certes peu informative, c’est le cas sur pratiquement tous les véhicules aujourd’hui, mais elle se montre douce et assez précise. Le niveau sonore en vitesse stabilisée est excellent et l’on est bien installé à bord, d’autant que l’ergonomie ne souffre désormais plus des petits défauts de la phase 1.


Bref, la Golf est en progrès sur quasiment tous les plans, on sent que la voiture est mature et qu’il y a peu de chance qu’elle vous réserve de mauvaises surprises.
Essai nouvelle Volkswagen Golf 8 eTSI restylée : édition 50 ans, c’est cadeau !
C’est la fête à Wolfsburg cette année, la Golf devient une quinqua et il est assez difficile de passer à côté de cet événement quand on est sur place. En même temps il est assez difficile de passer à côté de tout ce qui touche à Volkswagen quand on est sur place. Il est surtout impossible de passer à côté d’une Volkswagen, il n’y a pratiquement que ça, nous vous en reparlerons sous peu sur notre site en vous faisant visiter l’Autostadt.
Mais en attendant que diriez vous d’une petite visite en haut des fameuses tours de livraison de l’usine ?
Un tel anniversaire se fête naturellement et Volkswagen a décidé de vous faire des cadeaux. Bon ne vous enflammez pas trop quand même, tout n’est pas offert. Il n’empêche, faire le choix de cette Golf en optant pour la série spéciale Edition semble être une première option avantageuse. Alors que le catalogue propose la Golf dès 29 990 euros, la finition Edition eTSI 116 ch DSG 7 vous offre contre 34 130 euros une version de la compacte moins onéreuse que la finition Life Plus mais avec des équipements supplémentaires en prime (verrouillage et démarrage sans clé, peinture métallisée, jantes 17 pouces…).
Mais vous n’allez pas vous arrêter en si bon chemin. C’est la fête oui ou non ? On n’a pas tous les jours cinquante ans quand même ! Et comme la finition Edition n’est pas proposée sur les versions 150 ch il ne vous reste plus qu’à craquer pour la série spéciale Edition 50 (on vous laisse deviner le sens de cette appellation) qui, basée sur une finition style, s’enrichit de petits blasons 50 disséminés un peu partout sur et dans le véhicule, de jantes de 18 pouces ou encore d’un ciel de pavillon noir pour un tarif de 39 350 euros.
Un tarif indéniablement intéressant pour une Golf dont la valeur résiduelle reste traditionnellement élevée mais, ne nous y trompons pas, les concurrentes directes (Opel Astra, Ford Focus ou autres Peugeot 308) certes pas toutes aussi modernes que la Volkswagen, sont globalement plus compétitives qu’elle.
Essai nouvelle Volkswagen Golf 8 eTSI restylée : have a quinqua, have a break
Voulant essayer les deux variantes du eTSI nous avons en effet réalisé une partie de notre essai à bord de la version SW de la Golf, histoire de vous en proposer également un très bref aperçu. Fondamentalement il n’y a bien entendu pas de différences dans les sensations de conduite par rapport à la version berline.

Notez toutefois que, contrairement à cette dernière, la gamme SW a été simplifiée et n’est plus proposée que dans les finitions Life Plus, Style et R Line. Plus regrettable, le break n’a pour le moment pas droit aux motorisations PHEV et devra se contenter des TSI 116, eTSI 116 et 150 et TDI 116 et 150. Ce qui laisse néanmoins déjà un certain choix.
Comme la berline, la Golf SW reçoit les quelques modifications esthétiques et vous pouvez, avec nos photos, constater que le traitement des phares/feux des véhicules d’entrée de gamme est un peu moins valorisant. Logique. Néanmoins le style de ce break conserve un dessin plutôt équilibré et offre surtout ce qui est absolument indispensable à tout break : du coffre.
Ce dernier affiche un volume global de 611 litres et surtout un espace assez largement modulable. Rajoutez à cela la banquette rabattable et le siège passager avant doté de la même fonctionnalité et vous voila à bord d’un engin à même de transporter votre planche de surf/horloge comtoise/contrebasse/table de salon/boa constrictor/documents de travail ou, comme moi, votre François Bouet préféré… le tout pour un surcoût par rapport à la Golf berline de 1020 euros.
Essai nouvelle Volkswagen Golf 8 eTSI restylée : une quinqua requinquée
Les cinquante ans de la Golf lui vont indéniablement bien. Certes elle n’est plus le véhicule référence et/ou révolutionnaire qu’elle fut jadis (notamment dans ses deux premières itérations), certes encore sa carrosserie n’est plus le centre d’intérêt principal des acheteurs qui se sont progressivement mais massivement dirigés vers les SUV, certes enfin les retouches apportées à cette version restylée sont minimes esthétiquement et limitées mécaniquement. Mais la Golf reste un véhicule parfaitement à la page, totalement dans son temps et demeure un véhicule référence sur le segment des compactes. Une quinqua avec les gènes de notre ère en somme…
Essai nouvelle Volkswagen Golf 8 eTSI restylée : la galerie photos
Nouvelle Volkswagen Golf 8 restylée : bonus ! Quelques photos des versions GTI et R







Photos et texte : Eddy P
Vidéos : François Bouet











































































