Le Nouvel Automobiliste
Essai Mitsubishi ASX

Essai Mitsubishi ASX restylé : Trois diamants valent-ils mieux qu’un seul ?

Le Mitsubishi ASX se refait une petite beauté en cette fin de printemps. Comment ? Vous ne connaissez pas le Mitsubishi ASX ? Et pourtant c’est un véhicule qui va certainement vous dire quelque chose. Pour cause, c’est un clone. Ce n’est d’ailleurs pas totalement nouveau chez Mitsubishi, il y a de cela une quinzaine d’années l’ASX était la version nipponne des Citroën C4 Aircross et Peugeot 4008 de première génération. Mais qu’à cette époque c’est Mitsubishi qui développait l’engin.

Mais depuis 2016 déjà c’est avec la firme au losange (diamant ?) au sein de l’Alliance que Mitsubishi collabore. Et l’ASX de deuxième génération, lancé en 2022, peut être considéré comme un simple crossbadging du Renault Captur. Ce dernier a été restylé récemment et fort logiquement, puisqu’ils sont tous deux assemblés au même endroit à Valladolid, le Mitsubishi ASX également. La marque de Tokyo en a-t-elle profité pour permettre à son ASX de se démarquer un peu du Captur et ainsi démontrer que trois diamants valent mieux qu’un seul ? Réponse dans notre essai.

Essai Mitsubishi ASX

Essai Mitsubishi ASX : Ces petits riens qui changent tout

Soyons réalistes, dans le trafic, en passant rapidement à coté de lui ou en jetant un coup d’œil distrait dans leur rétroviseur, la quasi-totalité des gens ne verront aucune différence entre un ASX et un Captur. Pourtant, en y regardant d’un peu plus près, on peut constater des petits détails différenciants. On n’est même pas loin d’affirmer que ce Mitsubishi ASX est susceptible de s’émanciper quelque peu de son frère jumeau en affirmant une personnalité légèrement différente.

Assez peu à l’arrière toutefois où rien ne change. Mais ici impossible de le confondre longtemps avec une Renault tant le nom Mitsubishi prend ses aises sur quasiment toute la largeur du hayon. La caméra de recul, toujours sise dans une excroissance dont la discrétion n’est pas la première des qualités, est aussi un distinguo majeur. On notera enfin que chez Mitsubishi, les feux colorés sont conservés et qu’on n’a pas cédé à la mode du traitement cristal apparue sur Clio et Captur restylés.

Essai Mitsubishi ASX Lenouvelautomobiliste40

De profil, outre les petits monogrammes spécifiques à la marque aux trois diamants, on appréciera les nouvelles et très réussies jantes de 18 pouces. Mais aussi et peut-être surtout, la conservation du lécheur de vitre en chrome, élément si caractéristique du véhicule puisqu’il se poursuit en s’élargissant dans la custode arrière offrant ainsi une jonction soignée au traitement bi-ton de la carrosserie et un profil dynamisé et fluidifié. Renault de son côté a décidé d’éliminer totalement ce matériaux, qui pose il est vrai potentiellement de réels problèmes de santé, et de le remplacer par du noir laqué.

Mais la vraie différence se fait à l’avant. Et sur cette proue, qui offre plus de caractère en s’avérant plus frondeuse et plus racée que celle du Renault, l’ASX prend l’avantage en termes de style. La couleur Sunrise Red associée aux éléments en noir laqué, au traitement spécifique de la calandre (dénommée Dynamic Shield) et à la signature visuelle en demi-diamant (ou en demi-losange ?) fonctionne rudement bien et procure une belle identité à ce Mitsubishi ASX.

Essai Mitsubishi ASX Lenouvelautomobiliste12

Essai Mitsubishi ASX : J’veux du cuir !

A l’intérieur, c’est toujours un peu plus le jeu des 7 erreurs avec le Renault Captur. Vous retrouverez le tableau de bord du petit SUV, son très beau sélecteur de vitesses, par ailleurs agréable à manipuler et tombant facilement sous la main, et sa qualité de fabrication générale de très bon aloi. Les matériaux sont très souvent moussés, ceux qui ne le sont pas offrent un aspect très sérieux et l’assemblage est convaincant.

Essai Mitsubishi ASX Lenouvelautomobiliste42

Bien entendu ne cherchez pas de losange sur le volant, les trois diamants de la marque de Tokyo y ont évidemment pris place, histoire de vous rappeler, si vous en doutiez, à bord de quoi vous vous trouvez. Mais il y a une autre différence, et de taille celle-ci : les sièges.

Tout comme pour le chrome à l’extérieur, Mitsubishi a fait le choix de conserver le cuir à l’intérieur. Et c’est assez réussi ! Ces assises, outre la sensation qualitative qu’elles dégagent, grâce à leurs jolies surpiqûres contrastées et leur dessin classique mais agréable, offrent un bon confort global et un maintien satisfaisant. Le conducteur aura en plus droit aux réglages électriques, le passager devant faire avec ses petits bras musclés.

Essai Mitsubishi ASX Lenouvelautomobiliste53

L’habitacle de l’ASX, à l’instar du Captur, brille aussi par son espace et sa modularité. Les rangements sont légion, pratiques et parfois énormes (la boîte à gants par exemple), le toit ouvrant apporte une luminosité bienvenue dans cet univers noir, l’espace aux jambes à l’arrière permet à pratiquement tout le monde de s’y trouver à l’aise. Et en avançant/reculant la banquette (sur 16 cm) on peut faire varier le volume du coffre, lui-même modulable via son plancher amovible, de 326 à 401 litres en version hybride. C’est assez modeste il est vrai, pour les autres versions on obtient de 422 à 536 litres.

Terminons ce chapitre du côté des écrans et interface pour dire qu’on est là aussi gâté. Le Mitsubishi ASX reprend à son compte le très agréable et très intuitif système Google Automotive sur une dalle verticale réactive, fluide et à l’affichage très fin de 10,4 pouces. Même si c’est moins rapide, on s’y sent presque comme sur son smartphone, du moins comme sur son smartphone Android.

L’instrumentation, et c’est nouveau, est également intégralement digitale, regroupée dans un écran de 10 pouces (7 en entrée de gamme) très lisible et largement configurable. La reprise des informations du GPS s’y avère notamment très précieuse.

Essai Mitsubishi ASX : A l’aise partout

Le SUV de Mitsubishi est proposé avec le bloc trois cylindres 1.3 l micro hybridé de 130 ch, en boîte automatique ou manuelle, mais aussi, en entrée de gamme, avec un tout petit trois cylindres 1.0 l de 90 ch couplé à une boite manuelle. Son seul intérêt sera probablement son prix mais ce n’est même pas certain puisqu’il affiche la même consommation (assez moyenne) et le même niveau de rejet de CO2 (assez malussé) que la version 130 ch.

Il faut toutefois signaler qu’il sera désormais possible d’opter pour une version GPL développant 100 ch. Une proposition relativement rare sur le marché mais qui a déjà convaincu de nombreux acheteurs sur d’autres gammes, chez Dacia par exemple.

Essai Mitsubishi ASX Lenouvelautomobiliste67

Pour notre part, c’est vers la motorisation full hybrid que nous nous sommes tournés car elle devrait continuer à représenter la majorité des ventes du véhicule. Autant le dire tout de suite c’est un très bon choix car le groupe motopropulseur conçu par Renault, s’il connait quelques petits défauts, offre un excellent agrément global.

Son point fort le plus évident est la promesse qu’il fait sur ses consommations, d’autant qu’il les tient. Il est en effet très aisé de se contenter de moins de 5 litres/100 km quel que soit le trajet et le type de routes empruntés. Et il n’est pas bien difficile non plus de descendre bien plus bas, notre trajet d’un hôtel romain à l’aéroport de Fiumicino nous ayant gratifié d’un remarquable 4,2 l/100 km.

Essai Mitsubishi ASX Lenouvelautomobiliste61

Ce moteur qu’on retrouve bien sûr sous le capot du Renault Captur mais aussi, entre autres, de la Renault Clio ou du Dacia Duster propose une puissance de 143 ch chez Mitsubishi (145 ch chez Renault… allez comprendre). Sans lui conférer le moindre caractère sportif c’est amplement suffisant pour emmener l’ASX et même pour lui donner un certain allant.

Néanmoins, comme sur ses cousins/frères/neveux techniques (je vous laisse vous-même établir les liens familiaux) le bloc n’aime pas particulièrement être maltraité. La faute au système de boîte de vitesses retenu (une boite à crabots à 4 rapports doublée de deux autres rapports pour le moteur électrique) qui entraine parfois quelques à-coups mais surtout une certaine lenteur au kick down et une sorte d’hésitation dans le choix des rapports.

Mais, encore une fois, rien de rédhibitoire. Au quotidien le véhicule fait très bien son office. Il est à l’aise en ville grâce à sa direction douce et précise et on s’y retrouve très souvent en mode EV. Sur les petites routes il se débrouille très correctement également grâce à une suspension bien équilibrée, ni trop ferme ni trop molle, permettant à la fois un excellent maintien de caisse en virages et filtrant remarquablement les défauts des routes défoncées des alentours de Rome. Enfin sur autoroute le maintien de cap est bon et le bruit relativement contenu, ce qui permet d’envisager de longs trajets routiers sans grande inquiétude.

Essai Mitsubishi ASX Lenouvelautomobiliste90

C’est d’autant plus envisageable que l’ASX est bardé d’aides à la conduite de dernière génération et qu’elles sont bien calibrées. Le régulateur de vitesse avec distance de sécurité et maintien dans la voie est convaincant et la lecture des panneaux, permettant de fixer la vitesse du régulateur via un clic au volant, est assez peu prise à défaut. Le bilan dynamique est donc tout à fait satisfaisant.

Essai Mitsubishi ASX : Le prix des diamants

Mais pourquoi diable acquérir un ASX plutôt qu’un Captur ? Impossible de vous répondre directement « pour son prix ». D’une part parce qu’au moment d’écrire ces lignes, le tarif officiel de l’ASX restylé n’est pas encore connu. Et d’autre part, et surtout, parce que même si cette tarification n’est pas encore définitivement arrêtée il est toutefois possible de vous annoncer que l’ASX sera un peu plus cher que le Captur.

En guise de comparaison, un Renault Captur e-tech 145 en version Techno et optionné peu ou prou avec les mêmes équipements que notre véhicule d’essai (c’est-à-dire en gros tous) s’affiche à 34 900 euros quand l’ASX pré-restyling affiche actuellement déjà 36 940 euros. Ce n’est pas vraiment donné, il faut bien le reconnaitre, mais on rappellera qu’on parle ici de la finition haute Instyle qui propose un véhicule à l’équipement complet (aides à la conduite multiples, sellerie cuir, toit ouvrant, application smartphone dédiée…) et motorisé par un bloc moderne, économe et agréable au quotidien.

Essai Mitsubishi ASX Lenouvelautomobiliste22

Il faut donc nécessairement trouver d’autres arguments. Le style, quoique très proche, l’est un chouïa moins qu’auparavant et on pourra trouver à l’ASX une dose supplémentaire de caractère dans son faciès. Cela peut aussi être une histoire de blason : vous détestez le losange ou votre concessionnaire au losange, pour les raisons qu’on vous laisse seuls à même de défendre, mais vous appréciez le style de l’engin et ses qualités intrinsèques ? Pourquoi alors ne pas avoir le beurre, le Captur, et l’argent du beurre, le Captur sans le losange mais avec des diamants ?

Soyons peut-être un peu plus sérieux et mettons en relief l’élément majeur susceptible de vous faire choisir cet ASX : sa garantie longue durée. La politique européenne de Mitsubishi est déjà plutôt volontaire sur ce point puisque le japonais est garanti 5 ans contre deux pour le Captur. Mais Mitsubishi France va plus loin et porte cette garantie à 8 ans ou 160 000 km (sur l’ensemble de sa gamme au passage). Et petite cerise sur le gâteau, cette garantie est cessible en cas de revente. De quoi avoir l’esprit tranquille un bon moment et également de quoi limiter la décote du véhicule à la revente.

Essai Mitsubishi ASX

Essai Mitsubishi ASX : Conclusion

Que vous préfériez trois diamants plutôt qu’un seul ne sera donc qu’une affaire de goût, de préférences personnelles et de convictions. L’ASX et le Captur sont bien des clones, à quelques rares exceptions près, et seuls ces détails seront susceptibles de vous faire choisir l’un plutôt que l’autre. Si ce choix se porte sur l’ASX vous pourrez néanmoins vous prévaloir d’une certaine originalité car, en toute logique, sur notre marché français on croisera moins de Mitsubishi que de Renault.

Retrouvez également l’essai de la phase 1 du Mitsubishi ASX par François Bouet.

Essai Mitsubishi ASX : La galerie de photos

Photos : Eddy P.

Nos réseaux sociaux

Alimenté avec passion par l’association Le Nouvel Automobiliste

Copyright © 2021