Le Nouvel Automobiliste
BYD Seal

Essai BYD Seal : Build Your (Chinese) Dream

L’ Art de la guerre commerciale selon BYD

Le fabricant de batteries passe à l’offensive. Présentée chez nous au Mondial de l’Auto de Paris 2022, la séduisante BYD Seal vient compléter l’offre déjà bien étoffée (Atto 3 / Tang / Han / Dolphin) de la marque chinoise aux ambitions planétaires.

Le design et la technologie sont au rendez-vous avec dans le viseur son altesse la Tesla Model 3.

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Blade Runner

Coté pile la BYD Seal emprunte le thème global de l’océan, et plus précisément le phoque. Si ce n’est pas forcément l’animal le plus valorisant auquel on pourrait penser pour s’inspirer, il demeure néanmoins un redoutable chasseur.

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Aussi coté face, on découvre le jeu de BYD, multinationale de haute technologie, bien décidée à conquérir le marché et renverser la vapeur face à son GIGA concurrent. Pour Rappel, les (Navy) SEALs sont la principale force spéciale de la marine de guerre des États-Unis…un message subliminal envoyé pour challenger Tesla ?

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Actuellement Build Your Dream est en train de se construire son image, une notoriété, qui est la pierre angulaire de la stratégie de l’industriel pour gagner la confiance des consommateurs européens.

Un style plus désirable et apprêté

De face, la forme de X du bouclier avant assoit la voiture, tandis que le bombage longitudinal sur le capot rappelle que certaines sportives avaient besoin de plus de place pour loger leur gros cœur.

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La poupe est fluide avec de faux airs de Tesla Roadster II et le style général suggère une mini Porsche Taycan, il y a pire comme références. Ce qui impressionne, c’est l’harmonie dans les proportions. Finis les porte-à-faux trop longs ou les roues qui rentrent un peu trop dans les arches. On a ici affaire à un joli dessin soigné jusque dans les moindres détails (graphisme des optiques, custodes et bas de caisse avec motifs en 3D).

J’aime quand les gens commencent à sourire dès qu’ils voient nos véhicules. Cela signifie que nous avons créé un design attrayant avec passion. »

Wolfgang Egger.

https://press.bydauto.be/byd–nouvelle-ere-avec-le-global-design-centre

Le coup de crayon de son style a même été récompensé par le iF Product Design Award, et franchement elle le mérite.

Puissance et maîtrise

« Sans maîtrise, la puissance n’est rien! » clamait une publicité pour des pneumatiques italien. La BYD Seal possède les deux. Les performances annoncées figurent même dans le haut du panier des électriques du moment.

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Pour preuve le « 3.8S » inscrit sur la malle arrière. Cela ne fait ni référence à la cylindrée ni même au nombre de soupapes, c’est l’extraordinaire accélération de 0 à 100 km/h ; l’équivalent d’une Ferrari F430.

Pour atteindre ce tour de force, la Seal fait appel à une machine électrique asynchrone de 217 ch à l’avant, secondée par un deuxième moteur synchrone de 313 ch positionné sur le train arrière. Le tout atteint la puissance cumulée de 530 ch (technologie rotor à aimants permanents).

Pour mettre en œuvre cette cavalerie, la Seal bénéficie du système iTAC (Intelligence Torque Adaptation Control). C’est un contrôle de motricité évolué grâce au pilotage roue par roue qui permet à la voiture garder son adhérence et rectifier sa trajectoire instantanément en cas de besoin. La Seal fait désormais appel a des gommes de chez Continental EcoContact 6.

Une belle réussite à l’intérieur également : La qualité allemande aux commandes

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Si le design est d’inspiration allemande, la qualité de présentation l’est aussi. L’intérieur propose une qualité de finition exemplaire, avec un soin tout particulier porté au choix des matériaux, ainsi qu’à leur assemblage. Rien ne bouge, l’ergonomie est travaillée, avec une belle combinaison au toucher soft un peu partout et des commandes qui tombent bien sous la main.

La voiture profite d’une belle insonorisation : on se sent comme dans un cocoon à bord. Le toit totalement vitré et fixe de série participe à la sensation d’espace à bord. De multiples rangement sont d’ailleurs présents pour chaque occupant.

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Le dessin des sièges chauffants et ventilés est enveloppant. Ceux-ci sont accueillants et confortables, distingués avec des coutures travaillées et le logo BYD brodé, magnifiques.

Particulièrement doux au toucher, les matériaux tels que le cuir et la suédine (tous deux vegan comme le veut désormais la tradition) font passer la Seal pour une catégorie supérieure. Ainsi parée de ces nouveaux codes empruntés au premium, BYD veut switcher du cheap au chic.

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Au poste de pilotage, le volant ergonomique est surmonté de sa double instrumentation (écran 10,25 pouces + HUD). Nous ne sommes pas chez Tesla ici et c’est sûrement un point qui ravira les non-geeks : il y a des touches comme dans une vraie voiture.

Cependant, on ne passera pas à coté de l’écran géant central tactile (15,6 pouces) qui a la particularité d’être rotatif ; la signature de BYD. Les boutons du volant sont restés physiques, ce qui est bien pratique quand on n’est pas issu de la génération Z.

Cette génération va apprécier le double emplacement en face du mini-levier de vitesses où l’on peut recharger deux téléphones par induction. Très pratique, on pourra seulement lui reprocher sa taille « un peu juste » une fois le câble USB branché qui gêne la position complètement à plat d’un « gros » smartphone (iPhone 11ProMax pour ne pas le citer).

Les multiples prise USB et mini-USB se trouvent sous la console centrale entre les deux sièges avant avec un grand rangement.

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Question son, c’est Dynaudio, une marque de HiFi que l’on retrouve chez Volvo mais aussi chez Bugatti, qui prête ses services à BYD avec un système audio à 12 haut-parleurs de très bonne facture.

La commande vocale « Hey BYD! » est très réactive et sa voix rappelle celle des Mercedes. Bonne référence quand on sait que le chef du design intérieur vient de la marque à l’Etoile.

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Tenue de route et bonne conduite

La tenue de route est plutôt bonne avec un centre de gravité très assez comme dans toute les électriques et des batteries placées au centre « en skateboard » entre les deux essieux, ce qui offre un bon équilibre global. La direction est réactive sans être sportive. Le freinage très puissant est à l’avenant des accélérations et la suspension privilégie le confort.

Le passage des innombrables dos-d’âne rencontrés se fait sans appréhension. Notre version « Excellence » est d’ailleurs équipée de l’amortissement pilotée sur le train arrière. On notera qu’un soin tout particulier à été apporté à la mise au point de la tenue de route.

La Seal est une auto facile à prendre en main avec laquelle il est aisé de manœuvrer grâce aux caméras et la vision 360° sur l’écran central.

Consommation dans la moyenne

Si le poids à vide de 2155 kg de la Seal laisse deviner une construction solide, la consommation pourrait en pâtir.

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Donnée pour un WLTP de 18,2 kWh/100 km pour la version 530 ch (16,6 kWh/100 km pour la 313 ch), nous n’avons pas dépassé les 21 kWh/100 km sur un trajet mixte route / ville / autoroute.

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Comme il est très (très) tentant de pratiquer de grosses accélérations en mode sport, (3 modes disponibles : eco, normal, sport) on peut rapidement voir son autonomie fondre. Attention donc à bien planifier son trajet (pas d’application planner BYD dédiée).

La technologie de batterie en avance : Le Cell-To-Body

La batterie Blade n’est pas qu’un fournisseur d’énergie, elle participe aussi à la rigidité de la structure du châssis (e-Platform 3.0) de la Seal. Celle-ci est d’une puissance de 82,5 kWh pour les deux modèles proposés.

Cette conception révolutionnaire de la batterie Blade est issue d’une technologie brevetée par BYD. Installées en mode Cell-to-Body, elles permettent à la structure générale du véhicule d’être plus résistante ; notamment en cas de choc, cela facilite leur réparation.

La chimie LFP de la batterie (Lithium Fer Phosphate) est non dépendante du Cobalt (minerai qui fait tant parler). De plus, elle autorise une recharge plus rapide et accroît sa durée de vie.

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Ces batteries, que l’on retrouve aussi dans la Tesla Model Y fabriquée à Berlin ont la particularité de se recharger très vite en courant continu.

Réseau de distribution en plein développement

Pour le moment BYD est une marque qui passe sous les radars. Toutefois, le développement en marche forcée du réseau va aider l’enseigne à se faire connaître auprès du grand public. Les partenaires commerciaux pour la France sont au nombre de huit :

ByMyCar / Kroely / BodemerAuto / Sipa / GBH / Emil Frey France / Groupe Maurin / Groupe Chopard.

Modèle emblématique

C’est donc avec une berline bien dans l’air du temps que BYD pourrait entrer dans le cœur des français avec un modèle emblématique. La Seal et son style frais a facilement la capacité de subtiliser une part des ventes à la star du marché la Tesla Model 3.

Elles se situent (presque) dans la même gamme de prix et sont confectionnées toutes les deux en Chine. Le « Made In China » gagnerait-il ses marques de noblesse? (à partir de 47960€ pour la BYD propulsion contre 42900€ pour la Tesla).

A savoir que la Seal a créé la surprise en arrivant en finale du concours « Car of the Year 2024« , une première pour une voiture chinoise.

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Fournisseur et/ou Constructeur

BYD a fait un bond de géant depuis 1995, date de la création de la jeune entreprise d’électronique, la branche automobile a été lancée en 2003.

Le Président Wang Chuanfu : « La technologie est la force dure de BYD et le design sa force douce »

Pour Wang Chuanfu, l’objectif est simple : être et rester le leader des batteries et étendre sa main mise sur le marché automobile mondial pour devenir LA référence.

Si certains constructeurs comme Stellantis veulent passer de constructeur à fournisseurs avec Emotors, c’est la pratique inverse mise en application chez BYD. Avec une force industrielle et des moyens sans précédents, passer de fournisseur de technologies et de composants à constructeur reconnu n’est pas une mince affaire. Construire une image de marque solide nécessite des années, voire des décennies pour imprimer l’inconscient collectif.

2024, produire les BYD en Europe.

Après la conquête commerciale, l’entreprise pourrait s’implanter sur le territoire Européen pour fabriquer sur place et ainsi passer outre les quotas mis en place par l’Europe. BYD aurait sélectionné la Hongrie pour sa première usine européenne de véhicules particuliers (pays où il fabrique déjà des bus électriques).

L’objectif de BYD est de lier des partenariats durables avec les différents acteurs tels que les flottes ARVAL et ALD Automotive.

BYD Seal : ce qu’il faut retenir

L’ADN de BYD c’est l’avance technologique. C’est d’ailleurs de cette manière que Toyota a percé le marché français à l’époque avec un quasi monopole des flottes de taxis avec la Prius et autres Camry Hybrides.

  • Berline du segment D dynamique, sportive et technologiquement avancée
  • Une batterie Blade de 82,5 kWh avec une autonomie allant jusqu’à 570 km (WLTP) et une charge CC (30-80 %) jusqu’à 150 kW en seulement 26 minutes
  • Disponible en configurations propulsion ou traction intégrale
  • Technologie avancée Cell-to-Body et BYD e-Platform 3.0
  • Les prix : Design 313 ch à 46960€ (éligible au bonus de 5000€) & Excellence AWD 530 ch à 49 990 €
  • 6 ans de garantie véhicule / 8 ans de garantie pour la batterie
  • Pas d’option / équipement complet.
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Alors, pour 2023, on commande chinois?

Photos : Le Nouvel Automobiliste / illustration : BYD

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