Deux ans à peine après l’accord « Zukunft Volkswagen », la direction de Volkswagen et le syndicat IG Metall retournent à la table. Le constructeur veut réduire au plus vite ses coûts de main-d’œuvre, et les négociations s’ouvriront le 24 novembre à Emden, puis le 15 décembre à Zwickau. Deux sites qui ne doivent sans doute rien au hasard.
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« Nous n’avons pas de temps à perdre »
Le ton est donné par Arne Meiswinkel, directeur des ressources humaines de la marque Volkswagen. Selon lui, la situation économique s’est « considérablement dégradée » depuis la signature de l’accord collectif de 2024, et impose d’agir « de toute urgence ».
Direction et syndicat ont tous deux activé en septembre la clause de réouverture prévue par cet accord. Fin septembre, Volkswagen a également dénoncé dix accords collectifs, dans le respect des délais de préavis. De quoi poser un cadre de négociation… et mettre un peu de pression.
Lors de leur deuxième réunion de révision, les deux parties ont donc convenu d’ouvrir des négociations collectives formelles.
Ce que Volkswagen met sur la table
Le constructeur affiche trois leviers :
- un recours « maximal » aux départs volontaires ;
- la création de sociétés de transfert, éligibles à des financements publics, que les salariés pourront rejoindre pour se former et chercher un nouvel emploi ;
- une baisse des coûts de main-d’œuvre.
Le détail de ces mesures reste à négocier. Volkswagen évoque aussi une plus grande flexibilité dans l’affectation des salariés entre les postes.
La direction assure dans le même temps rester attachée à l’accord de 2024, y compris à ses clauses de garantie de l’emploi. Un équilibre qui s’annonce délicat à tenir.
35 000 postes, puis 12 000 de plus
Pour mémoire, l’accord « Zukunft Volkswagen » de décembre 2024 prévoyait déjà la suppression de plus de 35 000 postes sur les sites allemands de la marque d’ici 2030, sans licenciements secs.
Le plan stratégique du groupe, baptisé « Group Target Picture 2030 », ajoute 12 000 suppressions supplémentaires au sein de Volkswagen AG sur la même période. C’est précisément pour les mettre en œuvre que le constructeur réclame de nouveaux outils.
Ces chiffres s’inscrivent dans un mouvement plus large. Début septembre, le conseil de surveillance du groupe a validé un plan qui prévoit environ 100 000 suppressions d’emplois dans le monde d’ici la fin de la décennie, comme nous le racontions dans notre article sur le jour où Wolfsburg a accepté l’impensable.
Le même conseil a demandé qu’un projet de nouvelle organisation de la production européenne soit prêt d’ici mi-2027.
Emden et Zwickau, un symbole
Le choix des lieux de négociation interroge. En juin, le magazine économique allemand Manager Magazin citait Emden et Zwickau, avec Hanovre et l’usine Audi de Neckarsulm, parmi les sites dont la fermeture serait envisagée à moyen terme. Volkswagen n’a jamais confirmé ces informations, que nous avions détaillées dans cet article.
Ces deux usines sont aujourd’hui consacrées à l’électrique. Zwickau a été la première usine du groupe entièrement convertie aux modèles ID., et Emden assemble notamment l’ID.7.
Un groupe sous pression de toutes parts
Ces négociations s’inscrivent dans le « Future Plan 2030 » présenté cet été, qui prévoit notamment de diviser par deux la gamme du groupe. Le programme « Operational Excellence » doit réduire les coûts d’environ 20 milliards d’euros d’ici 2030, auxquels s’ajoutent quelque 11 milliards d’économies sur les frais généraux.
Les raisons de l’urgence ne manquent pas. En 2025, le résultat opérationnel du groupe a chuté de 19,1 à 8,9 milliards d’euros. Volkswagen a déjà revu deux fois ses objectifs cette année.
En Chine, longtemps sa vache à lait, le groupe est contraint de casser les prix de ses nouveaux modèles électriques. En Europe, il affronte l’arrivée d’une vingtaine de marques chinoises, très présentes au dernier Mondial de l’Auto.
Reste à savoir jusqu’où IG Metall acceptera de suivre. Le syndicat avait obtenu en 2024 une garantie d’emploi, sans licenciements secs jusqu’en 2030. Les rendez-vous d’Emden et de Zwickau diront si elle résiste à la nouvelle donne.
Source : Volkswagen Group


