Les petites GTi ont pratiquement disparu du paysage automobile. Aussi, voir renaître une nouvelle Peugeot 208 GTi ne manque pas d’attirer l’attention. Cette fois pourtant, point de quatre cylindres essence sous le capot : la plus sportive des 208 embrasse l’électrique avec 281 ch. Peugeot Sport a néanmoins retravaillé le châssis, le freinage et les pneumatiques dans l’espoir de préserver l’esprit GTi. Avec une batterie de 54 kWh et un tarif dépassant les 40 000 euros, cette nouvelle venue doit-elle pour autant faire une croix sur ce qui faisait tout le charme des petites sportives Peugeot ?
Verdict
Design extérieur de la E-208 GTI
Impossible de ne pas songer immédiatement à la 205 GTi devant cette nouvelle E-208 GTi. Peugeot multiplie les clins d’œil à son illustre aînée, sans jamais céder à la simple citation stylistique. Les passages de roues se parent ainsi d’un fin liseré rouge, tandis que la custode accueille un logo GTi réinterprété dans le même esprit. La E-208 GTi chausse des jantes de 18 pouces.
À l’arrière, le diffuseur affiche des proportions généreuses. Électrique oblige, aucun échappement ne vient compléter la panoplie. L’aileron et la casquette arrière achèvent de dessiner cette silhouette sportive.
À l’avant, les étriers de frein rouges arborent le badge Peugeot Sport. Cette teinte se retrouve également sur certains éléments de la calandre ainsi qu’autour des phares.
La palette chromatique offre un blanc proposé de série, tandis qu’un rouge évoquant le Rouge Lucifer se facture 1 250 euros. S’y ajoutent un bleu, un noir, deux gris et un jaune à 1 050 euros. Le toit vitré, lui, est proposé à 650 euros. En noir, avec son intérieur rouge, la E-208 GTi adopte même un petit air chic qui lui sied particulièrement bien.
Aménagement intérieur de la E-208 GTI
À bord, Peugeot Sport multiplie une nouvelle fois les références à la 205 GTi. L’ambiance est largement dominée par le rouge : coutures spécifiques, ceintures rouges, tapis rouges et multiples touches de couleur ponctuent l’habitacle. Les sièges, propres à cette version, témoignent d’un travail soigné. Ils reprennent notamment une bande rouge qui rappelle directement la 205 GTi, tandis qu’une fine résille évoque quant à elle la version 1.6.
La finition façon carbone se retrouve à plusieurs endroits de la planche de bord et le volant reçoit de l’Alcantara sur ses parties supérieure et inférieure. Tout n’est cependant pas revêtu de matériaux nobles, certaines zones demeurant en plastique. L’effort porté sur l’ambiance générale n’en reste pas moins notable.
Le conducteur retrouve naturellement l’e-Cockpit de la 208. Le principe demeure inchangé : certains l’apprécient, d’autres beaucoup moins. L’affichage 3D est toujours de la partie. Autre particularité digne d’intérêt : un bouton permet de désactiver les différentes aides à la conduite, et il est même possible de programmer à l’avance celles que l’on souhaite écarter. Une pression de deux secondes suffit ensuite à réactiver l’ensemble des aides ainsi paramétrées.
La climatisation conserve pour sa part des commandes classiques, ce qui demeure appréciable. La recharge du smartphone s’effectue via une trappe abritant la charge par induction. Une fois refermée, le téléphone n’est plus directement accessible, mais reste parfaitement maintenu, même en conduite dynamique.
À l’arrière, l’ambiance reprend les mêmes codes, avec le bandeau rouge, des appuie-têtes travaillés et des moquettes rouges. Des prises USB et USB-C complètent l’équipement.
Conduite de la E-208 GTI
C’est naturellement au volant que cette E-208 GTi doit prouver qu’elle mérite encore son appellation. La première impression se révèle plutôt rassurante : malgré son tempérament sportif, la voiture conserve un niveau de confort appréciable. Elle se montre ferme, en particulier sur les routes dégradées, mais son comportement reste très progressif.
C’est sans doute là l’un des traits marquants de cette GTi : sa capacité à conjuguer confort et dynamisme. Le châssis de la E-208 GTi se rapproche fortement de celui d’une Corsa GSE. Les modifications apportées demeurent relativement limitées, mais elles suffisent à transformer sensiblement les sensations au volant.
Le calibrage de la direction et de l’ESP a été revu. Peugeot Sport a également retravaillé le train arrière en réduisant légèrement le pincement, afin de le rendre plus dynamique. Virage après virage, on peut relever la vitesse d’entrée sans que le train avant ne bronche, porté par une direction délicieusement ferme en mode Sport qui renseigne avec précision sur le niveau d’adhérence. Les pneumatiques Michelin Pilot Sport participent eux aussi à ce résultat, avec des mouvements de caisse bien contenus, mais une souplesse et des débattements préservés pour laisser « vivre » l’auto sur ses amortisseurs.
Au volant, l’ensemble se révèle donc d’une grande homogénéité. La E-208 GTi parvient à marier confort et dynamisme, prouesse qui n’a rien d’évident pour une petite sportive.
Le freinage évolue également de façon marquée par rapport à une E-208 classique. Les disques avant passent de 285 à 355 mm et s’associent à des étriers quatre pistons à l’avant. L’endurance est au rendez-vous. En revanche, il faut appuyer franchement sur la pédale pour obtenir toute la puissance de freinage disponible. Sur petites routes, les performances de la voiture imposent d’ailleurs d’anticiper ses freinages.
Cette particularité s’explique par une contrainte technique : Peugeot Sport aurait souhaité davantage de puissance de freinage, mais l’espace disponible ne permettait pas d’installer un mastervac plus volumineux.
Côté performances, la E-208 GTi affiche 281 ch et culmine à 180 km/h. Elle abat le 0 à 100 km/h en 5,5 secondes et couvre les 1 000 mètres départ arrêté en 25,8 secondes, tant que la jauge de batterie ne descend pas sous les 15 % environ. En deçà, la puissance chute drastiquement, ce qui peut surprendre à l’amorce d’un dépassement tardif.
Consommation / recharge
C’est sans doute sur ce point que la E-208 GTi révèle sa principale limite. La batterie affiche 51 kWh utiles, une capacité modeste dès lors que l’on sollicite réellement les 281 ch. Peugeot Sport a toutefois travaillé la gestion thermique de la batterie afin de préserver les performances même en cas de montée en température. Avec les Michelin Pilot Sport équipant le modèle essayé, l’autonomie WLTP annoncée atteint 352 km. Une monte pneumatique alternative est également proposée sans supplément : les Hankook Ventus, moins gourmands en énergie, permettent de porter l’autonomie à 375 km WLTP.
Prix de la E-208 GTI
L’E-208 GTi s’affiche à 42 900 €. Une ristourne officielle (– 1 850 €) et la prime CEE (– 3 600 € minimum) viennent heureusement ramener le tarif réel à 37 450 €. Coté concurrence , près bonus et remises, il faut compter 36 050 € pour la Cupra Raval VZ (226 ch, 387 km d’autonomie WLTP), 38 300 € pour la Lancia Ypsilon HF (281 ch, 350 km) et 40 900 € pour une Mini John Cooper Works E (258 ch, 371 km), sa fabrication en Chine la privant de toute prime « Coup de pouce ». La cousine Opel Corsa GSE, facturée 39 990 € avant prime CEE, à laquelle s’ajoute une généreuse remise (– 4 290 €), portant la note finale à 32 100 € !
Concurrence à la française : la Peugeot E-208 GTi face à l’Alpine A290
La principale rivale de cette E-208 GTi est bien entendu l’Alpine A290. Les deux voitures incarnent aujourd’hui le retour des petites sportives françaises, chacune selon une interprétation bien distincte de la citadine électrique sportive.
Sur le papier, Peugeot frappe fort. Avec ses 281 ch et 345 Nm, la E-208 GTi affiche une puissance nettement supérieure aux 220 ch et 300 Nm de l’A290 GT Performance. Cet écart se traduit logiquement dans les chronos : la Peugeot abat le 0 à 100 km/h en 5,5 secondes, contre 6,4 secondes pour l’Alpine. Sa vitesse de pointe atteint également 180 km/h, contre 170 km/h pour l’A290.
La comparaison ne saurait pourtant se limiter aux chiffres. Une GTi ne se résume ni à sa puissance ni à son accélération. L’Alpine a précisément été façonnée autour d’un travail approfondi sur le châssis et revendique une réelle agilité. La Peugeot emprunte elle aussi une voie spécifique, avec un travail sur le train arrière, la direction, l’ESP, les pneumatiques et le freinage.
La E-208 GTi bénéficie en outre d’un différentiel à glissement limité intégré au réducteur. Un atout de taille pour une sportive à traction avant aussi puissante, puisqu’il permet de mieux exploiter les 281 ch sur le train avant. Les deux voitures ne se contentent donc pas d’être des citadines électriques plus puissantes : leur mise au point châssis constitue une part essentielle de leur identité.
L’autre différence tient au style. L’Alpine assume pleinement son statut de petite sportive à travers une présentation particulièrement démonstrative. La Peugeot joue une autre carte : en noir avec son intérieur rouge, elle peut se montrer plus discrète et plus chic, tout en multipliant les références à la 205 GTi.
C’est probablement là que la E-208 GTi révèle sa véritable personnalité. Elle ne cherche pas uniquement à être la plus spectaculaire. Elle reprend les codes historiques de la GTi à travers ses liserés rouges, ses sièges spécifiques, ses ceintures rouges, son volant travaillé et ses multiples clins d’œil à la 205. Le résultat donne naissance à une voiture à la fois sportive et relativement élégante.
La question tarifaire mérite également qu’on s’y attarde. Au tarif catalogue actuel de 41 050 €, la E-208 GTi se positionne au-dessus de l’A290. L’Alpine débute quant à elle à 39 300 € hors prime CEE.
Côté autonomie, la E-208 GTi revendique jusqu’à 375 km WLTP avec les pneumatiques les moins énergivores, quand l’A290 peut atteindre jusqu’à 380 km WLTP.
Au final, ces deux voitures s’opposent avant tout par leur philosophie. L’Alpine A290 mise sur son identité de marque et sur un positionnement de petite sportive électrique bien affirmé. La Peugeot E-208 GTi, elle, arrive avec davantage de puissance, un gabarit plus imposant, tout en revendiquant un héritage GTi particulièrement fort.
La E-208 GTi n’est donc pas simplement une rivale de l’A290 : elle s’invite directement sur son terrain, forte d’une puissance supérieure et de performances plus élevées.
Conclusion
Avec cette E-208 GTi, Peugeot tente donc de faire revivre une appellation historique dans un contexte radicalement différent. La recette n’est évidemment plus la même. La mécanique thermique s’est effacée au profit d’un moteur électrique de 281 ch et d’une batterie de 54 kWh.
Mais Peugeot Sport n’a pas pour autant renoncé à l’idée d’une petite sportive accessible et agréable à conduire. Le travail mené sur le châssis, la direction, l’ESP, le train arrière, les pneumatiques et le freinage confère à cette E-208 GTi un comportement particulièrement homogène.
Elle sait rester confortable tout en se faisant dynamique dès que le rythme s’élève. Son intérieur particulièrement soigné et ses nombreux clins d’œil à la 205 GTi achèvent de façonner son caractère. Reste la question du prix, et surtout celle de la batterie. Avec 54 kWh, l’autonomie paraît un peu chiche dès lors que l’on exploite réellement les performances de la voiture.
Au terme de cet essai, le constat est finalement assez simple : avec 10 000 euros de moins et une batterie de 10 kWh supplémentaires, cette E-208 GTi aurait pu être la voiture de l’année.
Texte et photos : François Bouet
Fiche Technique ([NOM DU MODELE])
| Motorisation | 281 ch électrique, batterie 54 kWh |
|---|---|
| Batterie | 54 kWh brut / 51 kWh utile |
| Autonomie (WLTP) | 352 km avec Michelin Pilot Sport 4S / 375 km avec pneus hankook Ventus |
| Vitesse maximale | 180 km/h |
| Charge AC (domicile) | 11 kW maximum |
| Charge rapide DC | 100 kW maximum, 20 à 80 % en 27 min |
| Dimensions (L x l x H) | 4,10 × 1,77 × 1,41 m |
| Poids | 1 610 kg en ordre de marche |
| Volume de coffre | 309 l |
| Tarif d’entrée | 41 050 € sur Peugeot Store hors prime cee de 3600 euro |
| Finitions | Une seule finition proposée |
✓ Points positifs
- ✓ Style chic et sportif particulièrement travaillé
- ✓Bon confort pour une sportive.
- ✓Châssis très homogène et dynamique.
✗ Points négatifs
- ✗Batterie de 54 kWh trop limitée.
- ✗Modèle en fin de vie
Notre verdict
Avec cette E-208 GTi, Peugeot tente donc de faire revivre une appellation historique dans un contexte totalement différent.La recette n’est évidemment plus la même. La mécanique thermique a disparu et laisse place à un moteur électrique de 281 ch et à une batterie de 54 kWh. Mais Peugeot Sport n’a pas totalement abandonné l’idée d’une petite sportive accessible et agréable à conduire. Le travail réalisé sur le châssis, la direction, l’ESP, le train arrière, les pneumatiques et le freinage permet à cette E-208 GTi de proposer un comportement très homogène.

