Artcurial Motorcars a bouclé sa vente annuelle Automobiles sur les Champs à 8 770 239 euros, dimanche 25 octobre, avec 80 % des 58 lots partis. Une Porsche Carrera GT de 2006 affichant 7 300 kilomètres signe le meilleur résultat, à 2 625 000 euros. Derrière le chiffre, une vente plus sage qu’il n’y paraît.

Porsche Carrera GT de 2006 adjugee 2 625 000 euros par Artcurial Motorcars

Près de neuf millions rond-point des Champs-Élysées

La vente s’est tenue le dimanche 25 octobre au siège d’Artcurial, après deux jours d’exposition dans le garage de la maison. Anne-Claire Mandine tenait le marteau, entourée de Pierre Novikoff, vice-président du département, et de Matthieu Lamoure, son président.

Le total annoncé est de 8 770 239 euros, soit 9 829 902 dollars. Cinquante-huit lots étaient au catalogue, 80 % ont trouvé preneur.

Matthieu Lamoure, lui, préfère parler du week-end dans son ensemble. « 30 millions d’euros en un week-end : c’est le résultat des trois ventes d’art et de la vente Automobiles sur les Champs organisées par Artcurial », explique le président d’Artcurial Motorcars, qui évoque ensuite « un contexte social compliqué » et « la vitalité du marché pour les automobiles de qualité ».

La Carrera GT passe la barre des 2,6 millions

Le lot 55, une Carrera GT de 2006 créditée de 7 300 kilomètres, a été adjugé 2 625 000 euros frais inclus. L’estimation de la maison allait de 1,9 à 2,5 millions.

La Carrera GT poursuit donc sa remontée. Rien de très inattendu : elle fait partie des rares supercars des années 2000 dont la cote n’a jamais marqué le pas, et les exemplaires restés sous les 10 000 kilomètres se comptent. Nous étions revenus sur son histoire parisienne l’an dernier, vingt-cinq ans après sa présentation au Mondial.

Porsche 911 S chassis court de 1967 presentee a la vente Automobiles sur les Champs

Une 300 SL Papillon et beaucoup d’italiennes

Deuxième résultat de la journée, une Mercedes-Benz 300 SL « Papillon » de 1955 a atteint 1 624 800 euros. Elle venait de la collection Guido Hommel et avait appartenu à Klaus Ludwig, triple vainqueur des 24 Heures du Mans.

Mercedes-Benz 300 SL Papillon de 1955 vendue 1 624 800 euros par Artcurial Motorcars

Le reste du haut de tableau est nettement plus latin. Une Ferrari 550 Barchetta Pininfarina de 2001, moins de 13 700 kilomètres au compteur, complète le podium à 667 520 euros.

Suivent deux Dino, une 246 GTS Série E de 1972 à 488 720 euros et une 246 GT Série M de 1971 livrée neuve par Charles Pozzi à 369 520 euros.

Dino 246 GTS de 1972 Serie E adjugee 488 720 euros chez Artcurial Motorcars

Une Mercedes-Benz SLS AMG 6,3 litres de 2010 ferme la marche des six premiers lots, à 238 400 euros.

Ce que les résultats ne disent pas

Un détail mérite d’être posé, parce qu’il change la lecture de la vente. Artcurial publie ses résultats frais inclus, alors que ses estimations s’entendent hors frais. Mettre les deux colonnes côte à côte donne une impression d’envolée qui n’existe pas.

L’arithmétique est pourtant facile à refaire. La SLS AMG affichée à 238 400 euros correspond à 200 000 euros de marteau, la Dino 246 GT à 310 000 euros, la 550 Barchetta à 560 000 euros. À chaque fois, 19,2 % de frais acheteur viennent s’ajouter.

Une fois ce calcul effectué, les six premiers lots retombent tous à l’intérieur de leur fourchette d’estimation, souvent dans sa moitié basse. Aucun ne l’a dépassée.

Avec un lot sur cinq invendu, la vente se situe aussi en retrait des deux opérations mono-collection signées par Artcurial Motorcars ces derniers mois, The Renault Icons en décembre et la collection Fritz Neuser en mars, toutes deux vendues à 100 %. Le format n’est évidemment pas le même, une vente généraliste n’étant jamais aussi tendue qu’une dispersion unique. Mais les collectionneurs ont acheté sans s’emballer.

Le catalogue ne se limitait pas aux millions

Le reste de la vacation ratisse beaucoup plus large. La collection Guido Hommel a notamment fourni une série de voitures proposées sans prix de réserve, à des niveaux sans rapport avec le haut de tableau.

La collection Guido Hommel reunie avant sa dispersion chez Artcurial Motorcars

C’est le cas de cette 911 Carrera 3.2 Cabriolet de 1987, lot 31, annoncée sans réserve et estimée entre 50 000 et 70 000 euros. Ou de la 911 S châssis court de 1967 du lot 27, estimée 130 000 à 160 000 euros.

Porsche 911 Carrera 3.2 Cabriolet de 1987 issue de la collection Guido Hommel

L’automobilia tient son rang

Deux objets sortent du lot. Un exemplaire de l’ouvrage Ferrari publié par Taschen et dessiné par Marc Newson est parti à 28 267 euros.

Une sculpture d’Antoine Dufilho représentant une Porsche 992 Sport Classic verte, tirée à douze exemplaires, a trouvé preneur à 16 550 euros.

Rendez-vous début février

Artcurial Motorcars enchaîne avec la Paris Car Week et deux ventes d’un autre calibre. Automobile Legends le 2 février 2027, puis L’Éloge de l’excellence le 5 février, consacrée à la collection de Thierry Dehaeck.

Soixante automobiles, une centaine d’objets d’automobilia et un manège de 1953, le tout estimé entre 15 et 25 millions d’euros par la maison. De quoi donner une lecture plus franche de l’état du marché qu’une vente généraliste d’octobre.

Source : Artcurial Motorcars, résultats de la vente Automobiles sur les Champs du 25 octobre 2026. Photos : Artcurial / Nino Hamet, Peter Singhof, Marcphotography.

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